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La vision d’Aftermetoo est un monde où chaque personne peut s’épanouir, sans être freinée par le harcèlement fondé sur le genre au travail.

Ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons.

Le harcèlement fondé sur le genre au travail (HFGT) n’a pas seulement des effets émotionnels. Il touche aussi les carrières. Et quand une carrière est touchée, les revenus le sont aussi. Avec le temps, ces effets financiers s’accumulent. Pour plusieurs personnes, ils sont importants et permanents.

Même si aucune base de données canadienne ne mesure actuellement le coût financier à vie du harcèlement sexuel au travail, un vaste ensemble de recherches américaines s’est penché sur ses impacts économiques. Les constats sont clairs et cohérents : le harcèlement agit comme un événement qui perturbe une carrière, comparable à une blessure grave, une maladie sérieuse, une incarcération ou d’autres chocs majeurs de la vie.

Le harcèlement comme interruption de carrière

Les premières années de la vie professionnelle — généralement la vingtaine et le début de la trentaine — sont habituellement une période d’emploi stable et de progression salariale. C’est à ce moment que les personnes accumulent des qualifications, développent leur réseau professionnel et se positionnent pour une croissance de revenus à long terme. Les augmentations salariales obtenues durant cette période s’additionnent au fil du temps et forment la base des revenus futurs, des promotions et de l’épargne-retraite.

C’est aussi la période où les personnes, en particulier les femmes et les personnes de genre non conforme, sont le plus à risque de vivre du harcèlement au travail.

Les recherches suggèrent que lorsque le harcèlement survient à ce stade précoce de la carrière, il agit comme ce que les chercheurs appellent un événement « cicatrisant ». Les personnes qui vivent du harcèlement sont beaucoup plus susceptibles de quitter leur emploi prématurément que celles qui n’en vivent pas. Une étude majeure a révélé que les femmes qui déclarent du harcèlement sexuel sont plus de six fois plus susceptibles de quitter leur emploi. Lorsque les personnes quittent en raison du harcèlement, elles vivent souvent une période de chômage ou de sous-emploi. Même lorsqu’elles réintègrent rapidement le marché du travail, elles acceptent souvent des postes de moindre qualité ou moins bien rémunérés.

Ces perturbations précoces modifient la trajectoire des revenus à long terme. Les augmentations perdues ne sont pas seulement perdues pour l’année en question ; elles diminuent la base sur laquelle les hausses futures auraient été calculées. Sur des décennies, l’écart s’amplifie.

Les représailles et le coût de signaler

Plusieurs personnes pensent qu’un signalement formel règlera le problème. En réalité, signaler peut entraîner de nouveaux risques.

Les recherches estiment qu’une proportion importante des personnes qui signalent du harcèlement sexuel subissent des représailles. Les représailles peuvent être évidentes : congédiement, rétrogradation, refus de quarts de travail ou blocage de promotions. Elles peuvent aussi être plus subtiles. Une personne peut être perçue comme « difficile », « perturbatrice » ou « pas une joueuse d’équipe ». Ses occasions d’avancement peuvent se réduire. Les évaluations de rendement peuvent changer. Les relations professionnelles peuvent se refroidir.

Même lorsqu’il n’y a pas de sanction officielle, les dommages à la réputation peuvent affecter les revenus à long terme. L’avancement dépend non seulement des qualifications formelles, mais aussi du parrainage informel, de la bonne volonté et de l’accès aux réseaux. Quand ces éléments diminuent, la mobilité vers le haut diminue aussi.

Les effets financiers des représailles se manifestent souvent graduellement. Ils ne sont pas toujours visibles dans le revenu d’une seule année, mais ils transforment une carrière avec le temps.

Quitter un secteur et pertes de revenus à long terme

Dans les secteurs où le harcèlement est fréquent, certaines personnes choisissent de quitter complètement le domaine. Les recherches indiquent que lorsque des personnes quittent des secteurs à prédominance masculine et mieux rémunérés à cause du harcèlement, elles se dirigent souvent vers des secteurs moins payants. Ce n’est généralement pas un choix de mode de vie. C’est une stratégie pour réduire les risques et se protéger.

Des études américaines estiment que le coût à vie pour une femme forcée de quitter un secteur bien rémunéré en raison du harcèlement peut atteindre environ 1,3 million de dollars américains. Ces estimations incluent la perte de croissance salariale, les promotions manquées, le départ du secteur et les effets cumulatifs à long terme. Même s’il n’existe pas d’estimation comparable au Canada, les dynamiques du marché du travail sont similaires.

Quitter un secteur a des conséquences structurelles. Certains domaines offrent des salaires plus élevés, de meilleurs avantages sociaux et une croissance de revenus plus forte à long terme. Être forcé de quitter ces secteurs en raison du harcèlement représente non seulement un recul temporaire, mais un changement permanent de trajectoire économique.

Conséquences financières immédiates

Les dommages économiques liés au HFGT ne sont pas seulement à long terme. Pour certaines personnes, l’impact financier est immédiat et grave.

Une perte d’emploi imprévue peut interrompre les revenus sans avertissement. Même de courtes périodes sans emploi peuvent déstabiliser les personnes qui vivent d’un chèque de paie à l’autre. Les frais juridiques, la thérapie, les médicaments, les frais de déménagement et les dépenses liées à la sécurité personnelle peuvent ajouter une pression financière supplémentaire.

Pour les personnes en emploi précaire ou à faible salaire, même de petites interruptions peuvent entraîner une série de conséquences. Les paiements manqués entraînent des frais de retard et des taux d’intérêt plus élevés. La cote de crédit peut baisser. Les soldes de prêts étudiants peuvent augmenter. Des véhicules peuvent être saisis. Le logement peut devenir instable. Les effets financiers sont particulièrement durs pour les personnes sans épargne ou sans soutien familial.

Dans ces situations, le harcèlement ne réduit pas seulement les revenus futurs ; il fragilise la sécurité actuelle.

Sécurité économique à long terme

Avec le temps, les effets financiers cumulés du harcèlement au travail peuvent façonner toute la vie économique d’une personne. Les périodes de chômage réduisent les revenus à vie. Les emplois moins payants diminuent les cotisations à la retraite. Les promotions retardées affectent le calcul des pensions. Quitter un secteur peut plafonner définitivement le potentiel de revenus.

En moyenne, les femmes prennent déjà leur retraite avec moins de richesse que les hommes. Les périodes hors du marché du travail, la croissance salariale plus lente et les parcours professionnels interrompus élargissent encore cet écart. Les conséquences à long terme peuvent inclure une retraite retardée, une sécurité financière réduite à la retraite et une capacité diminuée de transmettre du patrimoine aux générations suivantes.

Ce ne sont pas des pertes abstraites. Elles touchent la stabilité du logement, la capacité de prendre soin des autres et l’autonomie à un âge avancé.

Le préjudice est structurel, pas stratégique

Les dommages financiers causés par le harcèlement ne dépendent pas du fait qu’une personne signale, confronte, reste ou quitte. Les réactions des personnes sont des stratégies rationnelles dans des systèmes contraignants.

Certaines restent et absorbent le préjudice en silence. Certaines signalent et subissent des représailles. Certaines quittent et acceptent un salaire plus bas pour être en sécurité. Certaines changent de secteur. Aucune de ces stratégies ne protège de façon fiable le revenu.

Les pertes financières découlent de structures de travail qui ne préviennent pas le harcèlement et qui protègent souvent les institutions plutôt que les personnes. Les pertes économiques ne sont pas le résultat de mauvaises décisions prises par les personnes qui vivent du harcèlement. Elles sont des conséquences prévisibles de systèmes qui ne fonctionnent pas comme ils le devraient.

Conclusion

Le harcèlement fondé sur le genre au travail est souvent présenté comme un problème culturel ou interpersonnel. C’est aussi un problème économique.

Il influence la croissance salariale, la stabilité d’emploi, la participation à certains secteurs et la sécurité à la retraite. Il peut modifier les revenus à vie d’une personne de centaines de milliers — et parfois de plus d’un million — de dollars. Il peut déstabiliser à court terme et réduire la sécurité économique à long terme.

Le préjudice financier n’est pas accessoire. C’est l’une des principales façons dont le harcèlement au travail limite la capacité des personnes à s’épanouir.

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre travail.

Annexe : Bibliographie

Cowhey, Maureen R. 2019. Measuring the Economic Costs of Workplace Sexual Harassment on Women. Scripps Senior Theses.

Institute for Women’s Policy Research and Time’s Up Foundation. 2021. Paying Today and Tomorrow: Charting the Financial Costs of Workplace Sexual Harassment.

Limiting Our Livelihoods: The Cumulative Impact of Sexual Harassment on Women’s Careers. 2019. American Association of University Women. November.

McLaughlin, Heather, Christopher Uggen, and Amy Blackstone. 2017. “The Economic and Career Effects of Sexual Harassment on Working Women.” Gender & Society 31 (3): 333–358. https://doi.org/10.1177/0891243217704631

National Partnership for Women & Families. 2023. Sexual Harassment and the Gender Wage Gap. https://nationalpartnership.org/wp-content/uploads/2023/02/sexual-harassment-and-the-gender-wage-gap.pdf

La génération Z est la génération la plus diversifiée, la plus à l’aise avec le numérique et la plus consciente sur le plan social de l’histoire. Elle entre sur le marché du travail avec une compréhension radicalement différente du genre, du pouvoir et du consentement — et elle le fait à une époque marquée par la méfiance envers les institutions, l’instabilité économique et l’imputabilité issue du mouvement post-#MoiAussi. La génération Z ne considère pas le harcèlement sexuel en milieu de travail comme un enjeu accessoire : c’est un test décisif qui détermine si un milieu de travail est sécuritaire, éthique et digne qu’on y reste. Pour retenir les talents de la génération Z, les employeurs doivent comprendre cette génération et s’adapter à sa manière de voir les choses.

Qui est la génération Z?

La génération Z, souvent abrégée Gen Z, désigne la cohorte de personnes nées approximativement entre 1997 et 2012. Au Canada, ce groupe comprend actuellement des adolescents et de jeunes adultes, les plus âgés ayant maintenant la fin de la vingtaine et les plus jeunes étant encore à l’école primaire. Selon les estimations, la génération Z représente environ 20 % de la population canadienne, soit près de 7,6 millions de personnes. C’est la première génération à avoir grandi entièrement à l’ère numérique, les téléphones intelligents, les médias sociaux et l’internet haute vitesse étant des éléments omniprésents de son environnement depuis la petite enfance.

Les forces qui ont façonné la génération Z

Plusieurs forces mondiales et nationales ont influencé le développement de la génération Z :

Immersion numérique : La génération Z est la première à avoir vécu une enfance façonnée par les téléphones intelligents et les plateformes de médias sociaux pilotées par des algorithmes. Résultat : ses membres ont eu moins d’interactions en personne, moins de jeu libre à l’extérieur et moins de pratique sociale dans le monde réel que les générations précédentes. Leur développement social a été influencé par les systèmes de validation en ligne, comme les mentions « j’aime » et les partages, ainsi que par une exposition constante à des représentations soigneusement filtrées, et souvent irréalistes, de la vie des autres.

Écoanxiété : L’intensification de la crise climatique et sa visibilité mondiale ont fait des enjeux environnementaux une préoccupation centrale pour la génération Z.

Précarité économique : Ayant grandi pendant ou après la crise financière de 2008, et faisant maintenant face aux retombées de la pandémie de COVID-19, aux crises d’abordabilité du logement, à la hausse de l’inflation et aux effets des guerres commerciales avec les États-Unis, la génération Z est aiguë­ment consciente de l’instabilité économique.

Mouvements de justice sociale : L’essor de mouvements comme Black Lives Matter, #MoiAussi et la défense des droits des Autochtones au Canada a profondément influencé les valeurs et la vision du monde de la génération Z.

Perturbations pandémiques : La COVID-19 a interrompu l’éducation, l’entrée sur le marché du travail et le développement social de la génération Z pendant des années formatrices.

Mondialisation : L’accès aux médias et aux discours mondiaux a rendu la génération Z plus consciente de la réalité internationale et plus fluide culturellement que les générations précédentes.

Santé mentale : Par rapport aux générations précédentes, la génération Z présente des niveaux plus élevés d’anxiété, de dépression et de retrait social.

En quoi la situation de la génération Z diffère de celle des générations précédentes

La génération Z évolue dans un paysage économique plus précaire que celui des baby-boomers ou de la génération X au même âge. Les salaires ont stagné alors que le coût de la vie a explosé, particulièrement dans les centres urbains. L’accession à la propriété, autrefois un objectif réaliste pour les jeunes adultes, devient de plus en plus inaccessible. Les parcours scolaires sont devenus plus coûteux, et les diplômes ne garantissent plus un emploi stable. En même temps, la génération Z est en moyenne plus scolarisée et plus susceptible de poursuivre des études postsecondaires. Elle est aussi plus diversifiée sur le plan de la race, de l’origine ethnique, du genre et de l’orientation sexuelle.

Outre l’instabilité économique, la génération Z se distingue par des taux historiquement élevés de problèmes de santé mentale. L’anxiété, la dépression et les comportements d’automutilation ont commencé à augmenter fortement vers 2012 et sont demeurés élevés depuis. Ces tendances sont particulièrement marquées chez les filles, plus susceptibles de connaître des problèmes d’image corporelle et de comparaison sociale alimentés par des plateformes visuelles comme Instagram et TikTok. Les garçons, eux, sont plus susceptibles de vivre un retrait et un désengagement, y compris à l’égard de l’école et des relations.

Médias et culture populaire

La génération Z consomme les médias principalement par l’intermédiaire de plateformes numériques, et ses habitudes diffèrent nettement de celles des milléniaux. Alors que les milléniaux sont arrivés à maturité sur de grandes plateformes corporatives comme Facebook et YouTube, les repères culturels de la génération Z sont plus éphémères et interactifs : TikTok, Snapchat, Twitch et Discord. Sa consommation médiatique est centrée sur le mobile, rapide et hautement personnalisée par la curation algorithmique.

TikTok représente en particulier un changement de paradigme : la plateforme récompense la créativité, la culture du remix et la production lo-fi. Les tendances virales peuvent émerger, culminer et disparaître en quelques jours. La génération Z s’attend à participer à la culture, pas seulement à la consommer; elle s’y engage en faisant des vidéos, en créant des mèmes, en commentant et en faisant des duos. Cette culture participative contraste avec la consommation par les milléniaux de contenus plus léchés et plus longs.

Les influenceurs et les créateurs de contenu comptent plus pour la génération Z que les célébrités du grand public. Elle est attirée par les gens qui paraissent « vrais » plutôt qu’aspirationnels, et elle valorise la transparence plus que les formes traditionnelles de glamour ou d’autorité. La culture de l’annulation, bien que présente dans les deux générations, a pris de nouvelles dimensions avec la génération Z, à la fois hyperconsciente des enjeux sociaux et sceptique à l’égard du militantisme performatif.

Les préférences musicales sont éclectiques et moins définies par le genre; la génération Z écoute tout, du hyperpop et du rap SoundCloud aux rythmes lo-fi et au indie bedroom pop. Spotify et TikTok sont des outils de découverte clés, transformant souvent des artistes obscurs en sensations du jour au lendemain. La télévision et le cinéma sont consommés en grande partie par diffusion en continu, et les préférences de la génération Z penchent vers les séries animées, la fiction de genre (particulièrement dystopique et spéculative) et la comédie noire à teneur sociale.

Influence de la technologie

La technologie a joué un rôle déterminant dans la formation de la vision du monde, de l’identité et des sensibilités créatives de la génération Z. Contrairement aux générations précédentes, la génération Z n’a jamais connu un monde sans internet, téléphones mobiles et médias sociaux. La trajectoire générationnelle de l’engagement numérique révèle un changement profond dans la manière dont la technologie a façonné la perception de soi et l’esthétique :

Les baby-boomers ont souvent eu du mal avec la technologie numérique et l’ont abordée avec malaise ou méfiance.

La génération X s’est définie en opposition aux baby-boomers en maîtrisant les outils numériques au début de l’ère internet, à une époque où l’utilisation de la technologie exigeait des compétences techniques et où la confidentialité et la sécurité étaient des préoccupations centrales.

Les milléniaux ont hérité d’un internet épuré et commercialisé. Leur présence en ligne est devenue une extension de l’image de marque personnelle : prête pour Instagram, soigneusement organisée, esthétiquement raffinée. Leur esthétique a embrassé le minimalisme, l’éclairage doux et le calme.

L’expérience d’internet de la génération Z a été profondément différente. Pour elle, internet a toujours été un espace corporatif. Son statut de natif numérique s’accompagne d’un scepticisme inné — la conscience que son attention, ses données et son identité sont constamment exploitées, et que quelqu’un essaie toujours de lui vendre quelque chose.

En réaction à l’internet corporatif, la génération Z préfère le visuel chaotique, expressif et parfois discordant, en opposition à l’esthétique calme des milléniaux. Sa philosophie de design est influencée par la culture des friperies, les esthétiques du début d’internet, la logique des mèmes et l’antibranding, et présente des tendances visuelles comme le weirdcore, le cluttercore et le glitch art.

Préférences esthétiques

L’esthétique de la génération Z rejette l’ambiance épurée, soignée et aspirationnelle associée au minimalisme millénial. Là où les milléniaux ont adopté les tons neutres, les lignes épurées, le hygge et les esthétiques d’« adulting » comme les plantes grasses, les cuisines à aire ouverte et le bien-être aspirationnel, la génération Z privilégie le chaos, la contradiction et le fouillis expressif. Son esthétique se définit par le maximalisme, l’ironie, le surréalisme, la nostalgie et une résistance visible à la perfection.

L’esthétique de la génération Z embrasse le laid, le glitché, le chaotique et l’étrange. Des sous-cultures en ligne comme le weirdcore, le cluttercore et le goblincore célèbrent la contradiction, l’inconfort et la critique anticapitaliste. Ses choix de mode et de design sont influencés par la culture des friperies, le développement durable et le désir de subvertir les standards de beauté dominants. Plutôt que de chercher à paraître parfaite ou soignée, la génération Z préfère souvent paraître expressive, étrange, voire repoussante — comme une forme de résistance à la marchandisation de l’identité.

Là où les milléniaux présentaient en ligne des versions soigneusement filtrées d’eux-mêmes, la génération Z est plus susceptible de partager ses difficultés en santé mentale, ses pensées intrusives ou son humour bizarre. Son contrecoup esthétique n’est pas seulement stylistique mais idéologique. Elle voit le minimalisme millénial comme le reflet de fausses promesses — stabilité économique, contrôle personnel, harmonie esthétique — qui ne semblent plus accessibles ni honnêtes. À la place, la génération Z s’incline vers la brutalité, la bizarrerie et l’hyper-conscience de soi, créant une esthétique qui reflète sa réalité anxieuse, instable et hypermédiatisée.

Croyances et attitudes

Contrairement aux générations précédentes, la génération Z ne tient pas pour acquis que les figures d’autorité sont dignes de confiance ou compétentes. Son scepticisme n’est pas enraciné dans la rébellion — il est fondé sur l’observation. Elle a vu de grandes institutions échouer à tenir leurs promesses, à protéger les personnes vulnérables ou à agir avec transparence. Et grandir en ligne signifie que la génération Z a appris à se méfier, à recouper, à faire des captures d’écran et à disséquer les messages officiels. Conséquence : la génération Z ne fait généralement pas confiance et ne respecte généralement pas des institutions comme les médias d’information, les forces de l’ordre ou le pouvoir législatif. Au travail, cela signifie qu’elle est moins susceptible que les générations précédentes de s’en remettre automatiquement aux ressources humaines, aux gestionnaires ou aux cadres supérieurs.

La génération Z est aussi plus susceptible que les générations précédentes d’être militante et organisatrice. Elle est moins encline à adopter des étiquettes idéologiques traditionnelles et embrasse plutôt généralement une politique intersectionnelle et axée sur les enjeux. En général, la génération Z est plus progressiste sur le plan idéologique que les générations précédentes sur les enjeux sociaux liés à l’identité de genre, à l’orientation sexuelle, à la justice raciale et à l’action climatique. Parallèlement, il existe des signes de divergence politique au sein de la génération Z, dont un groupe petit mais bruyant, largement masculin, qui embrasse des points de vue d’extrême droite, libertariens ou réactionnaires. Ce virage n’est pas tant une contradiction qu’une réaction. Il semble alimenté par plusieurs facteurs :

Contrecoup culturel et quête identitaire : Dans les espaces où les valeurs progressistes dominent, certains jeunes — particulièrement les jeunes hommes hétérosexuels, blancs et cisgenres — se sentent honteux, mis à l’écart ou incertains de leur rôle. Les influenceurs de droite offrent souvent un script clair (quoique régressif) sur le genre, l’identité et le pouvoir, qui semble stable et rassurant.

Radicalisation numérique : Des plateformes comme YouTube, TikTok et Reddit peuvent fonctionner comme des pipelines idéologiques. Du contenu qui commence comme ironique, humoristique ou critique du « wokisme » peut rapidement glisser vers une misogynie ouverte, du racisme ou de l’autoritarisme. Les algorithmes favorisent les contenus provocateurs et émotionnellement chargés, créant des chambres d’écho où les idées de droite deviennent normalisées.

Rébellion sous le couvert de l’antiwokisme : Pour certains Z, adopter des opinions de droite ou contrariennes est une forme de rébellion — particulièrement contre ce qu’ils perçoivent comme une orthodoxie progressiste dans les écoles, les médias ou la culture en ligne. L’extrême droite s’est efficacement positionnée comme la nouvelle contre-culture.

Méfiance envers les institutions, sans débouché à gauche : Plusieurs jeunes sont désillusionnés par les institutions et les partis politiques traditionnels. Alors que certains se tournent vers l’action collective, d’autres gravitent vers le populisme, les théories du complot ou le libertarianisme qui mettent l’accent sur l’individualisme et la méfiance envers les systèmes.

Portes d’entrée esthétiques, ironiques et axées sur les mèmes : L’idéologie de droite est souvent enveloppée d’humour, d’esthétique et de références culturelles qui la font paraître moins idéologique et plus « audacieuse » ou subversive. Cela brouille la frontière entre la croyance sincère et le trolling — et fait parfois paraître l’extrémisme ludique ou cool.

Sexe, drogues et comportements licencieux

Comparée aux générations précédentes, la génération Z est plutôt prudente, réfractaire au risque et tempérée. Plusieurs études menées au Canada et ailleurs constatent que la génération Z est moins susceptible de consommer des drogues et de l’alcool, d’avoir des relations sexuelles à un jeune âge ou d’avoir des relations sexuelles occasionnelles que la génération X ou les milléniaux au même âge.

Comportements sexuels : La génération Z est arrivée à maturité à l’époque de #MoiAussi, de l’éducation au consentement, de la pornographie en ligne et du risque réputationnel numérique. Ces forces ont produit une génération qui est, en moyenne, hésitante et réfléchie en matière d’activité sexuelle. Beaucoup disent être anxieux face à l’intimité physique, confus quant aux normes et méfiants à l’idée de faire un faux pas. Bien qu’ils soient plus ouverts et acceptants à l’égard des orientations sexuelles et des identités de genre diversifiées, ils sont aussi plus susceptibles de retarder l’activité sexuelle et d’avoir moins de partenaires dans l’ensemble.

Consommation de substances : Les taux de consommation d’alcool et de drogues chez la génération Z sont inférieurs à ceux des milléniaux et de la génération X aux mêmes âges. Plusieurs Z disent s’abstenir totalement d’alcool, ou n’en boire qu’à l’occasion. Cela reflète à la fois une conscience de la santé et un changement culturel plus large qui éloigne l’âge adulte des excès ou de la rébellion. La consommation de cannabis, là où elle est légale, est normalisée — mais souvent perçue davantage comme un outil de bien-être ou d’autorégulation que comme une évasion.

Licence et attitudes culturelles : Bien que la génération Z soit plus ouverte d’esprit au sujet du kink, du polyamour et du travail du sexe en théorie — et qu’elle soutienne fortement la déstigmatisation de ces pratiques —, elle est moins susceptible de s’y livrer personnellement. Elle a tendance à aborder ces comportements avec une curiosité intellectuelle plutôt que comme des aspirations personnelles. Ce qui peut ressembler de l’extérieur à de la permissivité s’inscrit souvent, pour la génération Z, dans une éthique plus large de tolérance et de retenue respectueuse des limites.

En bref : la génération Z parle de sexe, de drogues et de licence plus librement — mais en fait moins. Sa prudence reflète non pas le refoulement, mais une logique culturelle ancrée dans la conscience du risque, le consentement et le contrôle.

Comment la génération Z voit les autres générations

L’expérience vécue de la crise, de l’inégalité, de la saturation numérique et du militantisme social façonne la perspective de la génération Z sur les générations plus âgées. Ses points de vue sont souvent forgés par des contrastes — ce qu’elle perçoit comme des angles morts, des échecs ou des hypocrisies générationnels, et des zones d’admiration ou d’affinité.

Milléniaux (nés ~1981–1996) La génération Z voit souvent les milléniaux comme des frères et sœurs aînés bien intentionnés mais imparfaits. Elle apprécie les valeurs progressistes et les goûts culturels des milléniaux, mais les considère aussi comme performatifs, sentimentaux et naïfs. La génération Z a tendance à se moquer des esthétiques milléniales (avocats, fanatisme pour Harry Potter, marques aux tons pastel) et du vocabulaire (des mots comme « adulting »), et critique ce qu’elle perçoit comme une tendance millénia­le à transformer son traumatisme en marque ou à monétiser son identité.

Cela dit, plusieurs Z s’identifient aux difficultés économiques des milléniaux — particulièrement en ce qui concerne le logement et la dette étudiante — et les voient comme la première génération à avoir commencé à remettre en question les normes traditionnelles du milieu de travail. La génération Z tend à vouloir terminer ce que les milléniaux ont commencé, mais avec plus de réalisme, de cynisme et d’urgence.

Génération X (née ~1965–1980) La génération Z entretient une relation compliquée avec la génération X. D’un côté, elle voit souvent la génération X comme cynique, fermée émotionnellement et politiquement désengagée — particulièrement en comparaison de l’énergie militante de la génération Z. D’un autre côté, la génération Z admire l’indépendance, le sarcasme et le refus de se conformer propres à la génération X.

La génération Z peut résonner avec la veine anti-autoritaire de la génération X, mais trouve son désengagement frustrant. Là où la génération Z veut transformer des systèmes brisés, elle peut percevoir la génération X comme résignée ou apathique. Cependant, la génération Z respecte souvent beaucoup les parents, enseignants et mentors de la génération X qui se présentent avec authenticité et sans condescendance.

Baby-boomers (nés ~1946–1964) La génération Z est généralement la plus critique envers les baby-boomers, qu’elle voit souvent comme ayant créé ou tiré profit des systèmes mêmes qui lui ont failli — destruction climatique, logement inabordable, travail précaire et inégalités institutionnelles. Elle perçoit plusieurs boomers comme déconnectés de la culture numérique, méprisants envers les politiques identitaires et exagérément nostalgiques d’un passé qui n’a jamais existé pour la plupart des gens.

En même temps, la génération Z reconnaît que les boomers incluent des pionniers et des militants qui ont lutté pour les droits des femmes, les droits civils et d’autres mouvements sociaux. Elle a tendance à respecter les boomers qui continuent d’évoluer et qui écoutent les voix plus jeunes, mais elle est prompte à dénoncer ceux qu’elle perçoit comme défensifs, condescendants ou dédaigneux à l’égard du changement.

La génération Z au travail

La génération Z entre sur le marché du travail dans un monde façonné par la précarité, la numérisation et la transformation culturelle. Sa préparation scolaire reflète ces forces : ses membres sont hautement scolarisés, beaucoup poursuivant des diplômes postsecondaires, des certifications ou des programmes d’apprentissage hybrides. Cependant, ils sont aussi plus susceptibles de remettre en question le rendement de l’investissement dans l’éducation traditionnelle, surtout que la dette étudiante augmente et que l’emploi stable demeure insaisissable.

Ils valorisent la flexibilité, l’équilibre travail-vie personnelle, l’autonomie et la santé mentale. Beaucoup expriment une préférence pour le télétravail ou le travail hybride, le travail à la pige ou les boulots à côté qui permettent un meilleur contrôle de leur temps. L’idée de « loyauté envers l’entreprise » résonne bien moins qu’elle ne le faisait pour les cohortes antérieures.

La recherche suggère que la génération Z est peut-être plus pragmatique qu’idéaliste lorsqu’il s’agit d’emploi. Elle est prudente, réfractaire au risque financier et moins susceptible de contracter des dettes à long terme pour des gains incertains. Elle est moins susceptible que les milléniaux de se définir par son emploi, et plus susceptible de voir le travail comme un moyen de soutenir des priorités de vie comme la santé mentale, l’expression créative ou le militantisme.

Les recherches de Meghan Grace et Corey Seemiller soulignent en outre que la génération Z est motivée par les résultats. Elle veut que son travail fasse une différence et est attirée par les organisations à mission et les rôles qui offrent un sens de la finalité. Elle est aussi plus collaborative que compétitive, préférant les environnements inclusifs où les contributions sont reconnues et respectées. Elle s’attend à une rétroaction et à un accompagnement continus, et tend à valoriser les occasions d’apprentissage plus que le statut ou la hiérarchie.

Ce que la génération Z attend des employeurs

La génération Z n’est pas facilement séduite par des avantages tape-à-l’œil ou par les notions traditionnelles de loyauté professionnelle. Elle est sélective, guidée par ses valeurs et pragmatique, et s’attend à ce que les milieux de travail reflètent le monde dans lequel elle veut vivre.

Ce que veut la génération Z :

  • Authenticité et transparence : La génération Z accorde une grande importance à l’honnêteté. Elle s’attend à ce que les employeurs soient francs au sujet des défis et des valeurs, et qu’il y ait cohérence entre les engagements déclarés et les comportements réels.
  • Équilibre travail-vie personnelle et soutien en santé mentale : Cette génération considère le bien-être mental comme une nécessité, pas un bonus. Elle recherche des employeurs qui privilégient une charge de travail raisonnable, des horaires flexibles et un accès à des ressources en santé mentale.
  • Flexibilité et autonomie : Le télétravail et le travail hybride ne sont pas des avantages — ce sont des normes attendues. La génération Z veut qu’on lui fasse confiance pour gérer son temps et ses résultats sans microgestion.
  • Sens et impact : Plusieurs membres de cette génération veulent travailler pour des organisations qui ont un impact positif sur la société. Ils gravitent vers les employeurs qui posent des gestes concrets sur des enjeux comme les changements climatiques, l’équité et la justice sociale.
  • Équité, diversité et inclusion : La génération Z s’attend à voir un leadership diversifié et des pratiques inclusives à l’embauche, dans la rémunération, dans les promotions et dans la culture — pas seulement des énoncés en EDI.
  • Apprentissage et rétroaction continus : Elle valorise la rétroaction régulière, les occasions de développement des compétences et des cheminements clairs vers la croissance plutôt que des hiérarchies rigides ou une longue ancienneté.

Ce que rejette la génération Z :

  • Microgestion et structures rigides : La génération Z voit les pratiques de gestion désuètes comme des signes de méfiance et d’obsolescence. Elle répond mieux aux gestionnaires qui agissent comme des coachs plutôt que comme des gardiens.
  • Image de marque performative : Elle repère rapidement — et dénonce — les organisations qui se livrent à du symbolisme vide sans le soutenir par des politiques ou des pratiques.
  • Travail non rémunéré : Les stages ou les occasions « pour l’exposition » sans rémunération sont largement perçus comme exploiteurs, surtout compte tenu des contraintes financières de la génération Z.
  • Attentes uniformes : La génération Z s’attend à ce que les milieux de travail tiennent compte des besoins en santé mentale, de la neurodiversité, des responsabilités de proche aidant et des parcours de vie non traditionnels.
  • Silence sur les enjeux sociaux : Elle veut que les employeurs prennent des positions publiques et substantielles sur les enjeux qui lui tiennent à cœur, et se désengagera quand les entreprises resteront neutres ou évasives.

Les attentes de la génération Z en matière de communication au travail

Les attentes de la génération Z en matière de communication — particulièrement en milieu de travail — sont façonnées par sa maîtrise des plateformes numériques, sa préférence pour l’authenticité et sa sensibilité accrue aux dynamiques de pouvoir et d’exclusion. Lorsqu’il est question de communication quotidienne et de sujets plus sérieux ou délicats comme le harcèlement sexuel en milieu de travail, elle apporte à la fois des standards élevés et un fort désir de transparence, d’inclusion et d’imputabilité.

Préférences générales en matière de communication au travail

  • Clarté et concision : La génération Z a grandi en naviguant dans des environnements de communication rapides, denses et hautement visuels. Elle s’attend à ce que la communication écrite et orale au travail soit claire, directe et sans jargon.
  • Environnements riches en rétroaction : Elle valorise la rétroaction régulière plutôt que les évaluations annuelles et préfère un dialogue continu à des structures de reddition de comptes statiques. Elle veut savoir où elle en est et comment progresser.
  • Authenticité et ton : La génération Z répond mal à un langage trop léché ou à consonance corporative. Elle préfère un ton humain, honnête et responsable — même pour livrer de mauvaises nouvelles.
  • Aisance numérique : Elle est à l’aise avec les outils asynchrones (Slack, Teams, Notion) et s’attend à ce que les communications numériques soient organisées, accessibles et exemptes de formalités inutiles.
  • Communication bidirectionnelle : La génération Z s’attend à ce que la communication soit participative. Elle veut être consultée, entendue et engagée dans la prise de décision lorsque c’est possible.

Communication sur les enjeux difficiles comme le harcèlement sexuel

En ce qui a trait aux sujets sensibles comme le harcèlement sexuel, la génération Z attend une approche différente de celle des générations précédentes :

  • Transparence plutôt que secret : Elle est sceptique face au traitement des plaintes derrière des portes closes et veut de la visibilité sur la manière dont les enjeux sont abordés. Bien que la confidentialité soit importante, elle veut aussi savoir que les plaintes mènent à des conséquences et à des changements.
  • Langage affirmatif et axé sur les valeurs : Les références vagues à des « comportements inappropriés » ou à des « préoccupations liées aux limites » sont perçues comme évasives. La génération Z préfère que les organisations parlent clairement et fermement de ce qui s’est passé et de pourquoi cela compte.
  • Culture plutôt que conformité : Elle s’intéresse moins à savoir si une organisation suit les protocoles légaux et plus à savoir si elle incarne ses valeurs déclarées. Elle veut que la communication reflète un véritable souci pour la sécurité et la justice — pas seulement le respect de cases à cocher.
  • Proactivité plutôt que réactivité : Attendre qu’une crise se produise pour communiquer sur le harcèlement est perçu comme un échec. La génération Z s’attend à des messages soutenus sur les attentes, les valeurs, les processus et les soutiens.
  • Messages centrés sur la personne survivante : Les communications devraient prioriser la dignité et l’expérience de la personne lésée, pas seulement la responsabilité ou l’image de l’organisation.

Formats de communication privilégiés

  • Multimodal : Les notes écrites ou les politiques RH sont nécessaires, mais pas suffisantes. La génération Z s’attend à ce que l’information soit répétée sur plusieurs canaux — courriel, vidéo, réunions d’équipe et même plateformes sociales.
  • Espaces conversationnels : Elle valorise les occasions de poser des questions, de réfléchir et de partager une rétroaction — que ce soit dans des séances de questions en direct, des sondages anonymes ou des discussions d’équipe facilitées.
  • Clarté sur le suivi : Lorsqu’un enjeu surgit, elle veut des mises à jour claires et opportunes sur ce qui se passera ensuite — et elle veut que les dirigeants assument les résultats.

Pour la génération Z, la communication ne se résume pas aux mots employés — il s’agit aussi de ton, de moment, de suivi et de confiance. Lorsque les employeurs y parviennent, ils gagnent loyauté et engagement. Quand ils s’y prennent mal, la génération Z se désengage rapidement, s’exprime ou pousse au changement.

La génération Z et le genre au travail

L’approche de la génération Z à l’égard du genre diffère nettement de celle des générations précédentes — pas seulement dans le vocabulaire, mais dans la vision du monde. Elle est la génération la plus ouvertement diversifiée sur le plan du genre à ce jour, avec un nombre important et croissant de membres qui s’identifient comme non binaires, de genre fluide, agenres ou trans.

Là où les générations plus âgées — qu’elles soient cis ou trans — avaient tendance à concevoir le genre comme quelque chose de profondément intrinsèque et fixe (« J’ai toujours su que j’étais une femme/un homme »), la génération Z tend à voir le genre comme fluide, contextuel et parfois éphémère. Pour plusieurs Z, le genre n’est pas une identité permanente à découvrir et à exprimer de manière constante — c’est plutôt une palette, une humeur, un ensemble d’outils mouvant, voire une sorte de style personnel.

Cette perspective la met souvent en porte-à-faux avec les générations plus âgées, y compris ses propres familles, enseignants, collègues et employeurs. Pour la génération Z, la conformité stricte à la masculinité ou à la féminité ressemble souvent à une forme de tristesse — le reflet des options limitées des générations précédentes ou des normes intériorisées. Cela peut inclure des personnes qu’elle respecte, comme des personnes trans plus âgées qui ont vécu une dysphorie profonde, ou des personnes queers plus âgées dont les identités sont étroitement liées à des présentations traditionnelles (p. ex., lesbiennes butch, gais flamboyants). La génération Z peut admirer la résilience de ces personnes, mais déplorer silencieusement la rigidité qu’elles ont dû intérioriser.

L’expression de genre pour la génération Z est ludique, parfois chaotique, souvent politique. Quelqu’un pourrait porter une moustache et un rouge à lèvres pailleté, ou combiner une robe paysanne avec des bottes de combat — non pas parce qu’il mélange les choses par accident, mais parce qu’il envoie délibérément des signaux ambigus. La génération Z ne souhaite pas nécessairement être clairement « lue » — elle peut plutôt vouloir perturber le désir même de lire les gens.

Cette attitude est particulièrement visible dans la mode. Alors que les milléniaux ont adopté des codes visuels fortement genrés (p. ex., l’apparence hyperféminine « Kardashian » ou l’esthétique « métrosexuelle » soignée), la génération Z s’est dirigée dans la direction opposée : silhouettes informes, cheveux longs et négligés, vêtements amples, chaussures plates, visages dénudés.

Au travail, cela crée de fréquentes frictions. La génération Z est de plus en plus réticente à participer à des attentes genrées au sujet de « l’air professionnel » — surtout quand ces attentes signifient performer la féminité ou la masculinité selon les standards de quelqu’un d’autre. Porter du maquillage, des talons hauts, un chemisier ajusté ou une cravate peut donner à la génération Z l’impression d’enfiler un costume corporatif. Elle ne lit pas ces attentes comme des « standards élevés », du « raffinement » ou du « professionnalisme » : elle les lit comme désuètes et (pour les femmes du moins) un peu inopportunément sexuelles, comme si on s’attendait à ce qu’on porte une crinoline ou un corset au travail.

La génération Z est aussi sceptique à l’égard des modèles de leadership à connotation masculine — ceux qui mettent l’accent sur la domination, la compétitivité ou le contrôle. Ces modèles paraissent souvent toxiques pour la génération Z, non pas parce qu’elle rejette l’autorité en soi, mais parce qu’elle se méfie des hiérarchies qui répriment l’ambiguïté, la collaboration et le soin. Elle est tout aussi peu impressionnée par le féminisme corporatif qui célèbre les femmes qui « brisent le plafond de verre » sans s’attaquer à l’inégalité systémique. L’archétype de la « girlboss » en particulier sonne creux parce que, pour la génération Z, il reproduit un leadership à connotation masculine toxique dans un emballage rose, sans rien changer sur le plan structurel, et parce qu’il célèbre la culture du hustle, à laquelle la génération Z ne croit pas.

Implications pour les employeurs

Ne pas confondre non-conformité et manque de professionnalisme. Pour les personnes plus âgées, le rejet par les femmes de la génération Z des performances féminines traditionnelles — comme les ongles manucurés, les vêtements ajustés, le maquillage et les accessoires soignés, les talons hauts — peut sembler du laisser-aller. Mais l’interpréter ainsi est une erreur. Les employeurs doivent différencier ce qu’ils peuvent percevoir comme des marqueurs de manque de professionnalisme (p. ex., visage dénudé, vêtements amples) du véritable manque de professionnalisme (p. ex., retards, erreurs).

Aborder le contrôle entre pairs de l’expression de genre. Il est fréquent que les travailleurs de la génération Z soient interpellés — souvent subtilement — au sujet de leur présentation de genre, particulièrement par des collègues plus âgés ou des superviseurs qui peuvent encadrer cela comme de la rétroaction sur le « professionnalisme » (« Les clients ne veulent pas voir un homme avec des boucles d’oreilles »), ou offrir des conseils sur un ton paternel ou de grand frère/grande sœur (« Tu serais tellement belle avec un peu de mascara »). La génération Z vit ce genre de commentaires comme des microagressions et les employeurs devraient activement les décourager.

Éviter les attentes genrées en matière d’apparence sauf si elles sont absolument nécessaires. Si un employeur exige que le personnel soit « soigné » pour des rôles en contact avec le public, cette norme devrait être formulée en termes non genrés et précis : « les vêtements doivent être propres et sans plis », et non « les femmes doivent porter du maquillage » ou « les hommes doivent être rasés de près ». Dans la plupart des rôles, une apparence soignée n’est pas essentielle.

Clarifier les limites conversationnelles avec nuance. La génération Z parle de genre avec aisance et ouverture. Il n’est pas rare que ses membres discutent de leur identité, de leurs pronoms, de changements corporels ou d’expériences de dysphorie ou d’euphorie dans des conversations informelles. Cela ne veut pas dire qu’il est acceptable de leur poser des questions personnelles en retour. Les employeurs devraient :

  • Normaliser la divulgation de soi sans inviter à des suivis intrusifs.
  • Former le personnel à différencier l’invitation de l’intrusion.
  • Établir des normes claires sur le consentement dans les conversations en milieu de travail.

Soutenir plutôt qu’examiner. Si une personne employée de la génération Z navigue son identité ou son expression de genre au travail, le rôle des dirigeants est d’offrir flexibilité, sécurité et affirmation — non de questionner, d’interpréter ou de surveiller son expérience.

En somme, les employeurs doivent se détourner de l’application de normes genrées comme indicateurs de professionnalisme. La génération Z ne demande pas d’être dispensée des standards — elle demande des standards qui respectent l’autonomie, l’authenticité et l’équité.

La génération Z et le harcèlement sexuel en milieu de travail

Les points de vue de la génération Z sur le harcèlement sexuel en milieu de travail (HSMT) sont façonnés par ses attitudes plus larges à l’égard du genre, mais aussi du pouvoir, de l’autorité et de la confiance institutionnelle. Contrairement aux générations plus âgées qui pouvaient placer un certain espoir dans les systèmes de signalement formels, la génération Z est profondément sceptique à l’égard des employeurs, des services des ressources humaines, des cadres juridiques et d’autres acteurs institutionnels. Elle ne s’attend pas à ce que les systèmes la protègent. Elle s’attend plutôt à ce que les systèmes se protègent eux-mêmes.

Comment la génération Z définit le harcèlement sexuel en milieu de travail

La génération Z tend à adopter une vision large et expansive du HSMT. Cela englobe les comportements fondés sur le désir (p. ex., commentaires inappropriés, attouchements non désirés, séduction coercitive) ainsi que les comportements fondés sur l’hostilité (p. ex., blagues sexistes, moqueries genrées, exclusion et représailles). La génération Z est particulièrement attentive aux dynamiques de pouvoir, au harcèlement numérique (p. ex., clavardages de groupe, messages directs) et aux formes de franchissement des limites qui peuvent être normalisées dans certains milieux de travail.

Sa conception du HSMT intègre également le préjudice intersectionnel — reconnaissant que le harcèlement sexuel est souvent façonné par la race, le handicap, la queerité, la classe et l’âge. Elle est plus susceptible de dénoncer des formes subtiles de harcèlement, y compris les « blagues », l’inconfort fondé sur des schémas et les jeux de pouvoir hiérarchiques qui sortent des définitions juridiques strictes mais qui créent tout de même de la peur, de la pression ou de l’exclusion.

Consentement, pouvoir et sécurité psychologique

La génération Z comprend le consentement non pas comme un oui/non binaire à un moment donné, mais comme une négociation continue et sensible au contexte qui doit être librement donnée, particulièrement dans des contextes hiérarchiques. Elle a tendance à croire que le consentement est invalide lorsque le déséquilibre de pouvoir est trop grand ou lorsque la précarité économique pousse quelqu’un à se conformer. Cette vision du monde l’amène à remettre en question des comportements que des générations plus âgées ont pu rationaliser ou tolérer.

Elle accorde aussi une grande valeur à la sécurité émotionnelle et psychologique, et voit souvent le manque de respect, le rejet ou la minimisation comme des formes de préjudice — surtout quand ils sont répétés ou non reconnus. Lorsque les milieux de travail ne parviennent pas à créer des environnements sécuritaires, la génération Z ne suppose pas que le système est brisé; elle suppose qu’il fonctionne exactement comme prévu, mais pas pour elle.

Ce que la génération Z ne considère pas comme du harcèlement

Bien que la génération Z ait une compréhension plus large et plus inclusive de ce qu’est le harcèlement sexuel en milieu de travail (HSMT), il existe aussi des comportements que les générations précédentes auraient pu classer comme inappropriés ou harcelants, mais que la génération Z ne perçoit souvent pas ainsi — du moins, pas automatiquement.

Cela reflète un changement dans les normes culturelles : un éloignement des restrictions générales sur la parole, l’identité ou l’expression de soi, et un rapprochement d’un modèle fondé sur le consentement et le contexte, qui place au centre les dynamiques de pouvoir et l’autonomie personnelle.

Cela inclut :

La parole ouverte sur le sexe et l’identité. Les générations plus âgées ont souvent été formées à éviter toute discussion sur le sexe, la sexualité ou les relations au travail. La génération Z, en revanche, est plus susceptible de partager spontanément des renseignements personnels sur les fréquentations, l’identité de genre ou l’orientation; de mentionner le polyamour, la queerité ou le kink dans le cadre de sa vie ou de ses valeurs; et de parler ouvertement de thérapie, de traumatisme ou même d’expériences de préjudice sexuel. Pour plusieurs travailleurs Z, ce type de divulgation — lorsqu’elle se fait de façon consensuelle — n’est pas inappropriée. Elle fait partie de l’authenticité et de la sécurité psychologique. Les tentatives de faire taire ce type d’ouverture peuvent leur sembler de la censure ou de l’effacement.

L’expression et l’identité de genre. Dans les générations précédentes, une expression de genre flamboyante ou non traditionnelle pouvait être perçue comme perturbatrice, provocatrice ou non professionnelle. La génération Z est beaucoup plus susceptible de considérer comme normales et valorisantes les choix vestimentaires audacieux, les coiffures ou le maquillage inhabituels, ainsi que les présentations androgynes ou non binaires. Elle peut interpréter les tentatives de restreindre ces formes d’expression de soi comme discriminatoires — non protectrices.

Le flirt ou les blagues entre pairs. La génération Z n’est pas dépourvue d’humour. En fait, son humour est souvent sombre, à plusieurs couches et plein d’ironie. Les badinages aguicheurs, les émojis suggestifs ou les blagues sur l’attirance ne sont pas nécessairement perçus comme inappropriés — si la relation est mutuelle et la dynamique sécuritaire. Les générations plus âgées auraient pu signaler ce genre de comportement comme intrinsèquement risqué. La génération Z trace des distinctions plus nettes en fonction du pouvoir et du consentement. Si deux pairs ayant un rapport établi se font des commentaires sexuels légers, la génération Z est moins susceptible de voir cela comme du harcèlement — et plus susceptible de percevoir les efforts institutionnels pour le réguler comme une intrusion excessive.

Les compliments et affirmations liés au corps. Dire « Tu es magnifique » ou « Cette tenue est tellement sexy » peut paraître risqué pour des collègues plus âgés, surtout si c’est dit en public. Mais dans la culture de la génération Z, ces compliments font souvent partie de liens d’amitié entre pairs ou d’une communication codée queer, et sont voulus et reçus comme du soutien, pas comme de l’agression ou un comportement prédateur.

Pour les employeurs, cela signifie que les politiques de tolérance zéro et à taille unique peuvent se retourner contre eux. Les travailleurs de la génération Z ne cherchent pas à éliminer l’ouverture ou l’expression émotionnelle — ils cherchent à éliminer la coercition, l’hostilité et l’abus de pouvoir. Les politiques qui ignorent cette distinction risquent de :

  • Faire taire des communications significatives,
  • Aliéner les jeunes travailleurs,
  • Identifier à tort le préjudice — ou le manquer complètement.

En bref : la génération Z n’est pas contre l’expression, et elle n’est pas prude. Elle est contre l’utilisation du pouvoir pour blesser, faire taire ou exclure. Comprendre ce changement est essentiel pour gérer les attentes intergénérationnelles concernant la culture en milieu de travail.

Comment la génération Z gère le harcèlement

Parce qu’elle est si sceptique à l’égard des processus internes, la génération Z est très peu susceptible de signaler formellement. Au lieu de cela, ses membres peuvent :

  • Discuter de façon informelle avec des collègues de confiance;
  • Chercher la validation de leurs pairs avant de décider de la suite;
  • Décider que le milieu de travail est toxique et démissionner;
  • Dénoncer les enjeux sur les médias sociaux ou les sites d’évaluation;
  • Organiser des collègues pour soulever les préoccupations collectivement.

Ils n’attendent pas la justice des RH, des tribunaux ou des ombudsmans. Ils voient ces systèmes comme protecteurs de l’employeur. Ce qu’ils valorisent davantage, c’est la validation communautaire, le soutien des pairs et l’autonomie. C’est une divergence générationnelle marquée par rapport à l’approche légaliste et axée sur les politiques que plusieurs employeurs utilisent encore.

Ce que les employeurs doivent faire

Les employeurs doivent cesser de traiter le harcèlement comme un enjeu de responsabilité juridique et commencer à le traiter comme un enjeu culturel et structurel. Les employeurs devraient chercher à réduire ou à éliminer le harcèlement et à l’arrêter quand il survient, mais il est encore plus important de cultiver une culture qui valorise et soutient l’authenticité, l’équité, la justice, la diversité, l’imputabilité et l’individualité.

Les employeurs devraient :

  • Engager les travailleurs de la génération Z dans la cocréation des politiques, de la formation et des normes en milieu de travail;
  • Offrir de multiples voies informelles à faible risque pour la divulgation — pas seulement les canaux formels;
  • Centrer les besoins et l’autonomie de la personne qui a vécu un préjudice;
  • Aller au-delà de la conformité pour créer une culture d’imputabilité quotidienne et partagée.

Pour la génération Z, le problème n’est pas seulement les harceleurs — c’est le système qui les permet. Elle s’intéresse moins à la punition et plus à savoir si un milieu de travail est sécuritaire, équitable et honnête au sujet de ses limites.

La génération Z comme harceleurs

Bien qu’une grande partie du discours se concentre sur la génération Z comme victime ou contestataire du harcèlement en milieu de travail, une minorité bruyante et visible a embrassé des idéologies alt-right, misogynes ou anti-féministes, particulièrement en ligne. Ces travailleurs peuvent apporter avec eux :

  • Un déni agressif des préjudices fondés sur le genre;
  • Une hostilité ouverte envers le féminisme ou les initiatives EDI;
  • Un humour de type trolling qui masque ou excuse le préjudice;
  • Le rejet des limites ou du langage du traumatisme comme « mou » ou « factice ».

Ces comportements peuvent se manifester par une pression persistante sur les limites, du sexisme ironique ou explicite, ou de l’exclusion ciblée — et peuvent être plus difficiles à reconnaître ou à traiter pour les systèmes RH traditionnels, particulièrement lorsqu’ils sont enveloppés dans la propre aisance numérique de la génération Z.

Implications pour les employeurs

Les employeurs doivent mettre à jour leur compréhension de ce à quoi ressemble le harcèlement dans cette génération. Cela comprend la reconnaissance des dynamiques du harcèlement en ligne, du langage codé et du contrecoup idéologique des travailleurs plus jeunes — pas seulement des plus âgés. Ils doivent :

  • Aborder la culture alt-right comme un risque en milieu de travail, et non comme une question d’opinion privée;
  • Former les gestionnaires à reconnaître de nouveaux schémas de tests des limites et d’hostilité;
  • Éviter de présumer que « jeune » est synonyme de « progressiste » ou de « sécuritaire ».

Regard vers l’avenir : le futur de la génération Z

La génération Z entre dans l’âge adulte à une époque définie par des crises qui se chevauchent : inégalités économiques, instabilité climatique, polarisation politique et changements technologiques rapides. Ces défis façonnent non seulement sa situation actuelle, mais aussi sa perspective à long terme.

Elle est peu susceptible de suivre les parcours de vie linéaires des générations précédentes. Beaucoup retarderont ou renonceront aux jalons traditionnels comme l’accession à la propriété, le mariage et la procréation. Leurs carrières devraient être non linéaires, flexibles et axées sur le sens — caractérisées par de fréquentes transitions, du télétravail et du travail hybride, et un mélange de formes de contribution rémunérées et non rémunérées.

Elle est aussi en bonne posture pour exercer une influence politique et culturelle croissante. La génération Z remodèle déjà les conversations sur le climat, la race, le genre et la justice économique. À mesure qu’elle accédera à des rôles de leadership, ses valeurs — autonomie, équité, durabilité et bien-être mental — sont susceptibles de s’enraciner plus profondément dans les institutions.

Parallèlement, la génération Z fait face à des risques importants. Des niveaux élevés d’anxiété et d’épuisement professionnel pourraient limiter sa capacité à diriger et à participer. Son scepticisme envers les institutions pourrait évoluer en désengagement. Et les barrières structurelles auxquelles elle est confrontée — particulièrement en matière de logement, de soins de santé et d’éducation — pourraient enraciner davantage l’inégalité.

Que la génération Z s’épanouisse ou non dépendra en partie de la capacité d’adaptation des systèmes qui l’entourent. Si les institutions peuvent devenir plus transparentes, plus inclusives et plus réactives, cette génération a le potentiel non seulement de naviguer dans un monde difficile, mais de le refaire.

Annexe : Glossaire du milieu de travail pour la génération Z

Une liste non exhaustive de mots et de concepts que la génération Z peut apporter au travail et qui peuvent être moins familiers — ou interprétés différemment — par les générations précédentes :

Alliance (Allyship) – La pratique continue de soutenir les groupes marginalisés de manière imputable, non égoïste. La génération Z s’attend à une alliance visible, active et constante dans le leadership.

Limites (Boundaries) – Limites claires établies autour du temps, de l’énergie ou de l’engagement émotionnel. La génération Z s’attend à ce que les limites soient respectées et discutées ouvertement.

Posant ses limites (Boundaried) – Décrit une personne consciente d’elle-même et ferme quant à ses limites — souvent présenté comme un trait positif et sain.

Call in / Call out – « Call out » signifie confronter publiquement un comportement nuisible. « Call in » signifie soulever la question en privé ou plus doucement dans le but d’éduquer et de réparer la relation.

Corégulation (Co-regulation) – Concept issu du travail sur le traumatisme et l’attachement, désignant des personnes qui se soutiennent mutuellement dans leur stabilité émotionnelle — p. ex., « J’avais juste besoin d’un moment de corégulation avant de pouvoir entrer dans cette réunion. »

Décompresser (Decompress) – Récupérer du stress, de la surstimulation ou d’interactions intenses. Souvent utilisé dans les discussions sur le télétravail, la fatigue sociale ou l’après-conflit.

Dissocier / Dissociation – État mental où l’on s’évade ou se déconnecte de son environnement, souvent en réponse à un sentiment de débordement. Parfois utilisé avec humour ou de manière familière (p. ex., « J’ai complètement dissocié pendant cette réunion »).

Travail émotionnel (Emotional labour) – L’effort (souvent invisible) de gérer ses propres émotions ou celles des autres dans un contexte professionnel, particulièrement dans le service à la clientèle, les conflits interpersonnels ou le travail en EDI.

Sécurité émotionnelle (Emotional safety) – Le sentiment de pouvoir exprimer ses pensées ou ses sentiments sans crainte de jugement ou de représailles. La génération Z voit souvent cela comme un besoin de base au travail, pas comme un bonus.

Gaslighting – Manipuler quelqu’un pour qu’il doute de ses propres perceptions ou souvenirs. Utilisé couramment pour décrire l’invalidation ou le déni du préjudice en milieu de travail.

Tenir l’espace (Holding space) – Créer un environnement non jugemental où quelqu’un peut partager des sentiments ou des expériences difficiles.

Syndrome de l’imposteur (Imposter syndrome) – Se sentir non qualifié ou frauduleux malgré des preuves de compétence. La génération Z nomme souvent ouvertement ce phénomène et cherche un soutien structurel pour y répondre.

Intersectionnalité (Intersectionality) – Cadre permettant de comprendre comment des identités qui se chevauchent (race, genre, handicap, etc.) façonnent l’expérience vécue. La génération Z s’attend à une pensée intersectionnelle dans les politiques et les pratiques.

Masquage (Masking) – Supprimer ses comportements naturels (surtout chez les personnes neurodivergentes) pour se conformer aux attentes sociales. La génération Z critique de plus en plus le masquage comme épuisant ou inauthentique.

Neurodivergent – Décrit les personnes dont le cerveau traite le monde différemment (p. ex., TDAH, autisme). La génération Z utilise ce terme plus souvent et peut s’attendre à des accommodements en milieu de travail.

Normaliser [X] – Utilisé pour militer en faveur de la déstigmatisation de comportements ou d’expériences (p. ex., « Normalisons le fait de poser ses limites », « Normalisons le fait de ne pas aller bien »).

Optique (Optics) – La manière dont les actions ou les déclarations apparaissent publiquement ou aux autres. La génération Z est particulièrement attentive aux écarts entre l’image et l’intention.

À court de cuillères / À court d’énergie (Out of spoons / Low on spoons) – Fait référence à un épuisement émotionnel, mental ou physique. Tiré de la théorie des cuillères, une métaphore de l’énergie limitée utilisée dans les communautés du handicap et de la maladie chronique.

Performatif (Performative) – Actions qui semblent soutenantes (p. ex., des objectifs EDI) mais qui manquent de suivi. Utilisé pour critiquer les gestes ou les marques vides.

Drapeau rouge / Toxique (Red flag / Toxic) – « Toxique » décrit des environnements de travail malsains; un « drapeau rouge » est un signal d’alarme précoce d’un préjudice ou d’un dysfonctionnement potentiel.

Espace sécuritaire / Espace courageux (Safe space / Brave space) – Un espace sécuritaire priorise la sécurité psychologique; un espace courageux encourage le dialogue respectueux sur des sujets difficiles, particulièrement l’identité et le pouvoir.

Soft launch / Hard launch – Termes de médias sociaux pour introduire quelque chose de manière progressive ou soudaine (souvent une relation ou un emploi). Dans les contextes de travail, la génération Z peut les utiliser de manière ludique pour décrire un onboarding progressif ou un changement de rôle.

Sensibilisé au traumatisme (Trauma-informed) – Approche qui tient compte de la présence et de l’impact potentiels du traumatisme et qui vise à éviter de retraumatiser.

Vibe check / Énergie – Termes informels pour évaluer le ton émotionnel d’un espace ou d’une interaction. La génération Z peut discuter de la « vibe » d’une équipe ou d’une réunion comme raccourci pour parler de la culture en milieu de travail.

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Workplace Ethics Advice. Deloitte Global 2024 Gen Z and Millennial Survey. https://www.workplaceethicsadvice.com/2024/07/deloitte-global-2024-gen-z-and-millennial-survey-.html

WorkLife. Gen Z and the RTO Workplace Bullying Problem. https://www.worklife.news/talent/gen-z-rto-workplace-bullying-harassment/

Sommaire exécutif

À travers le Canada et d’autres économies avancées, les femmes demeurent durablement sous-représentées dans les postes techniques de l’industrie de la technologie, et quittent ces postes à des taux beaucoup plus élevés que leurs pairs masculins. Leurs départs ne sont pas motivés par un manque d’intérêt, un manque de compétence ou des choix liés à la vie familiale. Au contraire, un corpus de recherches important et constant démontre que les femmes accèdent au travail technique bien qualifiées et hautement motivées, et décident de partir après avoir conclu que leur travail leur procure moins de reconnaissance, d’influence et d’avancement qu’un travail comparable effectué par leurs pairs masculins.

L’attrition est plus marquée en milieu de carrière, généralement lorsque les femmes ont entre 30 et 35 ans, et les expériences qui la motivent sont rarement dramatiques ou ponctuelles. Elles se sont plutôt accumulées lentement à travers les interactions quotidiennes entre pairs et les dynamiques informelles du milieu de travail. Les femmes rapportent systématiquement voir leur compétence technique remise en question ou testée à répétition par leurs collègues; être interrompues ou voir leur parole couverte en réunion; voir leurs idées ignorées ou attribuées à d’autres personnes; être exclues des réseaux informels où circulent l’information, la réputation et les occasions; être orientées de façon informelle vers des rôles de soutien ou des rôles axés sur les relations humaines; et recevoir de leurs pairs une rétroaction plus lente ou moins substantielle sur leur travail. Plusieurs décrivent des interactions avec des collègues sexualisées d’une manière qu’elles jugent puérile et déplaisante.

De façon cruciale, très peu de ces expériences donnent lieu à des plaintes formelles. Les incidents individuels sont généralement jugés, par les femmes qui les vivent, comme trop mineurs ou ambigus pour justifier une action officielle, et demeurent donc non signalés.

Cependant, la recherche démontre qu’au fil du temps, ces expériences s’accumulent au point de miner l’autorité, l’influence, la réputation et l’accès aux occasions des femmes au sein de leur organisation. À mesure que leur compétence perçue et leur statut s’érodent — souvent malgré de solides performances —, leur capacité à réussir diminue. Plusieurs rapportent avoir obtenu une ou deux promotions précoces, puis avoir commencé à se heurter à une stagnation de leur progression. Dans ces conditions, partir devient une réponse rationnelle à des perspectives matériellement limitées.

Lorsqu’elles partent, ces femmes ne quittent généralement pas le marché du travail ni le travail technique. Elles quittent plutôt l’industrie de la technologie, se déplaçant souvent vers des postes techniques dans d’autres secteurs — fréquemment dans des environnements plus équilibrés sur le plan du genre, comme la santé ou l’éducation.

Les femmes qui partent, a constaté la recherche, sont de manière disproportionnée très scolarisées, ambitieuses et accomplies par rapport à leurs pairs, ce qui suggère que cette attrition représente une perte de talent regrettable, plutôt qu’un tri naturel des employés les plus faibles.

Introduction

Malgré des décennies d’attention portée à la diversité de genre dans l’industrie de la technologie, les femmes demeurent significativement sous-représentées dans les postes techniques et sont beaucoup plus susceptibles que les hommes de quitter ces postes en milieu de carrière. Ce phénomène est bien documenté dans un large éventail de rôles techniques au sein de l’industrie de la technologie, particulièrement dans les fonctions où l’avancement dépend de la collaboration informelle, de la réputation et de l’évaluation par les pairs. On l’observe à travers les pays, les types d’organisations et les cycles économiques, y compris dans les marchés du travail où la demande pour les talents techniques est forte.

La persistance de ce phénomène a donné lieu à un large éventail de théories et d’hypothèses, dont certaines invoquent les différences dans les parcours scolaires, les modes d’entrée en début de carrière, les préférences personnelles et les considérations liées à la conciliation travail-vie personnelle.

Cependant, un corpus important de recherches empiriques remet en question ces explications. Les femmes qui accèdent au travail technique le font pour les mêmes raisons que les hommes : intérêt pour le travail lui-même, plaisir de la résolution de problèmes, et possibilité de contribuer à des projets complexes et à fort impact. Bien qu’elles soient sous-représentées à chaque étape du pipeline, leur satisfaction en début de carrière est généralement élevée. Au fil du temps, toutefois, les expériences cumulatives en milieu de travail érodent graduellement cette satisfaction, et plusieurs finissent par partir en milieu de carrière.

Le présent document s’intéresse à ce qui se passe pour les femmes après qu’elles ont accédé au travail technique : comment leurs expériences évoluent dans le temps, pourquoi l’attrition culmine en milieu de carrière, et comment les conditions quotidiennes du milieu de travail — en particulier le harcèlement de faible intensité et les comportements apparentés au harcèlement — façonnent ces résultats.

L’ampleur et le moment de l’attrition

De nombreuses études à grande échelle démontrent que les femmes quittent les postes techniques de l’industrie de la technologie à des taux nettement plus élevés que les hommes, même en tenant compte de la scolarité, de l’expérience et du statut familial. Dix ans après l’obtention de leur diplôme, seule une minorité des femmes initialement formées en STIM occupent encore des postes en STIM, alors que les hommes ayant un parcours comparable sont beaucoup plus susceptibles d’y rester.

L’attrition n’est pas répartie également sur l’ensemble de la carrière. Elle culmine plutôt en milieu de carrière, généralement lorsque les femmes ont entre 30 et 35 ans. À cette étape, plusieurs rapportent avoir atteint les premiers échelons des postes de contributeur individuel senior ou de gestion, pour ensuite constater que toute progression supplémentaire devient nettement plus difficile. Les promotions ralentissent ou cessent, l’accès aux projets à haute visibilité se rétrécit, et l’isolement professionnel s’intensifie.

Pour plusieurs femmes, l’effet cumulatif est un sentiment croissant que leurs contributions ne sont pas reconnues à la hauteur de leur valeur. Lorsqu’un collègue masculin moins expérimenté qu’elles ont elles-mêmes embauché ou formé est promu avant elles, cet événement cristallise souvent un schéma qui se développait depuis des années et devient le point de rupture qui précipite leur départ.

Motivation en début de carrière et désillusion ultérieure

La recherche démontre systématiquement que les femmes entrent dans les domaines techniques avec un niveau élevé de confiance, d’ambition et de motivation intrinsèque. Dans les sondages menés en début de carrière, les femmes rapportent une forte satisfaction à l’égard du contenu technique de leur travail, ainsi qu’un désir de progresser.

Au fil du temps, toutefois, cette motivation s’érode. Les études révèlent une baisse marquée de l’ambition autodéclarée chez les femmes occupant des postes techniques à mesure qu’elles vieillissent, une tendance significativement plus prononcée que chez les hommes des mêmes domaines, et plus prononcée que chez les femmes occupant des professions non techniques.

Cela ne reflète ni une diminution de l’intérêt pour la technologie, ni une baisse des capacités. Cela reflète plutôt les changements dans la manière dont les femmes vivent leur milieu de travail et dont leurs efforts sont reconnus.

Harcèlement quotidien et environnements de travail hostiles

Lorsqu’il est question de harcèlement en milieu de travail, l’attention se porte souvent sur les inconduites graves ou flagrantes. Ces incidents se produisent effectivement et doivent être pris en charge. Cependant, la recherche démontre que les expériences quotidiennes des femmes sont plus souvent façonnées par une autre catégorie de comportements : des actions persistantes et de faible intensité qui signalent l’exclusion, la dévalorisation ou la menace.

Ces comportements incluent :

  • des commentaires sur les capacités des femmes et leur aptitude au travail technique
  • des interruptions répétées ou des marques de mépris en réunion
  • une remise en question publique ou privée de leur compétence
  • une vérification de leur travail plus poussée que celle accordée aux collègues masculins
  • l’exclusion sociale des réseaux informels où circulent l’information et les occasions
  • des blagues, commentaires ou « plaisanteries » à caractère sexuel
  • des avances de la part de collègues ou une attention personnelle non sollicitée
  • une attention disproportionnée portée à leur apparence, leurs relations ou leurs projets familiaux
  • une orientation vers des rôles axés sur les relations humaines ou des rôles « doux » plutôt que vers le travail technique
  • l’attribution de tâches administratives à faible statut et non valorisantes (p. ex., prise de notes, organisation d’événements)
  • l’attente qu’elles offrent un soutien émotionnel continu à propos de la vie personnelle d’autrui
  • l’étiquetage comme « difficiles », « cassantes » ou autrement pénalisées pour des comportements affirmés
  • le fait d’être confondues avec du personnel administratif ou de soutien, ou traitées comme tel

Pris individuellement, ces comportements sont souvent écartés comme étant insignifiants. Collectivement, ils contribuent à créer un environnement hostile ou perturbant qui impose aux femmes un fardeau cognitif et émotionnel supplémentaire.

Harcèlement, pouvoir et sanction

La recherche sur le harcèlement en milieu de travail souligne que de tels comportements ne relèvent pas principalement de l’intérêt sexuel, mais du pouvoir et du maintien des normes. Les femmes qui transgressent les attentes liées au genre — en se montrant affirmées, ambitieuses ou en position d’autorité — sont plus susceptibles d’être ciblées par le harcèlement ou la sanction sociale.

Cette dynamique aide à expliquer pourquoi des femmes compétentes sont souvent décrites comme cassantes ou désagréables dans les évaluations de rendement, et pourquoi un comportement identique est évalué différemment selon le genre de la personne qui l’adopte.

Le harcèlement opère ainsi non seulement comme une source de préjudice immédiat, mais aussi comme un mécanisme qui restreint les comportements et les trajectoires de carrière des femmes au fil du temps.

Désavantages cumulés et stagnation de l’avancement

Au-delà du harcèlement manifeste, les femmes occupant des postes techniques sont confrontées à un schéma de désavantages cumulés qui se manifeste dans les processus de travail quotidiens. La recherche documente que les femmes sont plus susceptibles que les hommes :

  • de recevoir une rétroaction plus lente ou moins détaillée
  • d’être exclues des missions à haute visibilité
  • d’être orientées vers des rôles de soutien, de coordination ou axés sur les relations humaines
  • de voir leurs contributions attribuées à d’autres
  • d’être évaluées sur la base de traits de personnalité plutôt que sur la qualité de leur travail

De petits biais à chaque étape s’accumulent dans le temps. Des études de simulation montrent que même un biais minime dans les décisions de promotion peut produire un déséquilibre extrême entre les genres aux échelons supérieurs après plusieurs cycles de promotion.

Conséquences psychologiques et menace identitaire

La littérature scientifique décrit plusieurs mécanismes psychologiques par lesquels les environnements hostiles ou excluants affectent la performance et la rétention. L’un des plus étudiés est la menace du stéréotype : la charge cognitive imposée aux personnes lorsqu’elles savent qu’elles risquent d’être jugées à travers le prisme de stéréotypes négatifs concernant leur groupe.

Les femmes qui vivent une menace du stéréotype rapportent une vigilance accrue, des ruminations et une autosurveillance. Bien que ces réponses puissent initialement entraîner un effort plus soutenu, elles diminuent au fil du temps la performance, la satisfaction et le bien-être. Une exposition chronique est associée à l’épuisement professionnel et au retrait du domaine.

Fait important, la menace du stéréotype et les dynamiques connexes sont en grande partie invisibles pour celles et ceux qui ne les vivent pas, ce qui contribue à l’incompréhension et à la minimisation au sein des organisations.

Pourquoi les systèmes formels passent à côté du problème

La plupart des organisations disposent de politiques de prévention du harcèlement sexuel ou de la violence qui exigent que les plaintes soient traitées par des processus d’enquête formels, même lorsque les personnes concernées préféreraient une approche moins formelle. Ces enquêtes sont généralement menées par les ressources humaines, parfois avec la participation de conseillers juridiques, et peuvent faire appel à des enquêteurs externes.

Bien qu’appropriés pour les inconduites graves, ces processus sont largement perçus comme disproportionnés pour les enjeux quotidiens en milieu de travail, et ils produisent une série de conséquences imprévues. Les employés comme les superviseurs hésitent à discuter des normes et des attentes comportementales, par crainte que ces conversations soient interprétées comme des plaintes ou en suscitent. Les personnes qui vivent ou observent des comportements problématiques hésitent à soulever leurs préoccupations à moins de juger l’incident particulièrement grave. Et les superviseurs, à leur tour, peuvent minimiser les problèmes ou décourager les signalements formels, pour éviter d’avoir à enclencher un processus qui pourrait s’avérer coûteux, perturbant ou disproportionné par rapport à la portée et à l’ampleur de l’enjeu.

Résultat : les problèmes de moindre intensité mais persistants ne sont pas simplement négligés; les incitatifs organisationnels découragent activement leur identification et leur discussion. Comme ces enjeux demeurent par conséquent non résolus, leurs effets cumulatifs dégradent progressivement les conditions de travail et finissent par provoquer le départ des employées.

Agentivité, choix et départ

L’attrition des femmes dans le travail technique est souvent décrite comme un phénomène où les femmes seraient « poussées dehors ». La recherche soutient une autre interprétation.

Les femmes qui quittent les postes techniques de l’industrie de la technologie sont, de manière disproportionnée, très scolarisées, expérimentées et hautement employables, et elles ne se retirent généralement pas du marché du travail rémunéré. La plupart effectuent une transition vers d’autres industries, d’autres fonctions d’affaires, le milieu universitaire ou la fonction publique.

Elles choisissent de quitter leur milieu de travail parce qu’elles jugent — avec justesse — que leurs contributions ne sont pas reconnues à la hauteur de leur valeur. Devant une dévalorisation persistante, une stagnation de l’avancement et un harcèlement quotidien de faible intensité, plusieurs concluent que d’autres secteurs, d’autres fonctions ou d’autres organisations offriront un meilleur rendement sur leur talent.

Dans cette perspective, l’attrition reflète une agentivité plutôt qu’une passivité. Les femmes ne sont pas vaincues par le travail technique ni même par le harcèlement en soi; elles choisissent simplement d’investir ailleurs. La perte est principalement assumée par l’industrie de la technologie elle-même.

Comprendre le départ des femmes comme un choix, plutôt que comme une expulsion, reformule le problème. L’enjeu ne réside pas dans les compétences, la résilience ou l’engagement des femmes, mais dans l’échec organisationnel à créer des environnements dans lesquels les talents techniques d’élite estiment qu’il vaut la peine de continuer à participer.

Conclusion

Le constat est clair : les femmes ne quittent pas leur milieu de travail technique par manque d’intérêt ou de capacité. Elles partent parce que les conditions quotidiennes du milieu de travail — façonnées par le harcèlement de faible intensité, les biais et l’exclusion — ne justifient plus l’investissement continu de leur talent.

Comprendre ce phénomène exige de détourner l’attention des incidents rares et graves de harcèlement et de violence en milieu de travail, pour la porter sur l’impact cumulatif des petits comportements quotidiens apparentés au harcèlement. Pour les employeurs qui cherchent à retenir les talents techniques, le défi n’est pas seulement de prévenir et de sanctionner les pires cas d’inconduite, mais de reconnaître et de corriger les conditions ordinaires qui font discrètement fuir des personnes compétentes.

Sources et lectures complémentaires

L’analyse présentée dans ce document s’appuie sur un corpus de recherches portant sur les expériences des femmes dans les postes techniques de l’industrie de la technologie, en accordant une attention particulière au harcèlement quotidien, aux dynamiques entre pairs, à la qualité de l’emploi et à l’attrition en milieu de carrière. Les sources comprennent plus de 200 articles de revues à comité de lecture, des études sectorielles d’envergure, des actes de conférences et certaines thèses. La liste ci-dessous est partielle.

La bibliographie est organisée des recherches fondamentales sur le départ du milieu de travail aux sources contextuelles et de mise en contexte.

Recherches fondamentales sur la rétention, le départ et la qualité de l’emploi dans la technologie

  • Chyn, Eric, Justine Hastings, Lesley Hirsch, Akiva Yonah Meiselman, Karen Shen et Seth D. Zimmerman. Women in STEM and Job Quality. Document de travail SSRN, avril 2025.
  • Singh, Romila, Yejun Zhang, Min (Maggie) Wan et Nadya A. Fouad. Why Do Women Engineers Leave the Engineering Profession? Human Resource Management 57, n° 4 (2018) : 901–914.
  • Smith, N. E., S. B. Costello et S. Chowdhury. Achieving Gender Balance in Engineering: Examining the Reasons for Women’s Intent to Leave the Profession. Journal of Management in Engineering 38, n° 4 (2022).
  • Halliday, C. S., S. C. Paustian-Underdahl, C. Stride et H. Zhang. Retaining Women in Male-Dominated Occupations across Cultures: The Role of Supervisor Support and Psychological Safety. Human Performance 35, n° 3–4 (2022) : 156–177.

Harcèlement, incivilité et biais quotidiens dans le travail technique

  • Saxena, M. Workplace Incivility in STEM Organizations: A Typology of STEM Incivility and Affective Consequences for Women Employees. Journal of Business Ethics 192 (2024) : 501–525.
  • Kim, J. Y. et A. Meister. Microaggressions, Interrupted: The Experience and Effects of Gender Microaggressions for Women in STEM. Journal of Business Ethics 185 (2023) : 513–531.
  • Williams, Joan, Rachel Korn et Asma Ghani. Pinning Down the Jellyfish: The Workplace Experiences of Women of Color in Tech. Center for WorkLife Law, University of California College of the Law, San Francisco, 2022.
  • Fitzgerald, Louise F., et coll. The Sexual Harassment of Uppity Women. Journal of Applied Psychology (2007).

Expériences vécues, dynamiques entre pairs et stratégies de survie en génie logiciel et en ingénierie

  • Van Breukelen, S., A. Barcomb, S. Baltes et A. Serebrenik. « Still Around »: Experiences and Survival Strategies of Veteran Women Software Developers. Proceedings of the ACM/IEEE International Conference on Software Engineering, 2023.
  • Trinkenreich, Bianca, Ricardo Britto, Marco A. Gerosa et Igor Steinmacher. An Empirical Investigation on the Challenges Faced by Women in the Software Industry: A Case Study. Proceedings of the ACM/IEEE International Conference on Software Engineering – Software Engineering in Society, 2022.
  • Ross, Monique et Allison Godwin. Stories of Black Women in the Engineering Industry: Why They Leave. Proceedings of the IEEE Frontiers in Education Conference, 2015.

Données quantitatives sur l’attrition et le départ

  • Kander, Josiane. Attrition Rates in the Engineering Industry by Gender and Time. Thèse de doctorat, Mississippi State University, 2024.
  • Houston, Tyene. STEM Barriers: An Examination of Factors That Accelerate the Exit of Women Engineers from Industry. Thèse de doctorat, Pepperdine University, 2022.

Mise en contexte et travaux fondateurs (pipeline et aspirations)

  • Hill, Catherine, Christianne Corbett et Andresse St. Rose. Why So Few? Women in Science, Technology, Engineering, and Mathematics. American Association of University Women, 2010.
  • Nguyen, Ursula, Tatiane Russo-Tait, Catherine Riegle-Crumb et Katherine Doerr. Changing the Gendered Status Quo in Engineering? The Encouraging and Discouraging Experiences of Young Women with Engineering Aspirations. Science Education 106, n° 6 (2022) : 1442–1468.

Synthèses axées sur la rétention et recherches appliquées

  • Holtzblatt, Karen et Nicola Marsden. Retaining Women in Tech: Shifting the Paradigm. Morgan & Claypool Publishers, 2022.
  • Center for Talent Innovation. The Athena Factor: Reversing the Brain Drain in Science, Engineering, and Technology. Harvard Business Review, 2008.
  • Center for Talent Innovation. Athena 2.0: Accelerating Female Talent in Science, Engineering, and Technology. 2014.
  • National Center for Women & Information Technology (NCWIT). Women in IT: The Facts. 2010.
  • Catalyst. Stemming the Tide: Why Women Leave Engineering. Rapport financé par la National Science Foundation, 2012.
  • National Bureau of Economic Research. Why Do Women Leave Science and Engineering? 2010.

Qu’est-ce que le secteur des soins personnels et pourquoi les personnes qui y travaillent sont-elles plus susceptibles d’être harcelées?

Le secteur des soins personnels fournit des services aux personnes individuelles, souvent dans leurs maisons ou dans un espace privé comme une clinique ou un salon. Cela peut impliquer de prendre soin directement d’une personne, ou de ses biens. Cela inclut un large éventail de types de travail.

Voici quelques emplois qui font généralement partie de ce secteur:

  • préposé aux bénéficiaires (PAP)
  • aide-soignante à domicile
  • soignante pour personnes âgées
  • physiothérapeute ou ergothérapeute
  • préposée à l’entretien ménager
  • nounou ou gardienne d’enfants
  • massothérapeute
  • entraîneur personnel
  • esthéticienne
  • coiffeuse
  • technicienne en manucure
  • tutrice ou professeure de musique
  • jardinière ou paysagiste
  • chef personnelle
  • travailleuse sociale
  • toiletteuse pour animaux ou promeneur de chiens
  • designer d’intérieur ou organisatrice d’espace
  • personnel de restauration
  • travailleuse du sexe

Il y a beaucoup de harcèlement dans le secteur des soins personnels parce que le travail implique un contact proche avec d’autres personnes et leurs biens personnels, d’une manière qui est souvent physique ou intime. Vous êtes souvent seule avec vos clients. Et vous êtes souvent dans leur maison.


À quoi ressemble le harcèlement sexuel dans le secteur des soins personnels

Le secteur des soins personnels implique généralement de travailler seule avec les clients, souvent à proximité physique, parfois pendant de longues périodes. Il est généralement important pour vous d’avoir une relation amicale avec le client—parce que le travail peut être basé sur les pourboires, parce qu’il serait facile pour lui de changer de prestataire ou de se plaindre de vous, ou simplement parce que vous avez besoin qu’il coopère pour que vous puissiez faire votre travail. C’est aussi une situation dans laquelle vous êtes au travail, mais votre client ne l’est pas.

Cela peut mener à un environnement dans lequel les limites personnelles et professionnelles deviennent floues, parfois d’une façon qui est vraiment désagréable.

Voici à quoi cela peut ressembler en pratique:

Commentaires et conversations sexualisés

  • Votre client peut vous draguer, vous inviter à sortir ou vous faire des propositions sexuelles.
  • Il peut vous faire beaucoup de compliments, surtout sur votre apparence ou votre corps.
  • Il peut sexualiser votre proximité liée au travail. « Vous sentez tellement bon. » « Vous avez des mains si douces. »
  • Il peut délibérément repousser les limites en parlant beaucoup de sexe ou en vous posant des questions sur votre vie sexuelle. Il peut tester des sujets sexuels sous le prétexte de l’humour pour voir si vous tolérerez une escalade.
  • Il peut faire des blagues à propos de payer plus pour des services supplémentaires ou être prêt à donner un gros pourboire.

Violations des limites physiques

  • Votre client peut bouger un membre, tourner sa tête, ou autrement changer de position pour vous toucher « accidentellement » pendant que vous travaillez.
  • Il peut refuser de respecter les normes de draperie ou de couverture, en écartant les serviettes ou les couvertures, en laissant les vêtements ouverts, ou en d’autres termes en forçant plus d’exposition que nécessaire.
  • Il peut demander des services quasi sexuels qui ne sont pas au menu, comme l’épilation intime.
  • Il peut utiliser sa taille physique ou son positionnement pour bloquer votre sortie en se tenant entre vous et la porte ou en rendant le départ autrement maladroit ou impossible.
  • Il peut vous offrir de vous « aider » avec les outils ou le positionnement d’une façon qui crée un contact physique inutile.
  • Il peut vous demander d’inspecter une zone intime du corps sous le prétexte d’avoir une préoccupation de santé ou médicale.

Manipulation, coercition et toilettage

  • Il peut vous rappeler à quel point il donne de pourboires ou à quel point il réserve souvent, d’une manière qui implique qu’il veut que vous tolérez un comportement que vous n’aimez pas.
  • Il peut délibérément réserver des services quand l’espace de travail est autrement vide (très tôt ou très tard).
  • Il peut vous traiter comme votre confidente ou « la seule personne qui me comprend » pour créer un sentiment d’intimité.
  • Il peut vous encourager à partager des « confessions » à propos d’un mauvais comportement passé—comme l’utilisation de drogues, l’infidélité, ou le vol—comme une façon de créer une atmosphère où enfreindre les règles semble normal.
  • Il peut prétendre être malade, blessé, ou en crise émotionnelle pour justifier un contact physique inapproprié ou des exceptions spéciales.
  • Il peut vous donner des cadeaux qui suggèrent une relation intime ou de type « sugar daddy », ou afficher délibérément sa richesse pour montrer ce qu’il pourrait vous offrir…
  • Il peut essayer de vous donner de l’alcool ou des drogues

Intimidation, surpeuplement et participation de tiers

  • Il peut arriver intoxiqué.
  • Il peut vous surplomber, vous coincer, ou vous encercler.
  • Il peut amener des amis, la famille, ou des partenaires romantiques pour regarder ou commenter, ce qui rend l’espace sexualisé ou non sécurisé.
  • Il peut exiger un prestataire supplémentaire en plus de vous, souvent d’une manière sexualisée ou fétichiste.
  • Il peut utiliser la présence de ses amis pour créer une atmosphère où refuser semble plus risqué.

Intrusion dans la vie privée et excès émotionnel

  • Il peut essayer d’obtenir votre numéro de téléphone personnel, vos réseaux sociaux, ou votre adresse.
  • Il peut vous aborder dans des espaces publics en dehors du travail, se comportant comme si votre relation était sociale.
  • Si vous avez une présentation de genre non conforme, il peut essayer de vous faire vous éduquer sur le genre, ce qui pourrait inclure vous poser des questions trop personnelles.
  • Il peut vous inviter à rester après le travail ou traiter votre temps de travail ensemble comme si c’était social.
  • Il peut simplement occuper trop de votre temps, voulant discuter plutôt que de vous laisser travailler.
  • Il peut vouloir parler beaucoup de problèmes personnels, comme la solitude ou les difficultés relationnelles.
  • Il peut vous traiter comme si vous étiez votre partenaire romantique et s’attendre à ce que vous soyez émotionnellement investi au-delà de ce qui est approprié.

Représailles et dommages à la réputation

  • Il peut se mettre en colère ou se fâcher quand vous repoussez et fixez des limites.
  • Il peut laisser de mauvaises critiques en ligne, faire des commentaires négatifs dans la communauté, ou essayer de nuire à votre réputation.
  • Il peut vous photographier ou vous enregistrer ou enregistrer le service sans votre accord et partager ou menacer de partager les images.

Parfois, ce qui se passe est clairement du harcèlement sexuel. Mais la plupart du temps, c’est plus flou. Souvent, cela existe dans un espace vague où l’intention de la personne n’est pas claire, et vous vous trouvez vous demander si elle est juste maladroite ou bizarre.

Leur intention compte, car si quelqu’un est juste maladroit, il est moins probable qu’il vous cause un dommage sérieux. Mais l’impact sur vous peut quand même être mauvais: inconfortable, désagréable, ou dommageable pour votre carrière. Et certaines personnes prédatrices prétendent être maladroites pour éviter les conséquences.

Dans cet article, nous allons vous dire comment vous protéger, indépendamment de l’intention de la personne qui vous harcèle.


Comment faire en sorte que vous soyez moins susceptible d’être harcelée

Avant de plonger ici, nous voulons clarifier que ce n’est pas votre responsabilité de prendre des mesures spéciales pour vous assurer de ne pas être harcelée. Si vous êtes harcelée, la faute repose à 100 % sur la personne qui vous harcèle, pas sur vous.

Cela dit, voici quelques mesures que vous pouvez prendre pour rendre le harcèlement moins probable.

  • Portez un uniforme. Cela pourrait être des vêtements de chirurgie ou une veste blanche, n’importe quoi avec un logo de travail dessus, ou même n’importe quoi qui ressemble à un uniforme de travail, comme un polo uni et un khaki. Le but est d’avoir un rappel subtil et constant que vous êtes là pour faire un travail.
  • Portez une fausse bague de mariage. Pour certaines personnes, la seule raison légitime pour vous d’être indisponible est si vous êtes déjà dans une relation. Le moyen le plus facile de signaler cela est de porter une bague de mariage. C’est bête, mais cela peut aider.
  • Mentionnez d’autres clients. Cela peut servir de rappel que votre relation est professionnelle, pas personnelle.
  • Redirichez les conversations personnelles vers le travail. Si une conversation commence à sembler trop personnelle, redirigez vers le travail. Il y a quelques scripts plus loin.
  • Gardez vos communications sur les plateformes de travail. Si vous pouvez l’éviter, ne donnez pas votre numéro de téléphone personnel à un client. S’ils demandent vos réseaux sociaux, donnez-leur le compte de votre employeur. Assurez-vous qu’ils n’apprennent jamais votre adresse.
  • Ne vous confiez jamais à votre client. Ne parlez jamais avec un client de problèmes que vous avez, surtout des problèmes relationnels, des problèmes financiers, ou des problèmes avec votre boss. Ne parlez de rien d’illégal que vous avez fait. Ne parlez de vos activités sexuelles. Les prédateurs poussent les confessions personnelles pour créer une fausse intimité, vous faisant sentir émotionnellement enmêlée tout en rassemblant les informations qu’ils peuvent plus tard utiliser pour vous manipuler, coercer, ou vous faire du chantage.
  • Parlez ouvertement de ce qui est normal et mieux en ce qui concerne les limites professionnelles. Les limites client/prestataire floues sont un problème très normal. Parler ouvertement à propos des « meilleures pratiques » (comme pourquoi vous ne donnez pas les informations de contact personnelles) la dépersonnalise et vous positionne comme une experte, ce qui peut encourager le client à respecter votre jugement et vos limites professionnels.
  • Faites et partagez les politiques personnelles sur la façon de se comporter. Quand vous devez établir ou défendre les limites professionnels, caractérisez-le à votre client comme une « règle personnelle ». Il y a aussi quelques scripts pour cela plus tard. Cela rend l’interaction moins à propos d’eux spécifiquement (ce qui signifie qu’ils seront moins susceptibles de devenir défensifs ou en colère), et soutient aussi l’idée que vous êtes l’experte sur cela.
  • Quand votre employeur a une règle, n’hésitez pas à la partager. Si votre employeur vous interdit de voir les clients en dehors du contexte de travail, ou a des règles similaires, n’hésitez pas à les partager avec votre client. Cela peut servir de rappel que votre relation est une relation professionnelle, et aussi que vous avez un employeur qui vous soutient.
  • Si vous êtes inhabituellement vulnérable, cachez cela à votre client. Essayez de créer l’impression que vous êtes une personne avec une large famille aimante et un groupe d’amis. Si vous êtes éloignée de votre famille ou n’avez pas de famille à proximité, gardez cela pour vous. Vous voulez créer l’impression qu’il n’est pas sûr de vous cibler, car il y a des gens et des ressources de votre côté.
  • Ne buvez jamais d’alcool ou ne consommez jamais de drogues avec les clients.

Comment vous remettre sur la bonne voie quand les limites deviennent floues

Même si vous faites absolument tout correctement, vous pouvez quand même vous retrouver avec les limites inconfortablement floues. Voici ce que vous pouvez faire si vous avez l’impression que les choses vont dans une direction trop personnelle.

  • Créez une sorte de pause ou d’interruption. Cela pourrait être aussi petit que d’annuler un ou deux rendez-vous. Le but ici est d’interrompre ce qui se passe, pour donner à la relation une chance de se réinitialiser.
  • Quand vous revenez de la pause, utilisez-la comme une ardoise vierge pour établir un ton professionnel. Utilisez les conseils ci-dessus. Réduisez les conversations personnelles, maintenez la distance physique, redirigez les conversations vers le travail si nécessaire.

Si cela ne fonctionne pas, votre prochaine étape est probablement une conversation directe.

C’est là que les scripts entrent en jeu.

Le style personnel de chacun est différent, et vous ne devriez certainement pas vous sentir comme vous devez vous comporter comme une personne que vous n’êtes pas. Trouvez ce qui fonctionne pour vous et ignorez tout le reste.

Si votre client exprime de la solitude ou parle longuement de problèmes personnels ou relationnels:

J’aime vraiment notre temps ensemble, mais j’ai l’impression que je suis hors de mes profondeurs quand il s’agit de fournir un soutien personnel. Je pense que vous pourriez mieux parler avec un professionnel formé ou même un ami proche.

ou

J’ai beaucoup de choses en cours dans ma vie personnelle en ce moment. Donc je vais devoir réduire les conversations que nous avons eu—même si j’en jouis!—pour que je puisse mettre mon énergie où elle doit être.

ou

J’ai besoin que vous arrêtiez de me parler de choses personnelles. Je ne suis pas formée pour avoir ce genre de conversations. Ce serait irresponsable pour moi de dépasser le travail que je suis ici pour faire.

Si votre client fait des commentaires sexuels ou des taquineries/flatteries inappropriées:

Je sais que vous ne voulez pas me mettre mal à l’aise, et ni l’un ni l’autre ne voudrait que votre partenaire soit mal à l’aise non plus. Donc nous allons devoir réduire les choses. Vous êtes super charmant mais cela devient un peu trop personnel. Haha.

ou

J’aime travailler avec vous, mais les choses deviennent un peu épicée, ce qui honnêtement semble inapproprié. J’ai une règle générale au travail, qui est que j’essaie de garder les choses axées sur la tâche à accomplir. J’apprécierais si vous pouviez m’aider à respecter cela.

ou

Wow, je vais devoir vous demander de garder ce genre de conversation pour vos amies. Ce n’est juste pas ce que je suis ici pour faire.

Si le client dépasse les limites physiques:

J’ai besoin que vous arrêtiez de me toucher, maintenant. J’ai besoin de vous demander de me donner l’espace pour faire mon travail. Si vous ne pouvez pas faire cela, je vais devoir terminer cette session.

ou

Wow, vous êtes devenu un peu trop mains aujourd’hui. Ce n’est pas correct! J’ai besoin de vous de prendre un grand pas en arrière. Pas seulement aujourd’hui, mais en général. C’est trop.

ou

J’ai l’impression d’être un peu entassée maintenant. J’ai peur de devoir vous demander de vous éloigner.

Si le client pose des questions indiscrètes ou essaie de vous faire parler de choses qui semblent trop personnelles:

Je suis flatté que vous soyez intéressé par ma vie personnelle, mais la vérité est que cela n’a pas vraiment d’importance ici. Nous ne sommes pas ici pour parler de ma vie, nous sommes ici pour nous concentrer sur vous.

ou

J’ai une règle générale que je ne parle pas de ma vie personnelle avec mes clients. Ce n’est pas vraiment ce que nous sommes ici pour faire. Je pense que nous devrions garder l’attention sur vous et ce que nous essayons d’accomplir ici.

ou

Wow, sans offense, mais généralement je garde ces genres de conversations personnelles avec mes amies, vous savez? Vous êtes plus comme mon père, et lui et moi n’avons jamais parlé comme ça. Haha.

Si le client vous demande à plusieurs reprises de sortir ou vous offre des cadeaux:

Vous êtes très généreux et gentil, et c’est agréable de travailler avec des personnes que vous aimez vraiment et que vous vous souciez de. Mais je suis préoccupée que notre relation s’soit éloignée un peu trop du professionnel. Je t’aime bien. Mais j’ai une règle personnelle de ne pas mélanger ma vie personnelle avec ma vie au travail. De mon expérience, c’est juste mieux et plus sûr pour tout le monde. Donc j’aimerais vous demander d’arrêter de m’inviter à des endroits et d’arrêter de me proposer des cadeaux. Je vous apprécie sincèrement. Mais je veux juste que nous reprenons un peu les choses.

ou

Wow, merci pour ceci. C’est super gentil. Mais j’ai peur de ne pas pouvoir l’accepter. Cela semble un peu trop comme quelque chose de romantique ou d’intime. Je sais que vous ne le pensez pas de cette façon, mais je ne peux pas accepter quelque chose comme cela.

ou

J’ai vraiment apprécié vous connaître. Mais je suis 100 % sûre que je ne vais pas vous fréquenter ou vous impliquer personnellement. Je ne vois jamais les clients en dehors du travail. Donc je vais devoir vous demander d’arrêter de m’inviter à des choses. Ce n’est pas personnel. Je vous aime bien. Vous êtes l’un de mes clients préférés. Je ne vous verrai jamais, jamais, en dehors du travail.

ou

J’ai peur de devoir demander une réinitialisation un peu sur nos interactions. Dans cette industrie, il est totalement normal pour les prestataires de services d’avoir des interactions personnelles amicales avec les clients. Mais ce n’est pas normal pour les personnes de trop s’impliquer. Cela serait contraire à l’éthique professionnelle et franchement inapproprié. Donc je vais devoir vous demander d’arrêter de me demander de sortir. Je ne socialiserais jamais avec un client ou n’aurais aucune interaction en dehors d’un contexte de travail.

Si ils font des blagues à propos de paiement supplémentaire pour des services sexuels ou personnels:

J’aime vous avoir comme client, mais j’ai besoin de vous demander d’arrêter de faire des blagues à propos de payer pour des services supplémentaires. Je sais que c’est juste une blague. Je vous fais confiance. Mais dans mon domaine, parfois les clients agissent comme si c’était une vraie possibilité, ce qui le rend sensible pour les personnes comme moi. J’aimerais vraiment que vous arrêtiez. Tout le reste à propos de nos interactions est super; c’est juste cette une chose qui m’a dérangée.

ou

J’ai besoin que vous arrêtiez s’il vous plaît de faire ce genre de blague. Je suis un professionnel qui fait un travail. Je n’aime pas ce genre de blague et j’ai besoin que vous arrêtiez de le faire.

Si ils vous invitent à rester en dehors du travail ou traitent votre temps de travail ensemble comme si c’était social:

J’apprécie quand vous me proposez du café ou une collation, mais je ne peux vraiment pas arrêter mon travail pour du temps social. J’ai beaucoup à faire, et je dois m’assurer que tout est terminé. Je ne peux pas le faire si je m’arrête pour discuter.

ou

Un couple de fois vous m’avez invité à rester après le travail pour traîner. J’apprécie, mais je veux être direct que ce n’est juste pas quelque chose que je vais jamais faire. Je garde les choses de travail séparées des choses personnelles. J’espère que vous comprenez d’où je viens.

ou

J’ai apprécié nos conversations, mais j’ai aussi senti un peu mal à l’aise à propos de la quantité de temps que nous avons passée à parler. Je veux m’assurer que vous obtenez une bonne valeur pour votre argent. Je pense qu’il a du sens pour nous de reculer un peu et de nous concentrer plus étroitement sur le travail réel. J’espère que cela a du sens pour vous.

Si ils expriment des opinions ou des jugements inappropriés à titre personnel sur vous:

J’ai l’impression que parfois vous dites des choses à propos de moi qui pourraient être appropriées si vous étiez mon parent ou grand-parent, mais n’ont pas autant de sens pour une relation professionnelle. Je suis plus jeune donc je peux voir pourquoi cela se passe. Mais cela me met mal à l’aise. Je suis un professionnel ici pour faire un travail. Je pense qu’il serait super si nous pouvions tous les deux faire un effort pour garder cela à l’esprit. J’espère que cela a du sens pour vous.

ou

Parfois vous dites des choses négatives à propos de mon [cheveux, présentation de genre, vêtements], et pour être honnête, cela blesse mes sentiments. C’est aussi pas vraiment n’importe quoi qui vous regarde. Si mon propre père me disait ces choses, alors lui et moi aurions une vraie conversation à ce sujet. Mais vous et moi n’avons pas ce genre de relation. Donc j’aimerais vous demander d’arrêter d’exprimer ce genre de jugement à moi, et si vous ne le faites pas, je pourrais devoir le soulever à mon superviseur et le faire vous parler. J’espère que vous comprenez.

ou

J’ai peur de devoir vous demander s’il vous plaît d’arrêter de commenter mon apparence. C’est inapproprié et cela est allé trop loin, et j’ai vraiment besoin que vous arrêtiez. Même si nous sommes dans votre maison, c’est mon lieu de travail et nous avons besoin de maintenir un niveau basique de professionnalisme.

Si ils vous traitent comme si vous étiez votre partenaire:

Wow, parfois j’ai vraiment cette ambiance de toi comme si j’étais ta femme, tu sais ce que je veux dire? Haha. Je suis heureux de faire tout ce qui est utile, mais je pense que je devrais être clair: Ce n’est pas vraiment mon travail de vous aider à réfléchir à un problème de travail ou de choisir de nouveaux meubles, tu sais? Ce n’est pas le service pour lequel vous me payez. Haha.

ou

L’autre jour, l’un de mes clients m’a dit qu’il pense à moi comme si j’étais sa femme. Cela m’a mis vraiment mal à l’aise et j’ai décidé que j’avais besoin de parler avec tous mes clients. Donc pour être clair: Je suis très heureux de vous soutenir d’une large gamme de façons. Mais c’est une relation de travail professionnelle, pas une personnelle, et je pense qu’il est préférable que tout le monde soit très clair à ce sujet. Je sais que vous l’êtes, et donc nous n’avons pas besoin de passer beaucoup de temps à parler de cela—c’est juste quelque chose que je pense que j’ai eu besoin de dire.

ou

Parfois j’obtiens un sentiment de vous que vous me traitez comme si j’étais ta femme ou un partenaire intime. Je suis probablement complètement l’imagination de cela! Mais cela m’a fait sentir comme nous devrions juste convenir des bases ici. Je suis ici pour faire un travail, vous êtes mon client, c’est une relation professionnelle. Je sais que nous savons tous les deux cela.

Si ils s’exposent délibérément ou laissent sortir des jouets sexuels ou du porno:

J’ai besoin d’être très claire avec vous. Ce qui s’est passé aujourd’hui ne peut pas se reproduire. Si cela se fait, je vais vous terminer en tant que client.

ou

Je ne sais pas si vous êtes conscient de cela, mais l’autre jour quand j’étais ici, vous aviez laissé des objets extrêmement personnels dans un endroit où ils étaient visibles pour moi pendant que j’ai fait mon travail. Je sais que vous n’avez pas fait cela exprès. Mais quand même, yikes. Je ne veux pas parler de cela. Mais j’ai besoin que vous sachiez que si cela se produit jamais à nouveau, ce sera la dernière fois que je travaille pour vous. J’espère que cela a du sens pour vous.

Si vous avez affaire à du harcèlement au travail, sachez ceci: Ce n’est pas votre faute. Vous méritez le respect, vous méritez la sécurité, et vous méritez un lieu de travail où vous pouvez faire votre travail sans être distrait ou harcelé. Tant que ce n’est pas une certitude dans chaque lieu de travail, connaître vos droits et avoir un plan peut vous aider. Bonne chance.

D’abord, définissons le travail à la demande.

Le travail à la demande est un travail à court terme, indépendant, ou basé sur un contrat dans lequel vous êtes payé par tâche, projet, ou service, au lieu de recevoir un salaire régulier ou une rémunération.

Le travail à la demande a toujours existé, mais l’économie des tâches à la demande moderne a vraiment décollé au début des années 2010 avec la montée des plateformes numériques comme Mechanical Turk et Taskrabbit.

Aujourd’hui, les plateformes populaires de l’économie des tâches à la demande incluent Uber, Lyft, Skip, DoorDash, Instacart, Taskrabbit, Airbnb, Fiverr, Upwork, OnlyFans, Rover, Handy, AskforTask, Care.com, et Sitly.

Le travail comprend tout, de la livraison de nourriture au développement de logiciels. Beaucoup de cela consiste en tâches quotidiennes pour les clients individuels—des choses comme chercher les épiceries des gens, promener leurs chiens, ou nettoyer ou organiser leurs maisons.

L’économie des tâches à la demande a grandi très rapidement.

En 2022, Statistique Canada a rapporté que 2,4 millions de Canadiens avaient fait une certaine forme de travail à la demande au cours des 12 mois précédents. En 2025, H&R Block a rapporté que près d’un Canadien sur quatre était partie de l’économie des tâches à la demande. Cela devient lentement moins courant pour les gens d’avoir un emploi conventionnel et plus courant pour eux d’être dans l’économie des tâches à la demande à la place.

D’un point de vue juridique, les travailleurs de l’économie des tâches à la demande sont des entrepreneurs indépendants, ce qui signifie qu’ils travaillent pour eux-mêmes. Cela les rend vulnérables parce que notre système pour protéger les travailleurs a toujours assigné beaucoup de responsabilité aux employeurs. Donc, si vous n’avez pas d’employeur—si vous êtes, en effet, votre propre employeur—il n’y a personne responsable d’assurer que vos conditions de travail sont sûres et sécurisées.

Pourquoi les travailleurs de l’économie des tâches à la demande font face à plus de harcèlement fondé sur le sexe

Si vous avez fait du travail à la demande, vous savez qu’il y a des avantages et des inconvénients. Un inconvénient est le harcèlement.

Pourquoi y a-t-il tellement de harcèlement dans l’économie des tâches à la demande?

  • La plupart des travailleurs de l’économie des tâches à la demande travaillent seuls. Il n’y a pas de collègues ou de bosses autour pour témoin du harcèlement ou intervenir.
  • Beaucoup du travail se déroule dans les maisons des gens. Cela vous rend vulnérable parce que vous ne pouvez pas contrôler l’environnement ou savoir que c’est sûr. Peut-être qu’il y a des armes présentes, des gens que vous ne connaissez pas, des animaux dangereux. Vous ne pouvez pas le contrôler.
  • Les « employeurs » sont des gens ordinaires, pas des bosses professionnels. Votre client pourrait ne pas être apte à fonctionner en tant que boss : il pourrait être intoxiqué, violent, paranoïde, avoir vraiment une mauvaise faculté de jugement, ou être en train de vivre des délires ou des changements d’humeur. S’ils sont terribles, il n’y a personne pour les gérer ou les congédier ou même juste vous protéger d’eux.
  • Le travail peut être personnel ou même intime. Si vous nettoyez la maison de quelqu’un ou faites d’autres travaux personnels pour lui, vous avez beaucoup d’exposition à sa vie privée, ce qui peut parfois rendre les choses trop personnelles ou intimes.
  • Le travail peut déborder dans votre vie personnelle. Vous pouvez utiliser votre propre voiture, téléphone, ou maison pour votre travail, ce qui peut rendre difficile de maintenir les limites professionnelles. Les gens pourraient voir les affaires de votre enfant, découvrir qui vous vivez avec, etc.
  • Vous dépendez des évaluations. Vous pouvez vous sentir pressé de tolérer le mauvais comportement pour que vos évaluations restent positives.
  • C’est facile pour quelqu’un de vous congédier. Votre client peut facilement arrêter de vous donner du travail—et la plateforme peut faire la même chose.
  • Vous n’avez pas de ressources humaines. Les ressources humaines ne sont pas toujours très utiles pour les gens qui sont harcelés, mais au moins cela signifie qu’il y a quelqu’un pour recevoir les plaintes. En tant que travailleur de l’économie des tâches à la demande, vous n’avez pas cela.

À quoi ressemble le harcèlement fondé sur le sexe dans le travail à la demande

Voici certaines des expériences les plus courantes.

Harcèlement basé sur le désir

  • Commentaires sexuels persistants et flirt : Les clients font des remarques inappropriées sur votre corps, vêtements, ou apparence.
  • S’approcher trop physiquement : Les clients profitent des exigences des tâches (une tâche physique, un espace confiné) pour s’approcher trop de vous.
  • Contact physique : Les clients vous touchent sans votre consentement, sous le prétexte de l’amitié ou d’une direction liée au travail.
  • Pression pour les rendez-vous ou le contact personnel : Les clients vous texent ou parlent de manière inappropriée ou font des invitations sociales vulgaires ou répétées.

Menaces, intimidation et situations dangereuses

  • Les clients refusent de partir ou bloquent les sorties : Les clients s’attardent, bloquent les sorties, refusent de partir, ou refusent de vous laisser partir.
  • Menaces de violence ou de représailles : Les clients deviennent menaçants, ou vous harcelent ou vous suivent
  • Situations délibérément dangereuses : Les clients vous demandent de vous rencontrer à des endroits ou à des moments dangereux, conduire à des endroits isolés, ou travailler dans des conditions qui augmentent votre vulnérabilité physique.

Discrimination et Hostilité Fondée sur le Sexe

  • Questions envahissantes et moquerie : Les clients vous posent des questions envahissantes personnelles, vous moquent, font des « blagues » ou utilisent des insultes.
  • Traitement sexiste : Les clients font des remarques sexistes ou sont excessivement critiques ou suspects de votre travail, surtout si vous n’êtes pas un homme et le travail est considéré comme « masculin », comme les réparations à domicile ou le support informatique.
  • Refus de travail en raison du sexe : Les clients refusent de vous engager en raison de votre sexe.

Représailles par le biais des Évaluations et des Critiques

  • Les mauvaises évaluations comme punition : Les clients qui se sentent en droit d’avoir votre attention peuvent laisser des évaluations négatives et des évaluations basses si vous les rejetez ou les ignorez
  • Désactivation ou perte d’emploi en raison des évaluations biaisées : Votre plateforme peut vous pénaliser ou vous désactiver en fonction des évaluations basses, même quand ces évaluations sont le résultat du harcèlement, de la discrimination, ou des représailles.
  • Représailles de la part des plateformes elles-mêmes : Votre plateforme peut vous pénaliser ou vous désactiver pour avoir signalé du harcèlement

Ce que la loi dit sur le harcèlement fondé sur le sexe dans l’économie des tâches à la demande

Il y a deux formes majeures de protection juridique contre le harcèlement sexuel au travail.

  • La loi sur les droits de la personne interdit la discrimination et le harcèlement fondés sur le sexe, l’expression de genre, et l’orientation sexuelle. Comme tout le monde, les travailleurs de l’économie des tâches à la demande sont protégés par la loi sur les droits de la personne.
  • La loi du travail offre des protections aux travailleurs, y compris exiger que les employeurs offrent un environnement sans harcèlement. Cependant, la plupart des travailleurs de l’économie des tâches à la demande sont considérés comme étant des entrepreneurs indépendants, ce qui signifie qu’ils ne sont pas couverts par les protections d’emploi standards. Cela change : la Colombie-Britannique considère maintenant que les travailleurs de l’économie des tâches à la demande sont légalement des employés, et l’Ontario met lentement en place certaines protections pour les travailleurs de l’économie des tâches à la demande. Mais pour les travailleurs de l’économie des tâches à la demande dans le reste du pays, la loi du travail ne s’applique pas.

La réalité est que les travailleurs de l’économie des tâches à la demande font face à un risque plus élevé de harcèlement fondé sur le sexe—et ils ont aussi moins de protections juridiques et ont des opportunités intégrées pour les représailles, comme les évaluations des clients. Il n’y a aucun employeur traditionnel responsable de l’offre d’un environnement de travail sûr, et beaucoup de plateformes ne prendront jamais la responsabilité de la sécurité des travailleurs.

Cela signifie que si vous êtes un travailleur de l’économie des tâches à la demande, vous êtes probablement à peu près sur vous-même.

Comment les travailleurs de l’économie des tâches à la demande peuvent se protéger

Voici certaines façons pratiques de vous protéger.

Apprenez des autres et développez vos connaissances

  • Familiarisez-vous avec les forums en ligne et les communautés de travailleurs. Beaucoup de travailleurs de l’économie des tâches à la demande partagent des conseils et des avis sur les subreddits et les communautés en ligne dédiées aux plateformes spécifiques (par exemple, Uber, DoorDash, Skip, Taskrabbit).
  • Rejoignez les réseaux de travailleurs de l’économie des tâches à la demande. Des groupes comme Gig Workers United au Canada offrent le soutien, l’défense, et les ressources pour les travailleurs qui font face à un traitement injuste.

Utilisez les outils et les systèmes des plateformes

  • Utilisez les fonctionnalités de sécurité dans l’application. Beaucoup d’applications de covoiturage et de livraison ont des fonctionnalités de sécurité intégrées comme les boutons d’urgence, le suivi de localisation, et la dénonciation des passagers. Familiarisez-vous avec ces outils et utilisez-les s’ils semblent utiles.
  • Enregistrez tout. Si un client ou un client vous préoccupe, prenez des captures d’écran, enregistrez les messages, et documentez les dates et les détails au cas où vous auriez besoin de faire un signalement.
  • Signalez les problèmes. Si vous êtes harcelé, envisagez de le signaler à la plateforme. Toutes les plateformes ne prennent pas des mesures, mais certaines peuvent.

Commencez les choses du bon pied

  • Faites la documentation de base des nouveaux gigs. Prenez une photo de l’adresse, la porte d’entrée, ou le numéro d’appartement. Si vous vous sentez à l’aise, photographiez votre client.
  • Envisagez de porter un uniforme ou une tenue avec des qualités uniformes, comme des vêtements de marque de la plateforme ou même juste une chemise polo avec un pantalon chino ou de cargaison. Envisagez des accessoires de « travail » comme un badge d’identité visible, un dossier, ou un cordon.
  • Prétendez que vous enveloppez un appel de travail quand vous arrivez. « Ouais, et je te verrai à 15 h. » « Nous pouvons définitivement gérer cela. J’arrive à un site de travail, mais je te donnerai un appel plus tard. »
  • Commencez avec un peu de conversation professionnelle. « Voici le plan. » Envisagez de porter un presse-papiers et de vérifier les éléments de la liste. Utilisez le nom du client.
  • Mentionnez d’autres clients et gigs. (« Le mardi j’ai trois clients. » « La plupart des gens m’ont venir deux fois par semaine. »)
  • Si quelqu’un vous donne la chair de poule, envisagez d’arrêter les choses et de partir.

Contrôlez l’accès et les informations

  • Gardez vos portes verrouillées.
  • Rencontrez-vous en public.
  • N’allez pas à l’intérieur à moins que ce ne soit une partie du travail.
  • N’donnez pas votre adresse e-mail personnelle ou numéro de téléphone ou adresse.
  • Soyez prudent à propos des détails personnels. Ne dites pas aux gens qui vous vivez avec, quel quartier vous êtes, ou où vous traînez.
  • Gardez votre téléphone en votre possession.

Signalez la surveillance et la protection

  • Installez une dashcam visible ou une bodycam.
  • Portez un écouteur même si vous n’êtes connecté à personne.
  • Utilisez un langage qui implique que vous êtes partie d’une équipe (« Nous », « mon gestionnaire », « Dispatch »).
  • Parlez à votre téléphone comme si quelqu’un écoutait ou enregistrait. « Juste en train de consigner l’enlèvement. » « Enregistrement que le paiement a été fait. » « La livraison est complète ; je me dirige vers la voiture. »
  • Dites des choses qui font sembler que vous harceler pourrait être dangereux. « Mon meilleur ami est avocat. » « Mon père est policier. » « Mon frère est obsédé par l’entraînement en force. »
  • Dites des choses qui font sembler que vous êtes en réseau et protégé. « Les gens à [plateforme] sont tellement géniaux, ils sont tellement réactifs et solidaires. » « Mes amis sont tellement protecteurs ; ils me font constamment des vérifications. » « J’appartiens à [association professionnelle] et ils ont toujours été super-utiles. »

Gérez l’espace et le temps

  • Contrôlez l’espace physique avec un mouvement orienté vers la tâche afin que vous ne soyez pas coincé: continuez à marcher pendant que vous évaluez ou recueillez des informations.
  • Maintenez les barrages physiques: un grand sac, un presse-papiers, même votre téléphone.
  • Soyez pressé même quand vous ne l’êtes pas. « Je suis sur un itinéraire serré aujourd’hui, donc je ne peux pas rester longtemps. » « J’ai trois autres arrêts avant le déjeuner. »

Évitez l’escalade

  • Distraites la personne avec une tâche spécifique au travail. « Pouvez-vous confirmer le lieu de livraison? » « Pouvez-vous me montrer où vous gardez les fournitures? »
  • Nommez une destination publique occupée vers laquelle vous vous dirigez ensuite. « Après cela j’ai un gars à l’aéroport. » « J’ai un handover de client au parc de bureaux. »
  • Dites des choses qui fonctionnent comme des rappels que vous n’êtes pas des pairs, des amis, ou des partenaires. « C’est une bonne chose que je sois contractuellement obligé de rire de vos blagues. Haha. » « OMG c’est le film préféré de mon beau-père aussi. » « Haha, nous sommes en train de dériver en mode thérapie et ce n’est pas pour ce que je suis payé. » « Wow, vous allez définitivement encourir les frais de compliments non sollicités. Hahaha. »
  • Développez les règles. « Je ne socialise pas avec les gens que je rencontre par le travail. » « Je ne peux pas accepter les cadeaux des clients. » « Mon média social est 100 % privé. » « J’ai une politique de ne pas parler de ma vie personnelle. » « Je n’ai pas la permission de vous donner mon numéro personnel. »
  • Envisagez d’être transparent et sincère à propos de ce qui se passe. « Travailler dans les maisons des gens, il est courant que les choses deviennent floues. » « J’aime tous mes clients, mais à la fin de la journée nous ne sommes vraiment des amis. Vous me payez pour faire un travail. »

Fermez proprement

  • Arrêtez le contact après le gig—Si quelqu’un vous message casuel ou bizarrement après, ne vous engagez pas. Signalez/bloquez si nécessaire.
  • Configurez le langage standard pour décliner : « Selon la politique de la plateforme, j’arrête la communication une fois le travail terminé. »
  • Évitez les réservations répétées si quelqu’un est bizarre : La plupart des plateformes vous laissent bloquer ou filtrer les clients. Utilisez-le.

Soyez préparé pour quand les choses vont mal

  • Sachez à l’avance comment vous allez sortir si une situation semble dangereuse. « Je dois aller chercher [outil de travail] de ma voiture. » « Ma sœur vient de me dire que mon neveu est à l’urgence. Je dois y aller. »
  • Activez le suivi de localisation pour les amis ou les membres de la famille, ou envoyez-leur un message texte votre localisation quand vous entrez dans un site de travail. Ne cachez pas cela à votre client.
  • Arrangez pour qu’un ami vous appelle une demi-heure après avoir commencé un nouveau gig. Soyez factuel ; ne cachez pas cela à votre client.
  • Sachez à l’avance ce que vous ferez si les choses deviennent vraiment mauvaises. Ayez un mot de code que vous pouvez envoyer rapidement par message texte à un ami. L’objectif n’est pas tellement d’obtenir de l’aide d’urgence rapidement ; c’est pour que vous puissiez dire au client que l’aide arrive, afin qu’il vous laisse partir.

Si vous faites face au harcèlement au travail, sachez ceci : Ce n’est pas votre faute. Vous méritez le respect, vous méritez la sécurité, et vous méritez un lieu de travail où vous pouvez faire votre travail sans être distrait ou harcelé. Connaître vos droits et avoir un plan peut aider. Bonne chance.

Pour les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre, être traité mal à cause de votre genre est probablement une réalité quotidienne. Vous connaissez probablement des personnes—peut-être vous-même—qui ont eu à supporter beaucoup de mauvaises choses juste pour obtenir ou garder un emploi.

Le but de cet article est de décrire à quoi ressemble généralement le harcèlement pour vous, comment il se manifeste sur le lieu de travail, et ce que vous pouvez faire pour vous protéger.


Pourquoi les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre font face à plus de harcèlement au travail

Les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre n’ont pas toutes des expériences mauvaises au travail. Beaucoup ont des collègues de soutien, ou au moins neutres qui ne rendent pas les choses difficiles exprès. Certains boss veulent vraiment bien faire les choses, et certains lieux de travail sont vraiment accueillants.

Cela dit, les chiffres confirment ce que la plupart d’entre nous instinctivement savons: Les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre font face à plus de harcèlement au travail que tout autre groupe.

C’est parce que certaines personnes croient que les personnes trans, non binaires, et queers de genre n’existent pas ou ne devraient pas exister, et beaucoup se sentent en droit d’agir sur ces croyances.

Il y a aussi une question de temps. Au Canada, l’âge moyen pour une transition de genre devient plus jeune, mais il est actuellement d’environ 31 ans. Cela signifie que pratiquement tout le monde qui fait une transition aujourd’hui le fait sur le travail—et la transition est un moment où, pour beaucoup de personnes, le harcèlement tend à pic.

Les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre peuvent aussi faire face à des obstacles qui rendent plus difficile de s’éloigner des mauvais lieux de travail. Elles peuvent être éloignées de leurs familles ou avoir du mal à garder leur logement. En moyenne, ils gagnent moins d’argent que les autres personnes, et ils sont plus susceptibles de travailler dans des industries avec une mauvaise sécurité d’emploi, un roulement élevé, ou un HR minimal ou absent.

C’est mieux aujourd’hui qu’avant. Mais c’est encore assez mauvais, et cela se montre au travail et ailleurs aussi.


À quoi ressemble le harcèlement sexuel au travail pour les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre

Conseil!

Les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre peuvent expérimenter deux types de harcèlement sexuel: basé sur le désir et basé sur l’hostilité.

Le harcèlement basé sur l’hostilité est quand quelqu’un se fait une mission de vous faire savoir que vous n’appartenez pas. Cela pourrait signifier vous mégenrer exprès, « oublier » vos pronoms, vous soumettre à des blagues ou des farces, vous poser des questions envahissantes et exiger que vous vous justifiez, essayer de vous forcer à changer votre comportement pour s’adapter à ce qu’ils pensent être correct pour vous, ou vous geler socialement. Le but de ce genre de harcèlement est d’exprimer la désapprobation et vous faire sentir mal, vous pousser à vous comporter différemment, ou vous pousser hors de ce lieu de travail entièrement.

C’est différent du harcèlement basé sur le désir.

Le harcèlement basé sur le désir est quand quelqu’un vous traite comme un objet de curiosité, vous fétichise, ou suppose que vous êtes hypersexué et disponible pour eux sexuellement. C’est les personnes supposant qu’ils peuvent se comporter intimement avec vous bien que vous êtes juste des collègues de travail, les personnes devenant mains ou bizarrement flirty avec vous, ou les personnes qui ne cesseront pas de vous poser des questions envahissantes et très personnelles.

Vous êtes plus susceptible que d’autres personnes d’être harcelé par un groupe au lieu de juste une personne. Ou une personne peut vous harceler devant un groupe. Vous êtes plus susceptible d’être harcelé par les collègues de travail ou les clients, plutôt que par votre boss. Votre boss peut tolérer le harcèlement, ou y participer, ou elles peuvent ne pas en être consciente, ou en savoir et penser que cela n’a pas d’importance.

Voici à quoi cela peut ressembler en pratique:

Invalidation d’identité et contrôle

  • Les personnes peuvent délibérément vous appeler par votre ancien prénom ou vous mégenrer.
  • Elles peuvent vous dire comment elles pensent que vous devriez vous habiller ou vous comporter.
  • Elles peuvent dire que votre genre est trop confus pour le comprendre.
  • Votre entreprise peut utiliser les codes vestimentaires comme une façon de forcer la conformité de genre sous le prétexte du professionnalisme.
  • Les personnes peuvent vous critiquer pour « apporter la politique au travail » juste en existant.

Sexualisation, intrusion, et violations des limites

  • Les personnes peuvent supposer que vous êtes hypersexué et impatient de parler de sexe. Elles peuvent vous cribler de blagues de sexe et de sous-entendus et supposer que vous allez bien avec, vous envoyer du porno, et/ou vous chercher pour parler de porno, de kink, ou de fétiches.
  • Elles peuvent vous traiter comme si vous êtes sexuellement disponible à elles ou êtes une travailleuse du sexe (surtout si vous êtes une femme trans).
  • Elles peuvent se focaliser sur vous et vous suivre en ligne.
  • Elles peuvent agir comme si votre présence est inappropriée sexualisant le lieu de travail.
  • Elles peuvent vous poser des questions envahissantes et détaillées sur votre vie sexuelle, votre corps, ou vos soins médicaux.
  • Votre entreprise peut (accidentellement ou exprès) fuir vos informations médicales ou de santé sensibles à vos collègues de travail.

Soutien professionnel et évaluation biaisée

  • Les personnes peuvent supposer que vous êtes incompétente et vous demandent de prouver vos compétences encore et encore.
  • Elles peuvent critiquer votre travail même quand votre performance est meilleure que celle d’autres personnes.
  • Elles peuvent supposer que vous êtes moins engagée à votre travail que d’autres personnes.
  • Les superviseurs peuvent vous donner un feedback étrange qui est clairement enraciné dans le parti pris. « Les clients ne se sentent pas confiants avec vous. » « Vous manquez du sérieux que nous avons besoin pour ce rôle. » « Vous voulez toujours la vedette, et j’ai juste besoin que vous fassiez votre travail. »
  • Vos boss peuvent accepter le malaise des collègues avec vous comme si cela reflète un défaut professionnel réel. « Les personnes ne pensent pas que vous êtes prêt. » « L’équipe ne vous fais pas confiance. » « J’ai reçu beaucoup de plaintes à propos de vous. »
  • Vos boss peuvent utiliser le malaise d’autres personnes comme justification pour vous réprimander, rétrograder, déplacer, ou réassigner.

Exclusion sociale, potins, et hostilité

  • Les personnes peuvent faire des blagues, commérages, ou mentir à votre sujet.
  • Elles peuvent vous geler socialement.
  • Elles peuvent ouvertement exprimer la frustration d’avoir à travailler avec vous.
  • Elles peuvent mettre des dessins animés ou des blagues à votre sujet.
  • Elles peuvent essayer de vous empêcher d’utiliser la bonne salle de bain ou d’autres espaces genrés. Elles peuvent afficher de la signalisation vous disant quels espaces genrés utiliser.
  • Elles peuvent subtilement ou ouvertement remettre en question votre stabilité mentale, vous encadrant comme « volatile » ou « peu fiable » ou « ayant besoin d’aide. »
  • Si vous vous retirez à cause du harcèlement répété, vous pouvez commencer à être étiquetée comme malheureuse, désagréable, ou difficile. Si vous défiez le harcèlement, vous pouvez être étiquetée comme en colère, trop émotionnelle, ou un aimant drama.

Déni des ressources et des possibilités

  • Les personnes peuvent retenir les informations de travail importantes de vous.
  • Elles peuvent ne pas vous donner autant de possibilités de travail que d’autres personnes.
  • Vous pouvez être exclue des possibilités de formation ou d’apprentissage informelle.
  • Vous pouvez obtenir moins de mentorat et de parrainage que d’autres personnes.
  • Votre entreprise peut vous couper du travail face à l’extérieur.
  • Vous pouvez être exclue des associations professionnelles, des événements de l’industrie, ou des espaces de réseautage.
  • Votre entreprise peut vous couper du voyage lié au travail, surtout si le genre rend le voyage compliqué pour vous.

Soupçon, surveillance, et surrenforcement

  • Les personnes peuvent confondre la non-conformité de genre avec la déviance ou la criminalité, vous rendant soupçonneux. Elles peuvent se comporter comme si vous êtes salle ou dangereuse ou digne de confiance, même si vous ne leur avez donné aucune raison de se sentir de cette façon.
  • Elles peuvent vous punir pour de petits actes répréhensibles au travail que d’autres personnes font disparaître avec.
  • Les personnes peuvent vous demander de prouver des choses que d’autres personnes ne sont pas requises de prouver.
  • Elles peuvent impliquer que votre présence ouvre les vannes aux problèmes juridiques ou à la controverse, vous encastrant comme une menace ou un adversaire potentiel.
  • Elles peuvent saper votre réputation en vous caractérisant comme peu fiable, difficile à travailler, ou nécessitant beaucoup de supervision.

Menaces directes, stalkage, et risques de sécurité

  • Les personnes peuvent refuser de travailler avec vous ou essayer de vous faire renvoyer.
  • Elles peuvent attendre en dehors du travail pour vous ou vous suivre.
  • Elles peuvent vous menacer ou vous intimider ou vous faire physiquement du mal.

Désavantages administratifs et structurels

  • Votre employeur peut vous demander de passer un énorme temps sur la paperasse et les réunions liées au genre.
  • Votre employeur peut insister que vous portiez le fardeau d’éduquer vos collègues de travail à propos du genre, sans réduire votre charge de travail ou vous payer plus. Elles peuvent aussi utiliser votre temps de travail avec des initiatives DEI.
  • Votre entreprise peut osciller dans son engagement à l’égard de DEI, vous laissant incertain où vous en êtes et si elles vous soutiennent.

La loi par rapport à la réalité

Au Canada, les personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre sont protégées au travail par les lois des droits de la personne et la loi de l’emploi. Ces lois disent que les lieux de travail doivent être libres de harcèlement et de discrimination, et que les employeurs sont censés avoir des politiques claires et prendre les plaintes au sérieux.

Mais dans la pratique, le harcèlement et la discrimination sont courants, et les employeurs ne font souvent pas beaucoup à ce sujet.

Quand une personne qui est trans, non binaire, ou queer de genre est harcelée au travail, c’est vraiment courant pour les boss de le mettre à un conflit de personnalité ou les personnes « apportant la politique au travail. » Elles peuvent sentir que ce n’est pas leur affaire, et/ou un mal de tête qu’elles ne veulent juste pas affronter.

Voici quelques façons dont les boss réagissent généralement:

  • Elles voient le harcèlement et l’ignorent.
  • Elles pensent que cela n’a pas d’importance.
  • Elles le voient comme un problème personnel que vous avez, plutôt que comme un problème juridique et des droits humains.
  • Le sujet entier vous met mal à l’aise.
  • Elles font des excuses pour les personnes qui font le harcèlement.
  • Elles vous sympathisent, mais ne font rien pour vous aider.
  • Elles essaient d’aider, mais elles sont inefficaces.
  • Elles surréagissent d’une façon maladroite, rendant les choses pires.
  • Elles envoient la chose entière à HR au lieu même de l’essayer.

Cela ne signifie pas que signaler le harcèlement ne vaut jamais la peine. Cela pourrait être. Vous êtes dans la meilleure position pour savoir si votre boss et lieu de travail pourraient bien le gérer.

Transition au travail: quand cela se passe bien par rapport à quand ce n’est pas le cas

Faire votre venue au travail peut être une expérience valide ou un cauchemar. Cela dépend de votre lieu de travail, de votre boss, et de vos collègues de travail.

Pour certaines personnes, la transition sur le job se déroule super.

J’ai posté un message disant à tout le monde à la fois, j’ai dit que j’étais ouvert aux questions dans la raison, que je comprenais qu’il pourrait falloir un peu de temps aux gens pour s’adapter et c’était correct. 99,9 % des personnes étaient incroyables et ce minuscule 0,1 % a été mis à sa place par tout le monde d’autre avant même que j’aie une chance.

Kai_2885. Commenter sur « Comment faire la transition dans le lieu de travail? » Reddit, r/FTMMen

HR était très de soutien et m’a laissé savoir ce qui pourrait être changé sans un changement de nom légal et m’a gardé en contrôle à propos de qui a été dit et quand et a demandé si je voulais être la personne qui a dit aux autres ou non. Cela a pris environ une semaine pour que IT change tout et j’ai demandé à HR de dire à mes superviseurs une fois que c’était complètement. Depuis, tout a été super doux.

In_pure_shadow. Commenter sur « Comment avez-vous sorti au travail. » Reddit, r/asktransgender

À l’une de mes premières réunions d’intégration mensuelles avec mon directeur, je me suis ouvert à lui d’être non binaire et utilisant les pronoms they/them à la maison et parmi les amis, et j’ai demandé s’il pensait que ce serait approprié ou correct de demander aux gens d’utiliser mes pronoms au travail. Il était à bord avec elle, et heureux de me soutenir!

Bikedaybaby. Commenter sur « Je suis un ingénieur, pronoms they/them, été hors au travail pendant presque un an et demi. AMA!. » Reddit, r/NonBinary

Quand un lieu de travail a de bonnes politiques et des personnes qui se soucient de bien faire les choses, la transition peut être une expérience largement positive.

Mais d’autres sont rencontrés de la résistance.

Les mauvais jours, j’ai eu des personnes me dire à mon visage que je ne suis pas un « il », tourner ma lèvre à mon épingle de pronom, éviter de me regarder ou de me parler quand je marche dans une pièce, et même une fois (jusqu’à présent) j’ai eu un collègue de travail me demander si j’avais toujours des « parties filles. » Franchement, c’est difficile.

Nyctala-acadica. Commenter sur « Quelle est votre expérience d’être trans sur le lieu de travail? » Reddit, r/asktransgender

J’ai eu trop épuisé par elle et arrêté de corriger les personnes ce qui a menée beaucoup de personnes à ma compagnie pensant que j’étais cishet. Cela ne s’est pas senti super, mais je n’avais pas l’énergie ou la confiance pour faire autrement.

No_Main_227. Commenter sur « Out à votre emploi. » Reddit, r/NonBinary

J’ai perdu une carrière de 30 ans. J’ai pensé, « Eh bien, j’ai un diplôme, j’ai beaucoup d’expérience, donc il ne devrait pas y avoir de problème pour trouver un autre travail. » Eh bien, inutile de dire que ce n’était pas le cas. Je suis passée d’un poste exécutif six chiffres à un emploi de vente au détail horaire et paysagiste.

HauntingComedian1152. Commenter sur « Avez-vous des difficultés à trouver ou maintenir un emploi depuis votre venue en tant que trans? » Reddit, r/MtF:

Pour certaines personnes, l’idée entière de faire la transition au travail est un non-partant. Malheureusement, beaucoup de personnes qui sont trans, non binaires, ou queers de genre trouvent qu’elles ont besoin de cacher des parties de leur identité au travail, pour éviter le harcèlement.

S’ils savent que je suis trans, elles seront plus disposées à me renvoyer sur de petites choses/plus disposées à me laisser tomber comme une mouche. C’est triste, mais c’est vrai.

HomocidalTaco. Commenter sur « Quelqu’un a-t-il des conseils pour rester discret au travail. » Reddit, r/ftm

Je suis venue au travail à mon dernier emploi et ai été harcelée et menacée jusqu’à ce que je démissionne.

Misha099. Commenter sur « Dehors au travail? » Reddit, r/NonBinary

Je préférerais avoir un travail où j’ai à rester au placard que de ne pas avoir du tout d’emploi.

Mountain_Analysis_85. Commenter sur « devrais-je juste rester closet au travail. » Reddit, r/transgenderUK

J’aime vraiment mon travail. La pensée de le perdre me terrifies, surtout la peur qui l’accompagne d’avoir à chercher un emploi en tant que femme trans.

ScreamQueenStacy. Commenter sur « Avez-vous des difficultés à trouver ou maintenir un emploi depuis votre venue en tant que trans? » Reddit, r/MtF

Si vous êtes en transition au travail, voici quelques choses qui peuvent aider:

  • Parlez à HR ou à un directeur auquel vous vous fiez—si vous vous sentez en sécurité à le faire.
  • Trouvez des alliés—avoir même un collègue de soutien peut faire une différence.
  • Documentez les interactions—si les choses tournent mal, avoir un enregistrement des événements peut aider.
  • Considérez votre plan de sortie—si votre lieu de travail est hostile, chercher un nouvel emploi, ou même une carrière entière, pourrait être la meilleure décision.

Comment vous protéger au travail

La première chose que vous pouvez faire est d’essayer de trouver un emploi où vous ne serez pas traitée mal.

Voici quelques stratégies que les personnes essaient:

  • Cherchez des emplois aux lieux de travail qui font un travail queer, où la plupart des personnes seront queer.
  • Éloignez-vous des industries à majorité masculine, surtout si vous êtes une femme trans.
  • Cherchez un emploi où le boss ou les propriétaires sont queer ou queer-friendly.
  • Choisissez une industrie (relativement) queer-friendly comme le média et le divertissement, la mode, l’enseignement supérieur, les organismes sans but lucratif, et les compagnies tech progressives.
  • Prenez un emploi où il y a déjà un ou plusieurs personnes trans ou non binaires.
  • Demandez aux amis les recommandations aux employeurs qu’elles savent être queer-friendly.

D’autres choses que vous pouvez faire:

  • Gardez un enregistrement écrit. Si vous expérimentez du harcèlement, écrivez la date, ce qui s’est passé, et qui était là. Les captures d’écran et les e-mails peuvent aussi être utiles.
  • Fixez des limites fermes. Si quelqu’un pose des questions inappropriées, c’est d’accord de les arrêter: « C’est personnel, et je ne discute pas de cela au travail. »
  • Connaître vos politiques de lieu de travail. S’il y a une politique anti-harcèlement, connaître le processus de signalement peut être utile—même si vous ne prévoyez pas nécessairement de le signaler.
  • Connectez-vous avec un soutien extérieur. Des groupes comme Pride at Work Canada peuvent vous aider à comprendre vos droits et à vous connecter avec d’autres travailleurs trans et non binaires.
  • Trouvez des façons de prendre soin de vous. Le harcèlement au travail prend un péage. Que ce soit la thérapie, parler à un ami de confiance, ou juste sortir pour l’air frais, prioriser votre bien-être est tout aussi important que de gérer le problème.

Les lieux de travail changent, mais pas assez vite. Et le progrès n’est pas toujours linéaire: parfois nous allons en arrière.

Si vous avez affaire à du harcèlement au travail, sachez ceci: Ce n’est pas votre faute. Vous méritez le respect, vous méritez la sécurité, et vous méritez un lieu de travail où vous pouvez juste faire votre travail sans affronter les bagages d’autres personnes. Tant que ce n’est pas une certitude dans chaque lieu de travail, connaître vos droits et avoir un plan peut vous aider. Bonne chance.

Attention!

Si vous êtes trans, non binaire, ou queer de genre et quelque chose s’est passé au travail qui vous a fait sentir mal à l’aise, non sécurisé, ou ciblé, mais ce n’était pas « à propos du sexe, » vous pourriez vous demander si cela compte encore légalement comme harcèlement sexuel. Voici ce qui est important de savoir: Si vous êtes harcelé au travail au Canada à cause de votre identité de genre, expression de genre, sexe assigné à la naissance, ou orientation sexuelle, qui légalement se qualifie comme harcèlement sexuel. C’est vrai pour chaque province et territoire.

Voici les 21 choses les plus importantes que nous avons apprises.

1. Le harcèlement sexuel au travail est extrêmement courant.

C’est difficile de savoir exactement combien de personnes vivent du harcèlement sexuel au travail, parce que c’est tellement stigmatisé que les gens en parlent peu. Et parfois, les gens ne nomment pas ce qu’ils ont vécu comme étant du harcèlement sexuel, même si ça correspond à la définition légale.

Cela dit, la plupart des sondages et études montrent qu’environ une personne sur quatre ou sur trois déclare avoir été harcelée sexuellement au travail. On estime qu’environ 70 % des femmes et 15 % des hommes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel en milieu de travail. Et pour les personnes visiblement queers, c’est probablement près de 100 %.

2. Les personnes harcelées minimisent souvent ce qu’elles vivent ou décident que « ce n’est pas si grave ».

Souvent, les gens passent par une période où ils ne savent pas si ce qu’ils vivent est vraiment du harcèlement sexuel.

On pense que c’est parce que dans les médias, le harcèlement est souvent montré comme une seule forme bien voyante : un patron qui touche ou fait des avances à une subordonnée. Du coup, les gens ne reconnaissent pas forcément tout de suite ce qu’ils vivent comme étant du harcèlement sexuel.

Dans la vraie vie, le harcèlement basé sur l’hostilité est plus courant que celui basé sur le désir. Le harcèlement verbal est plus courant que les attouchements. Et le harcèlement vient plus souvent des collègues ou des clients que des patrons.

3. La plupart des personnes harcelées sexuellement ne se décrivent pas ainsi.

On a demandé aux personnes harcelées si le mot « survivante » ou « survivant » s’appliquait à elles. Plus de 60 % ont répondu non.

On pense que c’est parce que soit ces personnes n’ont pas vu le harcèlement comme un événement marquant dans leur vie, soit elles ne veulent pas que ça définisse leur identité, même si ça les a beaucoup affectées.

4. À qui on en parle quand on a été harcelé? À presque personne.

Dans nos sondages, 90 % des personnes harcelées n’en ont parlé qu’à deux personnes ou moins, et la moitié n’en a parlé à personne. Personne n’en a parlé à plus de 10 personnes. Les personnes à qui on en parle le plus souvent sont un.e ami.e proche, un.e partenaire, ou un.e collègue.

5. Quand on en parle, la réaction des autres fait souvent plus de mal que de bien.

Quand une personne raconte qu’elle a été harcelée, on lui répond souvent qu’elle exagère, qu’elle a mal compris, voire qu’elle invente.

Si elle en parle au travail, on la traite souvent de chialeuse et elle est punie d’avoir porté plainte. Si elle en parle dans sa vie personnelle, on peut lui mettre de la pression pour qu’elle dénonce, ou qu’elle quitte son emploi.

6. Quand on est harcelé, on se sent honteux et on se blâme soi-même.

Presque toutes les personnes harcelées vivent une période où elles se sentent perdues, coupables, honteuses, et où elles doutent de ce qui s’est passé. Ça peut durer des mois, voire des années. Même des gens qui disent « le savoir mieux » passent par là.

Et c’est mauvais, parce qu’en plus d’être difficile, si la personne avait compris ce qui se passait sur le moment, elle aurait peut-être agi autrement.

7. Les personnes harcelées veulent que leur expérience soit validée.

Quand une personne se fait harceler, elle veut qu’on lui confirme que oui, c’est du harcèlement, que c’est injuste, et que ce n’est pas de sa faute.

Certaines veulent savoir si ce qu’elles ont vécu correspond à la définition légale de harcèlement, mais la plupart veulent surtout savoir si les autres trouvent aussi que ce n’était pas correct.

8. La plupart des gens ne se sentent pas capables de gérer la situation.

Quand ils sont harcelés, les gens vivent une période où tout leur semble flou, déroutant ou accablant.

Ils ne savent pas comment réagir, et ont peur de gérer ça d’une façon qui empire les choses. Seulement 27 % des gens qu’on a interrogés ont dit qu’ils se sentaient confiants dans leur capacité à gérer la situation.

9. Les gens cherchent de l’info et du soutien en ligne.

La plupart des gens qu’on a interrogés ont cherché de l’information ou des conseils sur Internet.

En fait, c’est ce que les gens font le plus souvent. Plus de gens sont allés en ligne que de gens qui ont confronté le harceleur, qui en ont parlé à leur patron, à des ami.e.s ou à des collègues, qui ont appelé une ligne d’aide, assisté à un groupe de soutien, ou consulté un.e avocat.e.

10. En ligne, les gens cherchent de la validation, de l’information et des témoignages.

Les gens veulent savoir si ce qu’ils vivent est vraiment du harcèlement ou s’ils exagèrent. Ils veulent savoir comment faire pour que ça arrête. Ils veulent savoir comment d’autres ont vécu du harcèlement, comment ils ont réagi, s’ils ont des regrets. Ils cherchent aussi de l’aide pour comprendre ce qu’ils ressentent, et pour aller mieux.

11. Les gens veulent savoir comment les autres s’en sont sortis.

Ils veulent connaître les choix que d’autres ont faits face au harcèlement (surtout des gens dans des situations semblables) et savoir ce qui s’est passé ensuite. Ça les aide à se sentir moins seuls, et ça leur permet d’apprendre de ces expériences.

12. La plupart des gens ne portent pas plainte.

La grande majorité des personnes harcelées ne le signalent pas à leur employeur. D’après nos sondages, environ une personne sur cinq le fait. La raison la plus courante? Elles trouvent que ce n’est pas assez grave. Ensuite, elles pensent que ça ne servira à rien ou qu’elles vont être punies.

13. Les gens ont peur d’être punis s’ils signalent.

Ils ont raison. Les recherches (les nôtres et celles des universitaires) montrent qu’il est très courant que les gens qui signalent un harcèlement au travail soient punis. Certaines personnes se font congédier, rétrograder ou couper des heures. Mais plus souvent, elles deviennent juste mal vues, même par leur patron. Elles sont perçues comme des faiseuses de trouble, et ça nuit à leurs chances d’avancement, à leurs relations sociales, et à leur environnement de travail en général.

14. Les gens sentent qu’on leur met de la pression pour ne pas signaler.

Souvent, on leur demande de compatir avec le harceleur (« Il a une famille, il ne peut pas perdre sa job »). Ou on leur fait sentir que signaler, c’est du temps perdu et que ça va détruire la vie de quelqu’un. Et souvent, ça marche : les gens changent d’idée et ne signalent pas.

15. Les gens sentent aussi qu’on les pousse à signaler.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils sentaient de la pression à « se lever », à « être courageux », et à « proteger les autres » en portant plainte. Cette pression venait de « la société », du féminisme, ou d’autres femmes. Mais ce n’est pas parce qu’ils ressentaient cette pression qu’ils signalaient. Ils se sentaient juste coupables de ne pas le faire.

16. Ceux qui ne signalent pas se sentent jugés.

La plupart veulent simplement limiter les dégâts : ne pas se faire congédier, agresser ou ruiner leur carrière. Quand ils choisissent de ne pas signaler, ils se sentent jugés comme lâches, égoïstes ou complices. On leur fait sentir qu’ils sont de mauvais féministes qui laissent tomber les autres femmes.

17. Peu de gens ont quelqu’un en qui ils ont confiance pour les conseiller.

Quand ils vivent du harcèlement, la plupart des gens n’ont personne en qui ils ont vraiment confiance pour les aider à prendre des décisions. Leurs proches leur donnent souvent des conseils qui semblent naïs ou peu réalistes, comme crier après le harceleur ou en parler tout de suite au patron. Ils ne font pas confiance aux RH non plus.

18. La plupart essaient juste de survivre sans signaler.

Le scénario le plus courant? Les gens restent à leur emploi, ne confrontent pas le harceleur, gardent profil bas, et essaient de faire avec.

  • Plus de 50 % pensent à quitter leur emploi, et 15 % finissent par le faire.
  • Une personne sur quatre parle à son employeur de façon informelle.
  • Une sur cinq fait un signalement officiel.
  • 21 % confrontent le harceleur directement.
  • 8 % consultent un.e avocat.e.
  • 7 % en parlent publiquement.
  • Une personne sur 20 prend d’autres mesures : parler au syndicat, appeler la police, ou porter plainte à la Commission des droits de la personne ou au ministère du Travail.

19. Le harcèlement sexuel nuit à la santé mentale.

Il est très courant que les personnes harcelées vivent de la dépression, de l’anxiété ou d’autres effets négatifs. Elles se sentent trahies. On a tous décidé, comme société, que le harcèlement sexuel n’est pas acceptable. Mais quand on demande de l’aide, on se fait souvent gaslighter ou ignorer. Cette trahison blesse, et nuit à la santé mentale.

20. Le harcèlement sexuel nuit à la carrière.

Que la personne signale ou non, sa carrière en souffre. Sans signaler, elle doit parfois prendre des décisions professionnelles en fonction de sa sécurité : quitter un emploi, éviter un collègue, arrêter les sorties professionnelles. Et le harcèlement nuit aussi à la santé mentale, ce qui affecte le travail.

Si elle signale, elle risque les commérages, d’être mise à l’écart, et de se faire punir : moins d’opportunités, des tâches moins valorisantes, etc.

21. Le harcèlement sexuel a un coût financier.

Parfois, le harcelement a un effet financier direct et brutal : se faire congédier. Parfois, c’est plus subtil mais bien réel. Une étude a montré que les gens qui quittent un emploi à cause du harcèlement gagnent moins dans le suivant. Parce qu’ils doivent se trouver un emploi vite, ils prennent ce qu’ils trouvent.

Les chercheurs estiment que l’impact financier du harcèlement sexuel est comparable à celui d’une maladie grave, d’un accident, ou même d’

Si vous lisez ce texte, il y a de fortes chances que quelqu’un de votre entourage vous a dit récemment qu’il avait vécu du harcèlement sexuel au travail. Ça peut être choquant d’apprendre ça et difficile de savoir quoi dire ou comment réagir. Voici quelques suggestions pour vous aider à bien réagir.

Plutôt que de faire ça:

Éviter la personne ou changer de sujet.

Essayez plutôt de dire ceci:

Je ne sais pas trop quoi dire, mais je suis ici pour t’écouter.

Plutôt que de dire ça:

C’est vrai que ç’a l’air terrible, mais qu’est-ce que t’as fait pour que ça en arrive là?

Essayez plutôt de dire ceci:

Tu n’as rien fait pour mériter ça.

Plutôt que de dire ça:

Je ne sais pas comment t’aider.

Essayez plutôt de dire ceci:

Il faut beaucoup de courage pour parler de ça. Merci de me faire confiance.

Plutôt que de dire ça:

Si j’étais à ta place, je me serais plus défendu.

Essayez plutôt de dire ceci:

C’est dur de savoir comment on réagirait si on était dans cette situation.

Plutôt que de dire ça:

Ça ne serait pas arrivé si tu n’avais pas…

Essayez plutôt de dire ceci:

Ne te blâme pas. Ce qui t’est arrivé n’est pas ta faute.

Plutôt que de dire ça:

C’est pas si grave, ça arrive tout le temps.

Essayez plutôt de dire ceci:

Tu n’es pas seul. Malheureusement, ça arrive beaucoup trop souvent.

Plutôt que de dire ça:

Je sais exactement comment tu te sens…

Essayez plutôt de dire ceci:

Comment te sens-tu?

Plutôt que de dire ça:

Ben, tu t’attendais à quoi?

Essayez plutôt de dire ceci:

Personne ne mérite d’être harcelé au travail.

Plutôt que de dire ça:

Voici ce que je pense que tu devrais faire…

Essayez plutôt de dire ceci:

De quoi as-tu besoin maintenant?

Plutôt que de dire ça:

Comment tu sais si c’est ce qu’il voulait vraiment dire?

Essayez plutôt de dire ceci:

Peu importe ce qu’il voulait dire, ça ne se fait pas.

Plutôt que de dire ça:

Peut-être qu’il faisait juste flirter?

Essayez plutôt de dire ceci:

Ce qui t’est arrivé est inacceptable.

Plutôt que de dire ça:

Ah, c’est malaisant.

Essayez plutôt de dire ceci:

Je suis désolé que ça te soit arrivé.

Plutôt que de dire ça:

Dis-moi tout!

Essayez plutôt de dire ceci:

Tu veux en parler? Tu n’as pas besoin de me donner des détails à moins que tu sois à l’aise de le faire.

Plutôt que de dire ça:

J’appelle la police!

Essayez plutôt de dire ceci:

Tu veux le signaler à la police?

Plutôt que de dire ça:

Alors, qu’est-ce qui va se passer? Vas-tu démissionner? Qu’est-ce qui va arriver si tu perds ton emploi? Qu’est-ce qui va arriver si t’arrives pas à trouver un nouvel emploi? Vas-tu porter plainte? Alors?

Essayez plutôt de dire ceci:

Tu dois te sentir dépassé. Prends du temps pour toi. Tu n’as pas besoin de prendre de grosses décisions tout de suite.

Plutôt que de dire ça:

Qu’est-ce que t’as fait pour que ça arrive?

Essayez plutôt de dire ceci:

Ce n’est pas ta faute.

Plutôt que de dire ça:

Oh, wow, je n’arrive pas à y croire!

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

Es-tu certain?

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

Tu te trompes peut-être.

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

J’ai de la misère à croire que c’est arrivé.

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

Mais il est tellement gentil!

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

Est-ce que tu exagères?

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

Plutôt que de dire ça:

Je suis certain qu’il plaisantait.

Essayez plutôt de dire ceci:

Je te crois.

La plupart des réponses ci-dessus sont des choses que les gens pensent ou disent souvent au début, lorsqu’ils apprennent la nouvelle. Si vous avez dit quelque chose au début que vous regrettez maintenant, songez à parler à la personne et à vous excuser ou à clarifier ce que vous vouliez dire.

Il est également utile de réfléchir à la façon dont vous pouvez soutenir la personne au fil du temps. Il est commun que les gens se sentent dépassés, tristes, en colère, effrayés et bouleversés pendant de longues périodes. Si vous pensez à l’une des choses suivantes…

  • Vas-tu toujours te sentir comme ça?
  • Quand vas-tu passer par-dessus ça?
  • Pourquoi tu ne peux pas simplement passer par-dessus?
  • Ces choses-là arrivent tout le temps, mais on peut pas juste pleurer à cause de ça.

…il est probable que vous pensiez à ces choses parce qu’il est difficile de voir cette personne souffrir et de ne pas savoir comment l’aider. Vous voulez peut-être l’aider à aller de l’avant, mais vous ne savez pas quoi dire.

Il peut être utile de se rappeler que, même si c’est difficile pour vous de voir cette personne avoir de la peine et souffrir, c’est beaucoup plus difficile pour la personne qui traverse cette épreuve.

Au lieu d’exercer de la pression sur les gens pour qu’ils se dépêchent à se sentir plus heureux, nous vous demandons d’être patient. Donner à la personne de l’espace et du temps pour parler de ses émotions lui permet de passer en revue ce qu’elle ressent et de commencer à se sentir mieux. La durée exacte dépend de chaque personne.

N’oubliez pas que l’une des meilleures façons d’aider la personne est d’écouter, sans lui mettre de pression pour qu’elle se sente différemment. Voici une vidéo qui peut vous aider à mieux comprendre.

Vous pouvez aussi demander à la personne ce dont elle a besoin. Plutôt que de faire des suppositions ou de lui dire ce qui l’aidera, posez-lui directement la question. Elle pourrait ne pas toujours le savoir, mais ça peut quand même être utile pour elle de savoir que vous êtes là pour elle et que vous êtes prêt à les aider.

Si vous êtes affecté par le fait que cette personne a été harcelée sexuellement, demandez-vous qui d’autre dans votre entourage peut vous offrir un soutien émotionnel. Il est probable que la personne qui est aux prises avec le harcèlement sexuel doive se concentrer sur ses propres besoins en ce moment. Alors, demandez-vous qui d’autre peut vous aider. Vous pouvez tout de même respecter la vie privée de la personne harcelée puisque vous n’avez pas nécessairement besoin de donner à la personne qui vous soutient des détails au sujet de ce que la personne harcelée vit. Cet article pourrait vous aider à mieux comprendre cette idée.

Si vous voulez en savoir plus sur la façon d’aider quelqu’un de votre entourage, veuillez consulter cet article.


Imaginez que vous vous réveillez un jour et que vous découvrez un raton laveur dans votre maison. Vous n’aimez pas ce raton laveur; il sent mauvais, il n’est pas gentil, et il fait des dégâts. Vous voulez vous en débarrasser, mais vous ne savez pas comment.

Sérieusement, vous n’avez aucune idée de ce que vous devez faire.

Il commence à courir partout, à briser des choses et à causer des problèmes.

Désespéré, vous décidez d’éteindre les lumières. Le raton laveur est toujours là, mais au moins, pour quelques instants, vous pouvez l’ignorer et faire semblant que tout va bien.

Pendant un certain temps, les choses semblent normales et vous vous dites qu’il n’y a pas de raton laveur dans votre maison.

Mais quelque chose ne va pas.

Finalement, les lumières se rallument. Vous voyez que le raton laveur est encore dans votre maison et que les dégâts sont pires.

Le fait d’éteindre les lumières n’a pas vraiment aidé. Cela vous a simplement permis de faire semblant que le raton laveur n’était pas là pendant un moment.

Vous voulez vraiment que ce raton laveur parte, mais encore une fois, vous ne savez pas quoi faire.

Vous craignez que le raton laveur ne parte jamais. C’est très effrayant et accablant.

Ne sachant pas ce que vous pouvez faire d’autre, vous éteignez de nouveau les lumières.

Lorsque les lumières s’allument pour la seconde fois, vous vous rendez compte que le raton laveur a causé encore plus de dommages. Pire encore, il n’est pas seul. Il y a maintenant une mouffette dans votre maison.

Vous vous précipitez pour éteindre les lumières. Vous essayez de faire semblant que le raton laveur et la mouffette sont partis, mais une partie de vous sait que c’est qu’une question de temps avant que les lumières se rallument. Même si les lumières sont éteintes, les animaux sont toujours là. Plus ils restent longtemps cachés dans votre maison, plus ils risquent de causer des dommages.

Plus tard, lorsque les lumières s’allument de nouveau, vous ne reconnaissez plus votre maison. Le raton laveur et la mouffette ont causé beaucoup de dommages, et il y a maintenant un renard, deux cerfs et trois écureuils qui courent partout.

Vous vous rendez compte que cette habitude d’éteindre les lumières n’aide en rien et ne fait qu’empirer les choses.

Le problème, c’est que vous ne savez toujours pas comment sortir ces animaux de chez vous.

Vous vous sentez coincé, mais vous vous promettez d’arrêter d’éteindre les lumières.

Vous décidez que vous devez développer une nouvelle compétence. Vous lisez peut-être sur la façon de sortir les animaux de la maison, ou vous parlez peut-être à quelqu’un qui a vécu la même chose. Vous essayez peut-être de vous souvenir d’autres fois où vous aviez des animaux chez vous, et de ce qui a fonctionné à l’époque. Vous essayez peut-être de penser à un conseil que vous donneriez à un ami qui a des animaux dans sa maison.

Vous commencez enfin à voir la lumière au bout du tunnel.

En gardant les lumières allumées, vous trouvez des façons d’écouter les animaux de manière sécuritaire et de comprendre ce dont ils ont besoin. Lentement, vous vous rendez compte qu’en écoutant et en essayant de comprendre pourquoi chaque animal est là, vous pouvez mieux répondre à ses besoins. Finalement, les animaux finissent par partir de leur propre gré.

Certains animaux prennent un peu plus de temps que d’autres, mais ils finissent tous par disparaître.

Mais la vérité, c’est que les animaux reviendront encore dans votre maison. En fait, elle est censée accueillir des animaux de temps à autre.

La différence maintenant, c’est que lorsque les animaux reviennent chez vous, vous savez mieux comment réagir. Vous n’avez pas besoin de les ignorer ou de vous distraire. Les lumières peuvent rester allumées. À la place, vous écoutez et essayez de comprendre pourquoi ces animaux sont là.

Réflexion

Quelles sont les émotions inconfortables (ratons laveurs) desquelles vous essayez de détourner votre attention?

Que faites-vous pour détourner votre attention de vos émotions—éteindre les lumières (alcool, jeux d’argent, jeux vidéo, sexe, magasinage, drogues, travail, exercice, médias sociaux, prendre soin des autres, nourriture, etc.)?

Si vous décidiez d’arrêter d’éteindre les lumières, que pourriez-vous faire d’autre?


Voici une liste d’études et d’articles que nous avons utilisés pour créer ce site. Si vous voulez nous faire part d’un article, veuillez nous envoyer un courriel à [email protected]. Merci!


 « Why Didn’t She Just Report Him? The Psychological and Legal Implications of Women’s Responses to Sexual Harassment » (1995, Journal of Social Issues) est une méta-analyse visant à découvrir pourquoi les femmes ne signalent pas le harcèlement sexuel. La méta-analyse a découvert que les femmes craignaient de subir des représailles et croyaient que rien ne serait fait même si elles signalaient le harcèlement. Les auteures sont arrivées à la conclusion que « malheureusement, ces croyances sont souvent bien fondées », soulignant qu’une étude a révélé qu’un tiers des personnes ayant signalé du harcèlement avaient déclaré que le signalement avait « empiré les choses ». Une autre étude a découvert que le signalement était associé à « des résultats plus négatifs à tous les égards (travail, santé psychologique et physique) ». De nombreuses études ont découvert que « les plaignants n’ont pas beaucoup de succès devant les tribunaux » et que, même lorsqu’ils avaient gain de cause, les montants accordés dans le cadre des règlements étaient généralement assez petits. La moitié des personnes qui ont signalé le harcèlement sexuel ont perdu leur emploi, et un autre 25 % l’ont quitté par peur ou par frustration. La méta-analyse conclut que « malgré l’opinion répandue au sein du public selon laquelle les femmes devraient “gérer” le harcèlement avec aplomb, confronter immédiatement l’auteur du harcèlement et signaler ce dernier aux autorités compétentes, les réactions à ce genre de réponse ne sont généralement pas favorables aux personnes qui dénoncent ». L’un des chercheurs fait la remarque suivante: « Étant donné les coûts psychologiques et économiques immenses pour les personnes qui ont recours à une procédure officielle par rapport aux gains potentiellement faibles pouvant en être tirés, il n’est pas surprenant que si peu de victimes choisissent cette voie. » 🇺🇸

« The (Un)reasonableness of Reporting: Antecedents and Consequences of Reporting Sexual Harassment » (2002, Journal of Applied Psychology) révèle que le signalement déclenche souvent des représailles et « peut causer du tort aux victimes comme une réduction de la satisfaction au travail et une augmentation de la détresse psychologique. Ces résultats suggèrent que, du moins dans certains environnements de travail, l’approche la plus “raisonnable” pour les victimes consiste à éviter de signaler l’incident ». 🇺🇸

« Sexual Harassment in the Private Sector » (2003, Academic and Workplace Sexual Harassment: A Handbook of Cultural, Social Science, Management and Legal Perspectives) fait référence à un certain nombre d’études décrivant quel genre de personne signale le harcèlement sexuel et ce qui arrive ensuite. Le pourcentage de survivants qui ont signalé ce qui leur est arrivé est étonnamment faible: selon les 6 études citées, ce nombre varie de moins de 5 % à 18 %. Les personnes qui ont signalé l’incident avaient tendance à avoir vécu ce qui a été caractérisé comme des types de harcèlement plus « offensants ». Parmi les personnes qui ont signalé un incident, environ un tiers ont déclaré que la situation avait empiré. C’était en grande majorité le cas pour les personnes qui se sont plaintes directement à leur harceleur. 🇺🇸

« “I’m Not Thinking of It as Sexual Harassment”: Understanding Harassment across Race and Citizenship » (2006, Gender & Society) révèle que les femmes noires trouvent qu’il est impossible de séparer le harcèlement sexuel du harcèlement racial, et qu’elles ont l’impression que le harcèlement sexuel est plus facile à gérer et moins « urgent » que le harcèlement et la discrimination basés sur la race. Les femmes noires de l’étude avaient l’impression que les femmes blanches étaient moins habiles que les femmes noires pour gérer le harcèlement sexuel par elles-mêmes. L’étude a découvert que les Philippines travaillant comme aides familiales avec des visas limités avaient des opinions plus ambiguës par rapport au harcèlement sexuel. Travaillant majoritairement pour des employeurs blancs au sein de leurs résidences, elles n’étaient pas toujours certaines de savoir où se trouve la limite entre un comportement approprié et un comportement inapproprié. Les travailleuses philippines ont aussi établi un lien avec le fait qu’elles n’avaient pas tous les droits liés à la citoyenneté en réfléchissant aux répercussions de leur situation sur leur capacité à faire quelque chose à propos de leurs expériences. 🇨🇦

« Workplace Harassment: Double Jeopardy for Minority Women » (2006, Journal of Applied Psychology), un sondage réalisé auprès de 238 travailleurs syndiqués dans des milieux de travail diversifiés sur le plan racial, a découvert que « les femmes issues de groupes minoritaires étaient beaucoup plus harcelées que les hommes issus de groupes minoritaires, et que les femmes et les hommes issus de groupes majoritaires lorsque le harcèlement ethnique et le harcèlement sexuel étaient combinés en une mesure globale du harcèlement ». 🇨🇦

« The Moderating Roles of Race and Gender-Role Attitudes in the Relationship Between Sexual Harassment and Psychological Well-Being » (2007, Psychology of Women Quarterly) a découvert que plus on vit de harcèlement sexuel, plus on signale de la détresse et du stress post-traumatique, et moins on est satisfait de sa vie en général. L’étude révèle que les femmes blanches féministes qui ont vécu du harcèlement sexuel subissaient moins de répercussions négatives que les femmes blanches qui ne sont pas féministes. Selon l’hypothèse des auteures, cela s’expliquerait par le fait que les femmes blanches féministes sont peut-être capables d’attribuer les expériences de harcèlement à des injustices sociales basées sur le genre, ce qui leur permettrait de « mieux se protéger contre les conséquences psychologiques néfastes du harcèlement sexuel ». Les femmes noires féministes, par contre, ont subi plus de répercussions négatives découlant du harcèlement sexuel par rapport aux femmes noires non féministes. Selon l’hypothèse des auteures, étant donné que « les femmes noires appartiennent à plusieurs groupes marginalisés, elles pourraient se sentir touchées personnellement par de multiples systèmes d’iniquité; en d’autres mots, une conscience accrue des enjeux relatifs aux genres pourrait entraîner une conscience accrue des difficultés et de l’oppression basées sur la race ainsi qu’une conscience accrue de l’oppression qui les cible à l’intersection de leur race et de leur genre. Pour ces femmes, le harcèlement sexuel pourrait renforcer l’impression d’être ciblée personnellement et à risque de harcèlement supplémentaire, ce qui pourrait mener aux répercussions plus négatives sur le bien-être psychologique que nous avons observées ». L’étude mentionne également: « Par ailleurs, après le harcèlement, les femmes blanches pourraient avoir un meilleur accès aux ressources juridiques et de santé mentale que les femmes noires. Les attitudes féministes pourraient encourager les femmes blanches à tirer avantage de ces ressources, leur permettant ultimement de gérer plus efficacement les expériences de harcèlement sexuel. De l’autre côté, les femmes noires qui ont des attitudes plus féministes pourraient être plus sceptiques et critiques quant à la possibilité de remédier à la situation en recourant à des mesures juridiques, à des plaintes ou à des services de consultation ». 🇺🇸

« Examining the Job-Related, Psychological, and Physical Outcomes of Workplace Sexual Harassment: A Meta-Analytic Review » (2008, Psychology of Women Quarterly) a analysé 49 études primaires et découvert que « les expériences de harcèlement sexuel ont une association négative avec les résultats liés au travail ainsi qu’à l’état de santé psychologique et physique ». L’analyse a constaté que les employés harcelés tirent moins de satisfaction de leur travail et sont moins engagés au sein de leur organisation. Les personnes harcelées subissent une diminution de leur rendement au travail et sont plus susceptibles de quitter leur emploi ou de se désengager de leur travail (incluant des taux plus élevés d’absentéisme et d’évitement des responsabilités professionnelles). Elles ont une plus faible estime de soi et des taux plus élevés de dépression. « Comme le harcèlement sexuel est habituellement inattendu et qu’il viole souvent les présomptions d’un milieu de travail solidaire et non violent, les victimes de harcèlement sont susceptibles d’avoir des symptômes psychologiques semblables à ceux qui vivent des événements traumatisants. » Elles sont plus susceptibles d’avoir des maux de tête, des troubles gastro-intestinaux, des problèmes de sommeil et « un mauvais état de santé ». 🇺🇸

« Aboriginal Mental Health: The Statistical Reality » (2008, journal Visions) contient des statistiques du gouvernement canadien sur les personnes autochtones et la santé mentale. Il révèle que « les Autochtones ont une vision holistique de la santé mentale. La santé est vue comme un état d’équilibre avec la famille, la communauté et l’environnement en général. Pour cette raison, les modèles européens de traitement qui retirent la personne de son environnement ont tendance à ne pas fonctionner pour ce groupe. La culture et la spiritualité sont les cadres de traitement développés par les communautés des Premières Nations et inuites. La famille et la communauté jouent un rôle clé pour aider les individus à retrouver leur équilibre ». 🇨🇦

« In Harm’s Way: Factors Related to Psychological Distress Following Sexual Harassment » (2009, Psychology of Women Quarterly) énumère les facteurs ayant une influence sur le degré de préjudice causé à une personne par le harcèlement sexuel et révèle que « certaines caractéristiques de l’expérience, comme le fait d’être physique, la présence d’une menace, l’accès limité à des voies de secours et le fait d’être la seule personne ciblée, sont des indicateurs importants permettant de prévoir les TSPT et les autres formes de détresse psychologique ». L’étude constate qu’« en général, plus la victime se blâme elle-même, plus elle vit des perturbations psychologiques ». Elle soutient également que participer à une démarche judiciaire pourrait nuire à la capacité du survivant à guérir: « Les femmes qui sont impliquées dans une poursuite en cours sont certainement obligées de rester concentrées sur le passé en raison des exigences liées au témoignage, et les procès civils sont malheureusement connus pour leurs longs délais, ce qui entrave davantage la guérison. Pour les professionnels, cela signifie que le traitement pour les femmes qui se remettent d’un incident de harcèlement sexuel pourrait être mieux servi en mettant l’accent sur la gestion du présent, plutôt qu’en cherchant à jeter le blâme sur une personne ou une entité. Cela ne veut pas dire que les particuliers et les organisations ne devraient pas être tenus responsables des actions qui ont été posées et de leur défaut d’agir, mais plutôt que la guérison devrait se concentrer sur des stratégies de gestion du présent et le développement d’un sentiment de contrôle sur le processus de guérison. » 🇺🇸

« An Examination of the Workplace Experiences of Police Patrol Officers: The Role of Race, Sex, and Sexual Orientation » (2009, Police Quarterly) révèle que les policières noires sont confrontées à des taux plus élevés de harcèlement sexuel au travail que les policières blanches. 🇺🇸

« Compensating Differentials for Sexual Harassment » (2011, The American Economic Review: Papers and Proceedings) indique que les femmes qui travaillent dans des milieux dominés par les hommes obtiennent un salaire plus élevé en échange du harcèlement subi. L’auteure tire la conclusion suivante: « Cette étude montre que, tout compte fait, les travailleuses reçoivent une prime salariale pour compenser leur exposition à un risque de harcèlement sexuel, un peu comme les travailleurs reçoivent une prime salariale lorsqu’il y a un risque de mort ou de blessure. » 🇺🇸

« An Overview of the Literature on Antecedents, Perceptions and Behavioural Consequences of Sexual Harassment » (2012, Journal of Sexual Aggression) révèle que « les plaintes officielles et informelles aux autorités compétentes » est la stratégie la moins utilisée par les travailleurs qui ont vécu du harcèlement sexuel. En ce qui concerne les personnes qui ont signalé le harcèlement vécu, environ la moitié ont indiqué que leur situation s’était légèrement améliorée, alors que 33 % ont affirmé que leur situation s’était empirée. Les personnes qui ont signalé un incident de harcèlement ont déclaré avoir une opinion plus négative de la justice organisationnelle après avoir recouru au signalement comparativement aux personnes qui n’ont pas signalé le harcèlement. 🇺🇸

« Labour Arbitration of Co-Worker Sexual Harassment Cases in Canada » (2012, Revue canadienne des sciences de l’administration). L’auteure Susan M. Hart a analysé 26 affaires qui ont été soumises à un arbitrage syndical au Canada entre 1992 et 2008. Toutes les affaires mettaient en cause des femmes qui avaient signalé avoir subi du harcèlement sexuel de la part d’un collègue faisant partie du même syndicat. Sur les 26 affaires, 3 concernaient un grief déposé par le syndicat au nom de la femme. Le reste concernait des griefs déposés au nom des hommes qui avaient fait l’objet de mesures disciplinaires de la part d’un employeur en raison du harcèlement sexuel. (Une affaire a donné lieu à trois griefs.) Vingt-trois des hommes impliqués avaient été renvoyés et deux d’entre eux avaient été suspendus pour moins de deux semaines. Les deux hommes suspendus ont réintégré leur emploi avec une indemnisation complète. Parmi ceux qui avaient été congédiés, 61 % ont pu réintégrer leur emploi. L’article conclut ceci: « Les résultats de la présente étude… indiquent que la procédure d’arbitrage est susceptible d’avoir un effet paralysant sur les femmes qui envisagent de déposer une plainte officielle pour harcèlement sexuel, ce qui nuit à leurs droits en milieu de travail au lieu de les protéger. » 🇨🇦

« The Career Experiences of Male-to-Female Transsexuals » (2012, The Counseling Psychologist) comprend des citations de femmes trans concernant le harcèlement qu’elles ont subi au travail. 🇺🇸

« Framing Sexual Harassment through Media Representations » (2013, Women’s Studies International Forum), une analyse de la couverture médiatique des cas de harcèlement sexuel au travail au Canada, en Australie, aux États-Unis et au Royaume-Uni, dévoile que la couverture médiatique du harcèlement sexuel en milieu de travail a accordé une attention démesurée à ce que l’étude qualifie de « harcèlement sexuel classique », c’est-à-dire « des cas de harcèlement perpétrés par un homme ayant plus d’ancienneté que la plaignante, comme un gestionnaire hiérarchique envers une employée subalterne ». En revanche, l’étude révèle que les médias d’information ont accordé une moindre importance aux cas de harcèlement perpétrés par des pairs ou des collègues, ainsi qu’aux cas de harcèlement perpétrés par un collègue ayant moins d’ancienneté ou des clients. De plus, l’étude révèle que les médias d’information ont accordé une attention démesurée aux « cas où la personne ciblée occupait un poste spécialisé ou faisant autorité, comme législatrice, haute fonctionnaire et gestionnaire, professionnelle et technicienne et professionnelle adjointe ». L’étude a aussi constaté que les médias d’information avaient accordé une attention démesurée aux cas de harcèlement physique graves au détriment des formes de harcèlement non physique, qui sont plus communes, comme les insultes, l’affichage de matériel offensant, les commentaires offensants et les gestes non verbaux. L’étude mentionne que les médias d’information ont accordé une attention démesurée à la sexualisation au détriment de l’intimidation. 🇦🇺

« Three-in-Ten Canadians Say They’ve Been Sexually Harassed at Work, but Very Few Have Reported This to Their Employers » (2014, Angus Reid Institute) a découvert que 28 % des Canadiens déclarent avoir subi « du harcèlement sexuel ou des contacts non désirés » dans leur milieu de travail ou dans le cadre de leurs fonctions professionnelles, les femmes étant près de 4 fois plus susceptibles que les hommes de dire qu’elles ont été harcelées sexuellement. Les mesures que ces personnes ont déclaré avoir prises en réaction au harcèlement sont les suivantes, en ordre de fréquence: confronter directement le harceleur (40 %), parler à un ami ou un membre de la famille (34 %), signaler le harcèlement à son employeur (22 %), ne rien faire (19 %), quitter son emploi (16 %) et demander un transfert (7 %). Des personnes qui ont signalé le harcèlement sexuel, 40 % ont indiqué que leur employeur « s’est montré réceptif et a mené une enquête sérieuse et a pris des mesures appropriées », environ le tiers ont indiqué que leur employeur « s’est montré réceptif, mais n’a pas pris de mesures concrètes » et environ le quart ont indiqué que leur employeur avait été « insensible ou méprisant ». 🇨🇦

« Voices from Beyond: A Thematic Content Analysis of Transgender Employees’ Workplace Experiences » (2014, Psychology of Sexual Orientation and Gender Diversity) cite un sondage américain de 2006 mené auprès de 6 450 personnes transgenres et non conformes aux normes en matière de genre qui a révélé que 90 % des personnes sondées avaient déclaré avoir vécu du harcèlement ou de mauvais traitements au travail, ou avoir pris des mesures pour les éviter. L’étude cite une autre étude qualitative ayant révélé que les personnes transgenres signalant ces expériences de harcèlement « se font exposer [en tant que personnes transgenres], se font délibérément appeler par leur ancien nom ou pronom de genre, se font renvoyer ou se font refuser un emploi, se font refuser l’accès aux toilettes et sont menacées physiquement ou abusées émotionnellement ». Dans une autre étude, les employés transgenres ont déclaré que leur identité de genre avait été remise en question comme étant non authentique. Un exemple concerne le cas d’une personne à qui on a expliqué comment s’habiller convenablement pour son genre. Il en est résulté « du stress, de l’anxiété, de l’appréhension, de la dépression et des perspectives professionnelles limitées ». Sa satisfaction au travail a diminué. Elle s’est sentie moins en contrôle et moins optimiste, ce qui a parfois mené à la consommation de substances ou à des tentatives de suicide. Les personnes trans ont indiqué que les bons milieux de travail avaient organisé des séances de formation ou de sensibilisation pour leurs collègues (afin que la personne trans n’ait pas à le faire elle-même), avaient facilité leur accès aux espaces genrés appropriés, comme les toilettes et les vestiaires, et avaient facilité la modification de leur adresse courriel professionnelle après leur transition. 🇺🇸

 « Voicing Their Complaints? The Silence of Students Working in Retail and Hospitality and Sexual Harassment from Customers » (2014, Labour & Industry) a interviewé 10 étudiants postsecondaires travaillant ou ayant travaillé dans le secteur du service à la clientèle et ayant vécu du harcèlement sexuel de la part de clients. L’étude révèle que les étudiants ont réagi au harcèlement sexuel en employant des stratégies conçues pour gérer les événements au lieu de les contester. 🇦🇺

« Work, Bodies and Boundaries: Talking Sexual Harassment in the New Economy » (2014, Gender, Work & Organization) examine le harcèlement sexuel dans le contexte d’un milieu de travail en évolution. Les auteures ont constaté que parce que les frontières entre le travail et la vie personnelle étaient de plus en plus brouillées, les travailleurs étaient de moins en moins certains de savoir si un comportement particulier constituait un cas de harcèlement sexuel au travail ou un événement s’étant produit dans le cadre de leur vie personnelle. L’étude révèle aussi que « l’obligation de plus en plus répandue pour les travailleurs de s’autogérer pourrait éroder leur capacité et/ou leur volonté à interpréter le harcèlement sexuel comme une préoccupation légitime du milieu de travail, le renvoyant plutôt dans la sphère de l’échec personnel et de la responsabilité individuelle ». 🇺🇸

« Harmful Workplace Experiences and Women’s Occupational Well-being: A Meta-Analysis » (2015, Psychology of Women Quarterly) a découvert que « des expériences néfastes plus intenses, mais moins fréquentes (comme la coercition sexuelle ou l’attention sexuelle non désirée) et les expériences néfastes moins intenses, mais plus fréquentes (comme un climat organisationnel sexiste ou du harcèlement basé sur le genre) ont des effets nuisibles similaires sur le bien-être des femmes ». 🇺🇸

« Workplace Sexual Harassment at the Margins » (2015, Work, Employment and Society) a analysé 282 plaintes de harcèlement sexuel signalées à des commissions sur l’égalité des chances en Australie en 2009. Cette analyse révèle que 78 % des plaintes de harcèlement sexuel concernaient des femmes portant plainte contre des hommes, 11 % concernaient des hommes portant plainte contre des hommes, 6 % concernaient des femmes portant plainte contre des femmes et 5 % concernaient des hommes portant plainte contre des femmes. L’étude révèle que 89 % des harceleurs allégués étaient des hommes, contre 11 % pour les femmes. Environ la moitié des cas de harcèlement sexuel n’étaient pas physiques, et comprenaient des commentaires à caractère sexuel, des blagues offensantes, des rumeurs et des questions intrusives. 🇦🇺

« Law and the Construction of Institutionalized Sexual Harassment in Restaurants » (2015, La Revue Canadienne Droit et Société) soutient que la précarité de l’emploi peut limiter le droit d’une personne à travailler dans un environnement libre de harcèlement sexuel. Utilisant l’industrie de la restauration à titre d’exemple, l’étude décrit comment les environnements de travail précaires restreignent la capacité des gens à résister au harcèlement sexuel, et énumère les facteurs qui contribuent à cette situation, comme la dépendance aux pourboires, l’insécurité du revenu et les horaires imprévisibles. 🇨🇦

« Hostility or Hospitality? A Review on Violence, Bullying and Sexual Harassment in the Tourism and Hospitality Industry » (2015, Current Issues in Tourism) identifie six types d’intimidation en milieu de travail: « 1) changer les tâches professionnelles de la victime d’une quelconque façon négative, ou les rendre plus difficiles à réaliser; 2) isolement social ou boycottage en ne communiquant pas avec quelqu’un ou en l’excluant des activités sociales; 3) les remarques insultantes et les attaques personnelles (entre autres sur la vie privée de la victime); 4) les menaces verbales dans le cadre desquelles la victime est humiliée en public; 5) répandre des rumeurs au sujet de la victime » et 6) la cyberintimidation. Cet examen indique que l’ensemble de la recherche universitaire affirme que l’industrie de l’accueil est un milieu très agressif où l’on trouve des niveaux élevés de violence, d’intimidation et de harcèlement. L’étude indique que c’est parce que les travailleurs de ce secteur sont vulnérables (« femmes, jeunes et minorités »), non syndiqués et mal rémunérés, ce qui en fait des cibles faciles. C’est aussi parce que les gestionnaires de ce secteur sont faibles et inefficaces. Et la culture du « client d’abord » contribue à la tolérance au harcèlement sexuel, tout en attirant des personnes qui sont insensibles par rapport au harcèlement. L’étude suggère que les médias sociaux pourraient donner une voix aux personnes qui n’en avaient pas auparavant, ce qui pourrait entraîner une sensibilisation au problème et dissuader certains harceleurs. 🇮🇱

« “But It’s Your Job to Be Friendly”: Employees Coping with and Contesting Harassment from Customers in the Service Sector » (2016, Gender, Work & Organization) révèle que les employés du secteur du service à la clientèle ont tendance à répondre de façon rapide et informelle au harcèlement sexuel. Les gens du secteur du service à la clientèle « se retrouvent à définir eux-mêmes les limites du comportement inacceptable, certains réservant l’étiquette de harcèlement sexuel aux cas de contact physique ». Ils se « sentent aussi responsables de mettre au point une réponse appropriée au harcèlement, soupesant leur inconfort personnel et le travail émotionnel exigé par leurs fonctions en vue d’offrir un service à la clientèle amical et personnalisé ». Plusieurs ont « réfléchi à leurs conditions de travail et au statut de l’emploi, conceptualisant leur emploi comme temporaire. Ils ont internalisé l’idée que l’emploi n’était “pas réel”, c’est-à-dire un emploi qui ne constitue pas une carrière à temps plein et qui ne mérite donc pas l’effort de porter plainte ». Comme les serveurs sont formés pour respecter la loi lorsqu’ils servent de l’alcool, certains ont coupé l’alcool en vue de mettre un terme au harcèlement sexuel ou pour manifester leur mécontentement. Plusieurs ont fait des blagues. D’autres se sont plaints à leurs collègues ou ont échangé des conseils avec leurs collègues sur les façons d’éviter ou d’interrompre le harcèlement sexuel. Lorsque nécessaire, certains ont demandé à un concierge ou à un membre de la sécurité d’intervenir. Essentiellement, personne n’a signalé le harcèlement sexuel à son patron, entre autres parce que la plupart des milieux de travail du secteur du service à la clientèle n’ont pas de politiques ou de pratiques officielles en lien avec le harcèlement sexuel commis par les clients. 🇺🇸

« Law’s Gendered Subtext: The Gender Order of Restaurant Work and Making Sexual Harassment Normal » (2016, Feminist Legal Studies) soutient qu’une des raisons pour lesquelles les systèmes judiciaires conçus pour lutter contre le harcèlement sexuel échouent est parce que ces systèmes exigent que les gens ayant vécu du harcèlement sexuel s’y opposent de manière répétée. (Ceci renvoie au critère de la raisonnabilité, qui demande « si le harceleur allégué “sait ou aurait raisonnablement dû savoir” que son comportement sexuel n’était pas le bienvenu ».) L’article soutient que d’exiger des objections répétées au harcèlement n’est pas raisonnable dans un milieu de travail où la sexualisation et/ou le harcèlement sont la norme, comme dans les restaurants et les bars. Comme le dit l’auteure: « [D]éfinir le harcèlement sexuel à l’aide du cadre bienvenu/pas le bienvenu, et exiger qu’une “personne raisonnable” aurait dû savoir que le comportement en question n’était pas le bienvenu n’est pas un critère pertinent dans le contexte de milieux de travail où le harcèlement sexuel est construit comme un aspect normal de l’emploi. » 🇨🇦

« Harcèlement en milieu de travail au Canada » (2016, Statistique Canada) révèle que parmi les femmes qui s’identifient comme étant « autochtones », 10 % déclarent avoir été harcelées sexuellement au travail au courant de la dernière année, contre 4 % des femmes qui ne s’identifient pas comme étant autochtones. 🇨🇦

« To Confront Versus not to Confront: Women’s Perception of Sexual Harassment » (2017, European Journal of Psychology Applied to Legal Context) a découvert que les croyances des femmes par rapport aux conséquences et aux réactions négatives possibles en dissuadaient plusieurs de confronter les personnes qui les harcèlent et de signaler les incidents. 🇪🇸

« Sexual Harassment: Have We Made Any Progress? » (2017 Journal of Occupational Health Psychology) caractérise le harcèlement sexuel au travail comme « un problème de santé au travail chronique et continu » et souligne que les femmes membres du personnel militaire qui ont signalé un cas de harcèlement sexuel n’ont pas vécu d’améliorations sur le plan du travail, de la santé psychologique ou de la santé physique par la suite. 🇺🇸

« Sexual Harassment in Care Work—Dilemmas and Consequences: A Qualitative Investigation » (2017, International Journal of Nursing Studies) porte sur des entrevues avec 39 travailleurs du domaine des soins travaillant dans des milieux de travail danois, incluant des hôpitaux, des centres d’hébergement de soins de longue durée, des centres de santé communautaires, des centres de réadaptation et des établissements psychiatriques résidentiels, au sujet de leurs expériences de harcèlement sexuel au travail. L’étude révèle que les travailleurs du domaine des soins vivaient très fréquemment du harcèlement sexuel, et qu’ils recevaient peu de soutien pour les aider à gérer ces situations. « Les travailleurs du domaine des soins font souvent la distinction entre les comportements intentionnels et non intentionnels initiés par les patients ayant une déficience cognitive. Par conséquent, ils évitent souvent d’utiliser le mot “harcèlement”, car il laisse entendre que les gestes posés étaient intentionnels. Toutefois, les entrevues révèlent qu’en pratique, cette distinction est très difficile à faire… Souvent, les gestionnaires, les délégués syndicaux et les représentants de la sécurité ayant participé à cette étude n’étaient pas au courant de la fréquence de ces épisodes et de leurs répercussions sur les travailleurs. Les milieux de travail qui ont participé à cette étude avaient rarement des politiques ou des lignes directrices en place pour la gestion et/ou la prévention du harcèlement sexuel et des comportements sexuels inappropriés, gérant la plupart du temps ces épisodes de façon ponctuelle, au cas par cas. » 🇩🇰

« The Economic and Career Effects of Sexual Harassment on Working Women » (2017, Gender & Society) révèle que le harcèlement sexuel au travail augmente le stress financier, largement parce qu’il peut précipiter le changement d’emploi ou altérer de manière importante les possibilités de carrière des femmes. Plus particulièrement, l’étude constate que le fait de quitter un emploi en raison du harcèlement sexuel peut entraîner des répercussions négatives importantes sur la carrière des femmes. Les femmes qui quittent leur emploi vivent ensuite « “une série d’expériences stressantes” passant par le chômage, la recherche d’emploi, la reconversion professionnelle et la reprise d’emploi “souvent dans un poste de qualité inférieure et moins bien rémunéré” ». Le harcèlement sexuel peut être « un événement traumatisant majeur qui vient perturber “le parcours normal d’emplois stables avec la possibilité de gravir les échelons qui génère normalement une augmentation du salaire” ». De plus, « en coupant les ponts avec un employeur, les travailleurs doivent aussi renoncer au capital humain propre à la société, qui a un lien étroit avec les revenus. Les personnes ciblées par le harcèlement pourraient d’ailleurs avoir de la difficulté à obtenir des lettres de recommandation de la part de leurs gestionnaires et de leurs collègues. Les personnes qui trouvent un nouvel emploi pourraient découvrir que le manque d’ancienneté vient limiter la croissance salariale et augmenter la vulnérabilité par rapport aux mises à pied et à l’instabilité professionnelle. L’interruption de la carrière peut être particulièrement coûteuse au début de celle-ci ». Et « nos résultats quantitatifs et qualitatifs indiquent que le harcèlement vécu par les femmes durant leur vingtaine et au début de leur trentaine fait dévier plusieurs d’entre elles de leur voie durant cette étape formative de leur carrière ». Les femmes « se retrouvent dans une situation intenable où elles doivent choisir entre participer à des cultures misogynes au travail, ce qui ne les aide pas en tant que femmes, ou résister à ces cultures, ce qui leur donne peu de chances de progresser au sein de leur entreprise ». 🇺🇸

« The Effects of Resource Extraction on Inuit Women and Their Families: Evidence from Canada » (2017, Gender & Development) a examiné les répercussions sociales genrées de l’extraction de ressources à Qamani’tuaq, au Nunavut, révélant que les agressions et le harcèlement sexuels figuraient parmi les trois principales raisons citées par les femmes inuites lorsqu’elles expliquent pourquoi elles ont quitté leur emploi à la mine Meadowbank. Ces femmes occupaient principalement des postes d’entrée en tant que femmes de ménage ou d’employées de cuisine, ce qui comprenait de nettoyer les chambres à coucher des employés masculins et augmentait ainsi, selon elles, leur vulnérabilité. Près de 50 % des personnes qui ont participé à l’étude ont mentionné que les agressions sexuelles à la mine étaient un problème, et plusieurs se sont plaintes plus particulièrement du viol. 🇨🇦

« Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux » (2017, gouvernement du Canada) révèle que parmi les employés qui se sont identifiés comme étant autochtones, 28 % ont déclaré avoir été harcelés au courant de la dernière année, contre 17 % pour les personnes qui ne s’identifient pas comme autochtones. 🇨🇦

« Why Doesn’t She Just Report It?: Apprehensions and Contradictions for Women Who Report Sexual Violence to the Police » (2017, Revue Femmes et droit) a étudié 36 signalements d’agression sexuelle faits à la police par des femmes d’Ottawa et a analysé l’échec général de la justice procédurale. L’auteure mentionne que les attentes sociales augmentent quant à l’obtention d’une réponse positive de la part de la police lorsqu’on lui signale une agression sexuelle, 61 % des femmes agressées s’attendant à une telle réponse depuis 2010, contre un taux qui était autrefois de 28 %. Néanmoins, elle précise que rien n’indique que le nombre d’accusations et de poursuites s’est amélioré. De nombreuses femmes qui ont participé à l’étude indiquent « qu’elles ont fait face à des réponses inappropriées aux traumatismes et à d’autres comportements insensibles, à de l’incrédulité et à des menaces de répercussions s’il s’avérait qu’elles avaient inventé leur histoire ». 🇨🇦

« Sexual Harassment in the Workplace: Where Were the Unions? » (2018, Labor Studies Journal) rapporte que les syndicats « ont un bilan assez mitigé en matière de lutte contre le harcèlement sexuel, surtout dans les cas impliquant le comportement de membres du syndicat » et que les syndicats dominés par les hommes, surtout, « se rangent trop souvent du côté des harceleurs masculins ». « Une tendance troublante émerge de ces cas », indique l’étude, au sens où « la victime porte plainte au syndicat, et le représentant syndical décide de l’ignorer ou de la renvoyer à l’employeur, l’encourageant à déposer une plainte en vertu de la politique sur le harcèlement sexuel de l’employeur… Lorsque l’employeur prend des mesures disciplinaires à l’endroit du harceleur, le syndicat dépose un grief contre ces mesures, forçant la victime et l’employeur à se positionner contre le syndicat et le harceleur. En effet, les griefs relatifs au harcèlement sexuel qui font l’objet d’arbitrage en matière de relations de travail concernent largement des hommes qui contestent les mesures disciplinaires prises à leur encontre pour leur comportement de harcèlement sexuel. » 🇺🇸

« Initial Assessment of the Psychometric Properties of the Sexual Harassment Reporting Attitudes Scale » (2018, Cogent Psychology) reprend les conclusions de beaucoup d’autres recherches sur les raisons pour lesquelles les gens ne signalent pas le harcèlement sexuel — principalement parce qu’ils ne croient pas que signaler l’incident entraînera des changements, parce qu’ils n’estiment pas que le harcèlement était suffisamment grave pour que ça vaille la peine de le signaler, parce qu’ils craignent les représailles et/ou parce qu’ils estiment que le signalement empirera la situation. L’étude révèle également que la meilleure façon de prédire si une personne signalera un incident ou non est de déterminer si elle croit en avoir l’obligation morale ou non. En d’autres mots, l’étude révèle que le signalement n’est pas motivé par des objectifs pratiques comme la volonté de mettre un terme au harcèlement ou d’être indemnisé pour ce qui est arrivé. La motivation qui pousse les gens à signaler est plutôt d’ordre moral: les gens le font parce que c’est, selon eux, la bonne chose à faire, même s’ils croient aussi que le signalement sera inefficace. 🇺🇸

« Harcèlement en milieu de travail au Canada » (2018, Statistique Canada) utilise les données de l’Enquête sociale générale de 2016 sur les Canadiens au travail et à la maison. (Remarque: l’étude va au-delà du harcèlement sexuel pour inclure la violence verbale, la violence physique et d’autres types de harcèlement.) L’étude révèle que le groupe visé par le plus grand nombre de signalements pour harcèlement envers les femmes au travail est le groupe « client », suivi par le groupe « collègue ou pair » et le groupe « superviseur ou gestionnaire ». En ce qui concerne le harcèlement subi par les hommes, le groupe de harceleurs le plus commun est le groupe « client », suivi du groupe « superviseur ou gestionnaire » et du groupe « collègue ou pair ». L’étude révèle que la probabilité qu’une personne ait été harcelée au travail augmente au fil du temps, et atteint son sommet dans la tranche de 45 à 54 ans. L’étude révèle également que plus une personne a cumulé d’années de scolarité, plus elle est susceptible de dire qu’elle a été harcelée au travail. Toutefois, l’étude indique également que moins la personne gagne d’argent, plus elle est susceptible de dire qu’elle a vécu du harcèlement au travail. 🇨🇦

« “I Made Myself Small Like a Cat and Ran Away”: Workplace Sexual Harassment, Precarious Immigration Status and Legal Violence » (2019, Journal of Gender Studies) est une étude portant sur des entrevues avec 21 migrantes mexicaines de Toronto qui ont fait du travail précaire (du travail souvent payé comptant, ou effectué par l’intermédiaire d’une agence ou d’un sous-traitant). Les entrevues révèlent que les femmes ont fréquemment vécu du harcèlement sexuel au travail, mais qu’elles n’ont pas signalé ce harcèlement aux autorités par crainte d’être déportées. 🇨🇦

« Race, Threat and Workplace Sexual Harassment: The Dynamics of Harassment in the United States, 1997-2016 » (2019, Gender, Work & Organization), une analyse des données de la Equal Employment Opportunity Commission des États-Unis de 1997 à 2016, révèle que durant cette période, les cas de harcèlement sexuel signalés par les femmes blanches ont diminué alors que les cas signalés par les femmes noires ont augmenté, et que la détérioration des conditions économiques a mené à une augmentation des signalements de harcèlement sexuel. Les auteurs de l’étude ont observé que la cible du harcèlement sexuel était passée des femmes blanches aux femmes noires lorsque les femmes blanches avaient commencé à gagner du pouvoir dans le milieu de travail, arrivant à la conclusion que les harceleurs sont conscients des relations de pouvoir et choisissent de cibler les femmes plus vulnérables de leur milieu de travail. Le lien entre les changements sur le plan du taux de chômage et les changements sur le plan du harcèlement sexuel dans les mois qui suivent indique, selon les chercheurs, que les hommes sont plus susceptibles d’adopter un comportement de harcèlement lorsqu’ils ont une raison de croire que leur position économique au sein de la société est menacée. Les chercheurs ont conclu que, plutôt que d’être une question de désir sexuel ou une conséquence inévitable du travail conjoint entre hommes et femmes, le harcèlement sexuel au travail est une expression de pouvoir et une façon pour les hommes d’affirmer leur dominance. En résumé, les auteurs disent que les hommes réagissent à la perte potentielle de leur statut en manifestant des formes extrêmes de surcompensation masculine, incluant le harcèlement sexuel, comme une démonstration genrée de pouvoir et de dominance. 🇺🇸

« The Penalties for Self-Reporting Sexual Harassment » (2019, Gender & Society) a découvert que les participants à l’étude étaient moins susceptibles de recommander une femme pour une promotion lorsqu’elle a signalé un incident de harcèlement sexuel en présence d’autres femmes autrement identiques, ce qui a mené à la conclusion que « les femmes pourraient hésiter à signaler le harcèlement sexuel parce qu’elles ont perçu, à juste titre, que cela pourrait entraîner des préjugés à leur endroit ». 🇺🇸

« How Women Are Penalized at Work for Reporting Sexual Harassment » (2019, Gender and the Economy) révèle que lorsque les femmes signalent le harcèlement au travail, « elles sont pénalisées sur le plan des possibilités d’avancement ». 🇺🇸

« Why Women Are Blamed for Being Sexually Harassed: The Effects of Empathy for Female Victims and Male Perpetrators » (2019, Psychology of Women Quarterly) est une étude qui révèle que, lorsque les femmes signalent un cas de harcèlement au travail, elles font souvent face à des attitudes rejetant le blâme sur la victime, surtout de la part des hommes. 🇺🇸

« Workplace Sexual Harassment: Assessing the Effectiveness of Human Rights Law in Canada » (2019, Allard Faculty Publications) est une analyse des décisions en matière de harcèlement sexuel rendues par les tribunaux des droits de la personne de la Colombie-Britannique (C._B.) et de l’Ontario de 2000 à 2018. L’étude révèle qu’au cours de ces 18 années, un total de 66 plaintes pour harcèlement sexuel ont passé au travers du processus complet en C.-B., du signalement à la décision; et que ce nombre est de 116 pour l’Ontario. En C.-B., 68 % des plaintes ont ultimement été reconnues comme justifiées, contre 64 % en Ontario, le reste des plaintes ayant été rejetées. Les plaintes des plaignants qui se sont représentés eux-mêmes étaient moins susceptibles d’être reconnues comme justifiées comparativement aux plaignants qui ont été représentés par des avocats. L’analyse révèle que les décisions des tribunaux des droits de la personne privilégient le harcèlement sexuel de type physique ou donnant-donnant par rapport aux formes plus cachées ou subtiles de harcèlement, et que les plaignants sont submergés par des questions au sujet de leur crédibilité, de leur personnalité et de leur consentement. Néanmoins, l’étude révèle qu’au Canada, les demandes juridiques en lien avec le harcèlement sexuel et les inconduites sexuelles sont de plus en plus poursuivies auprès des tribunaux des droits de la personne, car ces tribunaux sont perçus comme de meilleurs véhicules que les autres tribunaux en raison de leurs normes plus souples sur le plan de la preuve et de l’interrogatoire, leur atmosphère moins antagoniste et leurs indemnisations plus élevées. 🇨🇦

« Unofficial Reporting in the #MeToo Era » (2019, University of Chicago Legal Forum) porte sur les nouveaux mécanismes facilités par les technologies dont les gens se servent pour signaler le harcèlement sexuel, comme Twitter, les tableurs participatifs et l’application Blind, qui permettent d’outrepasser les mécanismes officiels de responsabilité. 🇺🇸

« The Sociology of Gaslighting » (2019, American Sociological Review) soutient qu’il « faut comprendre que le détournement cognitif est enraciné dans les inégalités sociales, incluant le genre, et qu’il est exercé dans le cadre de relations intimes où il y a une dynamique de pouvoirs. Selon la théorie élaborée ici, le détournement cognitif est important lorsque les auteurs mobilisent les stéréotypes basés sur le genre et les inégalités structurelles et institutionnelles contre les victimes afin de manipuler leur réalité. En s’appuyant sur la violence conjugale comme une étude de cas stratégique pour identifier les mécanismes par lesquels le détournement cognitif fonctionne, [l’auteure révèle] comment l’abuseur mobilise les stéréotypes liés au genre, les vulnérabilités structurelles liées à la race, la nationalité et la sexualité ainsi que les inégalités institutionnelles contre la victime en vue d’éroder sa réalité ? Ces tactiques sont basées sur le genre, au sens où elles reposent sur l’association de la féminité à l’irrationalité. Le détournement cognitif offre l’occasion aux sociologues de théoriser des formes de pouvoir genrées peu reconnues ainsi que leur mode de mobilisation dans le cadre de relations interpersonnelles ». 🇺🇸

« Limiting Our Livelihoods: The Cumulative Impact of Sexual Harassment on Women’s Careers » (2019, American Association of University Women) révèle que « les femmes qui ont vécu du harcèlement sexuel rapportent des répercussions négatives graves et durables sur leur santé mentale, comme de la dépression ou du stress post-traumatique. Le harcèlement sexuel a aussi été lié à un risque plus élevé d’effets négatifs à long terme sur la santé physique, conséquence directe et indirecte des effets négatifs sur la santé mentale. L’impact destructeur du harcèlement sexuel sur la santé et le bien-être peut durer des années après l’incident… Les effets négatifs sur la santé mentale et physique peuvent diminuer le moral et le rendement au travail. Le temps perdu à l’extérieur du travail et la nécessité de changer d’emploi prématurément peuvent mener à un plus faible revenu et, par conséquent, réduire la contribution aux programmes de sécurité sociale et de fonds de retraite, compromettant ainsi les perspectives économiques à long terme des femmes ». 🇺🇸

« Measuring the Economic Costs of Workplace Sexual Harassment on Women » (2019, Scripps Senior Theses) résume les résultats d’une revue de la littérature. « Selon le Merit Systems Protection Board (MSPB) des États-Unis, les femmes qui sont harcelées sexuellement ont tendance à prendre plus de congés de maladie, à rapporter un plus faible rendement au travail, à être plus insatisfaites de leur emploi, et à quitter souvent leur emploi. Selon une étude, de nombreuses femmes sont ignorées lorsqu’il vient le temps des promotions si elles ne participent pas au harcèlement de leurs collègues ou si elles ne le tolèrent pas. Si les femmes décident de quitter leur emploi, elles subissent souvent des reculs professionnels en acceptant un emploi offrant un moins bon salaire, en recommençant à zéro dans un poste moins prestigieux au sein d’une nouvelle entreprise ou en quittant carrément l’industrie. Les changements d’emploi involontaires entraînent du stress financier et nuisent au parcours professionnel des femmes sur le plan individuel. De plus, les entreprises et les industries où il y a des niveaux élevés de harcèlement sexuel nuisent à l’ensemble des femmes, les plaçant “dans une situation intenable où elles doivent choisir entre participer à des cultures misogynes au travail, ce qui ne les aide pas en tant que femmes, ou résister à ces cultures, ce qui leur donne peu de chances de progresser au sein de leur entreprise”. Cela empêche les femmes de poursuivre certaines carrières et d’intégrer certaines industries. » L’étude indique aussi que « l’une des études les plus actuelles et les plus approfondies sur ce sujet examine le stress financier immédiat et à long terme des femmes qui ont vécu du harcèlement sexuel tôt dans leur carrière. En se fondant sur les données de la Youth Development Study, McLaughlin et coll. ont constaté que les femmes qui ont vécu du harcèlement sexuel entre 29 et 30 ans ont un stress financier accru au début de la trentaine. Cela s’explique principalement par le fait que les femmes quittent leur emploi afin d’éviter les harceleurs, ou parce qu’elles sont insatisfaites de leur milieu de travail. Dans le cadre de cette étude, des entrevues ont aussi été menées auprès de personnes ciblées par le harcèlement sexuel. Ces entrevues ont révélé que les femmes étaient plus susceptibles de changer d’industrie ou de carrière et de réduire leurs heures de travail, ce qui se traduit souvent par une réduction de salaire. L’impact général sur l’atteinte des objectifs professionnels et la stabilité financière est semblable à celui d’une blessure ou d’une maladie grave, de l’emprisonnement ou de l’agression.Il s’agit d’une des rares études qui met l’accent sur les répercussions du harcèlement sur la situation financière des femmes, et elle intègre brillamment des données qualitatives pour soutenir les constatations quantitatives ». L’étude comporte d’autres constatations intéressantes. Plus vous êtes jeune, plus vous êtes susceptible d’être harcelé: les personnes ayant dépassé la mi-quarantaine sont beaucoup moins susceptibles d’être harcelées que les plus jeunes. Mais les personnes qui signalent le harcèlement sexuel au travail ont tendance à être plus âgées: aux États-Unis, l’âge moyen des travailleurs qui signalent un cas est de 47. Trente-huit pour cent des femmes qui ont signalé un cas étaient âgées de 46 à 50 ans et 36 % étaient âgées de 51 à 55 ans, alors que le taux était de 0 % pour les femmes âgées de 30 à 35 ans. « Les femmes plus âgées ont une plus grande stabilité d’emploi et une meilleure stabilité financière, ainsi que possiblement plus d’expérience dans la gestion de ces problèmes, et elles signalent donc plus fréquemment les incidents de harcèlement sexuel. Les femmes qui font une différence et qui attirent l’attention sur le harcèlement sexuel sont majoritairement des femmes plus âgées. » De plus, « les femmes qui font partie des cols bleus font face à plus de harcèlement sexuel », alors que les femmes blanches sont disproportionnellement plus susceptibles de signaler les cas. 🇺🇸

« Putting People Down and Pushing Them Out: Sexual Harassment in the Workplace » (2020, Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior), une méta-analyse de la recherche universitaire, indique que « la manifestation la plus fréquente du harcèlement sexuel est de loin le harcèlement basé sur le genre, au cœur duquel se trouve du mépris » et dont « le but est de rabaisser les gens et de les exclure, et non de les convaincre à s’adonner à une activité sexuelle ». La méta-analyse indique que « le harcèlement basé sur le genre est beaucoup plus commun que l’attention sexuelle non désirée et la coercition ». « En ce qui concerne les personnes qui se livrent au harcèlement sexuel, la recherche montre que les harceleurs sont plus souvent des hommes que des femmes » et « même lorsque des hommes sont victimes de harcèlement sexuel, le harceleur est habituellement un autre homme. Le harcèlement sexuel des hommes envers d’autres hommes a tendance à prendre une forme unique de harcèlement basé sur le genre consistant à humilier la personne qui s’écarte des rôles hétérosexuels masculins ». Les hommes trans déclarent subir moins de harcèlement sexuel après leur transition, alors que les femmes trans en déclarent plus. En ce qui concerne la façon dont les gens réagissent au harcèlement sexuel, la recherche révèle que seulement 15 % des femmes harcelées et 11 % des hommes harcelés déposent des plaintes officielles, et que « le signalement est habituellement une réponse de dernier recours utilisée seulement lorsque tous les efforts visant à mettre un terme au harcèlement ont échoué ». L’étude révèle que la réticence des gens à signaler les incidents est bien fondée, car le signalement est souvent suivi par « de l’indifférence, de la banalisation et des représailles ». 🇺🇸

« A Discussion Paper: Ending Sexual Violence and Sexual Exploitation in First Nation Communities » (2020, Chiefs of Ontario) critique la façon dont la violence sexuelle et l’exploitation sexuelle sont abordées dans les communautés des Premières Nations de l’Ontario, disant que l’approche s’appuie largement sur des modèles canadiens de justice et d’intervention sans inclure et sans être conçue à partir des connaissances de base sur les Premières Nations. 🇨🇦

« Fem or Foe?: Non-Communal Women Who Report Sexual Harassment Receive Fewer Career Advancement Opportunities » (2020, PDX Scholar) révèle que « les femmes qui signalent le harcèlement obtiennent des résultats plus faibles concernant la manière dont est perçu leur admissibilité à des promotions, à être embauchées et à des augmentations salariales que les femmes qui ne signalent pas le harcèlement  ». 🇺🇸

« Discounting Credibility: Doubting the Stories of Women Survivors of Sexual Harassment » (2020, Seton Hall Law Review) soutient que la raison pour laquelle le harcèlement sexuel est toujours un problème aussi important est que notre culture a « le réflexe d’ignorer la crédibilité des femmes, surtout lorsque ces femmes racontent leurs expériences d’abus perpétrés par des hommes plus puissants ». L’étude indique que « les gestionnaires, les superviseurs, les représentants syndicaux, les agents de ressources humaines et les juges ont tendance à écarter abusivement les histoires de harcèlement des femmes comme étant invraisemblables, parce qu’ils ne comprennent ni le traumatisme psychologique causé par un traitement abusif ni les réalités pratiques qui restreignent les options des femmes par la suite ». De plus, l’étude soutient que « les autorités ignorent injustement la fiabilité des femmes en se basant sur leur comportement (lui-même affecté par le traumatisme qu’elles ont souvent vécu), sur les stéréotypes culturels négatifs à propos des motifs des femmes pour chercher à redresser les torts et sur nos croyances profondément enracinées culturellement selon lesquelles les femmes, en tant que groupe, sont par nature moins dignes de confiance ». 🇺🇸

« Should I Stay or Should I Go? Employment Discrimination and Workplace Harassment against Transgender and Other Minority Employees in Canada’s Federal Public Service » (2020, Journal of Homosexuality) révèle que les fonctionnaires diversifiés sur le plan du genre (transgenres, non binaires ou de genre queer) font face à un taux beaucoup plus élevé de harcèlement au travail comparativement aux hommes et aux femmes cisgenres. Mis à part les personnes handicapées, les employés diversifiés sur le plan du genre ont un taux plus élevé de discrimination et de harcèlement autodéclaré comparativement aux femmes cisgenres, aux minorités visibles et aux personnes autochtones. Cette étude révèle que l’intersection de plusieurs identités minoritaires augmente la discrimination et le harcèlement autodéclarés. 🇨🇦

« Building Inclusion for Indigenous Peoples in the Canadian Workplaces » (2020, Catalyst) porte sur un sondage mené auprès de 86 personnes autochtones vivant au Canada, et révèle que 67 % d’entre elles ont déclaré rester aux aguets par rapport aux préjugés lorsqu’elles sont au travail, et plus de la moitié d’entre elles ont déclaré ne pas se sentir en sécurité au travail sur le plan psychologique. 🇨🇦

« To Stop Gender Discrimination at Work, Canada Has all the Laws It Needs—but the System Enforcing Them Is Broken » (2021, Globe and Mail): La journaliste Robyn Doolittle explore toutes les options dont disposent les femmes vivant du harcèlement sexuel au travail et dénonce le système comme étant complètement brisé. 🇨🇦

« Expériences de comportements sexualisés inappropriés, d’agressions sexuelles et de discrimination fondée sur le genre vécues par les travailleurs dans les provinces canadiennes, 2020 » (2021, Statistique Canada), une gigantesque enquête globale réalisée juste avant la pandémie, confirme beaucoup de choses que nous avons apprises par d’autres sources concernant le harcèlement sexuel au travail: que les femmes sont les plus susceptibles d’être harcelées sexuellement, que les harceleurs sont presque toujours des hommes, que ce type de harcèlement est plus commun dans les industries dominées par les hommes et dans le secteur du service à la clientèle (surtout les bars et les restaurants), que dans le secteur du service à la clientèle, le harcèlement sexuel est souvent perpétré par des clients et des patients, et que les personnes ciblées sont souvent jeunes, handicapées, 2SLGBTQIA+, etc. L’enquête révèle que près du tiers des travailleurs ont déclaré que leur employeur ne les avait pas informés du processus à suivre pour signaler un cas de harcèlement sexuel au travail. L’enquête révèle que les auteurs du harcèlement sexuel sont plus fréquemment des pairs qu’un patron ou un subalterne. Elle révèle que moins de la moitié des personnes qui ont vécu du harcèlement sexuel au travail en ont parlé avec quelqu’un du travail. Parmi les personnes qui l’ont fait, seulement 6 % en ont parlé aux RH, 3 % en ont parlé à un représentant syndical et un peu moins de la moitié en ont parlé à un patron ou à un superviseur, et environ 70 % en ont parlé à un collègue. Les personnes qui ont décidé de ne pas en parler ont donné les raisons habituelles, qui sont les suivantes par ordre de fréquence: elles estimaient que l’incident n’était pas suffisamment grave; elles ont résolu l’incident par elles-mêmes; elles croyaient que le signalement ne changerait rien; elles avaient peur des représailles; le comportement a cessé et elles estimaient qu’on ne les croirait pas. Ces personnes ont déclaré avoir vécu les répercussions négatives habituelles: que leur rendement au travail avait souffert; qu’elles avaient perdu confiance en leur employeur; environ le tiers d’entre elles ont songé à quitter leur emploi, environ 40 % ont indiqué qu’elles avaient souffert émotionnellement, et un petit nombre d’entre elles (environ 5 %) ont déclaré avoir recouru à la drogue ou à l’alcool pour supporter la situation. 🇨🇦

« Paying Today and Tomorrow: Charting the Financial Costs of Workplace Sexual Harassment » (2021, Institute for Women’s Policy Research, Time’s Up Foundation) tente de quantifier le coût financier du harcèlement sexuel pour les survivants à l’aide d’entrevues menées auprès d’experts en harcèlement sexuel au travail et de 16 survivants. L’étude révèle que le coût à vie du harcèlement et des représailles est particulièrement élevé pour les personnes qui sont chassées d’un emploi bien rémunéré dans une industrie dominée par les hommes, comme les métiers. Les principaux facteurs qui contribuent aux répercussions financières négatives sont la perte d’emploi et les périodes de chômage, la perte du fonds de pension et des avantages liés à l’assurance maladie, les coûts liés à la reconversion professionnelle pour intégrer une nouvelle industrie et le fait d’être chassé d’emplois bien rémunérés vers des emplois qui rapportent moins. Les effets sont particulièrement importants chez les personnes qui occupent des emplois précaires et à faible revenu, et peuvent entraîner des coûts financiers plus élevés comme une augmentation des taux d’intérêt et des frais de retard, une diminution de la cote de crédit, l’accumulation des dettes étudiantes, la saisie du véhicule, l’éviction du logement, l’itinérance temporaire et la réduction de la sécurité de la retraite. L’étude révèle que les politiques conçues pour prévenir le harcèlement sexuel au travail ne fonctionnent pas: les personnes responsables de prévenir le harcèlement et de résoudre les cas ne le font pas, et les représailles sont communes. Les personnes ayant un risque accru de subir des pertes financières liées au harcèlement comprennent celles qui travaillent dans des industries dominées par les hommes, dans des milieux de travail physiquement isolés, ou dans des situations où il y a un important déséquilibre des pouvoirs (notamment en raison du statut d’immigration), et celles qui n’ont pas de moyens clairs pour signaler le harcèlement en raison de leur situation d’emploi (parce qu’elles sont sous-traitantes, franchisées ou autrement « décentralisées »). L’étude révèle que le coût à vie du harcèlement sexuel au travail peut atteindre des nombres aussi élevés que 1,3 million de dollars pour les personnes chassées d’un emploi bien rémunéré dans une industrie dominée par les hommes. Sur les 16 personnes interrogées, toutes ont subi un type quelconque de perte financière en raison du harcèlement. 🇺🇸


Conseil

Il se peut que vous ne soyez pas d’accord avec tous ces conseils ou que vous ne les trouviez pas tous pertinents. C’est correct. Les mêmes conseils ne conviennent pas à tout le monde. Nous espérons que certains d’entre eux vous seront utiles.

  1. Sachez que vous n’êtes pas seul.

    Le harcèlement sexuel est incroyablement commun. Ça arrive à beaucoup de gens. Si vous pensez à cinq personnes que vous connaissez, il est presque certain qu’au moins une d’entre elles (et probablement plus) a été harcelée sexuellement. Mais les gens ne parlent pas ouvertement de harcèlement, et ça veut dire que, lorsque ça nous arrive, on se sent souvent isolé et seul. Si vous vous sentez comme ça, vous trouverez peut-être utile de lire au sujet des expériences des autres. Si vous pensez que la lecture de cas réels de harcèlement pourrait être difficile pour vous, essayez de trouver des documents qui portent sur la façon dont les gens se sentent après, sur la façon dont ils ont géré la situation et sur la façon dont ils sont passés à autre chose.

  2. Sachez que ce n’est pas votre faute.

    Vous n’avez rien fait pour causer le harcèlement, et ce n’était pas votre faute. Pour bien des gens, c’est vraiment difficile à croire. Mais c’est incroyablement important. Ce qui vous est arrivé n’était pas votre faute. Vous ne l’avez pas causé. Vous n’avez rien fait de mal. La personne qui a fait quelque chose de mal est celle qui vous a harcelé. Si vous vous blâmez, veuillez lire cet article pour savoir pourquoi on se blâme et ce qui peut aider.

  3. Tenez compte des effets de vos décisions sur votre santé mentale.

    Vous avez probablement des décisions à prendre. Allez-vous signaler ce qui s’est passé? Allez-vous simplement rester au travail et essayer de tolérer le harcèlement? Allez-vous quitter votre emploi? Les décisions que vous prenez auront des effets sur votre santé mentale. Il peut être tentant de juste mettre ça de côté et de vous dire que tout ira bien. Mais votre santé et votre bonheur sont importants. Lorsque vous décidez quoi faire, nous vous recommandons d’accorder la priorité à votre propre santé mentale et à votre bien-être.

  4. Apprenez-en davantage sur le traumatisme et ses effets.

    Le harcèlement sexuel est souvent traumatisant et peut entraîner différentes réactions. Les gens se sentent souvent différents par la suite ou disent ne plus se sentir comme eux-mêmes. Le fait d’en apprendre davantage sur le traumatisme vous permettra de mieux comprendre pourquoi vous réagissez d’une certaine façon et comment vous pourriez mieux gérer la situation.

  5. Trouvez une stratégie de respiration qui vous convient.

    Le but des exercices de respiration est de vous permettre de vous calmer lorsque vous le souhaitez. « Box breathing » (la respiration carrée) est un exercice où vous imaginez un carré devant vous et déplacez lentement votre regard le long des côtés du carré pendant quatre secondes pour chaque côté. Avec le premier côté, inspirez pendant que votre regard se déplace le long du carré. Puis retenez votre souffle en déplaçant votre regard le long du haut de votre carré. Ensuite, lorsque vous descendez votre regard de l’autre côté du carré, expirez lentement en comptant jusqu’à quatre. Enfin, en déplaçant votre regard le long du bas de votre carré, retenez votre souffle en comptant une dernière fois jusqu’à quatre. Si ça semble trop compliqué, vous pouvez simplement respirer profondément, puis expirer lentement. Répétez l’exercice jusqu’à ce que vous commenciez à vous sentir plus calme.

  6. Soyez conscient de votre corps et des endroits où vous ressentez des émotions différentes.

    En étant conscient de vos sensations physiques, vous pourriez mieux comprendre comment vous vous sentez. Vous remarquerez peut-être des serrements musculaires, des changements dans votre respiration ou votre rythme cardiaque, de la lourdeur ou de la légèreté, des nausées, des maux de tête ou d’autres sensations qui vous aideront à mieux remarquer certaines émotions. En comprenant mieux comment votre corps se sent pendant que vous vivez différentes émotions, vous pouvez être plus conscient de la façon dont vous vous sentez physiquement et émotionnellement.

  7. Essayez de ne pas juger vos sentiments.

    Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » réaction émotionnelle. Essayez plutôt de vous rappeler que vos réactions émotionnelles sont logiques et peuvent vous en dire plus sur votre expérience. Remarquez si vous dites souvent « je devrais ». Ça peut se manifester de différentes façons, dont « je devrais me sentir mieux maintenant », « je ne devrais pas me sentir comme ça » ou « je ne sais pas ce qui ne va pas avec moi, mais je devrais me sentir ____ ». Souvent, « je devrais » indique que vous vous jugez vous-même parce que vous ne vous sentez pas de la bonne façon. Acceptez plutôt vos émotions comme des indicateurs utiles de la façon dont vous vivez différentes situations.

  8. Reconnaître la différence entre la vraie culpabilité et la fausse culpabilité.

    La vraie culpabilité survient lorsque vous avez fait quelque chose de mal, intentionnellement ou non. C’est un guide pour vous aider à comprendre vos valeurs et votre code d’éthique. La fausse culpabilité donne l’impression que vous avez fait quelque chose de mal, même si vous ne l’avez pas fait. La vraie culpabilité peut nous pousser à agir, mais la fausse culpabilité nous bloque parce que nous n’avons pas de faute à expier. Ça peut aider de vous demander: « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ou ai-je simplement l’impression d’avoir fait quelque chose de mal? » Les gens ressentent souvent un faux sentiment de culpabilité après avoir vécu du harcèlement sexuel. Rappelez-vous que ce qui vous est arrivé n’était pas votre faute.

  9. Comprenez vos émotions.

    Après le harcèlement, nos émotions peuvent être très déroutantes. Si vous avez de la difficulté à déterminer comment vous vous sentez, il y a de nombreuses façons de commencer à identifier vos sentiments. Trouvez un moment dans votre journée pour vous demander: « Comment est-ce que je me sens en ce moment? » Utilisez une roue des sentiments pour identifier différentes émotions. Ou commencez par les cinq émotions principales (joie, colère, tristesse, dégoût et peur). Posez-vous la question suivante: « Laquelle de ces émotions (ou quelle combinaison d’émotions) je ressens en ce moment? » Certaines personnes trouvent utile de consigner leurs émotions dans un journal, tandis que d’autres trouvent préférable de les dire à voix haute à un ami, à un animal de compagnie ou même à une plante.

  10. Faites attention à ne pas comparer vos souffrances à celle des autres.

    Parfois, on se dit que d’autres personnes vivent des choses bien pires que nous. Ou d’autres personnes nous le disent dans une tentative pour nous remonter le moral. S.V.P., faites attention avec ça. Le fait de se comparer à d’autres personnes qui vivent une situation « bien pire » peut nous donner l’impression de nous aider à être plus forts ou plus courageux. Mais ça peut aussi nous amener à avoir honte de nos propres sentiments ou à penser que nous n’avons pas le droit de nous sentir comme ça. La douleur ou les difficultés d’une autre personne n’ont rien à voir avec les vôtres: une expérience ne légitime pas ou ne dévalorise pas une autre expérience. Chacun a droit à ses propres sentiments.

  11. Demandez de l’aide.

    Si vous éprouvez des difficultés, il peut être difficile de parler avec les autres. Ce n’est pas nécessairement agréable. On ne veut pas nécessairement le faire. Mais ça peut être incroyablement utile. La clé, c’est de choisir des gens qui se soucient de vous et à qui vous pouvez faire confiance. Vous pouvez également choisir ce que vous partagez ou la quantité de détails que vous fournissez. Pour en savoir plus à ce sujet, lisez cet article sur la façon de bâtir un réseau de soutien.

  12. Dites aux gens comment vous aider.

    Parfois, vous avez besoin d’une oreille empathique, tandis que d’autres fois, vous avez besoin d’une distraction amusante ou d’une aide pratique. Les gens dans votre vie ne savent peut-être pas ce dont vous avez besoin. Prenez un moment pour déterminer le type de soutien que vous voulez et dites-le aux gens. Il n’y a rien de mal à demander différents types d’aide à différentes personnes, et il n’y a rien de mal à vouloir différentes choses à différents moments.

  13. Soyez conscient de vos besoins (et rappelez-vous qu’ils peuvent changer).

    Essayez de prendre l’habitude de vous demander ce dont vous avez besoin. Il y a beaucoup de choses dont vous pourriez avoir besoin, comme de la sécurité, du repos, de la nourriture, du mouvement, du soutien, de la validation ou de la justice. Vous avez peut-être besoin d’être cru, d’être aimé ou d’être compris. Vos émotions peuvent être un indicateur utile, alors plus vous êtes à l’écoute de vos sentiments, plus vous pourrez comprendre vos besoins.

  14. Trouvez un équilibre entre pousser vos limites et vous reposer.

    Parfois, vous devez vous mettre au défi pour prendre soin de vous en faisant des choses comme travailler, faire de l’exercice, manger ou faire du ménage. Parfois, vous devez faire preuve de gentillesse envers vous-même lorsque vous éprouvez des difficultés et simplement vous reposer. Il peut être difficile de savoir de quoi vous avez besoin à quel moment, alors faites attention à ce qui vous aide à vous sentir mieux. Une approche peut être d’essayer de faire une chose chaque jour qui vous aide à vous sentir productif et une chose que vous aimez. Dépendamment de votre niveau d’énergie au cours d’une journée donnée, vous pourriez être en mesure de vous pousser à en faire plus ou moins. Une chose aussi simple que se brosser les dents peut compter comme une « tâche productive » ce jour-là, tandis qu’une chose aussi brève que d’écouter l’une de vos chansons préférées que vous n’avez pas écoutée depuis longtemps peut être un moyen facile d’avoir un moment agréable.

  15. Essayez de trouver le positif dans le négatif (spirale ascendante).

    Souvent, des comportements mènent à d’autres comportements. Si vous avez de la difficulté à bien dormir, ça peut vous amener à vous sentir faible en énergie et incapable de préparer un repas sain ou de faire de l’exercice. Au fil du temps, chaque habitude peut contribuer à rendre les choses plus difficiles. Toutefois, l’inverse est également vrai. Chaque fois que vous prenez soin de vous et faites un choix sain, il devient plus facile de faire la prochaine chose positive pour vous-même. Dans cette perspective, vous pouvez réaliser que même un petit changement peut avoir un grand impact sur votre bien-être global.

  16. Consultez un professionnel si vous en avez besoin.

    Si vous êtes en crise, et surtout si vous risquez de vous faire du mal, il est important de demander l’aide d’un professionnel — par exemple d’un thérapeute, d’une infirmière ou d’un médecin. Mais nous savons que ça peut être très difficile d’avoir accès à ce type d’aide. Si vous ne pouvez pas parler à un thérapeute, à une infirmière ou à un médecin, vous pouvez appeler une ligne d’écoute téléphonique. Le Canada a une ligne d’assistance nationale pour la prévention du suicide que vous pouvez appeler ou texter, et à partir de là, ils pourront peut-être vous diriger vers d’autres ressources. De même, il existe des lignes d’assistance régionales pour quiconque est victime de violence basée sur le sexe. Vous voudrez aussi regarder du côté des groupes de soutien par les pairs, des groupes d’entraide ou des ressources d’entraide. Vous pouvez également composer le 211.

  17. Sachez qu’il n’y a pas de date limite pour vous sentir mieux.

    Si vous vivez une rechute ou une journée difficile, rappelez-vous que la guérison n’est pas une ligne droite. Ce dessin et celui-là l’illustrent très bien. Après une rechute, vous aurez peut-être l’impression d’être « de retour à la case départ », mais vous aurez toujours avec vous des choses que vous avez apprises de vos expériences passées. Pour cette raison, vous ne pouvez jamais revenir au début, même si vous en avez l’impression. Si vous avez régressé un peu, sachez que vous pouvez toujours progresser de nouveau.

  18. Trouvez des moyens de rétablir la confiance avec des personnes fiables.

    Si vous avez vécu du harcèlement sexuel, vous avez été trahi. Ça peut vous donner l’impression que la confiance a été brisée entre vous et de nombreuses personnes ou de nombreux systèmes dans votre vie. Nous vous recommandons de vous donner le temps de rétablir la confiance avec ceux qui ont prouvé qu’ils se souciaient de vous. Ça peut aussi aider d’établir de nouvelles relations avec d’autres personnes dans votre vie qui ne vous ont pas fait de mal.

  19. Établissez un lien avec quelque chose de plus grand que vous.

    Lorsqu’on a été traumatisé, le fait de se connecter à quelque chose de plus grand que nous-mêmes peut nous donner de la force. Vous pouvez passer du temps dehors et connecter avec la nature. Explorez ou redécouvrez vos croyances spirituelles ou religieuses. Écoutez ou créez de la musique. Joignez-vous à un groupe de défense des droits ou à un autre groupe communautaire avec des personnes à qui vous pouvez vous identifier ou avec qui vous voulez passer du temps. Le fait de trouver un lien avec quelque chose de plus grand que soi peut être puissant et inspirant.

  20. Trouvez votre propre voie.

    Les personnes qui ont vécu du harcèlement sexuel recevront souvent beaucoup de conseils contradictoires (incluant ici, de notre part!). Ça peut être déroutant. Nous vous encourageons avant tout à vous faire confiance et à faire confiance à votre propre instinct. Si quelqu’un suggère quelque chose qui ne vous semble pas bon ou qui, selon vous, n’est pas dans votre intérêt, respectez cette intuition. Il peut quand même être avantageux pour vous de demander des suggestions ou des conseils à d’autres personnes, mais n’oubliez pas que chaque décision vous revient. C’est vrai pour les choix que vous pourriez faire au sujet de votre carrière, au sujet du signalement et aussi de la décision de prendre soin de vous-même. Vous êtes le meilleur expert de vous-même et de votre propre vie, et nous vous encourageons à vous faire confiance.


En vivant ensemble au Canada, nous avons élaboré une série d’ententes sur la façon de se comporter les uns avec les autres.

Certaines ententes sont établies depuis longtemps et sont appuyées par presque tout le monde. Comme « c’est mal de voler » ou « nous n’avons pas le droit de nous entretuer ». Ces ententes ont habituellement été transformées en lois.

D’autres ententes sont plus récentes et ne sont peut-être pas appuyées par tout le monde. Comme « les gens devraient être traités équitablement, peu importe leur genre ou leur race ». Ces ententes sont parfois inscrites dans des lois, mais les violations peuvent être fréquentes, sans nécessairement être reconnues ou punies.

Lorsqu’on a une entente et qu’une personne ne la respecte pas, cette dernière brise l’entente et c’est une forme de trahison.

Pourquoi le harcèlement sexuel est une forme de trahison

Si vous avez été harcelé sexuellement au travail, vous avez été trahi d’au moins deux façons:

  1. Le Canada a décidé que ce n’est pas acceptable de harceler sexuellement quelqu’un. Lorsque quelqu’un vous harcèle sexuellement, il brise cette entente.
  2. Le Canada a décidé que les employeurs sont responsables de fournir à leurs employés un milieu de travail sécuritaire où ils ne seront pas harcelés. En ne respectant pas cette obligation, votre employeur a brisé cette entente.

Voici d’autres ententes que nous avons établies au Canada en tant que société qui sont brisées lorsqu’il y a harcèlement. Certaines de ces ententes obtiennent un appui général, alors que d’autres sont plus fragiles.

  • Nous avons convenu que les contacts sexuels sont seulement acceptables lorsque toutes les personnes concernées les désirent et y consentent.
  • Nous avons convenu qu’il n’est pas acceptable de traiter une personne différemment au travail en raison de son genre.
  • L’employeur est censé mettre en place des protections contre le harcèlement sexuel au travail. Lorsqu’une personne est harcelée au travail, l’employeur est censé prendre le problème au sérieux et essayer de le régler.
  • Lorsqu’une personne nous dit qu’elle a été harcelée, nous sommes censés la croire, à moins qu’il existe une bonne raison de ne pas le faire.
  • Lorsqu’une personne est harcelée, le problème est la personne qui harcèle, pas la personne qui l’a signalée.
  • Lorsqu’une personne est une victime, nous ne la jugeons pas et nous ne la blâmons pas.
  • Lorsqu’une personne demande l’aide d’une institution publique, comme la police ou le système de santé, l’institution a la responsabilité d’essayer de l’aider.
  • Lorsqu’une personne essaie d’obtenir justice en passant par le système judiciaire, elle devrait pouvoir y arriver.
  • Tout le monde mérite un traitement juste et équitable.

Comment on se sent après une trahison

Lorsqu’une personne ou une institution nous trahit en brisant les ententes établies, voici quelques exemples de ce qu’on peut ressentir.

  • Je n’arrive pas à croire ce qui se passe.
  • C’est tellement déconcertant. Pourquoi les gens agissent-ils ainsi?
  • Je n’arrive pas à croire que personne ne m’aide.
  • Je suis tellement déçu.
  • J’ai l’impression d’avoir été tellement naïf.
  • Comment ai-je pu être aussi stupide?
  • Je pensais pouvoir compter sur eux, mais je ne peux pas.
  • Pourquoi les gens sont-ils aussi horribles?
  • Je savais que je ne pouvais pas leur faire confiance.
  • Je savais que personne ne m’aiderait.
  • Ça ne me surprend pas du tout. C’est exactement ce à quoi je m’attendais.
  • On ne m’a dit que des mensonges.
  • Ça fait chier.

Nous allons vous aider à faire le ménage dans ces émotions.

Si vous vous sentez surpris, bizarre, mélangé ou hésitant

Ce genre de réaction est commun et se produit lorsque la situation semble compliquée.

Ça pourrait se produire lorsque la personne qui vous a harcelé vous a déjà aidé par le passé, lorsqu’elle est respectée dans votre communauté, ou lorsqu’elle est gentille avec les autres.

Ça pourrait se produire lorsque la personne est très puissante, ou lorsque vous êtes (ou avez été) dépendant d’elle.

Ça pourrait se produire lorsque les gens autour de vous admirent, valorisent ou respectent le harceleur, ou bien lorsqu’ils le craignent ou lorsqu’ils en dépendent.

Dans de telles circonstances, il peut être difficile de reconnaître que ce qui est arrivé est vrai. Parce que si vous le faites, vous pourriez ressentir le besoin de confronter la personne, ce qui pourrait être risqué ou inapproprié. Vous pourriez perdre le soutien des personnes qui sont importantes pour vous. Vous pourriez perturber et diviser un groupe qui vous tient à cœur.

Dans de telles circonstances, il peut être plus facile, voire nécessaire, de faire semblant que vous n’avez pas été trahi du tout.

Lorsqu’on ignore ou qu’on minimise la trahison qu’on a vécue, ça s’appelle un « déni de la trahison ».

On vit du déni de la trahison parce qu’on en a besoin. C’était ou c’est nécessaire de nier que ce qui nous est arrivé était vrai afin de se sentir en sécurité.

Si vous commencez à réaliser que vous avez été trahi, c’est peut-être parce que la preuve de cette trahison est devenue évidente et indéniable. Ou ça peut vouloir dire que vous ayez atteint un point dans votre vie où vous êtes suffisamment en sécurité pour reconnaître ce qui s’est produit.

Vous pourriez vous retrouver dans un cycle d’acceptation et de déni. Vous pourriez trouver ces choses faciles à accepter certains jours et puis, un autre jour, vous pourriez vous retrouver à minimiser ou à nier ce qui s’est produit.

Ça signifie simplement que vous êtes encore en train de démêler tout ça. Sachez que c’est un phénomène commun, et soyez patient envers vous-même.

Si vous vous sentez fâché, abandonné ou déçu

Ces sentiments peuvent vous aider à comprendre ce qui s’est produit. Ils sont un signal vous indiquant qui sont les personnes en qui vous aviez confiance, et qui sont celles qui vous ont déçu.

Dépendamment de ce qui vous est arrivé, vous pourriez avoir l’impression que plusieurs personnes vous ont déçu et laissé tomber:

  • la personne qui vous a harcelé
  • votre boss
  • les autres dirigeants à votre travail
  • les ressources humaines
  • vos collègues
  • votre famille ou vos amis
  • votre communauté professionnelle
  • la police
  • les professionnels de la santé
  • le système judiciaire
  • votre communauté
  • l’ensemble de votre pays

Plus il y a de groupes et de gens qui vous ont trahis, plus vous vous sentirez déçu et abandonné. Si vous avez été trahi par des institutions ou des systèmes entiers, vous risquez de vous sentir très seul et vulnérable. Ça peut ébranler votre vision du monde dans lequel vous vivez, et vous faire remettre en question vos croyances.

Pendant que vous êtes aux prises avec cette situation, vous pourriez avoir l’impression qu’on vous a ouvert les yeux. Vous pourriez avoir l’impression que, jusqu’à maintenant, vous étiez puéril, naïf ou excessivement confiant. Vous pourriez avoir l’impression de grandir. Vous pourriez avoir un sentiment de perte ou de chagrin.

Si vous n’êtes pas surpris

Que se passe-t-il si votre confiance a été brisée il y a très longtemps? Nous sommes censés vivre dans une société juste et équitable. Et si ça n’avait jamais été vrai pour nous?

  • Si on est une personne racialisée, on pourrait avoir vu ou avoir été la cible de racisme dès un très jeune âge.
  • Si on est une personne 2SLGBTQIA+, on peut avoir été harcelé ou abusé en raison de ça, surtout durant l’enfance ou à l’adolescence.
  • On a peut-être vu notre mère se battre contre le sexisme ou le harcèlement.
  • On a peut-être été témoin ou la cible d’autres formes de harcèlement, d’abus ou de violence, que ce soit au travail, à l’école, dans notre communauté ou dans notre famille.

Et peut-être que dans ces situations, les personnes censées régler le problème ne l’ont pas fait.

S’il y a longtemps qu’on a perdu confiance, c’est difficile de ressentir la trahison aujourd’hui. Quand les gens nous laissent tomber, on peut juste ne rien ressentir ou être cynique. On peut juste y trouver une confirmation de ce qu’on sait déjàque le système est brisé, que les choses sont injustes et qu’il n’y a pas de justice.

Si c’est vrai pour vous, vous pourriez avoir beaucoup de difficulté à faire confiance aux autres. Vous avez peut-être décidé que vous pouvez seulement faire confiance aux personnes comme vous. Ou vous pourriez sentir que vous ne pouvez faire confiance à personne.

Que faire de ces sentiments

Il est important d’être capable de raconter ses histoires de trahison, parce que cela peut nous aider à les démêler et à mieux comprendre ce qui s’est passé.

Il s’agit d’un processus. Ça ne se produit pas immédiatement ou tout d’un coup.

Ça peut aider de raconter votre histoire seulement à vous-même. Le simple fait de la mettre sur papier pourrait vous aider. Ça pourrait aussi vous aider de vous inspirer de votre histoire pour créer de l’art, comme une chanson ou un dessin.

Vous pourriez avoir envie de raconter votre histoire à d’autres gens. Ça peut sembler risqué parce que, si les autres réagissent mal, ça pourrait vous dérouter ou vous mêler.

Lorsque vous réfléchissez à qui vous pourriez raconter votre histoire, voici quelques questions que vous pourriez vouloir vous poser.

  • Puis-je être honnête et authentique avec cette personne?
  • Après avoir parlé avec cette personne, est-ce que je me sens habituellement mieux ou pire?
  • Est-ce que cette personne semble vraiment me comprendre?
  • Est-ce qu’être avec cette personne me fait habituellement sentir plus fort et plus confiant?
  • Est-ce que ma relation avec cette personne m’a aidé à grandir en tant que personne?

Si vous racontez votre histoire à une personne et que sa réaction vous fait sentir pire à propos de vous-même ou moins certain au sujet de ce qui s’est passé, ça pourrait être bon d’arrêter. Ça pourrait ne pas être possible pour cette personne présentement de vous écouter d’une façon qui peut vous aider.

Sachez que votre histoire peut changer au fil du temps, et que ça ne la rend pas moins vraie. Ça signifie simplement que vous êtes encore en train de la démêler.

Cherchez les occasions de rebâtir la confiance. Pas nécessairement avec les personnes qui vous ont blessé, mais avec les autres. Soyez à l’affût de ce que les autres peuvent faire pour gagner votre confiance. Ce processus sera différent pour chaque personne. Donnez-vous du temps pour y réfléchir et décider ce dont vous avez besoin pour retrouver un sentiment de sécurité.

Permettez-vous de changer vos attentes sans y aller avec une logique du « tout ou rien ». Portez attention à votre emploi de mots comme « toujours », « jamais », « tout le monde » ou « personne ». Souvent, ces mots apparaissent lorsqu’on a une perception extrême du monde. Si vous vous surprenez à penser « personne ne se soucie de moi » ou « tout le monde est dangereux », rappelez-vous qu’il existe des exceptions à ces affirmations.

Donnez-vous du temps pour voir le monde sous un nouvel angle. Souvent, lorsqu’on vit une trahison importante, ça peut changer notre perspective générale du monde. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais vous pourriez avoir besoin de temps pour vous adapter à ce changement de perspective.

Sachez que c’est un travail difficile et soyez patient envers vous-même.

Pendant que vous effectuez ce travail, ça pourrait aider de faire d’autres choses qui apportent de la beauté et de la joie dans votre vie. La musique et les autres formes d’art peuvent vous aider, tout comme la religion ou les activités à l’extérieur. Faire des pâtisseries ou cuisiner peuvent aider certaines personnes, alors que nager en aide d’autres. Prendre soin d’un animal de compagnie peut aider, tout comme sortir manger entre amis.

Bienvenue à votre « nouveau moi »

La trahison a transformé votre monde.

Vous avez été déçu, et vous avez subi des pertes.

Peut-être que ça vous a poussé à rester à l’écart des autres et à rejeter l’idée de dépendre de qui que ce soit. Peut-être que c’est difficile, voire impossible, de faire confiance.

Mais la trahison ne se résume pas juste à une perte. L’acceptation de la trahison peut vous inspirer à repenser votre vision du monde et vous aider à trouver de nouvelles valeurs, de nouvelles croyances, de nouveaux comportements et de nouvelles allégeances.

Vous pourriez vouloir prendre en considération ces énoncés.

  • Je veux pouvoir être honnête et authentique.
  • Je veux me sentir encouragé.
  • Je veux me sentir proche.
  • Je veux être compris.
  • Je veux pouvoir partager mes pensées et mes sentiments les plus profonds.
  • Je veux me sentir capable de changer positivement.
  • Je veux grandir de façon importante.
  • Je veux avoir un sentiment d’appartenance.
  • Je veux être soutenu.
  • S’il y a quelque chose qui me dérange, je veux qu’on me demande ce qui me tracasse.
  • Je veux être libre d’être moi-même.
  • Je ne veux pas me sentir comme si j’avais besoin de cacher des parties de moi-même.
  • Je veux être vu et apprécié.
  • Je veux être curieux par rapport à l’avenir.
  • Je veux être inspiré.

Beaucoup de ces souhaits peuvent venir de vous et d’un exercice de réflexion sur vous-même. Certains dépendent de nos connexions avec les autres et de notre confiance envers eux. Cette confiance peut prendre du temps à établir et vaut la peine qu’on la recherche.

La trahison est accompagnée d’une prise de conscience nouvelle et profonde.

Vous pourriez vous sentir ébranlé ou dégrisé par ce que vous avez appris.

Mais la trahison, aussi horrible soit-elle, peut vous offrir de nouvelles possibilités sur le plan de l’intimité et de la croissance personnelle. Sur le plan de la sécurité, de la loyauté, de la liberté et de l’inspiration.

Vous cherchez peut-être encore comment en arriver à ce point, mais ce n’est pas grave. Vous êtes sur la bonne voie.


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