Attention

« Signaler » signifie faire une plainte officielle. Si vous voulez des renseignements sur comment discuter de harcèlement de façon informelle, consultez Comment discuter avec mon employeur afin qu’il mette fin au harcèlement? #131 in FR Les renseignements ici portent uniquement sur ce qui arrive si vous faites une plainte officielle.

La plupart des gens ne signalent pas le harcèlement sexuel qu’ils subissent au travail.

  • Ils pensent que ce qui leur est arrivé n’était pas assez grave.
  • Ils pensent que personne ne fera quelque chose à ce sujet.
  • Ils ont peur que leur employeur les punisse.

Si vous décidez de signaler le harcèlement, il peut y avoir une grande différence entre ce qui est censé arriver et ce qui arrive réellement. Nous vous parlerons des deux cas.

Ce qui est censé arriver lorsque quelqu’un signale un cas de harcèlement sexuel

Dans la plupart des milieux de travail, le signalement est censé déclencher une série d’étapes.

La plupart des employeurs sont obligés, en vertu d’une loi ou d’une politique interne, de lancer une enquête. Voici ce qui est alors censé arriver:

  • Votre employeur doit nommer une personne qui sera chargée d’enquêter sur votre plainte.
  • Cette personne doit essayer de déterminer si vous avez subi du harcèlement sexuel.
  • Si l’enquêteur détermine que vous avez été harcelé sexuellement, votre employeur devrait alors prendre des mesures pour s’assurer que le harcèlement cesse.

Un bon employeur discutera avec vous afin de déterminer ce dont vous avez besoin pour vous sentir en sécurité au travail, et essaiera de faire ce qui est nécessaire pour que vous vous sentiez vraiment en sécurité.

Attention

Si la personne qui vous harcèle est votre boss, votre employeur est quand même censé mener une enquête. La personne chargée d’enquêter sur le harcèlement n’est pas censée être la personne qui vous harcèle ou une personne qui travaille pour elle. Ça peut être difficile dans une petite entreprise ou lorsque c’est le PDG qui vous harcèle. Mais c’est comme ça que c’est censé fonctionner.

Si votre employeur décide que, oui, vous avez été harcelé sexuellement, voici quelques exemples de choses qu’il pourrait faire:

  • Réprimander le harceleur et lui demander d’arrêter de vous harceler.
  • Suspendre le harceleur, avec ou sans paie.
  • Transférer le harceleur à un autre lieu de travail, changer son quart de travail ou le transférer dans un autre service pour qu’il ne travaille plus avec vous. (Ou, dans le cas d’un client, nommer une autre personne pour travailler avec le harceleur afin que vous ne soyez pas obligé de le faire.)
  • Fournir un rappel à l’ensemble des employés concernant les lois et les politiques sur le harcèlement sexuel.
  • Créer de nouvelles politiques pour signaler le harcèlement sexuel et y mettre un terme.
  • Exiger que le harceleur, et parfois aussi d’autres personnes, suive une formation sur le harcèlement sexuel.
  • Exiger que les gestionnaires suivent une formation sur comment prévenir le harcèlement sexuel et l’arrêter lorsqu’il se produit.
  • Renvoyer le harceleur. (Ou, dans le cas d’un client, refuser de lui fournir des services.)

L’employeur ne vous informera peut-être pas de toutes les mesures qu’il prend. S’il punit le harceleur, il pourrait avoir à garder ça confidentiel.

Ce qui arrive réellement lorsque quelqu’un signale un cas de harcèlement sexuel

Tout dépend de l’employeur.

Environ la moitié des employeurs mènent une enquête en bonne et due forme. Certains sympathisent, mais ne font pas grand-chose. D’autres ne font rien.

Le pire, c’est qu’il y a des employeurs qui punissent les personnes qui signalent le harcèlement. C’est ce qu’on appelle des représailles. C’est illégal pour un employeur de punir une personne parce qu’elle a signalé un cas de harcèlement sexuel, mais c’est très commun. Environ un tiers des personnes qui signalent un cas de harcèlement sexuel disent qu’elles ont fini par être punies pour l’avoir fait.

Voici ce que les experts disent au sujet du signalement.

Une procédure de signalement typique force la victime à revivre et à raconter (parfois plusieurs fois à plusieurs personnes) l’expérience qui l’a humiliée, effrayée ou traumatisée. Il n’est pas rare que l’identité des victimes soit divulguée durant l’enquête et que les victimes perdent tout sentiment de pouvoir ou de contrôle sur la situation.

Lilia M. Cortina, professeure de psychologie, études de la condition féminine et de genre, Université du Michigan.
Maira A. Areguin, étudiante diplômée, programme conjoint d’études de la condition féminine et de genre, et d’études de la personnalité et des contextes sociaux, Université du Michigan.
« Putting People Down and Pushing Them Out: Sexual Harassment in the Workplace. »

Parmi les personnes qui ont déposé une plainte pour harcèlement à la [Equal Employment Opportunity Commission des États-Unis], au moins le tiers d’entre elles affirment qu’après s’être plaintes à l’entreprise, elles ont été rétrogradées, réaffectées à des postes ou à des quarts de travail pourris, renvoyées, violées ou harcelées davantage. En effet, comme le montrent de nombreuses enquêtes de grande envergure, les personnes qui déposent des plaintes pour harcèlement sont beaucoup plus susceptibles de perdre leur emploi que celles qui subissent des niveaux de harcèlement similaires et ne disent rien.

Frank Dobbin, professeur de sociologie, Université Harvard.
Alexandra Kalev, professeure agrégée de sociologie, Université de Tel-Aviv.
« Training Programs and Reporting Systems Won’t End Sexual Harassment. Promoting More Women Will. »

Comment déterminer si votre employeur gérera bien votre plainte

On ne peut pas le savoir avec certitude. Mais voici quelques questions que vous pouvez vous poser:

  • Est-ce que votre milieu de travail est agressif et compétitif?
  • Est-ce que les dirigeants sont principalement des hommes?
  • Est-ce que certaines personnes au travail détiennent beaucoup de pouvoir alors que d’autres n’en détiennent presque pas?
  • Est-ce que les gens parlent beaucoup de sexe et font beaucoup de blagues sexuelles?
  • Est-ce que les gens se moquent ouvertement des autres?
  • Est-ce que les gens sont ouvertement racistes ou sexistes?
  • Avez-vous déjà vu quelqu’un être maltraité sans que personne n’intervienne pour mettre fin au mauvais traitement?
  • Y a-t-il quelqu’un qui harcèle les autres au vu et au su de tous, et sans que personne n’intervienne pour l’arrêter?

Ces questions sont autant de mauvais signes. Si elles décrivent votre milieu de travail, ça laisse entendre que votre employeur pourrait ne pas prendre le harcèlement sexuel très au sérieux.

Voici d’autres questions à se poser:

  • Est-ce que votre milieu de travail se soucie de l’équité?
  • Est-ce que votre boss semble se soucier de vous en tant que personne?
  • Y a-t-il un service des ressources humaines?
  • Avez-vous déjà suivi une formation sur le harcèlement sexuel au travail?
  • Y a-t-il une politique sur le harcèlement sexuel à laquelle vous pouvez facilement avoir accès?
  • Y a-t-il un assez bon équilibre entre les genres dans votre milieu de travail?
  • Est-ce qu’il y a des femmes, des personnes 2SLGBTQIA+ et des personnes racialisées parmi les cadres?
  • Seriez-vous capable de signaler le harcèlement à une personne qui n’est pas un homme?
  • Connaissez-vous la personne à qui vous signaleriez le harcèlement et lui faites-vous confiance?
  • Lorsqu’une personne se comporte mal au travail, y a-t-il quelqu’un qui intervient pour l’arrêter?
  • Est-ce que votre milieu de travail semble respecter les gens qui y travaillent?
  • Est-ce que votre milieu de travail semble se soucier des gens en tant que personnes?

Si ces questions décrivent votre milieu de travail, c’est bon signe. Ça laisse entendre que votre employeur pourrait prendre le harcèlement sexuel au sérieux et pourrait bien gérer votre plainte.

Lisez sur la façon de signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.