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Après avoir été harcelé sexuellement, vous pourriez être traumatisé. Voici quelques points à garder à l’esprit:

  • Toute expérience de harcèlement sexuel peut être traumatisante.
  • Au début, il peut être difficile de dire si le traumatisme vous affecte, et comment il vous affecte.
  • Deux personnes peuvent avoir la même expérience, et l’une peut être traumatisée, alors que l’autre, non.
  • Vivre quelque chose de traumatisant ne signifie pas nécessairement que vous développerez un trouble de stress post-traumatique (TSPT).
  • Si vous avez vécu beaucoup de traumatismes au fil des années, il est possible de développer un TSPT complexe.

Lorsqu’on parle de traumatisme, il y a un concept très utile qui s’appelle la fenêtre de tolérance.

Fenêtre de Tolérance, Sophie C

L’idée est que nous avons tous un niveau (ou une fenêtre) de stress que nous pouvons tolérer. Chaque jour, vous vivrez des hauts et des bas en ce qui concerne votre niveau de vigilance. Ce qui se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur de votre fenêtre est propre à vous et peut changer au fil du temps.

Au cours d’une journée typique, nous vivons différents événements stressants. Vous êtes peut-être arrivé en retard au travail, ou vous avez eu une dispute avec un membre de votre famille ou quelqu’un vous a presque frappé avec sa voiture dans un stationnement. Chaque événement stressant peut temporairement vous amener à un point plus élevé dans votre fenêtre. Si ces événements se produisent en succession rapide et qu’il n’y a pas assez de temps pour vous calmer entre eux, vous vous retrouverez probablement près de la limite de votre fenêtre, ou peut-être même à l’extérieur de celle-ci.  

Certaines personnes sont presque toujours près de la limite de leur fenêtre de tolérance. Cela peut arriver si votre vie est très stressante. Vous pourriez être stressé au sujet de l’argent, des problèmes de santé, des conflits familiaux, des difficultés au travail ou d’autres défis. Ça peut également se produire si vous êtes régulièrement victime de discrimination, par exemple si vous êtes une personne autochtone, une personne racialisée ou une personne 2SLGBTQIA+.

Lorsque vous êtes harcelé, vous pouvez être poussé hors de votre fenêtre. C’est surtout probable si le harcèlement était vraiment grave ou si vous étiez déjà près de la limite de votre fenêtre de tolérance. Nous sortons de notre fenêtre de tolérance chaque fois qu’il y a un danger réel ou perçu. Le harcèlement sexuel est une menace pour votre bien-être, alors votre esprit et votre corps se mettent en mode survie pour essayer de vous protéger.

Cela entraîne habituellement l’une des quatre réactions suivantes: lutter, fuir, figer ou amadouer.

Lutter, fuir, figer et amadouer

Quelqu’un vous harcèle sexuellement. Vous lui criez d’arrêter ou de vous laisser tranquille. Vous le frappez ou vous le poussez physiquement loin de vous. Ou vous vous retenez peut-être de le frapper, même si votre corps veut vraiment le blesser. Vous allez directement voir votre boss pour vous plaindre. Ces réactions appartiennent toutes à la catégorie « lutter ».

Quelqu’un vous harcèle sexuellement. Vous voulez immédiatement quitter la pièce. Vous vous enfuyez rapidement ou vous quittez même votre lieu de travail. Vous pourriez éviter d’aller au travail ou même quitter votre emploi sur-le-champ. Vous vous sauvez ou vous voulez désespérément vous éloigner de tout danger. Ces réactions sont toutes une façon pour vous de fuir.

Quelqu’un vous harcèle sexuellement. Vous figez sur place. Vous ne pouvez plus bouger. Vous ne dites rien ou vous ne faites rien. Votre cœur bat la chamade. Si vous étiez une voiture, ce serait comme si l’on pesait sur votre accélérateur et votre frein en même temps sans que vous ne puissiez aller nulle part. C’est ce qu’on appelle figer.

Quelqu’un vous harcèle sexuellement. Vous souriez ou vous riez. Vous essayez de désamorcer la situation. Vous essayez de ne pas faire quoi que ce soit qui pourrait fâcher le harceleur. Vous essayez de le charmer. Si quelqu’un vous voyait, il pourrait mal interpréter la situation et penser que vous êtes à l’aise, ou même que vous aimez ça. C’est amadouer.

Parce que chacune de ces réactions se produit lorsque vous êtes en dehors de votre fenêtre de tolérance, aucune d’entre elles ne relève complètement de votre contrôle. Ce sont des réactions automatiques qui visent exclusivement à assurer votre sécurité et votre survie. Elles ne sont pas toujours logiques. Elles sont souvent déroutantes, car ce n’est probablement pas la façon dont vous agiriez si vous étiez calme et aviez le temps de réfléchir à la situation.

Pourquoi avez-vous réagi comme vous l’avez fait?

Votre réponse est probablement basée sur un mélange de ce qui était disponible comme option sur le moment, de ce que vous avez rapidement évalué comme étant la meilleure réaction compte tenu des circonstances, et de ce qui vous a aidé dans le passé lorsque vous vous êtes senti en danger.

Peut-être que votre réaction était tout à fait logique, et que vous pensiez avoir bien géré les choses.

Mais le plus souvent, ce n’est pas ce que les gens pensent. La plupart des gens qui ont été harcelés sexuellement se sentent totalement confus par rapport à leur réaction.

Peut-être que vous vous voyez comme quelqu’un de résilient, ou de déterminé, ou d’intelligent, ou de courageux, et pourtant, quand vous avez été harcelé, vous avez agi d’une manière totalement différente. Peut-être que vous craignez maintenant de ne pas être la personne que vous pensiez être.

Si c’est votre cas, sachez que la façon dont vous réagissez à une menace ne reflète en rien votre caractère, vos valeurs ou qui vous êtes en tant que personne. Ce n’est tout simplement pas le cas.

  • Si vous avez lutté, cela ne veut pas dire que vous êtes impulsif ou insouciant.
  • Si vous avez fui, cela ne veut pas dire que vous êtes lâche.
  • Si vous avez figé, ça ne fait pas de vous quelqu’un de passif.
  • Si vous avez tenté d’amadouer le harceleur, ça ne fait pas de vous un complice.

Parfois, les gens finissent par regretter la façon dont ils ont réagi parce que leur réaction a vraiment gâché les choses pour eux. Par exemple, vous avez peut-être été congédié parce que vous avez explosé ou crié, ou vous avez peut-être quitté spontanément un emploi dont vous aviez vraiment besoin. Ou vous souhaiteriez avoir été capable de vous défendre et vous vous demandez pourquoi vous n’avez rien fait à ce moment-là.

Parfois, les gens ont l’impression d’avoir réagi de façon excessive. C’est très commun parce que, encore une fois, ce n’est pas un choix conscient où vous êtes en total contrôle de vos actions.

Lorsque vous sortez de la fenêtre de ce que vous pouvez tolérer, vous ne pouvez plus penser à vos objectifs à court ou à long terme. Vous ne vous concentrez que sur votre objectif immédiat de survivre à la situation dangereuse dans laquelle vous vous trouvez. À ce moment-là, votre cerveau a évalué rapidement ses options et a décidé de réagir de la façon qu’il estimait être la meilleure pour vous protéger et minimiser les dégâts.

La menace de recours à la violence sexuelle est, en soi, un événement traumatisant. Si ç’a provoqué une réaction d’urgence, c’est logique.

Comment le traumatisme pourrait vous affecter

Voici quelques signes communs de traumatisme que vous pourriez ressentir après le harcèlement sexuel. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle peut être un bon point de départ pour comprendre ce que vous vivez.

Pensées ou humeurs négatives: Se sentir mal à propos de soi-même, déprimé, en colère, isolé, honteux ou effrayé.

Hypervigilance: Se sentir nerveux ou être facilement effrayé. Vous pourriez ressentir le besoin de toujours être à l’affût du danger. Vous remarquerez peut-être que vos muscles sont tendus, que vous avez le cœur qui palpite ou que vous avez d’autres signes physiques qui montrent que vous êtes prêt à passer à l’action à tout moment.

Autres symptômes physiques: Comme des douleurs corporelles, une tension artérielle plus élevée, des maux de tête, des nausées ou des troubles respiratoires.

Flashbacks ou cauchemars: Lorsque les souvenirs de l’événement réapparaissent dans votre esprit ou que vous avez l’impression de les revivre.

Rumination: Lorsque vous ne pouvez pas cesser de penser à ce qui s’est passé ou que vous continuez de vous demander pourquoi vous n’avez pas réagi différemment.

Fuite: Éviter de penser à l’événement traumatisant ou éviter certains endroits, certaines personnes ou certaines situations. Il peut aussi s’agir de fuir le toucher ou toute intimité physique ou sexuelle.

Fatigue ou difficulté à dormir: Difficulté à s’endormir ou à rester endormi, ou besoin de dormir beaucoup plus que d’habitude.

Chacun de ces symptômes est normal lorsque nous pensons à ce que votre corps ressent et à la façon dont il essaie de vous aider à rester en sécurité. Même si votre esprit sait que vous n’êtes plus dans une situation d’urgence, votre corps peut mettre beaucoup plus de temps à s’en rendre compte. Bon nombre de ces symptômes sont nécessaires si vous devez être prêt à « passer à l’action ».

Ce qui aide

Essayez de comprendre que votre réaction initiale ne dit rien de vous en tant que personne. Si vous regrettez ce que vous avez fait ou que vous vous jugez vous-même, essayez de vous rappeler que nos réactions automatiques de lutter, de fuir, de figer et d’amadouer ne sont pas des choix conscients. Au lieu d’être fâché contre vous-même au sujet de la façon dont vous « auriez dû réagir », essayez de vous pardonner.

Accordez la priorité à votre propre sécurité. Si nous passons beaucoup de temps en dehors de notre fenêtre de tolérance, la fenêtre peut commencer à rétrécir. Avec une fenêtre plus petite, les expériences que vous pouviez tolérer auparavant peuvent maintenant être en dehors de votre fenêtre de tolérance. Si vous êtes facilement surpris ou provoqué, c’est peut-être parce que votre fenêtre a temporairement rétréci. Votre fenêtre peut s’agrandir avec le temps, à condition que vous puissiez demeurer à l’intérieur. Ce n’est pas toujours sous votre contrôle, mais il peut être utile d’envisager des façons d’être et de vous sentir plus en sécurité.

Si l’événement menaçant est terminé et que vous sentez que vous pouvez maintenant penser plus facilement, ça pourrait aider de réfléchir à la façon dont vous voudriez gérer le harcèlement si vous étiez harcelé de nouveau. Réfléchissez à la façon dont vous pourriez vouloir réagir à différents scénarios de harcèlement. Envisagez de vous exercer avec un ami.

Exercez-vous à respirer calmement. Il existe de nombreuses façons de le faire, notamment en ralentissant votre respiration ou en utilisant une technique appelée « box breathing » ou respiration carrée. C’est une technique où vous devez imaginer un carré. Vous pouvez décider de la couleur, de la taille ou de la texture du carré. Imaginez-le devant vous et laissez votre regard se déplacer lentement le long du haut, du côté, du bas et de l’autre côté du carré. Pour chaque côté, comptez jusqu’à quatre pendant que vous inspirez lentement, faites une pause, expirez et faites une pause.

Box breathing relaxation technique: how to calm feelings of stress or anxiety, Sunnybrook Hospital

Apprenez des stratégies d’ancrage qui fonctionnent pour vous. Il existe de nombreuses stratégies d’ancrage différentes qui peuvent vous aider. Souvent, elles se classent dans trois catégories: l’ancrage mental, l’ancrage physique et l’ancrage apaisant. Voici une liste de stratégies communes qui peuvent vous aider. Vous n’avez pas besoin de toutes les apprendre, mais essayez-en quelques-unes pour voir lesquelles vous semblent utiles et apaisantes.

Pratiquez la relaxation musculaire progressive. C’est une technique très utile que vous pouvez pratiquer régulièrement. C’est une façon de relaxer intentionnellement les différentes parties de votre corps. Plus précisément, si vous êtes physiquement tendu, cela vous permet de serrer délibérément chaque section de votre corps, de la tenir, puis de relaxer ces sections. Beaucoup de gens trouvent cela utile au début ou à la fin de la journée. Cette vidéo montre comment faire.

Mindful Breathing: Progressive Muscle Relaxation, American Lung Association

Apprenez-en plus sur l’établissement de limites saines. Le harcèlement sexuel est une violation de vos limites. Souvent, les gens trouvent que ces expériences font en sorte qu’il est plus difficile d’avoir des limites personnelles claires dans différents domaines de leur vie. Lire des livres comme celui-ci ou s’abonner à des comptes Instagram comme celui-ci peut vous aider à en apprendre davantage sur les limites saines et malsaines. 

Prenez votre temps. Il est important, lorsque vous parlez du traumatisme, de prendre les choses un jour à la fois et de continuer à vérifier comment vous vous sentez. Même en lisant cet article ou d’autres documents sur ce site Web, prenez le temps de noter certaines émotions ou sensations physiques et de prendre autant de pauses que vous en avez besoin.

Pratiquez l’autocompassion. Il y a un excellent site Web de la Dre Kristin Neff qui contient beaucoup de ressources autoguidées différentes sur l’autocompassion. Souvent, il peut être difficile d’en voir les bienfaits au départ, alors essayez quelques exercices avant de décider s’ils vous conviennent.

Vous pourriez avoir de la difficulté à vous remettre du traumatisme que vous avez vécu. Cela peut se produire si le harcèlement était vraiment grave, ou si le traumatisme lié à celui-ci s’ajoute à beaucoup de traumatismes antérieurs non résolus, par exemple si vous avez eu une enfance difficile ou que vous avez vécu beaucoup d’adversité à l’âge adulte.

Pensez à lire des livres sur les traumatismes, comme The Body Keeps the Score de Bessel van de Kolk.

Si vous êtes préoccupé par le niveau de traumatisme que vous avez vécu et que vous vous sentez dépassé, envisagez d’essayer un groupe de soutien ou une thérapie individuelle. Nous savons qu’il peut être difficile de trouver de l’aide professionnelle. Songez à appeler une ligne d’urgence où vous pouvez parler à un conseiller formé. Ou composez le 211, un service qui pourrait vous aider à obtenir du soutien professionnel. Ou jetez un coup d’œil à notre Roulette de ressources, où vous trouverez des liens vers des livres, des jeux-questionnaires, des balados et d’autres formes de médias qui pourraient vous aider.

Essayez de comprendre

N’oubliez pas que si vous avez subi un traumatisme, ce n’est pas votre faute. Vous n’avez rien fait de mal. Mais le traumatisme vous a laissé une responsabilité envers vous-même—la responsabilité de reconnaître comment le traumatisme vous a affecté. De comprendre vos déclencheurs. De parler à des personnes dans votre vie qui vous soutiennent et d’obtenir l’aide dont vous avez besoin. De trouver des façons de composer avec la situation. Ce sont des choses que vous vous devez à vous-même. Vous en valez la peine et vous le méritez.


Dans cet article, nous parlerons de qui dénonce le harcèlement et pourquoi, ce qui leur arrive par la suite, et comment ils se sentent après coup. Il y a beaucoup de citations directes dans cet article. C’est parce que nous voulions que vous entendiez, dans leurs propres mots, pourquoi ces personnes ont dénoncé le harcèlement et comment elles se sont senties après.

Voici la version courte:

Les dénonciateurs sont des personnes d’une grande moralité qui sont indignées par les mauvais comportements. Lorsqu’elles dénoncent une situation, elles ne reçoivent habituellement aucune récompense pour l’avoir fait; elles sont plutôt punies. Elles finissent généralement par regretter de l’avoir fait parce que le prix à payer s’avère très élevé. Mais elles disent aussi qu’elles le feraient encore parce qu’elles n’arriveraient pas à se regarder dans le miroir sinon.

Allons-y. Commençons par définir la dénonciation.

[La dénonciation] est le signalement, par des employés ou d’anciens employés, du comportement illégal, contraire à l’éthique ou autrement inapproprié d’une personne qui a le pouvoir de prendre des mesures correctives.

Terance D. Miethe, Whistleblowing at Work: Tough Choices in Exposing Fraud, Waste, and Abuse on the Job, Avalon Publishing, 1999.

Pour qu’il s’agisse d’une dénonciation, vous devez sortir de votre propre chaîne de commandement. Si vous en parlez à votre patron ou aux RH, vous ne faites pas une dénonciation; vous ne faites que signaler. Link to regional Reporting to employer guides.

Pour qu’il s’agisse d’une dénonciation, vous devez dénoncer la situation à une personne à l’extérieur de votre organisation. Ça signifie dévoiler votre histoire publiquement en parlant sur les médias sociaux ou avec un journaliste, ou en alertant un organisme chargé de surveiller votre employeur, comme un conseil d’administration, un organisme de réglementation ou une association liée à l’industrie.

Pour qu’il s’agisse d’une dénonciation, les experts affirment que le dénonciateur doit essayer d’empêcher que du tort soit fait à d’autres personnes et pas seulement à lui-même. Souvent, les dénonciations concernent des torts en lien avec l’environnement ou la santé (par exemple, si une entreprise relâche des substances toxiques dans l’eau ou dans l’air), de nature financière (par exemple, si une banque surfacture les services offerts à ses clients) et/ou de nature légale (par exemple, si un gouvernement espionne ses propres citoyens).

Certains experts estiment que le signalement du harcèlement ne compte pas comme une dénonciation parce qu’ils pensent que les gens signalent le harcèlement pour se protéger eux-mêmes et non pour protéger les autres. Nous ne sommes pas d’accord. Presque tous les gens qui signalent un cas de harcèlement sont au moins en partie motivés par la volonté d’empêcher que d’autres personnes soient harcelées. Nous sommes donc d’avis que le signalement d’un incident de harcèlement sexuel devrait compter comme une dénonciation.

Pourquoi les gens dénoncent le harcèlement sexuel

Les dénonciateurs sont habituellement motivés par un mélange d’indignation morale et de désir de protéger les autres. Voici le genre de choses auxquelles les dénonciateurs ont tendance à penser lorsqu’ils dénoncent:

  • Quelque chose de mal est en train de se passer.
  • Des gens se font blesser.
  • Les personnes qui sont censées régler le problème ne respectent pas leurs responsabilités.
  • On essaie de cacher ou de dissimuler ce qui se passe.
  • Ça dure depuis trop longtemps et il faut que ça arrête.
  • Le public mérite de connaître la vérité et il y a des gens qui doivent être tenus responsables.
  • Je ne peux pas supporter d’être associé à ça.
  • Je ne pourrais pas me regarder dans le miroir si je gardais le silence à ce sujet.

Voici quelques citations de vraies personnes ayant dénoncé le harcèlement sexuel qui expliquent pourquoi elles l’ont fait.

C’est beaucoup trop répandu et j’en ai fucking assez. Ce n’était pas seulement à propos de moi, ça concernait tout le monde dans l’industrie qui devait faire face à ça régulièrement.

En 2017, Brittany Lyne Rudyck, qui était alors barmaid et gestionnaire des médias sociaux pour Needle Vinyl Tavern à Edmonton, a quitté son emploi et publié un billet sur Facebook dans lequel elle s’est plainte que l’un des copropriétaires du bar lui avait fait subir du harcèlement sexuel.

Mon combat ne s’est jamais limité qu’à moi-même. Mon objectif principal était d’apporter des changements positifs au milieu de travail afin d’éviter que ça n’arrive aux autres.

En 2019, l’ancien agent correctionnel T. M. a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne du Manitoba, soutenant qu’il avait enduré des années de harcèlement de la part de ses collègues au Centre manitobain de la jeunesse parce qu’il est gai.

Mon intention a toujours été de dénoncer le harcèlement dans le but de me protéger, et pour améliorer le milieu de travail et le rendre plus sécuritaire.

En 2007, l’ancienne pompière Liane Tessier a déposé une plainte à la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse, soutenant qu’elle avait enduré des années de traitement abusif et dénigrant de la part de ses collègues parce qu’elle est une femme.

Je veux m’assurer qu’en me défendant, je défends aussi les personnes gaies ou trans ou lesbiennes ou bisexuelles de notre communauté qui ont l’impression de ne pas avoir de voix ou qui se sentent oppressées ou incapables de parler. Faites entendre votre voix et soyez fiers.

En 2019, Jason McDonald, un cadre de la Légion royale canadienne de New Waterford, en Nouvelle-Écosse, a déposé une plainte auprès de la Légion et de la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse, soutenant qu’il était la cible de moqueries et d’injures homophobes parce qu’il est gai.

Qu’est-ce qui arrive aux dénonciateurs?

« S’opposer à l’organisation », a écrit C. Fred Alford dans son livre au sujet des dénonciateurs, « c’est risquer l’annihilation. »

Voici ce qui arrive aux dénonciateurs, selon les experts:

  • Ils se font très fréquemment renvoyer.
  • Lorsqu’ils ne sont pas renvoyés, ils se font mettre de côté et exclure au travail.
  • Leurs collègues se retournent contre eux.
  • Leur industrie les met souvent sur une liste noire.
  • Leurs causes peuvent traîner pendant des années et leur coûter beaucoup plus de temps et d’argent qu’ils avaient prévu.
  • Leurs familles se fâchent contre eux pour avoir fait passer une « cause » avant leur famille, et leurs relations principales —époux, partenaire —ont tendance à se briser.
  • Leur santé mentale en souffre, souvent gravement. Beaucoup se retrouvent aux prises avec une dépression ou de l’alcoolisme. Beaucoup pensent au suicide.
  • Ils souffrent de problèmes financiers à court terme et à long terme.
  • Ils finissent par accepter un emploi qui est de loin pire que celui qu’ils avaient avant.

Voici, dans leurs propres mots, ce que ces gens ont à dire sur ce qui leur est arrivé après avoir dénoncé le harcèlement.

Lorsque vous dénoncez, vous devenez un poison aux yeux de l’entreprise. Votre présence les rend malades.

Dénonciateur anonyme, tel que cité dans Whistleblowers: Broken Lives and Organizational Power par C. Fred Alford.

Depuis que je me suis plainte, les hommes se réunissent et parlent de moi et disent que la “petite bitch” ne sera pas contente tant que quelqu’un n’aura pas été renvoyé.

Billie Jo Barnes, opératrice de machinerie lourde dans un camp de travail accessible par voie aérienne à la mine de Mary River au Nunavut, se plaignant de harcèlement sexuel en 2018.

Je m’attendais à des représailles au sein de l’unité. Je ne m’attendais pas, lorsque le bras exécutif de l’armée, lorsque les hauts responsables sont intervenus, à ce qu’ils ne me soutiennent pas.

Krystina MacLean, ancienne employée civile du ministère de la Défense nationale, qui a déposé un grief pour signaler du harcèlement sexuel et racial avant d’être suspendue et éventuellement renvoyée.

Ça prend des années, et ça prend tout notre argent. J’ai déjà dépensé près de 60 000 $ de ma poche pour un procès au Tribunal des droits de la personne qui n’a même pas encore commencé.

Effy Zarabi-Majd, ancienne agente de police de Toronto, parlant des coûts humains et financiers en lien avec le dépôt d’une plainte contre ses collègues devant le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario.

Si vous faites une dénonciation, vous courrez le risque d’être poursuivi pour diffamation

Si vous parlez en mal d’une personne ou d’une entreprise, vous risquez d’être poursuivi pour diffamation. « Diffamation » est un terme juridique. Il décrit les situations où une personne dit publiquement des choses qui ne sont pas vraies et qui causent du tort à la réputation d’une autre personne ou d’une compagnie. Il peut s’agir d’un message publié, ce que l’on appelle souvent un « libelle », ou de paroles prononcées —dans certaines régions du pays, on appelle ça des « propos diffamatoires ».

Les poursuites pour diffamation sont des plaintes civiles et ne relèvent pas du droit criminel, ce qui signifie qu’elles n’impliquent pas la police.

Consultez la page intitulée Comment décider s’il faut intenter une poursuite (et à quoi vous attendre si vous le faites). N’importe qui peut déposer une plainte pour diffamation. Il n’est pas nécessaire d’avoir un dossier solide; il faut seulement avoir assez d’argent pour se payer un avocat.

Est-ce que les dénonciateurs regrettent d’avoir dénoncé?

Je pense que j’ai été fou de dénoncer. Mais je pense que je n’ai jamais eu le choix. C’était parler ou partir.

Le dénonciateur John Brown, tel que cité dans Whistleblowers: Broken Lives and Organizational Power par C. Fred Alford.

Si un dénonciateur pouvait remonter le temps, sachant exactement comment les choses allaient se passer, est-ce qu’il dénoncerait quand même? Les chercheurs disent que oui. Presque tous les dénonciateurs disent qu’ils dénonceraient encore même s’ils savaient exactement ce qui allait arriver par la suite.

Ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de regrets. Beaucoup de dénonciateurs en ont. Les pertes qu’ils ont subies sont importantes.

Alors, pourquoi le feraient-ils encore? Les experts disent que c’est parce que les dénonciateurs sont des personnes profondément idéalistes qui croient fermement en leurs obligations et en leurs responsabilités. Ils n’arriveraient tout simplement pas à se regarder dans le miroir en sachant qu’une injustice cause du tort aux gens et est passée sous silence s’ils n’essayaient pas au moins de faire quelque chose.

C’est en partie la raison pour laquelle la dénonciation est si difficile pour les gens. Parce que les dénonciateurs sont idéalistes, ce qui se produit par la suite leur font perdre confiance en leurs boss, leurs collègues, leurs familles, leurs amis et le système de justice.

Tirée du livre Whistleblowers de C. Fred Alford, voici une liste de choses que, selon Alford, les dénonciateurs croyaient avant de dénoncer et auxquelles ils ont dû renoncer après:

  • Qu’on peut se fier à la loi et à la justice.
  • Qu’une personne ne sera pas sacrifiée au nom du groupe.
  • Que vos amis resteront loyaux même lorsque vos collègues ne le sont pas.
  • Que l’organisation n’est pas fondamentalement immorale.
  • Qu’il y a quelqu’un, quelque part, en position de pouvoir qui connaît la vérité, qui s’en préoccupe et qui fera la bonne chose.
  • Que la vérité est importante et que quelqu’un voudra la connaître.
  • Que si quelqu’un a raison et est persistant, les choses finiront par s’arranger pour le mieux.
  • Que même si les choses tournent mal, les autres comprendront.
  • Que la famille est un havre de paix dans un monde sans cœur, et que votre époux et vos enfants ne vous abandonneront pas.

Comment décider de dénoncer ou non

Nous ne pouvons pas vous dire si la dénonciation est la bonne chose à faire pour vous. C’est une décision très personnelle.

Voici ce que nous pouvons dire.

la dénonciation ne vous permettra probablement pas d’obtenir justice.

Mais pour certaines personnes, la dénonciation est la bonne solution de toute façon.

Si vous êtes le genre de personne qui serait portée à dénoncer, vous le savez probablement déjà. Si vous n’êtes pas sûr, demandez-vous comment ces énoncés vous font sentir:

C’est important de dire la vérité.
C’est important de respecter ses promesses.
J’ai un grand sens des responsabilités.
Le véritable test de caractère consiste à faire la bonne chose même quand c’est difficile.
Le fait de garder le silence face à une injustice est un acte de lâcheté.
Je n’arriverais pas à vivre en paix avec moi-même si je ne me comportais pas avec honneur.
Je ne pourrais pas supporter de m’associer avec des personnes qui ne respectent pas leurs obligations.
L’intégrité, c’est faire la bonne chose, même si on finit par se faire punir.
Les privilèges viennent avec des responsabilités, et les responsabilités exigent de rendre des comptes.

Nous pensons qu’il n’y a pas de « bonne » façon de vous comporter. Il n’y a pas d’option qui vous permettra d’obtenir justice et de protéger les autres tout en garantissant votre bonheur par la suite. Cette option n’existe tout simplement pas.

À notre avis, ça veut dire que vous devriez juste faire ce qui vous semble le mieux pour vous. Ne vous inquiétez pas de plaire aux autres ou d’être à la hauteur des idéaux présentés dans les films hollywoodiens où les personnes qui dénoncent gagnent à la fin. Contentez-vous de faire ce qui vous semble le mieux pour vous.

Si vous êtes le genre de personne qui serait portée à dénoncer, vous le savez probablement déjà. Si ce profil vous correspond, nous espérons que cet article vous aide à comprendre à quoi vous attendre pour que vous puissiez vous protéger autant que possible.

Mais si vous êtes le genre de personne qui choisira de garder le silence, eh bien, nous pensons qu’étant donné les circonstances, c’est une décision tout à fait honorable et raisonnable.

Peu importe votre décision, nous vous souhaitons bonne chance.


Après avoir été harcelé sexuellement, vous pourriez éprouver un sentiment de deuil et de perte. Ça pourrait sembler bizarre, et vous pourriez d’abord avoir de la difficulté à reconnaître ce que vous ressentez, parce que nous associons souvent le sentiment de deuil avec la mort. Mais on peut éprouver un sentiment de deuil chaque fois qu’on vit une perte importante dans notre vie.

Voici quelques exemples de choses que vous pourriez avoir le sentiment d’avoir perdues:

  • La perte de votre confiance envers la personne qui vous a harcelé.
  • La perte de votre confiance envers votre milieu de travail ou vos collègues.
  • La perte de ce que vous pensiez savoir sur les autres.
  • La perte de ce que vous pensiez savoir sur vous-même.
  • La perte de votre foi ou de votre confiance envers le système de justice.
  • La perte de votre sécurité ou de votre sérénité.
  • La perte du temps que vous avez passé à essayer de gérer ce que vous avez vécu.
  • La perte du temps que vous avez passé à lutter contre la dépression, l’anxiété et l’épuisement.
  • La perte d’un rêve, d’un plan d’avenir ou de possibilités que vous aviez imaginées.
  • La perte du sentiment d’être à l’aise dans votre propre corps.
  • La perte de votre emploi ou de votre sécurité d’emploi.
  • La perte de votre stabilité financière.
  • La perte de votre confiance envers votre propre jugement.

Cette liste n’est pas complète. Il pourrait y avoir d’autres choses que vous avez perdues et dont vous devez faire le deuil.

Il peut être difficile de déterminer exactement ce qui provoque le sentiment de deuil. Mais vous n’avez pas besoin de trouver la raison exacte. Ça pourrait aider de juste avoir conscience que vous avez subi une perte, et vous pourriez remarquer que votre sentiment de deuil change et évolue à mesure que vous apprenez à composer avec ce qui vous est arrivé.

Il est commun que les gens se méfient de leur sentiment de deuil. Vous pourriez vous inquiéter parce que vous estimez que vous ne réagissez pas assez ou trop. Si vous vous sentez comme ça, sachez que cette impression est commune. Le sentiment de deuil n’est pas un état constant. Il y a sans doute des moments de la journée où vous le ressentirez plus intensément et d’autres où vous le ressentirez moins intensément. Au point le plus intense, vous pourriez avoir l’impression que le sentiment de deuil est une vague qui déferle sur vous ou que vous tombez dans le puits noir du désespoir. À d’autres moments, votre sentiment de deuil pourrait sembler plus facile à gérer, plus distant ou plus petit.

Vous pourriez même vous sentir comme engourdi, dans un état où il est difficile de ressentir quoi que ce soit. C’est souvent une façon pour votre corps de vous aider à composer avec la situation lorsque celle-ci serait autrement intolérable. Lorsque ça se produit, c’est possible que votre sentiment de deuil refasse surface plus tard. Il n’y a pas de calendrier précis permettant de prédire quand, comment et pendant combien de temps vous ressentirez un sentiment de deuil.

Le sentiment de deuil et de perte peut souvent réveiller d’autres pertes survenues dans le passé. Surtout si ces expériences passées ne sont pas résolues. Si votre sentiment de deuil vous semble « démesuré » par rapport à la situation actuelle, vous pourriez réfléchir aux autres fois où vous vous êtes senti de cette façon. Votre réaction pourrait être attribuable en partie à ce qui vous arrive actuellement et en partie à ce qui vous est arrivé dans le passé. Comprendre ça peut vous aider à mieux interpréter et à confirmer vos réactions.

Vous pourriez sentir le besoin de vous distraire ou d’ignorer le problème. Vous pourriez commencer à vous dire : « Si je n’y pense pas et que je n’en parle pas, il n’y a pas de problème. » La réalité, cependant, c’est que le fait d’ignorer ou de refouler le sentiment de deuil a tendance à le faire durer plus longtemps.

Vous pourriez remarquer que certains comportements se manifestent plus souvent, comme une tendance à vous distraire avec de la nourriture, la consommation de substances, les jeux de hasard, le magasinage, ou d’autres activités capables de vous divertir ou de dissimuler comment vous vous sentez de façon temporaire. C’est quelque chose de très commun et de compréhensible. Mais vous devriez peut-être surveiller ces comportements afin de vous assurer que vos efforts pour vous distraire ne causent pas d’autres difficultés dans votre vie.

La vérité, c’est que même s’il peut être tentant d’ignorer ou de refouler votre sentiment de deuil, cette stratégie ne vous permettra pas de guérir ou de vous rétablir. En fait, essayer de refouler le sentiment de deuil peut ultimement causer plus de tort.

Ce qui pourrait aider

Ça peut être important de vous donner de l’espace et du temps pour vivre vos émotions. Pendant que vous faites ça, essayez d’être gentil avec vous-même et d’éviter de vous juger pour ce que vous ressentez.

Évitez de minimiser ce que vous ressentez. Dépendamment de ce que vous avez vécu, vous pourriez avoir envie d’ignorer ce qui vous est arrivé ou le sentiment de deuil que vous ressentez. Souvenez-vous que, même si personne n’est décédé, vous avez vécu une ou des pertes importantes, et que ces pertes peuvent justifier une réaction émotive comme le sentiment de deuil.

Discutez de ce que vous vivez avec une personne qui peut vous soutenir. Essayez de choisir quelqu’un qui saura vous écouter et qui n’essayera pas de changer comment vous vous sentez, et qui ne vous poussera pas à vous sentir mieux. Ça peut aider de dire directement à la personne quelle est la meilleure façon de vous aider. Dire souvent des choses comme « je n’ai pas besoin que tu règles ça pour moi, j’ai juste besoin que tu m’écoutes » peut aider. Pour d’autres suggestions sur la façon dont cette personne pourrait vous aider, envisagez de lui montrer cet article.

Reposez-vous. Éprouver un sentiment de deuil, c’est épuisant. Mentalement, physiquement et émotionnellement épuisant. De l’extérieur, vous pourriez avoir l’air de ne pas faire grand-chose, mais intérieurement, vous faites beaucoup de travail émotionnel. Le sentiment de deuil exige que vous acceptiez le monde tel qu’il se présente à vous après avoir vécu cette perte. C’est une lourde tâche qui peut prendre beaucoup de temps et d’énergie. Prenez soin de vous et demandez de l’aide lorsque vous en avez besoin. Pour en apprendre davantage sur les différents types de repos dont vous pourriez avoir besoin, visionnez cette vidéo. Si le fait de découvrir qu’il existe plusieurs types de repos peut sembler accablant au départ, gardez à l’esprit que ce ne sont pas toutes les formes de repos qui nécessitent du temps; certains types de repos consistent plutôt à changer votre façon de voir les choses.

The real reason why we are tired and what to do about it | Saundra Dalton-Smith MD | TEDxAtlanta

Sachez qu’il y a une différence entre se reposer et se distraire. Même si se distraire a sa place dans nos vies, ça n’offre pas les mêmes bienfaits que le repos. Portez attention au temps que vous passez à être dans la lune et à perdre la notion du temps. Portez également attention à ce que vous ressentez après une telle activité. Si vous passez beaucoup de temps à écouter la télévision, à consulter les médias sociaux ou à jouer aux jeux vidéo, portez attention à ce que vous ressentez avant et après l’activité. Parfois, on peut avoir l’impression que c’est bon, ou même nécessaire, de se distraire pendant qu’on le fait, mais une fois que l’activité est terminée, nous nous sentons de nouveau fâchés ou dépassés. Si cette description correspond à votre expérience, envisagez d’effectuer d’autres activités susceptibles de vous faire sentir mieux.

Lorsqu’on éprouve un sentiment de deuil, c’est important de mettre de côté nos anciens standards. Essayez d’être patient avec vous-même. C’est possible qu’avant que tout ça arrive, vous étiez capable de travailler plus longtemps ou de gérer plus de choses en même temps. Vous pouvez accorder la priorité à ce qui doit être fait et vous permettre de lâcher prise pour le reste.

Peut-être qu’obtenir un congé payé est possible—discutez avec vos supérieurs ou votre syndicat de la possibilité d’avoir du temps pour vous concentrer sur votre guérison.

Ça peut aider d’écrire ou de faire des activités créatives. Trouvez une façon de vous exprimer en écrivant dans un journal ou au moyen de l’art, de la danse, du chant ou d’autres formes d’expression. Vous n’avez pas besoin d’être particulièrement artistique ou créatif pour faire ça parce que vous n’avez pas à créer quelque chose de bon. L’important, c’est de vous exprimer, ce n’est pas le résultat final.

Réfléchissez aux émotions qui se cachent peut-être derrière le sentiment de deuil. Portez attention à ce qui ressort. Ça pourrait aider de lire nos autres articles au sujet de la confusion, de l’anxiété, de la tristesse ou de la colère si vous ressentez ces émotions.

Essayez d’éviter les affirmations du genre « j’aurais dû ». Souvent, ces affirmations correspondent aux attentes que les autres nous imposent ou que nous nous imposons nous-mêmes par rapport à la façon dont on devrait se sentir. Le sentiment de deuil, c’est quelque chose de très unique et de très personnel. Même si deux personnes subissent la même perte, leurs réactions peuvent quand même être différentes parce qu’elles sont toutes les deux uniques. Au lieu de vous juger pour ce que vous ressentez, essayez de remarquer quelles émotions font surface et ce qu’elles vous disent à propos de ce dont vous avez besoin.

Envisagez de lire les histoires d’autres personnes. Entendre d’autres personnes ayant eu des expériences similaires peut aider à mettre des mots sur ce que vous avez vécu.

Souvenez-vous que tout le monde a la capacité naturelle de s’adapter à une perte. Aussi difficile et souffrant que ça puisse être, vous êtes résilient et vous pouvez y arriver. Demandez-vous ce dont vous avez besoin. Parfois, il faut prendre son temps; parfois, il faut se pousser à faire quelque chose. Faites-vous confiance.


Les quatre types de milieux de travail avec un degré élevé de harcèlement

Les chercheurs ont constaté qu’il y a quatre types d’environnements de travail où le harcèlement sexuel et basé sur le genre est le plus fréquent. Les voici.

Les milieux de travail où la plupart des travailleurs sont des hommes.

On les appelle parfois des milieux de travail « majoritairement masculins » ou « à prédominance masculine ». Et il y en a beaucoup, surtout dans des domaines comme la science et la technologie, la construction, le commerce, le transport et l’entreposage, les mines, les carrières et l’extraction de pétrole et de gaz, la pêche et la foresterie, les services de police et l’armée. Dans ces milieux de travail, le harcèlement est plus susceptible d’être ce que les experts appellent du « harcèlement basé sur l’hostilité ». Ça signifie que certaines personnes pensent que vous n’avez pas votre place dans leur milieu de travail ou leur industrie, et elles vous harcèlent pour vous pousser à démissionner.

Les milieux de travail où la plupart des clients sont des hommes.

C’est vrai pour une grande partie de l’industrie de l’accueil (services de bar, service aux tables, et services d’hébergement). C’est vrai pour le travail du sexe. C’est vrai pour certains emplois liés aux soins de santé et au soutien de la personne (préposé aux bénéficiaires, nounou, préposé à l’entretien, assistant personnel) et pour beaucoup d’emplois dans les domaines des ventes, de la consultation et des services aux entreprises. Pour ce genre d’emplois, le harcèlement est plus susceptible d’être ce que les experts appellent du « harcèlement basé sur le désir », ce qui signifie que certaines personnes croient que c’est correct d’adopter un comportement sexuel avec vous même si vous ne voulez pas qu’elles le fassent.

Les milieux de travail où la plupart des gens sont blancs (si vous ne l’êtes pas).

Pour les personnes racialisées, il peut être difficile de déterminer si elles sont harcelées en raison de leur sexe ou de leur genre, ou en raison de leur race. Souvent, ce sont les deux. Si vous êtes une personne racialisée, les milieux de travail majoritairement blancs pourraient être des environnements à degré élevé de harcèlement pour vous. Ce type de harcèlement peut être basé sur l’hostilité ou sur le désir, ou sur un mélange des deux.

Les milieux de travail où la majorité des personnes n’appartiennent pas à la communauté 2SLGBTQIA+ (si vous en faites partie).

Si vous faites partie de la communauté 2SLGBTQIA+, un milieu de travail à degré élevé de harcèlement peut être n’importe quel milieu où les personnes 2SLGBTQIA+ ne représentent qu’une toute petite minorité ou ne semblent pas du tout présentes. C’est particulièrement vrai si vous êtes trans, ou si les gens vous perçoivent comme autre chose qu’un homme. Ce genre de harcèlement est habituellement basé sur l’hostilité. Certaines personnes sont offensées de votre présence (parfois même de votre existence), et elles essaient donc de vous pousser à démissionner, ou à vous comporter d’une façon qu’elles approuvent.

Qu’est-ce qui pousse les gens à changer de carrière?

Si vous êtes harcelé dans un milieu de travail comme ceux décrits plus haut, et que vous essayez de décider si c’est assez pour vous faire changer complètement de carrière ou non, la première chose que vous devez savoir c’est que vous n’êtes pas seul. Ce que vous vivez est très, très commun.

C’est assez simple.

Si une personne se fait harceler au travail et n’arrive pas à trouver une manière de faire cesser le harcèlement, elle va habituellement envisager de quitter son emploi. Si elle pense qu’elle est tout aussi susceptible de se faire harceler à son prochain emploi, c’est là que les gens envisagent de faire un plus gros changement.

  • Ils veulent pouvoir relaxer au travail au lieu d’avoir à être constamment sur leur garde et méfiants.
  • Ils veulent être en sécurité sur le plan physique et émotionnel.
  • Ils veulent pouvoir se concentrer sur leur travail au lieu d’être distraits par le harcèlement.
  • Ils veulent être entourés de personnes qu’ils aiment et avec qui ils peuvent entretenir des relations amicales—ou au moins éviter les personnes qui ont des comportements hostiles ou prédateurs.
  • Ils veulent être traités avec un minimum de respect.
  • Ils veulent que leur travail soit jugé en fonction de leur rendement réel.
  • Ils veulent avoir accès à des possibilités d’avancement normales. Être félicités et promus, et gagner plus d’argent.
  • Ils veulent pouvoir être eux-mêmes au travail au lieu d’avoir à cacher ou à modifier des parties d’eux-mêmes pour éviter le harcèlement.

Voici quelques histoires vraies de personnes qui ont changé de carrière pour fuir le harcèlement. Certaines de ces histoires proviennent de discussions que nous avons eues nous-mêmes, et d’autres sont tirées de livres ou d’articles de journaux. Il y a beaucoup d’exemples:

  • Une ingénieure en logiciel a été harcelée sexuellement pendant plus de 10 ans alors qu’elle travaillait pour des géants de la haute technologie. Elle a quitté l’industrie pour travailler dans le secteur des organismes à but non lucratif.
  • Une soudeuse a été harcelée dès son premier jour de travail, et tous les jours par la suite. Après deux ans, elle a démissionné et est maintenant artisane du verre.
  • Une personne non binaire a occupé toutes sortes d’emplois pendant environ une décennie, et iel a subi du harcèlement dans chacun d’entre eux. Aujourd’hui, iel travaille à son propre compte dans la réparation de vélos.
  • Après sa transition, une auditrice dans une grande firme comptable a commencé à se faire harceler par beaucoup de ses collègues. Elle a démissionné et a accepté un poste de comptable dans un hôtel 2SLGBTQIA+.
  • Une femme issue des Premières Nations est devenue conseillère municipale avant de démissionner parce que son emploi l’exposait à trop de racisme et de sexisme. Elle est aujourd’hui une militante autochtone et une artiste.

Comment décider si changer de carrière est le bon choix pour vous

En fait, c’est un compromis assez simple.

Les études indiquent que les personnes qui changent de carrière pour fuir les environnements à degré élevé de harcèlement finissent par être plus heureuses, mais plus pauvres. C’est aussi simple que ça.

  • Elles sont plus heureuses parce qu’elles ont l’impression de pouvoir être elles-mêmes au travail, et parce qu’elles finissent par travailler avec des personnes qu’elles apprécient beaucoup plus que leurs anciens collègues.
  • Elles sont plus pauvres parce qu’elles passent souvent un moment sans emploi ou sous-employées, parce qu’elles doivent parfois dépenser de l’argent afin de suivre une formation pour une nouvelle carrière, ou parce que leur nouvelle carrière est moins payante. (Nous expliquons ce point en plus de détails un peu plus loin dans l’article.)

Alors, c’est une question assez simple. Pouvez-vous vous permettre de gagner moins d’argent pour être plus heureux?

(D’accord, ce n’est pas aussi simple que ça à 100 %. Si vous occupez déjà un emploi peu rémunéré, il est tout à fait possible de retourner à l’école, de suivre une formation et de finir par faire plus d’argent au bout du compte. C’est quelque chose qui arrive; ce n’est même pas quelque chose d’inhabituel. Mais si vous voulez plus d’argent et moins de harcèlement, ce n’est pas toujours facile à obtenir.)

Comment entamer votre changement de carrière

La première chose que vous devez savoir, et la plus importante, c’est que vous ne devez pas attendre trop longtemps.

Si vous pensez vouloir changer de carrière, lancez rapidement le processus. Ça va prendre beaucoup de planification et d’efforts, alors que chaque jour passé dans une industrie où il y a beaucoup de harcèlement vous coûtera cher—émotionnellement, et peut-être même physiquement.

Vous voudrez donc commencer immédiatement.

Voici quelques points auxquels vous devriez réfléchir:

  • Nous voulons vous encourager à faire confiance à votre propre instinct. Si vous pensez qu’il serait préférable de partir, vous avez raison. Nous vous disons tout ça parce que les autres—vos amis, votre famille, votre réseau professionnel—pourraient vous encourager à rester. S’ils le font, vous pouvez les ignorer. Ils ne sont pas dans vos souliers et ils ne savent pas ce que vous vivez. Nous vous encourageons fortement à vous faire confiance. Vous êtes l’expert de vous-même.
  • Voici un renseignement important que beaucoup de gens ne connaissent pas: les industries où il y a un degré élevé de harcèlement paient mieux que les industries où le harcèlement est faible.C’est ce que les économistes appellent un « avantage salarial », et c’est la raison pour laquelle presque toutes les personnes qui changent de carrière pour fuir le harcèlement finissent par gagner moins d’argent. Si vous envisagez un changement, c’est quelque chose que vous devez savoir. Vous devriez essayer d’économiser le plus d’argent possible avant de démissionner. C’est aussi une bonne idée de commencer à réduire vos dépenses. Vous pourrez trouver des conseils à ce sujet dans notre article sur comment vous protéger financièrement.
  • Vous pourriez envisager de rester dans le même domaine, mais avec un peu plus d’indépendance. Par exemple, en devenant un consultant ou un entrepreneur indépendant. C’est quelque chose que beaucoup de gens font. Mais les chercheurs disent que, pour plusieurs, c’est seulement une étape par laquelle ils passent. Quelque cinq ans plus tard, la plupart des gens font quelque chose de complètement différent de ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont été harcelés pour la première fois.
  • Une fois qu’elles ont quitté une industrie avec un degré élevé de harcèlement, beaucoup de personnes cherchent pendant un moment avant de finalement trouver ce qu’elles veulent vraiment faire. C’est normal de se retrouver sans emploi ou sous-employé pendant un an ou deux, ou même plus. C’est quelque chose qui pourrait facilement vous arriver. C’est un autre argument pour vous encourager à économiser et à passer beaucoup de temps sur la planification avant de quitter votre emploi.
  • Voici une vérité qui dérange: le genre de carrières où vous êtes le plus à risque d’être harcelé a aussi tendance à avoir plus de prestige que les environnements sans harcèlement. Ark, mais c’est comme ça. Vous voudrez peut-être réfléchir à l’importance que vous—et vos amis et votre famille—accordez au prestige. Si c’est très important, ça pourrait rendre la décision plus difficile à prendre.
  • Lorsque les gens quittent un environnement avec un degré élevé de harcèlement, il est normal qu’ils passent par une période durant laquelle ils ne veulent plus du tout travailler avec d’autres personnes. Le fait de vouloir travailler seul, selon les experts, est un aspect assez commun du processus de guérison, et qui prendra probablement fin naturellement. Si vous voulez travailler seul pendant un moment, c’est normal, et il n’y a pas de raison de vous inquiéter.
  • Beaucoup de gens finissent par se recycler dans un autre domaine. Ça vaut la peine de réfléchir à savoir si vous souhaitez retourner sur les bancs d’école ou non. Y a-t-il un domaine en particulier qui vous a toujours intéressé? Si vous développez de nouvelles compétences, est-ce que ça vous permettra de vous qualifier pour un emploi que vous pourriez aimer? Vous pourriez avoir l’impression que vous êtes trop vieux pour retourner à l’école, ou que ce serait trop cher. Mais si ça vous permettait d’avoir plus de plaisir à travailler, ça vaut vraiment la peine de l’envisager.
  • Les chercheurs disent que les gens les plus heureux et les plus en santé après un changement de carrière sont souvent ceux qui ont changé pour une industrie ou un domaine où ils peuvent travailler avec des gens qui leur ressemblent plus. (Comme une femme trans travaillant avec d’autres personnes trans, ou une femme issue des Premières Nations travaillant avec d’autres Autochtones). Si c’est une chose à laquelle vous songez, c’est une bonne idée de commencer à bâtir un réseau de personnes qui vous ressemblent. Trouvez où ces personnes travaillent, et ce qu’elles font. Demandez-leur si elles aiment leur travail. Demandez-leur comment elles se sont retrouvées là. Demandez-leur s’il y a des postes vacants.

Les points à retenir

Si vous travaillez dans un environnement avec un degré élevé de harcèlement, vous devriez vraiment envisager de changer de carrière afin de fuir le harcèlement.

Pour la plupart des gens, c’est un compromis assez simple: si vous le faites, vous gagnerez moins d’argent, mais vous serez plus heureux. Vous pourrez relaxer au travail, vous vous sentirez plus en sécurité, et vous apprécierez davantage les gens autour de vous.

Si c’est quelque chose que vous envisagez sérieusement, nous vous conseillons de commencer sans attendre.

Nous espérons que vous pourrez trouver le temps de bien réfléchir à ce qui est le plus important pour vous, et que vous pourrez établir un plan pour obtenir ce que vous voulez. Vous méritez un milieu de travail où vous êtes en sécurité et heureux, et nous espérons que vous le trouverez.


Attention

Si vous songez à quitter votre emploi, nous vous encourageons à parler d’abord avec un avocat. Un avocat pourra vous aider à déterminer s’il est possible de forcer votre employeur à vous verser de l’argent pour compenser le harcèlement. Consultez Comment trouver un avocat et faire affaire avec lui.

Si vous êtes harcelé sexuellement au travail, vous pourriez songer à quitter votre emploi.

Pour certaines personnes, c’est une décision facile. Mais si vous aimez votre emploi ou que vous avez besoin d’argent, ça peut être plus difficile.

Dans le présent article, nous vous aiderons à déterminer si vous devriez quitter ou non votre emploi, et comment le faire tout en protégeant votre carrière.

Pourquoi quitter votre emploi

C’est évident. Quitter votre emploi est la façon la plus rapide et la plus simple de mettre un terme au harcèlement et de sortir d’un milieu de travail malsain. Ça réduit immédiatement le risque que quelque chose de vraiment grave vous arrive. C’est le moyen le plus rapide de se débarrasser du problème et de passer à autre chose.

Pourquoi ne pas quitter votre emploi

Parce que vous ne devriez pas avoir à le faire. Pourquoi devriez-vous avoir à quitter votre emploi juste parce que quelqu’un d’autre a décidé de vous harceler?

Qui quitte son emploi afin de fuir le harcèlement

Principalement, deux types de personnes. Les gens qui travaillent dans des domaines dans lesquels il est normal de changer souvent d’emploi, et les gens qui font face à du harcèlement grave ou de longue durée.

Les domaines dans lesquels il est normal de changer souvent d’emploi

Dans certains domaines, changer souvent d’emploi est normal. C’est notamment le cas dans le secteur de l’accueil (comme les services de bar, le service aux tables et les services d’hébergement) et du commerce au détail, pour certains types d’emploi dans les domaines de la vente et du service à la clientèle ainsi que pour certains types d’emploi dans les domaines du soutien personnel ou à domicile (comme les préposés aux bénéficiaires ou les services d’entretien ménager).

Habituellement, ces emplois ne nécessitent pas vraiment de formation spécialisée, il y a beaucoup de postes disponibles qui sont assez semblables les uns aux autres et, souvent, les gens dans ces domaines obtiennent leur nouvel emploi par l’entremise de leurs amis. Ces conditions facilitent le changement d’emploi.

Pour les personnes qui occupent ces genres de postes, quitter son emploi peut être une décision assez facile. Elles quittent habituellement leur emploi rapidement sans donner de raison pour leur départ.

Les emplois où on fait face à du harcèlement grave ou de longue durée

Lorsqu’ils se font harceler, la plupart des gens ne quittent pas immédiatement leur emploi. Mais si le harcèlement est vraiment grave ou se produit sur une longue période, la plupart des gens vont éventuellement quitter leur emploi. C’est particulièrement vrai pour les emplois et les milieux de travail où il y a beaucoup de harcèlement, comme les industries où il y a beaucoup de clients masculins (comme l’industrie de l’accueil) ou les industries où la majorité des travailleurs sont des hommes (comme les domaines de la construction, des forces de l’ordre ou du développement de logiciels). C’est aussi vrai pour les personnes racialisées dans des milieux de travail dominés par les Blancs et les personnes 2SLGBTQIA+ dans des milieux de travail où elles sont en minorité.

Pour les personnes qui occupent ce genre de postes, démissionner peut être une décision très difficile. Au moment où elles démissionnent, elles sont plus susceptibles de donner à leur employeur la raison de leur départ (lorsque l’employeur ne la connaît pas déjà), et elles partent plus souvent en mauvais termes.

Comment savoir quand démissionner

Nous n’avons pas réussi à trouver d’études ou de sondages ayant demandé aux personnes qui avaient quitté leur emploi en raison du harcèlement comment elles s’étaient senties après. Mais si on se fie aux personnes que nous avons interviewées et aux histoires que nous avons lues, la plupart des gens ne regrettent pas d’avoir quitté leur emploi.

Certaines personnes, par contre, regrettent de ne pas avoir démissionné plus tôt.

Nous pensons donc que, si vous songez sérieusement à quitter votre emploi en raison du harcèlement, vous devriez probablement le faire. La question pour vous n’est donc pas de déterminer si vous voulez quitter votre emploi, c’est plutôt de déterminer la meilleure façon de quitter votre emploi par rapport à votre carrière.

Comment quitter votre emploi de façon à protéger votre carrière

Si vous voulez quitter votre emploi et que c’est facile pour vous, vous devriez simplement le faire. Trouvez-vous un nouvel emploi et quittez l’autre. Ne dites pas aux gens pourquoi vous démissionnez, faites juste inventer une excuse. De cette façon, vous pouvez quitter votre emploi en bons termes et personne ne parlera dans votre dos.

Si votre situation est plus compliquée, toutefois, quitter votre emploi sera nécessairement plus compliqué aussi.

Si c’est le cas, voici nos conseils.

Essayez de ne pas démissionner avant d’avoir trouvé un nouvel emploi

Si vous êtes inquiet pour votre sécurité, vous pourriez devoir quitter votre emploi sur-le-champ. Mais si c’est sécuritaire de rester, vous devriez essayer de tolérer votre emploi jusqu’à ce que vous en trouviez un nouveau. Voici un article qui explique pourquoi.

Commencez votre recherche d’emploi rapidement, avant le moment où vous pensez que vous devez le faire

Beaucoup de gens commencent seulement leurs recherches lorsqu’ils sont déjà au bout du rouleau. Nous vous encourageons donc à commencer vos recherches rapidement même si vous n’êtes pas encore certain de vouloir quitter votre emploi. Vous ne voulez pas chercher un emploi alors que vous êtes pressé par le temps ou très stressé parce que ce sera plus difficile de trouver un bon emploi. Alors, la minute à laquelle vous commencez à penser à quitter votre emploi, c’est là que, selon nous, vous devriez commencer à chercher un autre emploi.

Faites attention à ce que vous dites sur les raisons de votre départ

Ça peut être difficile de savoir quoi dire en entrevue sur les raisons pour lesquelles vous cherchez un nouvel emploi.

Avant d’accepter un nouvel emploi, assurez-vous de l’évaluer comme si vous n’étiez pas harcelé

Souvent, les gens à la recherche d’un nouvel emploi en raison de harcèlement sexuel finissent par accepter un emploi qui n’est pas aussi bon que celui qu’ils quittent. C’est moins bien payé, les avantages sont moins bons, ou certains aspects ne leur conviennent pas autant. Avant d’accepter votre nouvel emploi, prenez un peu de temps pour réfléchir à savoir si vous accepteriez ce poste si vous n’étiez pas harcelé.

Parlez à un avocat avant de démissionner

C’est très important. Si vous songez à quitter votre emploi en raison de harcèlement, votre employeur pourrait être légalement obligé de vous verser de l’argent s’il n’a pas fait assez pour faire cesser le harcèlement ou s’il vous a puni pour vous être plaint. Un avocat pourra vous aider à déterminer ça. Vous pouvez habituellement obtenir une courte consultation gratuite avec un avocat, et ça en vaut vraiment la peine.

Déterminez si vous voulez quitter non seulement votre emploi, mais aussi votre industrie

Si vous travaillez dans une industrie où il y a beaucoup de harcèlement, vous risquez d’être harcelé à votre prochain emploi comme vous l’êtes à votre emploi actuel. Une fois que les gens réalisent à quel point le harcèlement est monnaie courante dans leur industrie, il est très commun pour eux de décider d’abandonner complètement cette industrie. C’est tellement commun que nous avons écrit un article entier sur le sujet.

Une dernière remarque sur la honte et la culpabilité

Lorsque nous avons parlé avec les gens et lu leurs histoires, nous avons découvert que beaucoup de personnes ayant quitté leur emploi pour fuir du harcèlement sexuel s’étaient senties coupables par la suite. Elles avaient l’impression qu’elles auraient dû être « braves », qu’elles auraient dû se « tenir debout » et « se défendre ». Elles s’inquiétaient d’être des lâches et d’avoir laissé tomber les autres en démissionnant.

Nous comprenons pourquoi les gens se sentent comme ça. Mais nous aimerions vous proposer une autre façon de voir les choses.

La réalité, c’est que « vous tenir debout » et « vous défendre » n’est peut-être pas ce qui est le mieux pour vous. Il y a littéralement des décennies d’études et de sondages sur ce sujet précis. Parfois, signaler fonctionne bien pour la personne qui le fait. Mais le plus souvent, la personne qui signale est celle qui finit par se faire punir. Les chercheurs disent depuis des décennies que la décision de ne pas signaler est un choix rationnel et raisonnable.

Alors, voici ce que nous voulons que vous sachiez.

Il n’y a pas de façon « lâche » de réagir au harcèlement sexuel.

Il n’y a pas de raison pour vous d’avoir honte ou de vous sentir coupable.

Personne de raisonnable ne pense que vous devriez devenir un martyr pour ça. Personne ne veut que votre carrière, votre réputation et vos finances soient ruinées.

Vous avez le droit de faire ce qui est le mieux pour vous, et vous devriez vous sentir bien par rapport à ce que vous faites, peu importe ce que c’est.

Peu importe le choix que vous faites, c’est un choix courageux et honorable.


Avant de commencer, nous tenons à vous avertir: lire cet article pourrait vous fâcher parce que certaines des choses dont nous allons vous parler sont assez horribles.

Maintenant que vous avez été averti, nous pouvons commencer.

Qu’arrive-t-il si vous décidez de signaler le harcèlement?

C’est le choix le plus risqué. Signaler le harcèlement peut faire beaucoup de tort à votre carrière. Nous détestons l’admettre, mais c’est la vérité et vous devez le savoir.

Si vous avez un bon employeur, signaler le harcèlement ne vous causera probablement pas de problèmes. Votre employeur agira rapidement et avec sensibilité afin de vous protéger et de protéger le milieu de travail.

Mais ce n’est pas ce qui arrive habituellement. Pour la plupart des gens, le signalement est une expérience très négative.

Je me suis juste sentie tellement rabaissée, juste l’interrogatoire a été assez désagréable dans l’ensemble. J’ai fini par crouler sous l’émotion, et j’ai pensé à quitter mon travail sur-le-champ. 

Ancienne guide de musée, décrivant comment elle s’est sentie après avoir été interrogée par les ressources humaines de son ancien employeur en réponse à sa plainte pour harcèlement sexuel.

On m’a avertie que j’étais un problème et que j’étais la première personne à porter plainte contre cet instructeur-là, que si je continuais, je découvrirais probablement que d’autres écoles avaient entendu dire que j’étais un problème et qu’on finirait probablement par me faire échouer et par m’expulser de mon programme. Je suis encore étonnée de la vitesse à laquelle je suis passée d’une étudiante appréciée de mon programme à un paria.

Étudiante en droit anonyme, qui s’est plainte en raison du harcèlement sexuel de son instructeur, traduction d’une citation tirée de Going Public: A Survivor’s Journey from Grief to Action par Julie Macfarlane

C’est une chasse à la sorcière: vous devenez un bouc émissaire, la fille arrogante et fauteuse de troubles; vous devenez la fille qui ne fit pas.

Chef de service anonyme, qui a poursuivi son employeur pour congédiement déguisé et gagné, traduction d’une citation tirée de Complaint! par Sarah Ahmed

Voilà à quoi ça ressemble quand les choses tournent mal.

La personne à qui vous signalez le harcèlement sexuel pourrait être maladroite ou mal à l’aise

La personne à qui vous signalez le harcèlement pourrait avoir le sentiment que vous lui mettez plus de travail sur les épaules, ou que vous lui faites perdre son temps avec quelque chose qui n’est pas vraiment important.

Elle pourrait avoir peur parce qu’elle sait qu’il y a des lois à respecter et qu’elle pourrait être dans le trouble si elle ne gère pas le problème correctement. Elle ne sait peut-être pas exactement ce qu’elle a le droit de dire ou de faire, et elle pourrait avoir besoin de passer beaucoup de temps à documenter vos conversations et à s’informer auprès des ressources humaines ou d’un avocat sur la façon de gérer la situation.

Elle pourrait alors devenir maladroite ou mal à l’aise par rapport à la situation.

Les gens de votre milieu de travail pourraient répandre des rumeurs à votre sujet et vous juger

Votre signalement est censé être tenu aussi confidentiel que possible. Mais pour enquêter, votre employeur aura probablement besoin de parler avec le harceleur et les personnes susceptibles d’avoir été témoins du harcèlement. L’employeur pourrait aussi avoir à parler avec vos boss et les ressources humaines.

Il n’est pas rare que tout le monde à votre travail finisse par découvrir que vous avez signalé un cas de harcèlement. Quand ça arrive, au lieu d’avoir de la compassion et de se sentir mal pour vous, les gens vont souvent compatir avec le harceleur. Ils ont souvent l’impression que le harceleur se fait attaquer et accuser de façon injustifiée. Les gens décident que vous avez mal compris ou exagéré l’incident, et ils s’inquiètent de la possibilité que le harceleur soit puni injustement.

Entre-temps, les gens pourraient vous jugersévèrement. Ils pourraient vous blâmer pour avoir mal géré la situation, pour avoir causé des problèmes et des perturbations, ou pour les avoir « forcés à choisir un camp » entre vous et le harceleur.

Le tout est aggravé par le fait que les gens n’ont pas le droit d’en parler ouvertement parce que le sujet est censé rester confidentiel. Ça ouvre largement la porte aux rumeurs et au commérage.

Le harceleur pourrait essayer de ruiner votre réputation

Une fois que le harceleur aura découvert que vous l’avez signalé, il est extrêmement probable qu’il se mette à se défendre en vous traînant dans la boue et en convainquant ses amis de faire de même.

Il essaiera de vous dépeindre comme un menteur en qui on ne peut avoir confiance. Il pourrait dire que vous avez inventé l’incident de harcèlement pour des raisons personnelles, ou pour détourner l’attention du fait que vous ne faites pas bien votre travail. C’est très commun qu’un harceleur affirme que la personne harcelée a un problème de boisson ou une maladie mentale.

Les gens pourraient décider que vous êtes un fauteur de troubles et commencer à mal vous traiter

Les interactions entre vous et votre boss, qui pourraient auparavant avoir été amicales et chaleureuses, pourraient devenir plus froides et malaisantes. Votre boss pourrait vous punir pour avoir signalé le harcèlement. Vous pourriez avoir moins de quarts, ou des tâches moins intéressantes. C’est ce qu’on appelle des représailles et elles sont si communes que nous avons écrit un article complet à leur sujet.

Vos collègues pourraient arrêter de vous aider. Ils pourraient être moins disposés à échanger des quarts avec vous, ou à vous apprendre quelque chose que vous ne savez pas comment faire. Ils pourraient commencer à vous exclure socialement.

Les gens pourraient arrêter de vous faire part des possibilités qui s’offrent à vous, comme l’ouverture de postes auxquels vous êtes admissibles, ou les occasions de faire des heures supplémentaires ou de participer à un projet spécial.

Le tout pourrait avoir un effet boule de neige et commencer à vraiment nuire à votre carrière

Les gens pourraient arrêter de parler de vous de façon positive. Ils pourraient vous décrire comme une personne pénible, négative, toxique et avec qui il est difficile de travailler. Ils pourraient hausser un sourcil ou faire une grimace lorsqu’une autre personne se renseigne à votre sujet.

Votre carrière pourrait commencer à stagner ou à décliner. Vous n’obtenez plus de promotions; vous êtes peut-être même rétrogradé. Les gens présument que c’est parce que vous ne faites pas du bon travail.

Le commérage et les jugements pourraient commencer à déborder au-delà de votre organisation. Les membres de votre réseau professionnel pourraient devenir moins amicaux. Vous recevez moins d’invitations, et les gens commencent à vous traiter avec moins de respect. Si vous commencez à chercher un nouvel emploi, ça pourrait se passer moins bien que ce à quoi vous vous attendiez.

Le tout pourrait faire en sorte que vous aimiez moins votre travail et que vous commenciez à vous inquiéter pour votre carrière. Vous vous fâchez contre les personnes qui ne vous soutiennent pas. Vous commencez à prendre plus de journées de maladie, vous arrivez plus souvent en retard et vous évitez les activités sociales en lien avec le travail que vous aviez l’habitude d’aimer. Votre rendement commence à diminuer. Vous pourriez finir par être renvoyé, ou par quitter votre emploi en mauvais termes.

À qui le signalement cause le plus de tort?

Signaler le harcèlement est risqué pour tout le monde. Mais pour certaines personnes, le risque est encore plus élevé.

Nous allons prendre un peu de temps pour faire le tour de la question parce que nous pensons que c’est vraiment important.

Signaler le harcèlement risque davantage de nuire à votre carrière si:

  • vous travaillez pour une petite entreprise
  • vous travaillez dans un milieu de travail dominé par les hommes
  • vous êtes harcelé par un client
  • vous êtes nouveau dans l’industrie ou chez votre employeur
  • vous n’avez pas beaucoup d’amis au travail
  • vous occupez un emploi où le succès est difficile à mesurer
  • vous êtes une personne racialisée, surtout si vous êtes Noir ou Autochtone
  • vous appartenez à la communauté 2SLGBTQIA+
  • vous êtes dans la 20s ou la 30s

Plus vous cochez de cases, plus il y a de risques que signaler le harcèlement sexuel nuise à votre carrière.

Voici pourquoi.

Une petite entreprise pourrait mal gérer votre signalement

Les petits milieux de travail peuvent être particulièrement mauvais pour gérer les signalements parce que leurs gestionnaires sont moins susceptibles de comprendre la loi et d’avoir du soutien adéquat sur le plan juridique et des ressources humaines. Et si votre milieu de travail est petit, il y a aussi plus de chance pour que la personne responsable de mettre un terme au harcèlement connaisse le harceleur et soit son ami.

Un milieu de travail dominé par les hommes risque de mal gérer votre signalement

Les milieux de travail dominés par les hommes, comme les secteurs de l’extraction minière et gazière, et de la construction, les services de police, l’armée, les sciences et technologies, et l’ingénierie, ont des niveaux de harcèlement sexuel plus élevés. Si le harcèlement est généralement toléré dans votre milieu de travail, il y a moins de chances que votre signalement soit bien géré.

Si vous êtes harcelé par un client, votre signalement risque d’être mal géré

Votre employeur pourrait être réticent à vous protéger contre un client si le faire risque de coûter de l’argent à l’entreprise. (L’industrie de l’accueil est particulièrement connue pour sa tolérance élevée du harcèlement.) Et lorsque c’est un client qui vous harcèle, votre employeur pourrait ne pas savoir clairement ce qu’il a le droit de faire ou ce qu’il est tenu de faire en vertu de la loi.

Si vous êtes nouveau dans l’industrie ou chez votre employeur, le signalement pourrait mal tourner

Comme vous êtes nouveau, vous avez moins de pouvoir. Les gens ne vous connaissent pas depuis assez longtemps pour avoir appris à vous faire confiance. Sans compter qu’en tant que nouveau venu, vous pourriez ne pas encore bien comprendre les choses—comme les personnes à qui vous pouvez faire confiance au travail.

Si vous n’avez pas beaucoup d’amis au travail, le signalement pourrait mal tourner

C’est une mauvaise nouvelle pour les personnes introverties et celles qui préfèrent séparer leur travail et leur vie sociale. Si les gens parlent dans votre dos au travail, vos amis peuvent vous défendre. Ils peuvent aussi vous avertir pour que vous puissiez vous protéger. Si vous n’avez pas d’amis, vous êtes plus vulnérable.

Si votre succès au travail est difficile à mesurer, le signalement pourrait mal tourner

Il y a des emplois pour lesquels on peut facilement mesurer le succès en se basant sur les revenus, la vitesse ou l’exactitude. Mais pour la plupart des emplois, le succès est difficile à mesurer. Si c’est le cas pour vous, ce sera plus facile pour votre boss de vous punir en disant que votre travail n’est pas bien fait même si c’est faux.

Si vous êtes une personne racialisée travaillant dans un environnement où la majorité des gens sont blancs, le signalement pourrait mal tourner

La recherche montre que lorsque des personnes racialisées travaillant dans des milieux où la majorité des gens sont blancs signalent du harcèlement sexuel, les autres personnes réagissent souvent en les voyant comme étant ingrates ou déloyales. C’est particulièrement vrai si vous êtes Noir ou Autochtone parce que les personnes noires et autochtones sont déjà stéréotypées comme étant en colère et amères. Le signalement peut activer tous ces stéréotypes. Il est alors moins probable que votre signalement soit bien géré, et ça vous rend plus vulnérable par rapport aux dommages à la réputation.

Si vous êtes une personne 2SLGBTQIA+ dans un milieu de travail qui n’est pas 2SLGBTQIA+, votre signalement pourrait mal tourner

Comme pour les personnes racialisées, lorsque les personnes 2SLGBTQIA+ signalent du harcèlement sexuel, les autres personnes les voient souvent comme étant ingrates et déloyales. C’est aussi commun pour les personnes 2SLGBTQIA+—surtout les femmes trans, les personnes non binaires et au genre fluide, les personnes bisexuelles et les hommes gais—d’être stéréotypées comme des drama queens malhonnêtes et à qui on ne peut pas faire confiance. Les femmes butchs sont souvent stéréotypées comme étant agressives et menaçantes. Le signalement du harcèlement peut activer tous ces préjugés. Il est alors moins probable que votre signalement soit bien géré, ce qui vous rend plus vulnérable par rapport aux dommages à la réputation.

Si vous êtes dans la vingtaine ou la trentaine, votre signalement pourrait mal tourner

Plus vous êtes jeune, moins vous avez de chances que votre signalement soit pris au sérieux. C’est une question de crédibilité. Si vous êtes plus vieux, et avez des décennies d’expérience de travail, c’est plus difficile pour les gens de dire que vous êtes perdu ou que vous comprenez mal ce qui arrive. C’est aussi une question de pouvoir. Si vous êtes jeune, vous n’avez sans doute pas encore beaucoup de pouvoir dans votre milieu de travail, et c’est donc plus facile pour les gens d’ignorer votre signalement.

Qu’arrive-t-il si vous décidez de rester en poste sans signaler le harcèlement?

C’est certainement le choix le plus sûr pour votre carrière. Tout le monde le sait, et c’est ce qui explique pourquoi si peu de gens signalent le harcèlement sexuel.

Mais ce n’est pas tout à fait sans risque.

Si vous décidez de rester en poste et d’essayer de tolérer le harcèlement sans le signaler, voici comment votre carrière pourrait être affectée.

  • Vous pourriez avoir l’impression que vous avez besoin de changer certains aspects de votre travail—comme vos quarts, vos projets ou d’autres habitudes de travail—pour éviter le harceleur. Ces décisions pourraient nuire à votre carrière. (Par exemple, si vous décidez de ne plus travailler seul jusqu’à des heures tardives, ou si vous refusez de travailler sur un projet en particulier.)
  • Vous pourriez être distrait au travail parce que vous vous inquiétez au sujet du harcèlement ou que vous essayez d’éviter le harceleur.
  • Vous pourriez vous isoler socialement au travail afin d’éviter de passer du temps avec le harceleur.
  • Si c’est votre boss qui vous harcèle, il pourrait vous punir pour avoir résisté au harcèlement. Il pourrait vous donner moins de quarts, ou vous attribuer des tâches moins intéressantes. Il pourrait commencer à dire que vous ne faites pas un bon travail même si c’est faux.
  • Vous pourriez être crispé, nerveux ou irritable au travail, et ça pourrait nuire à votre réputation.

Mais voici ce qui risque le plus de nuire à votre carrière:

Si le harcèlement se poursuit assez longtemps, ou s’il est assez sévère, votre santé mentale, émotionnelle et physique peut commencer à se détériorer au point d’affaiblir votre capacité à effectuer votre travail.

C’est quelque chose de très commun. Certaines personnes se lèvent un matin complètement incapables de se présenter au travail et incapables de travailler pendant des semaines, des mois ou même des années. C’est quelque chose qui les surprend. Elles croient qu’elles s’en sortent bien, puis un jour, elles réalisent que ce n’est pas le cas. Vous ne voulez pas que ça vous arrive.

Qu’arrive-t-il si vous quittez votre emploi

Si vous êtes harcelé au travail, quitter votre emploi pourrait avoir des effets positifs sur votre carrière. Nous détestons l’admettre parce que vous ne devriez pas avoir à quitter votre emploi—mais c’est la réalité.

Quitter votre emploi vous permet de vous éloigner du harcèlement et d’éviter les dommages à votre réputation. Personne ne vous traîne dans la boue, personne ne vous juge et personne ne vous punit. Vous pouvez obtenir une bonne référence, et les gens parleront de vous en bien après votre départ. C’est bon pour votre carrière et c’est une excellente raison pour quitter votre emploi.

Mais nous devons vous avertir: lorsque les gens quittent leur emploi afin de fuir le harcèlement, ça ne se passe habituellement pas si bien que ça pour eux. C’est très commun, en fait, qu’une personne finisse avec un emploi pire que l’ancien. Les gens passent souvent un moment au chômage ou sous-employés. Certaines personnes n’arrivent jamais à remettre leur carrière sur les rails.

C’est un gros sujet, alors nous avons écrit un article qui lui est consacré.

Les leçons à retenir

La recherche indique que, lorsque les gens sont harcelés sexuellement au travail, leur carrière sera très probablement affectée. Beaucoup de gens s’en sortent avec des dommages permanents à leur carrière.

Nous voulons nous arrêter une minute pour souligner à quel point c’est injuste.

Vous vous occupiez de vos affaires, vous faisiez votre travail, et quelqu’un a décidé de vous harceler. L’idée que vous ayez à payer pour ça, que c’est votre carrière qui devrait en subir les conséquences? C’est vraiment révoltant. C’est injuste, et nous sommes désolés.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des choses que vous pouvez faire pour vous protéger. Lisez notre article sur comment rester concentré sur vos objectifs et protéger votre carrière.


Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

Le Tribunal des droits de la personne du Nunavut et ce qu’il fait

Si vous avez subi du harcèlement sexuel, vous pouvez probablement déposer une plainte officielle auprès du Tribunal des droits de la personne du Nunavut. Une loi qui vous protège contre la discrimination est la Loi sur les droits de la personne du Nunavut. Le harcèlement sexuel selon la loi peut constituer de la discrimination fondée sur le sexe. Le tribunal examinera votre plainte et évaluera si elle devrait être acceptée.

Quand vous pensez à déposer une plainte, vous imaginez peut-être un processus qui aboutit à un décideur qui détermine de façon définitive si ce qui s’est passé était correct ou non. Mais en réalité, le tribunal met l’accent sur la résolution des différends comme moyen de traiter les plaintes.

Nous ne disons pas de ne pas déposer une plainte auprès du tribunal, mais il est très peu probable que le résultat soit une reconnaissance publique du fait que vous avez subi du harcèlement. Si vous pensez que vous seriez satisfait(e) d’un règlement privé, qui pourrait inclure de l’argent pour vous dédommager du préjudice que vous avez subi, des excuses, ou une lettre de recommandation, alors faire traiter votre plainte par un processus de médiation pourrait être le bon choix pour vous.

Quelques faits sur le Tribunal des droits de la personne du Nunavut

  • Chaque année, environ une douzaine de personnes déposent une plainte auprès du tribunal en disant qu’elles ont été victimes de discrimination ou de harcèlement.
  • Les plaintes pour harcèlement sexuel sont rares; les hommes sont les plus susceptibles de déposer une telle plainte.
  • Plus de 90 % des plaintes au tribunal sont réglées par la médiation ou dans un autre forum.
  • C’est difficile de joindre le tribunal — il répond lentement aux appels téléphoniques ou aux courriels.
  • Il peut s’écouler jusqu’à 18 mois à partir du moment où une plainte est déposée jusqu’à ce que le tribunal décide si la plainte devrait être rejetée ou si elle devrait aller à la médiation. Habituellement, il faut un mois à partir du moment où les parties acceptent de participer à la médiation jusqu’à ce qu’elles signent une entente.

Pourquoi envisager de déposer une plainte auprès du tribunal

Si vous décidez de déposer une plainte auprès du tribunal, voici quelques choses que vous pourriez obtenir du processus:

  • C’est une occasion de dire au harceleur que ce qu’il a fait n’est pas correct.
  • Vous pourriez obtenir des excuses pour le harcèlement.
  • Vous pourriez récupérer de l’argent que vous avez perdu à cause du harcèlement — peut-être que vous n’avez pas obtenu un projet spécial ou une promotion, ou que vous avez été congédié(e).
  • Vous pourriez obtenir une lettre de recommandation pour un nouvel emploi.
  • Vous pourriez demander que votre milieu de travail fasse des changements qui affecteraient tout le monde là, pas juste vous, comme améliorer les politiques en matière d’harcèlement sexuel et la formation.

Il est possible d’obtenir de l’argent pour reconnaître le préjudice émotionnel que vous avez subi à cause du harcèlement.

Comment déposer une plainte auprès du tribunal

Le tribunal recommande d’abord de lire les Règles de procédure du Tribunal des droits de la personne avant de remplir le formulaire de notification. En théorie, vous pouvez communiquer avec le bureau du tribunal pour obtenir de l’aide pour remplir le formulaire, qui peut être déposé par la poste, par courriel, par télécopieur ou oralement. Incluez tous les documents qui appuient votre plainte. Sachez que recevoir une réponse aux messages téléphoniques ou aux courriels peut prendre beaucoup de temps. Le tribunal recommande d’obtenir un avis juridique, si possible. Une brochure sur le site Web du tribunal décrit le processus de plainte.

Vous pouvez déposer une plainte contre quiconque vous harcèle sexuellement au travail — votre employeur, un collègue, un superviseur, un client ou un entrepreneur. Dans votre demande, vous pouvez aussi nommer l’entreprise ou l’organisation pour laquelle vous travailliez ou travaillez. Même si votre employeur n’est pas celui qui vous harcèle, il ou elle a le devoir de vous protéger du harcèlement sexuel et d’un milieu de travail hostile. Voir Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Est-ce que le tribunal acceptera votre plainte?

  • Vous avez deux ans à partir du moment où le harcèlement s’est produit pour déposer votre plainte auprès du tribunal. Si le harcèlement s’est produit plus d’une fois, le délai est de deux ans à partir du dernier incident de harcèlement.
  • Vous pouvez déposer une plainte auprès du tribunal si vous travaillez au Nunavut ou si le harcèlement s’est produit au Nunavut, mais pas si vous travaillez dans un milieu de travail de compétence fédérale. Voir Suis-je une travailleuse ou un travailleur de compétence fédérale? (Et pourquoi c’est important.)
  • Si vous êtes syndiqué(e), vous pouvez déposer votre plainte par l’intermédiaire de votre syndicat ou auprès du tribunal. Vous êtes couvert(e) si vous êtes un(e) employé(e) temporaire ou permanent(e), un(e) entrepreneur indépendant(e), ou un(e) travailleur sans statut.
  • Si votre plainte ne relève pas de la Loi sur les droits de la personne, vous pouvez être dirigé(e) vers une autre agence pour obtenir de l’aide.

Comment fonctionne la médiation

Après avoir déposé votre demande, une notification sera envoyée à l’intimé(e) — la personne au sujet de laquelle votre plainte porte — et cette personne a plusieurs mois pour répondre par écrit à ce que vous avez dit. À ce moment-là, si le tribunal croit que vous pourriez avoir une cause valide, vous et l’intimé(e) serez encouragé(e)s à participer à la médiation. Si vous acceptez, on vous demandera de signer une entente de médiation, qui explique ce que le médiateur fera et comment la médiation est confidentielle. Un membre du tribunal, un médiateur indépendant, ou un aîné de la communauté sera assigné à votre dossier.

Le médiateur doit se comporter de manière neutre: il ne doit pas prendre parti, et il ne doit pas favoriser ni vous ni l’intimé(e). Il ou elle travaille avec les deux parties pour essayer de trouver une solution qui convient à tout le monde. L’objectif n’est pas de déterminer si vous avez subi du harcèlement sexuel selon la Loi sur les droits de la personne. Les principes culturels inuits comme le respect, l’inclusivité et la recherche du consensus sont des éléments importants du processus.

La plupart des médiations se font par téléphone ou par vidéoconférence et commencent par le médiateur qui vous parle séparément à vous et à l’intimé(e). Après cela, le médiateur peut réunir les deux parties ou continuer à travailler avec chaque partie individuellement. Il n’y a une entente que si les deux parties acceptent — vous ne pouvez pas être forcé(e) d’accepter une entente.

Pour en savoir plus

Le site Web du tribunal comprend un document qui décrit le processus de médiation en détail.

Avantages et inconvénients de la médiation

Pros

  • Le processus de médiation est gratuit.
  • Vous n’avez pas besoin d’un avocat pour participer, bien qu’on vous encourage d’avoir de l’aide juridique au moment de la notification.
  • Vous êtes celui ou celle qui décide ce que vous accepterez de l’intimé(e) pour vous dédommager du préjudice qu’il ou elle a causé.
  • Tout ce que vous dites est considéré comme confidentiel, ou « sans préjudice » — cela ne peut pas être utilisé contre vous plus tard.

Cons

  • Le processus de règlement ne vous donne pas la chance de dire publiquement ce qui s’est passé ou de vous faire dire que c’était mal.
  • Vous devez signer une entente pour garder les conditions d’une entente de règlement confidentielles.
  • Vous ne risquez pas d’obtenir tout ce que vous demandez — vous devez être prêt(e) à faire des compromis.

Ce que vous pourriez demander

De l’argent pour vous dédommager de:

  • Le préjudice à votre dignité, vos sentiments et votre estime de soi.
  • Les salaires perdus.
  • Le coût des séances de counseling dont vous avez eu besoin ou de l’argent pour couvrir le counseling futur.

En plus de l’argent:

  • Des excuses.
  • Une lettre de recommandation ou une lettre confirmant votre emploi.
  • Un changement au milieu de travail, comme inclure une section sur le harcèlement sexuel dans le manuel de politiques.
  • Votre employeur ayant à suivre une formation sur la prévention et la gestion du harcèlement sexuel.

À quoi vous attendre?

Les détails des règlements atteints par la médiation sont privés. Cependant, nous savons que dans plusieurs cas, les ententes n’impliquent pas d’argent du tout; à la place, les intimé(e)s acceptent de faire des choses comme suivre une formation en droits de la personne ou créer une politique en matière de droits de la personne que tous les gestionnaires doivent connaître. Les indemnisations monétaires sont modestes.

Où obtenir de l’aide pour le processus

Naviguer dans le processus de plainte peut être compliqué et stressant. Voici quelques façons d’obtenir des conseils gratuits ou à coût réduit:

  • Vous pouvez appeler le tribunal pour discuter de vos options. Il est conçu pour aider les gens à déposer leur plainte et protéger les droits de la personne. Le personnel du tribunal est formé pour vous aider dans le processus. Un agent de droits de la personne du Tribunal des droits de la personne du Nunavut peut être disponible pour vous aider au 1-866-413-6478. Cependant, le tribunal peut être lent à répondre aux messages téléphoniques.
  • La Commission des services juridiques du Nunavut gère trois cliniques d’aide juridique:
    • Services juridiques de la région du Kivalliq, Rankin Inlet (1-800-606-9400)
    • Centre de services juridiques du Kitikmeot, Cambridge Bay (1-866-240-4006)
    • Services juridiques de Maliiganik Tukisiiniakvik, Iqaluit (1-866-202-5593)
  • Pour demander l’aide de ces cliniques, appelez un bureau. Ou vous pouvez envoyer un courriel; vous serez interviewé(e) par téléphone dans quelques jours. Ces services sont offerts aux demandeurs admissibles.
  • JusticeNet est un service à but non lucratif pour ceux dont le revenu est trop élevé pour se qualifier pour l’aide juridique mais trop bas pour payer les frais juridiques réguliers. Pour se qualifier, votre revenu familial net doit être inférieur à 70 000 $, ou 90 000 $ s’il y a trois personnes ou plus dans votre famille, et vous devez éprouver des difficultés financières. Les tarifs réduits des avocats participants varient selon la taille de votre famille et votre revenu.
  • Votre syndicat du milieu de travail, votre association, ou votre programme d’aide aux employé(e)s peut être en mesure de vous aider à trouver des services juridiques ou à couvrir une partie de vos frais juridiques.

Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et ce qu’elle fait

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) est un organisme administratif qui s’occupe des cas de discrimination selon la Charte des droits et libertés de la personne. Le harcèlement discriminatoire, qui comprend le harcèlement sexuel, est interdit selon la Charte.

Le rôle de la commission est de résoudre les plaintes. Si votre plainte relève de sa compétence, elle l’acceptera pour évaluation. Ensuite, elle vous encouragera à essayer de régler la plainte par la médiation. Si cela n’est pas réussi, une enquête plus approfondie peut suivre. Après cela, si la commission trouve que votre plainte est appuyée par la preuve, elle peut recommander des réparations. Si l’intimé(e) ne se conforme pas, votre plainte pourrait être renvoyée à un tribunal ou au Tribunal des droits de la personne. Un avocat de la commission peut vous représenter devant le tribunal sans frais. Si le tribunal décide que vous avez subi du harcèlement, il peut ordonner à l’autre partie de réparer le tort d’une manière quelconque.

Quelques faits sur la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

  • En 2023-24, 2 200 plaintes relatives aux droits de la personne ont été déposées auprès de la commission. Juste un peu moins de la moitié d’entre elles ont entraîné l’ouverture de dossiers.
  • En 2023-24, la commission a examiné 28 plaintes relatives aux droits de la personne de personnes disant qu’elles avaient subi de la discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’expression de genre dans un contexte de travail. Celles-ci constituaient 7 % de tous les nouveaux dossiers de travail.
  • 20 % des plaintes sont allées à la médiation en 2023-24; les deux tiers ont été réglées avec succès.
  • Un quart des cas à la commission sont fermés parce qu’ils ont manqué une date limite, ont été abandonnés, ou ont été réglés en dehors du processus de la commission.
  • Plus de 80 % des plaintes sont traitées en 15 mois ou moins.
  • Environ 1 % des plaintes sont entendues par le Tribunal des droits de la personne.
  • Sources: Rapport annuel 2023-24 de la CDPDJ (en français), Rapport annuel 2024 du Tribunal des droits de la personne (en français)

Pourquoi envisager de déposer une plainte auprès de la commission

Si vous décidez de déposer une plainte auprès de la commission, voici quelques choses que vous pourriez obtenir du processus:

  • Cela pourrait être une occasion de dire au harceleur que ce qu’il a fait n’est pas correct.
  • Vous pourriez récupérer de l’argent que vous avez perdu à cause du harcèlement — peut-être que vous n’avez pas obtenu un projet spécial ou une promotion, ou que vous avez été congédié(e).
  • Vous pourriez récupérer votre emploi ou obtenir une lettre de recommandation pour un nouvel emploi.
  • Vous pourriez demander que votre milieu de travail fasse des changements qui affecteraient tout le monde là, pas juste vous.

Il est possible que vous obteniez de l’argent pour reconnaître le préjudice que vous avez subi du harcèlement.

Comment déposer une plainte auprès de la commission

Vous pouvez déposer une plainte en ligne. D’abord, consultez le site Web de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour des informations détaillées sur le processus de demande et la façon dont les plaintes sont traitées.

Vous pouvez déposer une plainte contre quiconque vous harcèle sexuellement au travail — votre employeur, un collègue, un superviseur, un client ou un entrepreneur. Dans votre demande, vous pouvez aussi nommer l’entreprise ou l’organisation pour laquelle vous travailliez ou travaillez. Même si votre employeur n’est pas celui qui vous harcèle, il ou elle a le devoir de vous protéger du harcèlement sexuel et d’un milieu de travail hostile. Voir Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Est-ce que la commission acceptera votre plainte?

  • Vous devriez déposer votre plainte dès que possible. La commission refusera votre dossier si le harcèlement s’est produit plus de trois ans avant.
  • Vous pouvez déposer une plainte auprès de la commission si vous travaillez au Québec ou si le harcèlement s’est produit au Québec, mais pas si vous travaillez dans un milieu de travail de compétence fédérale. Voir Suis-je une travailleuse ou un travailleur de compétence fédérale? (Et pourquoi c’est important.)
  • Si vous êtes syndiqué(e), vous devez déposer votre plainte par l’intermédiaire de votre syndicat. Voir Travailler avec votre syndicat. Vous êtes couvert(e) si vous êtes non syndiqué(e), un(e) employé(e) temporaire ou permanent(e), un(e) bénévole, un(e) stagiaire, un(e) entrepreneur indépendant(e), un(e) touriste, ou un(e) travailleur sans statut.
  • Une fois que la commission reçoit votre plainte, elle sera évaluée environ quatre semaines après. Moins de 50 % des plaintes entraînent l’ouverture d’un dossier.
Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

Comment fonctionne la médiation

  • Si la commission accepte votre plainte, vous et l’intimé(e) — la personne au sujet de laquelle votre plainte porte — serez fortement encouragé(e)s à participer à la médiation. Cela implique que vous et l’intimé(e) trouviez une solution à votre plainte — quelque chose que vous acceptez tous les deux.
  • La commission vous assignera un médiateur, qui se rencontrera d’abord avec vous et l’intimé(e) séparément pour expliquer comment le processus fonctionne. Ensuite, il ou elle réunit tout le monde dans un environnement respectueux et informel où vous et l’intimé(e) pouvez expliquer votre point de vue sur ce qui s’est passé. L’objectif est de trouver une entente qui satisfait les deux parties. Vous pouvez amener un avocat ou une autre personne de soutien à cette rencontre, mais il ou elle ne peut que vous conseiller, pas plaider pour vous.
  • Les médiateurs sont des experts en résolution des différends et en droit des droits de la personne qui vous écoutent, vous et l’intimé(e), et qui travaillent avec vous deux pour trouver un règlement. Ils ne doivent pas prendre parti, et ils ne doivent pas favoriser ni vous ni l’intimé(e). L’objectif de ce processus n’est pas de déterminer si vous avez subi du harcèlement sexuel selon la Charte des droits et libertés de la personne.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur ce qui se passera pendant la médiation, lisez la description de la médiation de la commission et sa brochure sur le sujet.

Avantages et inconvénients de la médiation

Pros

  • Le processus de médiation est gratuit.
  • Vous n’avez pas besoin d’un avocat pour participer.
  • Vous êtes celui ou celle qui décide ce que vous accepterez de l’intimé(e) pour vous dédommager du préjudice qu’il ou elle a causé.
  • Tout ce que vous dites est considéré comme confidentiel, ou « sans préjudice » — cela ne peut pas être utilisé contre vous plus tard.
  • Il n’y a aucun risque à participer à la médiation. Si elle échoue, votre plainte pourrait aller à l’étape d’enquête.

Cons

  • La médiation ne vous donne pas la chance de dire publiquement ce qui s’est passé ou de vous faire dire que c’était mal.
  • Vous ne risquez pas d’obtenir tout ce que vous demandez — vous devez être prêt(e) à faire des compromis.

Ce que vous pourriez demander

De l’argent pour vous dédommager de:

  • Le préjudice à votre dignité, vos sentiments et votre estime de soi.
  • Les salaires perdus.
  • Le coût des séances de counseling dont vous avez eu besoin ou de l’argent pour couvrir le counseling futur.

En plus de l’argent:

  • Des excuses.
  • Une lettre de recommandation ou une lettre confirmant votre emploi.
  • Un changement au milieu de travail, comme inclure une section sur le harcèlement sexuel dans le manuel de politiques.
  • Votre employeur ayant à suivre une formation sur la prévention et la gestion du harcèlement sexuel.

À quoi vous attendre?

Les détails des règlements atteints par la médiation sont privés. Cependant, nous savons que dans plusieurs cas, l’entente n’implique pas d’argent du tout; à la place, les intimé(e)s sont ordonné(e)s de faire des choses comme suivre une formation en droits de la personne ou créer une politique en matière de droits de la personne que tous les gestionnaires doivent connaître.

Au-delà de la médiation

Si vous et l’intimé(e) ne pouvez pas trouver une entente par la médiation, l’étape suivante est l’enquête. D’abord, l’enquêteur examine les documents pertinents et rassemble l’information en parlant aux parties impliquées et à tous les témoins. Vous pouvez avoir un avocat ou une autre personne de soutien pour vous aider. À tout moment pendant cette phase, vous et l’intimé(e) pouvez choisir de régler la plainte ou de fermer le dossier.

L’enquêteur rédige un rapport qui résume la preuve. Il ou elle le partage avec vous et l’intimé(e) et le soumet au comité des plaintes, qui est composé de trois commissaires.

Si le comité trouve que votre plainte est appuyée par la preuve, il détermine la ou les réparations appropriées. Celles-ci pourraient comprendre une indemnisation financière ou exiger que l’intimé(e) cesse le comportement. Quand un(e) intimé(e) ne se conforme pas, le dossier pourrait être renvoyé aux tribunaux ou au Tribunal des droits de la personne pour application. Si cela se produit, la commission peut vous représenter gratuitement, bien que très peu de cas arrivent à ce point: en 2023-24, seulement 10 ont été tranchés par un tribunal.

Pour en savoir plus

Le site Web de la commission comprend une section qui décrit le processus d’enquête.

Aide juridique

Avoir un avis juridique pendant le processus de la commission pourrait être utile. Voici quelques endroits qui offrent des services juridiques gratuits ou à coût réduit:

  • Vous pouvez être admissible à l’aide juridique (Commission des services juridiques) si votre revenu est bas. En 2025, le revenu brut d’une seule personne devait être inférieur à 29 300 $ pour pouvoir accéder à ce service.
  • Le Centre d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel en milieu de travail (GAIHST) du Québec soutient les personnes qui ont subi du harcèlement sexuel ou psychologique au travail. Il peut fournir des conseils et, dans certaines circonstances, du soutien ou une aide pour des réclamations juridiques.
  • JusticeNet est un service à but non lucratif pour ceux dont le revenu est trop élevé pour se qualifier pour l’aide juridique mais trop bas pour payer les frais juridiques réguliers. Pour se qualifier, votre revenu familial net doit être inférieur à 70 000 $, ou 90 000 $ s’il y a trois personnes ou plus dans votre famille, et vous devez éprouver des difficultés financières. Les tarifs réduits des avocats participants varient selon la taille de votre famille et votre revenu.
  • Pour des conseils sur l’embauche d’un avocat, voir Comment trouver et travailler avec un avocat.

Après avoir vécu du harcèlement sexuel, c’est compréhensible que vous vous sentiez en colère.

La colère, c’est votre corps et votre esprit qui vous disent que quelque chose ne va pas. Et c’est vrai. Le harcèlement sexuel que vous avez vécu et les difficultés qui ont suivi sont inacceptables et injustes.

La colère n’est ni positive ni négative. Ce n’est pas bien ou mal de ressentir de la colère. C’est plutôt un signal que vous n’êtes pas d’accord avec quelque chose qui se passe. C’est tout à fait logique comme réaction au harcèlement sexuel.

En plus de ressentir de la colère envers la personne qui vous a harcelé sexuellement, vous pourriez aussi être en colère contre d’autres personnes comme votre employeur, vos collègues ou l’entreprise pour laquelle vous travaillez. Vous pourriez être en colère contre votre communauté, les médias ou le système judiciaire pour avoir cru le harceleur au lieu de vous. Mais il peut arriver que vous soyez aussi fâché contre vous-même et que vous vous blâmez pour ce qui s’est passé.

La colère survient lorsque nous ressentons le besoin de nous protéger. Il peut y avoir beaucoup d’autres émotions complexes cachées derrière notre colère, comme la déception, la souffrance, la solitude, l’incompréhension, la peur, l’embarras, l’inquiétude, la honte, la culpabilité ou la tristesse. Parfois, surtout si nous nous croyons forts, il peut être plus facile de se mettre en colère que de ressentir ces autres émotions.

Il est possible d’avoir une colère mal orientée, lorsque la personne ou la chose qui vous fâche n’est pas la véritable raison de votre douleur. Le plus souvent, les personnes qui sont la cible de notre colère mal orientée sont celles avec lesquelles nous nous sentons le plus à l’aise pour faire ça. Donc, si vous ne vous sentez pas en sécurité au travail, vous pourriez vous retrouver à hurler contre les personnes à la maison. Si vous avez un être cher qui est toujours là pour vous, vous pourriez être en colère contre lui. Ça arrive parce que vous savez qu’il vous appuiera ou vous pardonnera. C’est important de prendre conscience de ça lorsque ça se produit pour que vous puissiez arrêter de passer votre colère sur la mauvaise personne.

Comprendre votre colère

Voici certaines choses que vous pourriez penser lorsque vous êtes en colère:

  • Comment ont-ils pu me faire ça?
  • Les gens me feront toujours du mal!
  • Je les déteste!
  • Pourquoi leur ai-je fait confiance?
  • Le système est pourri; il n’aide que les riches et ceux qui ont du pouvoir.
  • C’est quoi son problème?
  • Qu’est-ce qui ne va pas avec moi?
  • Personne ne m’aide!
  • Ce sont tous des idiots!
  • Ce n’est pas juste!
  • Je veux frapper quelqu’un!
  • Les gens veulent ma peau.

Ces pensées sont tout à fait compréhensibles. C’est logique de se sentir humilié par le harcèlement sexuel et d’être furieux.

Il y a beaucoup de façons de montrer (ou de ne pas montrer) notre colère. Habituellement, elles représentent ce que nous avons appris par rapport à la colère.

Quand vous étiez enfant, vous a-t-on appris que c’était mal d’être en colère? Les adultes de votre vie ont-ils ignoré leur colère et prétendu que tout allait bien? Pensiez-vous que vous deviez exploser et vous déchaîner pour être pris au sérieux? Vous a-t-on appris que les gens puissants se sentent en colère et que les gens faibles se sentent tristes? Le fait d’être conscient de ces leçons peut vous aider à déterminer les modèles que vous voulez continuer à suivre et quels changements vous voulez apporter.

La vérité, c’est que la colère ne fait pas du bien. Elle est conçue pour être inconfortable parce que c’est la façon dont notre corps nous pousse à nous protéger d’une façon ou d’une autre. Comme c’est inconfortable, nous voulons souvent nous éloigner le plus rapidement possible de la colère. C’est pourquoi vous pourriez vouloir prendre un moment avant de réagir. Mais n’oubliez pas que ce n’est pas la même chose que de refouler la colère à l’intérieur de vous. C’est important de ne pas ignorer votre colère—elle vous dit quelque chose et elle a besoin de votre attention.

Bien que votre colère soit justifiée, vous pourriez être fâché contre vous-même parce que vous vous sentez ainsi. Eh oui—vous pouvez être fâché contre vous-même parce que vous êtes fâché! Souvent, les autres nous disent ou nous nous disons nous-mêmes de ne pas nous mettre en colère ou que c’est mal de faire ça. La colère peut être très inconfortable. Malgré ça, il n’y a rien de mal à être en colère, à condition de rester en sécurité et de ne pas vous blesser ou blesser les autres.

Il y a des gens qui ne se sentent jamais en colère, alors que d’autres se sentent toujours en colère. Si vous ressentez rarement de la colère, ça peut aider de vous donner la permission de reconnaître et d’exprimer votre colère, et de connecter avec elle. Cependant, si vous vous sentez toujours en colère, il y a de fortes chances que vous soyez aussi quelqu’un qui ressent beaucoup de douleur. La colère est le plus souvent le résultat de trois choses:

  • vous vous sentez blessé
  • vos attentes ne sont pas satisfaites
  • vos besoins ne sont pas satisfaits

Si vous êtes « toujours » en colère, il y a des chances pour que ces trois expériences vous soient familières.

Gérer votre colère peut prendre du temps. Ça peut vous obliger à modifier votre point de vue sur ce que vous savez des autres et sur la façon dont les choses fonctionnent.

Parfois, la colère que vous ressentez envers la personne qui vous a harcelé sexuellement est masquée par des sentiments de trahison #449 à cause de la façon dont les gens vers qui vous vous tournez pour obtenir du soutien vous laissent tomber. Ne pas avoir quelqu’un pour comprendre et vous aider peut être ressenti comme la trahison ultime. Si c’est ce que vous avez vécu, c’est logique que vos sentiments de colère et de trahison soient forts.

Ce qui peut aider

  • Essayez de ne pas juger vos sentiments comme étant « bons » ou « mauvais ». Essayez plutôt d’être conscient de ce que votre colère vous dit.
  • Si vous vous sentez frustré, accordez-vous du temps pour vous calmer. Si possible, prenez du temps pour vous éloigner de la situation, allez prendre une marche, écoutez de la musique ou parlez à un ami proche. Prenez plus que quelques minutes pour faire ça—ça peut prendre de 20 à 45 minutes pour commencer à se calmer après avoir été en colère. Essayez de vous donner ce temps.
  • Prêtez attention aux premiers signes de colère (comme une mâchoire serrée ou la sensation d’avoir plus chaud). Quand vous les reconnaissez plus tôt, vous êtes mieux en mesure de régler les choses avant d’être vraiment en colère. Néanmoins, la colère peut arriver très rapidement. Si vous ressentez soudainement une colère très grande, rappelez-vous que votre but à ce moment-là est de vous calmer. Si vous arrivez à faire baisser un peu votre colère, ça vous permettra de réfléchir plus clairement. Ensuite, vous pourrez voir ce dont vous avez besoin.
  • Demandez-vous quelles autres émotions vous ressentez en plus de la colère. Souvent, ces émotions vous aident à comprendre les besoins qui ne sont pas satisfaits. Se sentir incompris montre que vous avez besoin de compréhension. Avoir peur signifie que vous avez besoin d’être rassuré et en sécurité. Se sentir seul signifie que vous avez besoin d’un contact humain.
  • Faites attention à ne pas tomber dans le « je devrais »—ces pensées que vous avez sur la façon dont vous devriez vous sentir, penser ou agir. Ça signifie que vous vous jugez par rapport à l’idée (fausse!) qu’il y a une « bonne » façon d’être.
Attention

Il faut savoir reconnaître la différence entre une colère saine et une colère destructrice. Il n’est jamais mal de ressentir l’émotion de la colère, mais nos actions quand nous sommes en colère peuvent autant nous aider que causer davantage de douleur et de souffrance.

  • Accordez-vous l’espace et le temps nécessaires pour ressentir votre colère, votre sentiment de trahison et votre douleur. Parler à quelqu’un qui comprend et qui ne porte pas de jugement peut aider. Si vous faites ça, assurez-vous de préciser quand vous voulez du soutien émotionnel et quand vous voulez des solutions. La plupart du temps, les gens supposent que vous voulez qu’ils fassent des suggestions ou qu’ils trouvent un moyen de changer rapidement ce que vous ressentez. Toutefois, en réalité, il est plus commun de simplement vouloir être entendu et compris. Voici l’auteure Brené Brown vidéo sur la différence entre la sympathie et l’empathie.
  • La colère peut aussi être un signal d’alarme utile indiquant que quelque chose est mal ou injuste, ce qui peut nous motiver à demander justice d’une façon ou d’une autre. Vous pouvez décider de signaler le harcèlement ou d’entreprendre une action en justice même si vous n’êtes pas certain de ce qui en découlera. Alors, documentez tout depuis le tout début même si vous ne pensez pas que vous allez l’utiliser pour quoi que ce soit.

Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

La Commission des droits de la personne de l’Î.-P.-É. et ce qu’elle fait

Si vous avez subi du harcèlement sexuel, vous pouvez probablement déposer une plainte officielle auprès de la Commission des droits de la personne de l’Î.-P.-É. Une loi qui vous protège contre la discrimination est la Loi sur les droits de la personne de l’Î.-P.-É. Le harcèlement sexuel selon la loi peut constituer de la discrimination fondée sur le sexe. La commission examinera votre plainte et évaluera si elle devrait être acceptée. Si elle l’est, le personnel de la commission encourage les parties à trouver un règlement par la résolution des différends; si cela n’est pas possible, ils peuvent enquêter sur les questions. Le personnel de la commission peut recommander une audience; quand cela se produit, le dossier ira alors au Comité de droits de la personne de la Commission.

Quand vous pensez à déposer une plainte, vous imaginez peut-être un processus qui aboutit à une ordonnance définitive qui détermine si ce qui s’est passé était correct ou non. Mais en réalité, cela ne se produit pratiquement jamais. Les plaintes sont beaucoup plus susceptibles d’être fermées au niveau de la commission que d’être renvoyées au comité de droits de la personne pour une décision.

Nous ne disons pas de ne pas déposer une plainte auprès de la commission, mais il est très peu probable que le résultat soit une reconnaissance publique du fait que vous avez subi du harcèlement. Si vous pensez que vous seriez satisfait(e) d’un règlement privé, qui pourrait inclure de l’argent pour vous dédommager du préjudice que vous avez subi, des excuses, ou une lettre de recommandation, alors participer à un processus de médiation pourrait être le bon choix pour vous.

Quelques faits sur la Commission des droits de la personne de l’Î.-P.-É.

  • En 2023-24, 7 % des plaintes déposées auprès de la commission provenaient de gens disant qu’ils ou elles avaient subi du harcèlement sexuel.
  • La majorité des plaintes à la commission ne sont jamais tranchées par le Comité de droits de la personne de la commission. En 2023-24, une plainte impliquant du harcèlement sexuel a été renvoyée au comité.
  • Entre 25 % et 30 % des plaintes sont réglées par une forme quelconque d’entente, y compris la médiation.
  • Entre 2013 et 2023, le comité n’a tranché qu’une plainte impliquant du harcèlement sexuel; il s’est prononcé en faveur de la personne qui avait déposé la plainte.
  • Sources: Commission des droits de la personne de l’Î.-P.-É., Rapport annuel 2022-23 de la Commission des droits de la personne de l’Î.-P.-É.

Pourquoi envisager de déposer une plainte auprès de la commission

Si vous décidez de déposer une plainte auprès de la commission, voici quelques choses que vous pourriez obtenir du processus:

  • Vous pourriez récupérer de l’argent que vous avez perdu à cause du harcèlement — peut-être que vous n’avez pas obtenu un projet spécial ou une promotion, ou que vous avez été congédié(e).
  • Vous pourriez obtenir une lettre de recommandation pour un nouvel emploi.
  • Vous pourriez demander que votre milieu de travail fasse des changements qui affecteraient tout le monde là, pas juste vous, comme améliorer les politiques et la formation en matière d’harcèlement sexuel.

Il est possible que vous obteniez de l’argent pour reconnaître le préjudice émotionnel que vous avez subi à cause du harcèlement.

Comment déposer une plainte auprès de la commission

Pour commencer le processus de dépôt d’une plainte, vérifiez d’abord la page « Suis-je au bon endroit » du site Web de la commission pour voir si votre plainte est couverte par la Loi sur les droits de la personne de l’Î.-P.-É. ou appelez la commission (902-368-4180) — le personnel peut expliquer ce que la loi prévoit et comment elle pourrait s’appliquer à votre situation. S’il semble que vous ayez subi de la discrimination, remplissez alors le formulaire de plainte, qui se trouve dans le document Formulaire de plainte et guide sur le site Web de la commission. Une fois que vous avez déposé une plainte, un membre du personnel de la commission pourrait vous contacter pour obtenir plus d’information ou pour clarifier ce que vous avez dit dans le formulaire.

Vous pouvez déposer une demande contre quiconque vous harcèle sexuellement au travail — votre employeur, un collègue, un superviseur, un client ou un entrepreneur. Dans votre demande, vous pouvez aussi nommer l’entreprise ou l’organisation pour laquelle vous travailliez ou travaillez. Même si votre employeur n’est pas celui qui vous harcèle, il ou elle a le devoir de vous protéger du harcèlement sexuel et d’un milieu de travail hostile. Voir Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Est-ce que la commission acceptera votre plainte?

  • Vous avez un an à partir du moment où le harcèlement s’est produit pour déposer votre plainte auprès de la commission. Si le harcèlement s’est produit plus d’une fois, le délai est d’un an à partir du dernier incident de harcèlement.
  • Vous pouvez déposer une plainte auprès de la commission si vous travaillez à l’Î.-P.-É. ou si le harcèlement s’est produit à l’Î.-P.-É., mais pas si vous travaillez dans un milieu de travail de compétence fédérale. Voir Suis-je une travailleuse ou un travailleur de compétence fédérale? (Et pourquoi c’est important.)
  • Vous êtes couvert(e) si vous êtes syndiqué(e) ou non syndiqué(e), un(e) employé(e) temporaire ou permanent(e), un(e) entrepreneur indépendant(e), ou un(e) travailleur sans statut.
  • En 2023-24, environ 30 % des cas ont été rejetés par la commission sans une conclusion de discrimination pour des raisons telles que ne pas être dans la compétence de la commission ou le délai de dépôt ayant expiré.

Comment fonctionne la médiation

Si vous et l’intimé(e) — la personne au sujet de laquelle votre plainte porte — acceptez tous les deux, vous pouvez participer à la médiation pour essayer de régler votre plainte. Ce processus pourrait impliquer que le médiateur travaille avec vous et l’intimé(e) individuellement pour vous aider tous les deux à progresser vers un règlement par téléphone, courriel ou en personne. Le médiateur peut aussi utiliser un processus plus formel et structuré. C’est un moyen d’encourager les parties à régler leur différend sans une enquête formelle, ce qui pourrait entraîner le rejet de votre plainte.

Les médiateurs sont des experts en résolution des différends et en droit des droits de la personne qui vous écoutent, vous et l’intimé(e), et qui travaillent avec vous deux pour trouver un règlement. Ils ne doivent pas prendre parti, et ils ne doivent pas favoriser ni vous ni l’intimé(e). L’objectif de ce processus n’est pas de déterminer si vous avez subi du harcèlement sexuel selon la Loi sur les droits de la personne de l’Î.-P.-É.

Le règlement précoce est encouragé, mais la médiation peut se produire à tout moment avant qu’il y ait une décision par le Comité de droits de la personne après une audience.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur ce qui se passera pendant la médiation, lisez la description de la médiation et du règlement de la commission.

Avantages et inconvénients de la médiation

Pros

  • Le processus de médiation est gratuit.
  • Vous n’avez pas besoin d’un avocat pour participer.
  • Vous êtes celui ou celle qui décide ce que vous accepterez de l’intimé(e) pour vous dédommager du préjudice qu’il ou elle a causé.
  • Tout ce que vous dites est considéré comme confidentiel, ou « sans préjudice » — cela ne peut pas être utilisé contre vous plus tard.
  • Il n’y a aucun risque à participer à la médiation. Si elle échoue, votre plainte pourrait aller à l’étape d’enquête.

Cons

  • La médiation ne vous donne pas la chance de dire publiquement ce qui s’est passé ou de vous faire dire que c’était mal.
  • Vous ne risquez pas d’obtenir tout ce que vous demandez — vous devez être prêt(e) à faire des compromis.
  • Votre plainte peut être rejetée si vous refusez ce que le personnel de la commission croit être une offre de règlement juste et raisonnable.

Ce que vous pourriez demander

De l’argent pour vous dédommager de:

  • Le préjudice à votre dignité, vos sentiments et votre estime de soi.
  • Les salaires perdus.
  • Le coût des séances de counseling dont vous avez eu besoin ou de l’argent pour couvrir le counseling futur.

En plus de l’argent:

  • Des excuses.
  • Une lettre de recommandation.
  • Un changement au milieu de travail, comme inclure une section sur le harcèlement sexuel dans le manuel de politiques.
  • Votre employeur devant participer à une séance d’éducation sur la prévention et la gestion du harcèlement sexuel.

À quoi vous attendre?

Les détails des règlements négociés sont privés. Cependant, nous savons que dans plusieurs cas, les ententes n’impliquent pas d’argent du tout; à la place, les intimé(e)s sont ordonné(e)s de faire des choses comme suivre une formation en droits de la personne ou créer une politique en matière de droits de la personne que tous les gestionnaires devraient connaître. S’il y a un règlement financier pour le préjudice émotionnel, il est généralement plutôt modeste: une indemnisation au-delà de 10 000 $ est peu commune.

Si la médiation précoce n’est pas réussie

Si vous et l’intimé(e) ne pouvez pas trouver un règlement, l’intimé(e) peut demander au directeur exécutif de trancher sur la question de savoir si l’offre de règlement qu’il ou elle a faite est juste et raisonnable. Quand le directeur exécutif dit que c’est le cas, les dossiers sont fermés. Autrement, le dossier passe à l’étape d’enquête. Cela implique que vos documents et ceux de l’intimé(e) soient examinés; les témoins pourraient aussi être questionnés. Après l’enquête, une plainte pourrait être renvoyée au comité, bien que cela se produit à peine jamais avec les affaires de harcèlement sexuel.

Où obtenir de l’aide pour le processus

Naviguer dans le processus de plainte peut être compliqué et stressant. Voici quelques façons d’obtenir des conseils gratuits ou à coût réduit:

  • Vous pouvez communiquer avec la commission. Le personnel est formé pour vous aider dans le processus.
  • RISE offre jusqu’à quatre heures de conseils juridiques gratuits et de soutien aux personnes admissibles qui ont subi de la violence sexuelle, de la violence conjugale ou du harcèlement sexuel en milieu de travail.
  • 211 Î.-P.-É. est un service téléphonique et texte gratuit et confidentiel 24/7 qui relie les individus aux services de la province. Vous pouvez appeler ou texter le 2-1-1 pour être mis en contact avec des professionnels formés qui vous aideront à trouver des services de soutien.
  • JusticeNet est un service à but non lucratif pour ceux dont le revenu est trop élevé pour se qualifier pour l’aide juridique mais trop bas pour payer les frais juridiques réguliers. Pour se qualifier, votre revenu familial net doit être inférieur à 70 000 $, ou 90 000 $ s’il y a trois personnes ou plus dans votre famille, et vous devez éprouver des difficultés financières. Les tarifs réduits des avocats participants varient selon la taille de votre famille et votre revenu.
  • Votre syndicat du milieu de travail, votre association, ou votre programme d’aide aux employé(e)s peut être en mesure de vous aider à trouver des services juridiques ou à couvrir une partie de vos frais juridiques.

Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

La Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest et le Comité d’arbitrage des droits de la personne et ce qu’ils font

Si vous avez subi du harcèlement sexuel, vous pouvez probablement déposer une plainte officielle auprès de la Commission des droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest. Une loi qui vous protège contre la discrimination est la Loi sur les droits de la personne des Territoires du Nord-Ouest. Le harcèlement sexuel selon la loi peut constituer de la discrimination fondée sur le sexe.

La commission examinera votre plainte et évaluera si elle devrait être acceptée. Le personnel de la commission encourage les parties à trouver un règlement par la résolution des différends; si cela n’est pas possible, ils peuvent enquêter sur les questions. Si le personnel de la commission recommande une audience, le dossier ira alors au Comité d’arbitrage des droits de la personne (CADRP).

Quand vous pensez à déposer une plainte, vous imaginez peut-être un processus qui aboutit à un décideur qui détermine de façon définitive si ce qui s’est passé était correct ou non. Mais en réalité, cela ne se produit pratiquement jamais. La dernière fois que le CADRP a tranché une affaire impliquant du harcèlement sexuel, c’était en 2008. La commission met l’accent sur la résolution des différends comme moyen de traiter les plaintes.

Nous ne disons pas de ne pas déposer une plainte auprès de la commission, mais il est très peu probable que le résultat soit une reconnaissance publique du fait que vous avez subi du harcèlement. Si vous pensez que vous seriez satisfait(e) d’un règlement privé, qui pourrait inclure de l’argent pour vous dédommager du préjudice que vous avez subi, des excuses, ou une lettre de recommandation, alors faire traiter votre plainte par un processus de médiation pourrait être le bon choix pour vous.

Quelques faits sur la Commission des droits de la personne des T.N.-O. et le CADRP

  • Sur les 26 plaintes nouvelles déposées à la commission en 2023-24, une impliquait de la discrimination fondée sur le sexe.
  • La majorité des plaintes à la commission ne sont jamais tranchées par le CADRP. En 2023-24, le comité n’a émis aucune ordonnance provisoire ou définitive; en 2022-23, il a émis six ordonnances, aucune d’elles n’impliquant du harcèlement sexuel en milieu de travail. Environ 65 % des plaintes sont réglées par la médiation. La plupart des autres sont rejetées ou retirées.
  • Il peut s’écouler deux ans ou plus avant que les plaintes soient entendues par le CADRP.
  • Sources: Rapport annuel 2023-24 de la Commission des droits de la personne des T.N.-O., Comité d’arbitrage des droits de la personne des T.N.-O.

Pourquoi envisager de déposer une plainte auprès de la commission

C’est une occasion de dire au harceleur que ce qu’il a fait n’est pas correct.

  • Vous pourriez récupérer de l’argent que vous avez perdu à cause du harcèlement — peut-être que vous n’avez pas obtenu un projet spécial ou une promotion, ou que vous avez été congédié(e).
  • Vous pourriez obtenir une lettre de recommandation pour un nouvel emploi.
  • Vous pourriez demander que votre milieu de travail fasse des changements qui affecteraient tout le monde là, pas juste vous, comme améliorer les politiques en matière d’harcèlement sexuel et la formation.

Il est possible d’obtenir de l’argent pour reconnaître le préjudice émotionnel que vous avez subi à cause du harcèlement.

Comment déposer une plainte auprès de la commission

La première étape est une conversation avec un agent de droits de la personne, qui vous écoutera et vous aidera à remplir le formulaire de plainte. Le directeur exécutif examinera votre plainte pour voir si elle répond aux critères de discrimination. Le processus de plainte et les instructions sont expliqués sur le site Web de la commission.

Vous pouvez déposer une plainte contre quiconque vous harcèle sexuellement au travail — votre employeur, un collègue, un superviseur, un client ou un entrepreneur. Dans votre demande, vous pouvez aussi nommer l’entreprise ou l’organisation pour laquelle vous travailliez ou travaillez. Même si votre employeur n’est pas celui qui vous harcèle, il ou elle a le devoir de vous protéger du harcèlement sexuel et d’un milieu de travail hostile. Voir Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Est-ce que la commission acceptera votre plainte?

  • Vous avez deux ans à partir du moment où le harcèlement s’est produit pour déposer votre plainte auprès de la commission. Si le harcèlement s’est produit plus d’une fois, le délai est de deux ans à partir du dernier incident de harcèlement.
  • Vous pouvez déposer une plainte auprès de la commission si vous travaillez dans les Territoires du Nord-Ouest ou si le harcèlement s’est produit dans les Territoires du Nord-Ouest, mais pas si vous travaillez dans un milieu de travail de compétence fédérale. Voir Suis-je une travailleuse ou un travailleur de compétence fédérale? (Et pourquoi c’est important.)
  • Vous êtes couvert(e) si vous êtes syndiqué(e) ou non syndiqué(e), un(e) employé(e) temporaire ou permanent(e), un(e) entrepreneur indépendant(e), ou un(e) travailleur sans statut.
  • Si votre plainte ne relève pas de la Loi sur les droits de la personne, vous pouvez être dirigé(e) vers une autre agence pour obtenir de l’aide.

Comment fonctionne la résolution des différends

Si le directeur exécutif accepte votre plainte, elle sera envoyée à l’intimé(e) — la personne au sujet de laquelle votre plainte porte — et cette personne aura alors la chance d’en discuter avec l’agent de droits de la personne. À ce moment-là, un facilitateur sera assigné pour essayer de résoudre votre plainte par la médiation.

Le facilitateur organisera des rencontres individuelles avec vous et l’intimé(e) où chacun pourra partager de l’information et exposer ses enjeux principaux, puis ordonnancera une conférence de règlement. Cela pourrait avoir lieu en personne à Yellowknife ou par téléphone ou vidéoconférence. Il faut environ six mois pour arriver à cette étape.

Les facilitateurs sont des experts en droits de la personne qui vous écoutent, vous et l’intimé(e), et qui travaillent avec vous deux pour trouver un règlement. Ils doivent se comporter de manière neutre: ils ne doivent pas prendre parti, et ils ne doivent pas favoriser ni vous ni l’intimé(e). Leur objectif est d’essayer de trouver une solution que les deux parties peuvent accepter pour que votre dossier n’ait pas à aller au comité d’arbitrage. L’objectif de ce processus n’est pas de déterminer si vous avez subi du harcèlement sexuel selon la Loi sur les droits de la personne.

Pour en savoir plus

Le site Web de la commission comprend une brochure sur le processus de résolution des différends restaurateur.

Avantages et inconvénients de la résolution des différends

Pros

  • Le processus de résolution des différends est gratuit.
  • Vous n’avez pas besoin d’un avocat pour participer.
  • Vous êtes celui ou celle qui décide ce que vous accepterez de l’intimé(e) pour vous dédommager du préjudice qu’il ou elle a causé.
  • Trouver un règlement est plus rapide qu’une audience et plus probable qu’d’arriver à l’étape de l’audience.
  • Tout ce que vous dites est considéré comme confidentiel, ou « sans préjudice » — cela ne peut pas être utilisé contre vous plus tard.
  • Il n’y a aucun risque à participer à la médiation. Si elle échoue, votre plainte passera à l’étape d’enquête.

Cons

  • Le processus de règlement ne vous donne pas la chance de dire publiquement ce qui s’est passé ou de vous faire dire que c’était mal.
  • Vous devez signer une entente pour garder les conditions d’une entente de règlement confidentielles.
  • Vous ne risquez pas d’obtenir tout ce que vous demandez — vous devez être prêt(e) à faire des compromis.

Ce que vous pourriez demander

De l’argent pour vous dédommager de:

  • Le préjudice à votre dignité, vos sentiments et votre estime de soi.
  • Les salaires perdus.
  • Le coût des séances de counseling dont vous avez eu besoin ou de l’argent pour couvrir le counseling futur.

En plus de l’argent:

  • Des excuses.
  • Une lettre de recommandation ou une lettre confirmant votre emploi.
  • Un changement au milieu de travail, comme inclure une section sur le harcèlement sexuel dans le manuel de politiques.
  • Votre employeur ayant à suivre une formation sur la prévention et la gestion du harcèlement sexuel.

À quoi vous attendre?

Les détails des règlements atteints par la résolution des différends sont privés. Cependant, nous savons que dans plusieurs cas, les ententes n’impliquent pas d’argent du tout; à la place, les intimé(e)s acceptent de faire des choses comme suivre une formation en droits de la personne ou créer une politique en matière de droits de la personne que tous les gestionnaires doivent connaître. Les types d’indemnisations monétaires pour le préjudice émotionnel quand les cas sont tranchés par le CADRP servent de guide. Ces dernières années, ces indemnisations ont été entre 5 000 $ et 10 000 $, bien qu’aucune n’ait impliqué du harcèlement sexuel.

Si la résolution des différends n’est pas réussie

  • Les plaintes qui ne sont pas réglées par la résolution des différends peuvent alors aller à l’étape d’enquête. Cela implique qu’un agent de droits de la personne — pas la même personne que le médiateur — parle aux gens qui pourraient avoir de l’information pertinente et que vous fournissiez à l’enquêteur des preuves du harcèlement que vous avez subi. Voir Documenter tout. L’enquêteur ne vérifie pas si ce qu’on lui dit est exact — il ou elle prend l’information au pied de la lettre. Il ou elle rédige ensuite un rapport d’enquête.
  • Vous et l’intimé(e) pouvez lire le projet de rapport et suggérer des changements. Le rapport final est donné au directeur exécutif, qui décide de rejeter le dossier ou de le renvoyer au comité pour l’arbitrage. Les affaires de harcèlement sexuel arrivent très rarement à ce point.

Où obtenir de l’aide pour le processus

Naviguer dans le processus de plainte peut être compliqué et stressant. Voici quelques façons d’obtenir des conseils gratuits ou à coût réduit:

  • Vous pouvez appeler la commission pour discuter de vos options. Elle est conçue pour aider les gens à déposer leur plainte et protéger les droits de la personne. Le personnel de la commission est formé pour vous aider dans le processus.
  • La Commission d’aide juridique offre l’aide juridique et des cliniques externes d’aide juridique aux personnes qui ne peuvent pas se payer un avocat. Vous pouvez communiquer avec l’Aide juridique en appelant le 1-867-767-9361 ou le 1-844-835-8050 sans frais.
  • JusticeNet est un service à but non lucratif pour ceux dont le revenu est trop élevé pour se qualifier pour l’aide juridique mais trop bas pour payer les frais juridiques réguliers. Pour se qualifier, votre revenu familial net doit être inférieur à 70 000 $, ou 90 000 $ pour les familles de trois personnes ou plus, et vous devez éprouver des difficultés financières. Les tarifs réduits des avocats participants varient selon la taille de votre famille et votre revenu.
  • Votre syndicat du milieu de travail, votre association, ou votre programme d’aide aux employé(e)s peut être en mesure de vous aider à trouver des services juridiques ou à couvrir une partie de vos frais juridiques.

Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

La Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick et ce qu’elle fait

La Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick est l’organisme qui traite les plaintes de discrimination et de harcèlement. Une loi qui vous protège contre la discrimination est la Loi sur les droits de la personne du Nouveau-Brunswick. Le harcèlement sexuel en vertu de cette loi est une discrimination fondée sur le sexe.

La commission reçoit, facilite la médiation, et enquête sur les plaintes. Si une plainte ne peut pas être réglée, l’affaire peut être renvoyée à une audience devant la Commission du travail et de l’emploi, qui est complètement séparée de la commission. La commission ne peut que décider de rejeter une plainte ou de l’envoyer à la commission. La commission a le pouvoir de conclure qu’il y a discrimination et d’accorder diverses réparations.

Lorsque vous pensez à déposer une plainte, vous imaginez peut-être un processus qui se termine par une décision définitive pour dire que ce qui vous est arrivé était juste ou injuste. Mais en réalité, cela arrive presque jamais. Il est beaucoup plus probable que les plaintes soient fermées au niveau de la commission plutôt que d’être renvoyées à la commission pour une décision. Environ un quart des plaintes sont fermées grâce à la médiation.

Nous ne disons pas de ne pas déposer une plainte auprès de la commission, mais il est très peu probable que le résultat soit une reconnaissance publique du fait que vous avez été harcelé. Si vous pensez que vous seriez satisfait d’un règlement privé, qui pourrait comprendre des choses comme de l’argent pour vous dédommager du tort que vous avez subi, des excuses ou une lettre de référence, alors participer au processus de médiation pourrait être la bonne option pour vous.

Quelques faits sur la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick

  • Chaque année, de 10 à 15 personnes déposent une plainte auprès de la commission en disant qu’elles ont été sexuellement harcelées au milieu de travail.
  • Sur les plaintes fermées par la commission en 2022-23, un quart ont été réglées avec succès par médiation, la moitié ont été rejetées par le directeur de la commission ou les membres de la commission, et le reste ont été retirées, abandonnées ou jugées en dehors de la compétence de la commission.
  • Très peu de plaintes présentées à la commission sont renvoyées à la Commission du travail et de l’emploi: six en 2021-22 et six en 2022-23.
  • Les plaintes qui sont renvoyées à la commission pour une audience ne sont rarement des cas de harcèlement sexuel.
  • Sources: Rapports annuels de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, CanLII

Pourquoi envisager de déposer une plainte auprès de la commission

Si vous décidez de déposer une plainte auprès de la commission, voici quelques choses que vous pourriez obtenir du processus:

  • C’est une chance de dire au harceleur que ce qu’il a fait n’est pas correct.
  • Vous pourriez récupérer l’argent que vous avez perdu à cause du harcèlement, par exemple si vous n’avez pas obtenu un projet spécial ou une promotion, ou si vous avez été licencié.
  • Vous pourriez obtenir une lettre de référence pour un nouvel emploi.
  • Vous pouvez demander que votre milieu de travail fasse des changements qui affecteraient tout le monde, pas seulement vous, comme améliorer les politiques des employés et la formation sur le harcèlement sexuel.

Il est possible d’obtenir de l’argent pour reconnaître le tort émotionnel que vous avez subi à cause du harcèlement.

Comment déposer une plainte auprès de la commission

La commission suggère que si vous envisagez de déposer une plainte et désirez plus d’information, vous appeliez d’abord ou écriviez (506-453-2301; [email protected]). L’agent d’accueil peut vous envoyer un kit de plainte par courrier. Sinon, vous pouvez télécharger les formulaires dont vous avez besoin sur le site Web de la commission. Le guide Remplir le formulaire de plainte relative aux droits de la personne contient de l’information détaillée sur comment remplir les trois formulaires requis. Consultez aussi Comment déposer une plainte relative aux droits de la personne: Nouveau-Brunswick.

Vous pouvez déposer une demande contre quiconque vous harcèle sexuellement au travail: votre employeur, un collègue de travail, un superviseur, un client ou un entrepreneur. Dans votre demande, vous pouvez aussi nommer l’entreprise ou l’organisation pour laquelle vous travaillez ou avez travaillé. Même si votre employeur n’est pas celui qui vous harcèle, il a l’obligation de vous protéger du harcèlement sexuel et d’un environnement de harcèlement. Consultez Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Est-ce que la commission acceptera votre demande?

  • Vous avez un an à partir du moment où le harcèlement s’est produit pour déposer votre demande auprès de la commission. Si le harcèlement s’est produit plus d’une fois, la date limite est un an à partir du dernier incident de harcèlement.
  • Vous pouvez déposer une plainte auprès de la commission si vous travaillez au Nouveau-Brunswick ou si le harcèlement s’est produit au Nouveau-Brunswick, mais pas si vous travaillez dans un milieu de travail régi par le gouvernement fédéral. Consultez Suis-je un travailleur fédéral? (Et pourquoi c’est important.)
  • Vous êtes couvert si vous êtes syndiqué ou non, employé temporaire ou permanent, travailleur indépendant, ou sans statut d’immigration.
  • Après avoir déposé votre plainte, la commission pourrait décider que le harcèlement auquel vous avez fait face ne relève pas d’un motif de discrimination en vertu du code. Dans ce cas, votre demande ne progressera pas. Cela arrive environ la moitié du temps.

Comment fonctionne la médiation

Bien qu’on vous encourage, vous et l’intimé (la personne qui est le sujet de votre plainte), à participer à la médiation, personne ne peut être forcé à le faire. La médiation implique que vous et l’intimé trouviez une solution à votre plainte — quelque chose sur laquelle vous êtes tous les deux d’accord. Cela peut se produire à n’importe quel moment, notamment par une intervention avant la plainte, avant que votre plainte ne soit officiellement acceptée.

Si vous acceptez le processus, la commission vous assignera un médiateur. Les médiateurs sont des experts en résolution de différends et en droit des droits de la personne qui vous écoutent, vous et l’intimé, et travaillent avec vous deux pour arriver à une entente. Ils ne sont pas censés prendre parti, et ils ne sont pas censés favoriser ni vous ni l’intimé. Le but de ce processus n’est pas de déterminer si vous avez été sexuellement harcelé en vertu de la Loi sur les droits de la personne.

La médiation est généralement tenue en personne. Vous et l’intimé êtes dans des salles différentes, et le médiateur se déplace entre les deux.

Environ 25 % des plaintes sont réglées par médiation, et plus de la moitié des ententes surviennent à l’étape précoce du processus de plainte. Mais la médiation peut se produire jusqu’au point où une plainte est renvoyée à la Commission du travail et de l’emploi.

Ce que vous pourriez demander

Argent pour vous dédommager de:

  • Le tort porté à votre dignité, vos sentiments et votre estime de soi.
  • Les salaires perdus.
  • Le coût des séances de counseling dont vous avez eu besoin ou de l’argent pour couvrir le counseling futur.

En plus de l’argent:

  • Des excuses.
  • Une lettre de référence ou une lettre confirmant votre emploi.
  • Un changement au milieu de travail, comme ajouter une section sur le harcèlement sexuel au manuel de politique.
  • Que votre employeur suive un cours sur la prévention et la gestion du harcèlement sexuel.

À quoi vous attendre?

Les détails des ententes médiées sont privés. Cependant, nous savons que dans plusieurs cas, les ententes n’impliquent pas d’argent du tout. Au lieu de cela, on ordonne aux intimés de faire des choses comme suivre une formation sur les droits de la personne ou créer une politique sur les droits de la personne que tous les gestionnaires doivent connaître. Lorsqu’il y a un règlement financier pour le tort émotionnel, il est généralement plutôt modeste: une gamme de 5 000 $ à 12 500 $ est commune. Il n’y a pas beaucoup de grandes indemnités, et elles surviennent lorsque le harcèlement était particulièrement grave et s’est poursuivi pendant longtemps.

Pour en savoir plus

Ce tableau énumère toutes les étapes du processus de plainte, y compris où la médiation pourrait se produire.

Avantages et inconvénients de la médiation

Pros

  • Le processus de médiation est gratuit.
  • Plusieurs personnes participent à la médiation sans avocat.
  • C’est vous qui décidez ce que vous accepterez de l’intimé pour compenser le tort qu’il vous a causé.
  • Atteindre un règlement est généralement plus rapide qu’une audience, bien que le processus puisse prendre un à deux ans.
  • Plus de créativité est possible en médiation. Par exemple, vous ne pouvez pas demander des excuses à une audience.
  • Tout ce que vous dites est considéré comme confidentiel, ou «sans préjudice» — on ne peut pas l’utiliser contre vous plus tard.
  • Il n’y a aucun risque à participer à la médiation. Si elle échoue, le processus de plainte continue.

Cons

  • La médiation ne vous donne pas la chance de dire publiquement ce qui s’est passé ou de vous faire dire que c’était injuste.
  • Vous n’obtiendrez probablement pas tout ce que vous demandez — vous devez être prêt à faire des compromis.

Au-delà de la médiation

Les plaintes qui ne sont pas réglées par médiation précoce sont analysées par l’équipe juridique de la commission, qui peut recommander que la plainte soit enquêtée. Un enquêteur recueille de l’information en menant des entrevues et en examinant les documents, puis rédige un rapport recommandant soit de rejeter la plainte, soit de la renvoyer à la Commission du travail et de l’emploi pour une audience.

Avantages et inconvénients d’une audience à la Commission du travail et de l’emploi

Pros

  • La Commission du travail et de l’emploi a le pouvoir de dire que, oui, vous avez été harcelé, et que ce qui vous est arrivé était injuste.
  • La commission d’enquête peut ordonner de nombreuses réparations différentes. Elle peut vous accorder de l’argent. Si vous avez été licencié ou avez dû quitter votre emploi à cause du harcèlement, elle peut ordonner à votre employeur de vous redonner votre emploi. Elle peut ordonner à votre employeur de fournir une formation anti-harcèlement.

Cons

  • Cela peut prendre des années avant qu’une audience soit tenue.
  • Si vous embauchez un avocat pour vous représenter, cela sera coûteux. Si vous n’embauchez pas d’avocat, vos chances de succès sont beaucoup plus basses. Les personnes qui se représentent elles-mêmes sont moins susceptibles d’avoir leurs plaintes jugées justifiées.
  • La commission n’accorde généralement de l’argent que pour des choses comme les salaires perdus ou vos dépenses à cause du harcèlement. Elle accorde rarement de l’indemnisation pour le tort à votre dignité et vos sentiments.
  • Très peu de personnes se font dire par une commission d’enquête qu’elles ont été discriminées et que ce qui leur est arrivé était injuste.
  • Si vous arrivez à l’étape du processus d’audience, vous pouvez fermer la porte à d’autres options juridiques.
  • Même si la commission vous accorde de l’argent ou d’autres choses, cela ne signifie pas nécessairement que vous les recevrez.
  • Il peut être difficile de forcer votre employeur ou le harceleur à vous donner tout ce que la commission a ordonné ou ce sur quoi vous avez accepté en médiation.
  • Comme dans tout processus juridique, vos adversaires essaieront de saper votre crédibilité et de vous présenter sous un mauvais jour. Vous pourriez finir par vous sentir incrédule et non soutenu.
  • Certains psychologues croient que c’est une mauvaise idée pour les personnes qui ont vécu du harcèlement sexuel de s’impliquer dans tout processus juridique. Ils disent que les processus juridiques peuvent ralentir votre capacité à guérir émotionnellement de ce qui vous est arrivé, parce qu’ils vous gardent concentré sur le passé. Ces experts croient qu’il peut être plus sain pour la personne qui a vécu du harcèlement de laisser le passé derrière elle et de se concentrer sur son présent et son avenir.

Si votre dossier va de l’avant

Bien que théoriquement il soit possible de procéder avec une plainte en vous représentant vous-même, cela est très difficile, chronophage, et potentiellement nuisible à votre santé mentale. Vos chances de succès sont beaucoup plus grandes avec de l’aide juridique.

Voici quelques endroits qui offrent des services juridiques gratuits ou à bas coût:

  • Vous pouvez appeler la commission. Le personnel de la commission peut vous offrir une certaine orientation tout au long du processus.
  • Le Service de renseignements juridiques du Service de l’éducation juridique et de l’information du public du Nouveau-Brunswick peut être en mesure de vous fournir de l’information générale sur la loi du Nouveau-Brunswick, vos options, et comment un avocat pourrait vous aider.
  • Violences sexuelles Nouveau-Brunswick gère une ligne d’écoute (506-454-9437) pour les personnes qui ont été touchées par la violence ou le harcèlement sexuel. Elle est ouverte quotidiennement de 17 h à 8 h.
  • 211 Nouveau-Brunswick est un service téléphonique et textuel gratuit et confidentiel 24 heures sur 24 qui connecte les individus aux services dans la province. Vous pouvez appeler ou envoyer un texto au 2-1-1 pour être mis en contact avec des professionnels formés qui vous aideront à trouver des services de soutien.
  • JusticeNet est un service à but non lucratif pour ceux dont le revenu est trop élevé pour se qualifier pour l’aide juridique, mais trop bas pour payer les frais juridiques réguliers. Pour être admissible, vous devez avoir un revenu net familial inférieur à 70 000 $, ou 90 000 $ s’il y a trois personnes ou plus dans votre famille, et vivre des difficultés financières. Les tarifs réduits des avocats participants varient selon la taille de votre famille et votre revenu.
  • Votre syndicat, association ou programme d’aide aux employés au milieu de travail peut vous aider à trouver des services juridiques ou couvrir une partie de vos frais juridiques.

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