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Attention

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

La CNESST est un organisme du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Elle accorde des prestations et des mesures de soutien aux gens qui ont subi une blessure au travail. Celles-ci peuvent comprendre le remplacement du salaire perdu, les soins de santé (y compris la réadaptation, le counseling et les médicaments) et, dans certaines situations, la formation pour un changement de carrière.

À propos de la division de la santé et de la sécurité du travail de la CNESST

À propos de la division de la santé et de la sécurité du travail de la CNESST

  • La CNESST fonctionne comme un fournisseur d’assurance. Les employeurs versent des cotisations à la CNESST pour les gens qui travaillent pour eux. Par conséquent, ces personnes ont droit à des prestations si elles subissent une blessure au travail.
  • Environ 3,8 millions de travailleurs québécois sont couverts par la CNESST. Cela représente 92 % de la main-d’œuvre.
  • À peu près 95 000 travailleurs reçoivent des prestations de remplacement du salaire pour « blessures professionnelles » chaque année.
  • Cependant, la plupart des demandes acceptées portent sur des blessures physiques. En ce qui concerne les blessures psychologiques découlant d’un traumatisme ou du harcèlement, la grande majorité des demandes sont rejetées parce qu’il est difficile de prouver qu’il s’agit de blessures professionnelles.
  • Les demandes pour blessures psychologiques représentent moins de 5 % du budget d’indemnisation de la CNESST.
  • Si votre demande est rejetée, vous pouvez porter appel, mais le processus est compliqué et prend beaucoup de temps. Environ la moitié des appels concernant des blessures psychologiques sont accueillis favorablement.
  • Sources: CNESST Statistiques annuelle 2023; « Workers’ Compensation for Work-Related Mental Health Problems: An Overview of Quebec Law », Jennifer Hava et Jason Stober, dans Psychosocial Risks in Labour and Social Security Law; Compensation Guide for Quebec Workers

Si vous avez été victime de harcèlement sexuel au travail, vous pourriez penser que la CNESST vous aidera. Par exemple:

  • Peut-être qu’après le harcèlement, vous avez pris du congé et avez donc perdu du revenu.
  • Peut-être que le harcèlement a endommagé votre santé mentale et vous avez dû dépenser de l’argent en médicaments contre l’anxiété ou la dépression.
  • Peut-être que le harcèlement a eu un tel effet sur vous que vous avez dû quitter un secteur à dominance masculine et avez dû suivre une formation pour un nouveau type de travail dans un domaine différent.
  • Ce sont des dépenses de ce genre—remplacement du salaire perdu, coûts des médicaments, coûts de formation—que la CNESST rembourse normalement.
  • Et il pourrait donc sembler qu’il soit judicieux de déposer une demande auprès de la CNESST.

Mais nous devons vous avertir: Il y a très peu de chances que la CNESST vous vienne en aide.

La CNESST vous donne des prestations et des mesures de soutien si vous avez subi une blessure physique au travail (ce qui est rare dans les cas de harcèlement sexuel) ou une blessure psychologique (ce qui est moins rare dans les cas de harcèlement sexuel, mais difficile à prouver). Elle ne vous aidera que si les torts que vous avez subis s’inscrivent dans l’une de ces deux catégories.

Historiquement, la CNESST a surtout traité des demandes liées aux blessures physiques subies par des travailleurs dans des secteurs à dominance masculine comme la construction et la fabrication, et dans des professions uniformisées comme les services policiers et les pompiers. Si vous glissez au travail et vous cassez la cheville, ou êtes frappé par un objet qui tombe, ou êtes blessé dans un feu ou une explosion: c’est le genre de situation pour laquelle la CNESST a été conçue et qu’elle a beaucoup d’expérience à traiter.

La CNESST a moins d’expérience avec les torts liés à la santé mentale.

Réalistement, il est probable que si vous présentez une demande à la suite de harcèlement sexuel, vous essuierez un refus. Si vous voulez aller de l’avant avec la demande après un refus, vous devrez être prêt à passer par le processus d’appel. Porter appel peut prendre beaucoup de temps et, parmi les rares appels qui sont entendus, beaucoup sont rejetés.

Il pourrait y avoir d’autres forums—par exemple, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ou la cour civile—où vous auriez une meilleure chance de succès.

Attention!

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous obtenez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ils ne remplacent pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation en particulier. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.


Il est très commun que les personnes qui ont été harcelées sexuellement réagissent en ressentant un choc, de l’incrédulité et de la confusion. Dans cet article, nous expliquerons pourquoi les gens réagissent comme ça, et ce qui peut nous aider à surmonter ces sentiments.

Le harcèlement sexuel survient habituellement par surprise. Même lorsque ce n’est pas le cas, il est très commun que les gens réagissent en étant choqués et stupéfaits.

La première chose que vous devez savoir, c’est que ce n’est pas votre faute. La personne qui vous a harcelé sexuellement pourrait même avoir fait des choses délibérément pour vous faire croire que vous pouviez lui faire confiance et que vous étiez en sécurité avec elle même si ce n’était pas le cas.

Voici une liste de choses que vous pourriez penser:

  • Je n’arrive pas à croire que ça soit arrivé.
  • Je dois m’imaginer ça pire que c’était.
  • Je ne me souviens probablement pas bien de ce qui s’est produit.
  • Il ne s’est rien passé.
  • Je ne sais pas pourquoi je suis fâché.
  • Qu’est-ce qui vient de se passer?
  • Suis-je vraiment certain de ce qui vient de se passer?
  • Je n’arrive pas à croire que ce soit encore arrivé.
  • Tout va bien, ça ne m’a pas vraiment dérangé.

Pourquoi se sent-on comme ça? Ce n’est pas que vous avez tort au sujet de ce qui s’est réellement produit. C’est le choc, la confusion et l’incrédulité, et ces sentiments sont très, très communs.

Ces réactions sont souvent empirées par les réactions des autres lorsque vous leur dites ce qui vous est arrivé. Souvent, les gens qui entendent parler d’un cas de harcèlement sexuel remettent en question ou contestent les propos de la personne qui leur en parle. Même les personnes qui tiennent à vous et qui veulent que vous soyez en sécurité pourraient être incrédules au début. Ce n’est pas parce que c’est de votre faute ou parce que votre histoire n’est pas vraie.

Donc, comment se fait-il que les autres et nous-mêmes remettons en question, doutons ou nions le harcèlement sexuel? C’est en partie parce qu’il est plus facile de ne pas y croire. Lorsqu’on lui donne le choix entre accepter que quelque chose d’horrible se soit produit ou penser qu’une personne s’est trompée, qu’elle exagère ou qu’elle ment, le cerveau préférera souvent nier qu’une chose horrible s’est produite.

Analysons ce combat pour voir à quoi il ressemble.

Lorsqu’une personne est harcelée sexuellement, sa première réaction est habituellement la surprise. La surprise passe rapidement: elle ne dure que quelques secondes ou quelques moments. Le choc s’installe ensuite. On se sent dépassé, effrayé et incapable de réfléchir clairement. Il peut y avoir des répercussions physiques: tremblements, palpitations cardiaques, larmes, difficulté à respirer et chute ou hausse soudaines de la pression artérielle.

Il peut être difficile de réaliser qu’on est en état de choc. S’il y a des personnes autour de vous en qui vous avez confiance, ça peut aider de leur demander si vous avez l’air d’être en état de choc. Si vous n’en êtes pas certain, il pourrait être plus prudent de présumer que vous l’êtes.

L’autre chose qui peut entraîner de la confusion est le moment où survientle choc. Certaines personnes ressentent le choc durant l’incident de harcèlement ou immédiatement après celui-ci, alors que d’autres peuvent le ressentir quelques heures, jours ou semaines plus tard. En fait, c’est assez commun que les gens soient calmes ou indifférents durant une situation effrayante ou éprouvante comme un incident de harcèlement sexuel. Votre cerveau pourrait attendre d’être de nouveau en sécurité avant de reconnaître les émotions fortes que vous ressentez. Il peut s’agir d’une bonne stratégie de survie, mais ça peut aussi entraîner beaucoup de confusion puisque vous pourriez avoir l’impression que vous gériez bien la situation jusqu’à ce que vos émotions vous rattrapent plus tard.

Si on voit les émotions comme des alarmes qui sonnent, la réaction retardée est un peu comme si on appuyait sur le bouton « snooze » d’un réveille-matin pendant un moment de crise. Ça peut être vraiment aider dans les situations oppressantes ou dangereuses. Cela dit, on ne choisit pas nécessairement pendant combien de temps on reporte le moment où l’alarme des émotions sonnera. Les émotions pourraient refaire surface des heures, des jours, des semaines ou même des mois plus tard.

Tâchez d’être patient avec vous-même au cours des semaines et des mois qui suivent le harcèlement sexuel. Vous pourriez ressentir des émotions fortes plus tard, surtout si votre première réaction a été de vous sentir engourdi.

Ce qui peut aider

  • Lorsqu’on vit un choc, ça peut vraiment aider de commencer par se concentrer sur ses besoins physiologiques de base. Ça comprend boire de l’eau, manger de la nourriture saine, reposer son corps et réguler sa température (vous pourriez avoir froid et frissonner, ou vous pourriez sentir un excès de chaleur et être en sueur). Si vous savez que vous êtes en état de choc, ou si vous soupçonnez que vous pourriez l’être, il est important d’être prudent—essayez d’éviter de conduire ou d’opérer de la machinerie lourde puisque vous pourriez être distrait et/ou vos réflexes pourraient être moins bons.
Attention

L’état de choc médical peut représenter un danger pour la vie. Il est important d’appeler le 911 ou de vous rendre immédiatement à l’hôpital si vous perdez connaissance, ou si votre pression artérielle chute subitement. Vous devriez également consulter un médecin si le sentiment de choc se poursuit ou s’il interfère avec votre capacité à fonctionner.

  • Ce serait probablement une bonne idée de mettre les décisions importantes de côté pour le moment. Ça peut être difficile si vous songez à faire quelque chose d’important comme quitter votre emploi. Si vous n’êtes pas certain de vouloir prendre une décision pendant que vous vivez un certain degré de choc, considérez la possibilité d’en discuter avec une personne de confiance afin de vous aider à déterminer ce qui serait le mieux pour vous. Ça peut aussi aider de vous donner un peu de temps avant de prendre une décision, si possible. Parfois, le simple fait de vous donner une nuit pour « dormir là-dessus » peut vraiment aider.
  • Prendre quelques grandes respirations peut beaucoup aider. Si vous avez de la difficulté à faire ça, commencez par essayer d’expirer le plus que vous pouvez. Imaginez que vous êtes en train de complètement vider vos poumons. Votre corps se mettra alors instinctivement à inspirer. Comptez, disons, jusqu’à trois pendant que vous inspirez, puis jusqu’à trois pendant que vous retenez votre souffle et jusqu’à trois lorsque vous expirez. Le nombre exact de secondes n’est pas important, tant que vous êtes physiquement à l’aise et que vous obtenez assez d’oxygène.
  • Songez à mettre ce que vous avez vécu par écrit. Même si vous ne vous en servez pas pour signaler l’incident ou lancer des procédures judiciaires, noter les faits principaux au sujet du harcèlement sexuel peut vous aider à vous souvenir de ce qui s’est passé et vous aider à croire en vous-même. Certaines personnes le font immédiatement après l’incident, alors que d’autres ont besoin de temps avant d’en être capables.
  • Souvenez-vous que la surprise peut amplifier les autres émotions. Parfois, lorsqu’une chose inattendue se produit, d’autres sentiments que vous pourriez ressentir sur le coup (comme la colère, la tristesse, la douleur ou la peur) pourraient être plus forts. Dans la mesure du possible, donnez-vous du temps pour vous rajuster avant d’agir en vous basant sur ces émotions.
  • Il est très important de parler avec des gens qui sauront valider vos expériences. Si vous en discutez avec une personne en qui vous avez confiance et que cette personne passe des commentaires suggérant qu’elle ne vous croit pas, il n’y a rien de mal à lui indiquer comment faire. Vous pouvez dire quelque chose comme « j’ai besoin que tu me croies » ou « j’ai besoin que tu m’écoutes sans poser de questions ». Si vous n’avez personne dans votre vie capable de valider vos expériences, considérez la possibilité d’appeler une ligne d’aide ou de consulter un professionnel ayant de l’expérience dans le soutien des personnes qui ont vécu du harcèlement sexuel.
  • Souvenez-vous de vous faire confiance. Même si vous ne réagissez pas comme vous le pensiez, sachez que ça pourrait prendre un moment avant que vous soyez capable de reconnaître toutes les émotions que vous ressentez en réaction au harcèlement sexuel. Faites confiance à votre point de vue. Faites confiance à votre mémoire. Faites confiance à vos sentiments.
Attention

Soyez patient avec vous-même. Donnez-vous du temps pour comprendre ce qui vous est arrivé. Considérez la possibilité de tenir un journal, de dessiner, ou d’employer une autre façon d’exprimer vos sentiments et vos expériences.


On met souvent la tristesse et la dépression dans le même sac, mais elles sont en fait très différentes.

Commençons par la tristesse.

On est triste lorsqu’on est blessé ou que quelque chose ne va pas dans notre vie. La tristesse, comme toutes les émotions, finit par disparaître. Mais si on essaie de la minimiser ou de l’ignorer, elle peut durer beaucoup plus longtemps.

Souvent, on ne se sent pas à l’aise de se sentir triste. Et ça peut donc sembler naturel de vouloir vous distraire ou d’éviter de vous sentir comme ça. En grandissant, on vous a peut-être appris à garder votre tristesse à l’intérieur et à faire semblant que tout allait bien.

Lorsqu’on ne sait pas comment gérer la tristesse, on se sent souvent seul et perdu. Rappelez-vous que la tristesse est quelque chose que tout le monde vit. Le fait d’ignorer votre tristesse peut empirer les choses. Ça peut sembler étrange, mais vous donner la permission de vous sentir triste peut vous aider à vous sentir plus heureux. La tristesse peut nous pousser à apporter des changements, à résoudre des problèmes et à établir des liens avec des gens qui se soucient de nous.

La dépression est différente: c’est un trouble de l’humeur. Les personnes atteintes de dépression ont une baisse de moral qui dure plusieurs semaines et peut durer jusqu’à plusieurs années. On a besoin d’aide pour gérer la dépression.

Les personnes atteintes de dépression ont tendance à se sentir mieux grâce à une combinaison de médicaments, de thérapie et de changements à leur mode de vie. Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui a accès à ces choses. Si vous n’avez pas les moyens financiers pour une thérapie ou si vous n’avez pas accès à un thérapeute, vous pourriez être en mesure de trouver de l’aide par l’entremise d’un groupe de soutien ou d’un organisme communautaire de santé mentale.

Il pourrait y avoir des raisons pour lesquelles vous hésitez à essayer ces options. Les problèmes de santé mentale comme la dépression sont souvent stigmatisés. Les gens pourraient penser que « tout est dans votre tête » ou que vous « pouvez vous forcer à passer à autre chose ». Mais la dépression est bien réelle et ce n’est pas quelque chose que l’on peut régler simplement en étant fort. La dépression peut toucher n’importe qui, peu importe sa force mentale ou émotionnelle.

Souvent, les gens qui sont déprimés disent qu’ils ne se sentent pas tristes, mais plutôt engourdis. Même sans dépression, les gens vivent des hauts et des bas émotionnels. Mais quelqu’un qui souffre de dépression peut se sentir à plat, un état où il est difficile d’avoir des émotions fortes.

Beaucoup de personnes dépressives vivent ce qu’on appelle l’anhédonie—les choses ne sont pas aussi amusantes, belles, agréables ou significatives que d’habitude. C’est presque comme si vous viviez constamment sous un nuage gris. Votre musique préférée ne sonne pas aussi bien. Un repas délicieux ne goûte pas aussi bon. Vous regardez un film drôle, mais vous ne riez pas. Les gens avec qui vous aimez habituellement passer du temps ne vous rendent plus heureux. L’anhédonie empêche votre cerveau de voir que c’est quelque chose que vous aimez encore.

Reconnaître l’anhédonie peut vous aider à comprendre que vos émotions ne sont pas nécessairement fiables en ce moment. Cette musique pourrait encore être bonne, le repas encore délicieux, la comédie encore drôle, la relation encore tendre—même s’ils n’ont pas l’air de l’être. Ça peut aider de faire la distinction entre ce qui se passe réellement et ce que vous ressentez maintenant.

Un autre symptôme commun qui peut rendre la dépression difficile à gérer est le fort sentiment de désespoir qui peut l’accompagner. Le désespoir nous ment. Il nous dit que les choses ne vont jamais s’améliorer et que ça ne sert à rien d’essayer. Mais ce n’est pas vrai. C’est le désespoir qui parle.

N’oubliez pas que, même si vous vous sentez désespéré, il y a au moins une petite partie de vous qui a encore un peu d’espoir. C’est cette partie de vous qui prend le temps de lire cet article, une partie qui pense encore, au fond, qu’il est possible que quelque chose puisse aider.

Nous voulons que vous sachiez que cette partie de vous-même a raison. Les gens qui souffrent de dépression guérissent. Ça peut être difficile. Ça peut prendre du temps. Il y a des chances que vous vous sentiez épuisé ou découragé en cours de route. Mais vous pouvez vous sentir de nouveau heureux.

Ce qui peut aider

  • Vous pouvez vous sentir heureux et triste en même temps. Le fait d’être triste pour une chose ne vous empêche pas de vous sentir heureux pour une autre chose en même temps. Essayez d’éviter de voir les choses comme étant tout ou rien. Essayez plutôt de remarquer les moments où les choses sont entre les deux extrêmes.
  • Vous ne pouvez pas « réparer » votre tristesse, mais vous pouvez vivre avec elle pour un moment. Écoutez de la musique. Lisez un livre ou une histoire sur la tristesse de quelqu’un d’autre. Écrivez comment vous vous sentez. Ou faites quelque chose de créatif (même si vous n’êtes pas artistique) pour exprimer votre tristesse.
  • Essayez de ne pas vous juger parce que vous êtes triste. N’oubliez pas que tout le monde se sent triste de temps en temps. Votre tristesse est légitime. Vous avez vécu beaucoup de choses et quelqu’un vous a blessé ou déçu. Vous n’avez pas à vous excuser de vos sentiments. La tristesse nous rappelle qu’en tant qu’humains, on a besoin d’établir des liens avec les autres. La façon de se sentir connecté aux autres est de s’ouvrir et d’être vulnérable. Ça peut faire peur, alors il est important de choisir la bonne personne, quelqu’un capable d’être compréhensif et gentil.
  • Délivrez-vous de la peur selon laquelle parler de votre tristesse sera un fardeau pour les autres. Si ça vous inquiète, vous pouvez demander à l’avance à la personne si elle est capable d’écouter et d’offrir du soutien. Plutôt que de vous excuser de ce que vous ressentez, dites merci.
  • Pleurez. Trouvez un endroit sûr et confortable et laissez-vous pleurer. Pleurer réduit votre niveau de cortisol—le cortisol est la principale hormone qui cause du stress—et peut vous aider à vous sentir moins stressé ou accablé. Pleurer est une façon de connecter avec la douleur que vous ressentez et peut être une libération émotionnelle qui vous permet de vous sentir mieux par la suite.
  • Remarquez si vous essayez de vous désensibiliser par rapport à votre tristesse. Si on vous a enseigné que c’est mal de se sentir triste, vous allez probablement essayer de vous distraire #451. Vous pourriez manger trop. Vous pourriez commencer à consommer davantage de substances comme l’alcool ou les drogues. Vous pourriez vous distraire avec la télévision, les jeux vidéo, le magasinage, les jeux de hasard, le travail ou d’autres choses pour ne pas avoir à penser à ce que vous ressentez. Il est commun et compréhensible de faire ça. Mais remarquez si ça devient trop, car ça peut faire encore plus baisser votre moral. Ces distractions peuvent rendre vos efforts pour vous remettre de ce que vous avez vécu encore plus difficiles.
  • Si vous vous sentez vraiment déprimé et que votre énergie est faible, adaptez vos attentes envers vous-même. Ce n’est pas possible d’être toujours productif ou d’avoir de l’énergie. Les jours où vous êtes épuisé et avez de la difficulté à vous lever, faites preuve de gentillesse envers vous-même et concentrez-vous uniquement sur ce qui est nécessaire. Si vous avez des enfants ou des animaux de compagnie, assurez-vous qu’on s’en occupe. Si vous ne vous sentez pas en mesure de prendre soin d’eux, demandez à quelqu’un d’autre de vous aider.
  • Essayez d’éviter de comparer vos souffrances avec celles des autres. Cela se produit lorsqu’on se dit qu’on ne devrait pas se plaindre ou être triste parce que d’autres personnes sont dans une situation pire que nous. Mais la tristesse et les autres émotions ne fonctionnent pas de cette façon. Quelqu’un d’autre qui est triste ou qui a plus de raisons de se sentir triste ne changera pas ce que vous ressentez. De plus, la personne qui est censée être dans une situation plus difficile que vous ne profite pas du fait que vous êtes dur envers vous-même parce que vous vous sentez triste. Au lieu de cela, validez vos émotions. Lorsque vous vous sentez triste, vous ne dites pas que personne d’autre n’a jamais vécu pire. Mais vous vous sentez triste et vous avez vos raisons pour vous sentir triste.
  • Il faut faire attention de ne pas tomber dans le mythe du « bonheur imminent »—se dire que le bonheur est tout près. Vous vous dites peut-être: « Je serai heureux lorsque je changerai d’emploi. » Ou bien « Je me sentirai mieux après que mon service des ressources humaines aura parlé à la personne qui m’a harcelé. » Ou encore « Je me sentirai bien mieux une fois la procédure judiciaire terminée. » Vous pouvez vous attendre à ce que tout s’améliore, mais il est plus probable que seulement certaines choses s’amélioreront un peu, tandis que d’autres demeureront difficiles. Alors, ça peut aggraver votre état. 
  • N’oubliez pas que nous nous soucions de vous. Même lorsque vous vous sentez seul, vous n’êtes pas seul. Il y a une grande communauté de gens qui peuvent comprendre ce que vous avez vécu et comment vous vous sentez, et qui—même s’ils ne vous connaissent pas personnellement—veulent que vous vous sentiez mieux.
Attention

Si votre tristesse, votre dépression ou votre désespoir signifie que vous vous sentez suicidaire ou que vous voulez faire du mal aux autres, veuillez demander de l’aide immédiatement. Ça peut être terrifiant de dire aux gens comment vous vous sentez, mais c’est absolument nécessaire lorsque votre vie est en danger. Parlez avec un ami ou un membre de votre famille en qui vous avez confiance. Appelez une ligne d’aide. Si vous avez un médecin de famille ou un thérapeute, dites-lui ce que vous ressentez. Si vous en avez besoin, allez à l’hôpital. N’oubliez pas que la façon dont vous vous sentez changera. La déprime que vous ressentez ne durera pas éternellement. La meilleure chose que vous pouvez faire pour vous-même est de rester en sécurité assez longtemps pour commencer à vous sentir mieux.


Attention

Le fait de lire au sujet de l’anxiété peut déclencher des traumatismes chez certaines personnes. Faites attention à comment vous vous sentez en lisant ce texte, et prenez une pause si vous en sentez le besoin.

Le harcèlement sexuel est fondamentalement effrayant, et ressentir de la peur ou de l’anxiété est tout à fait compréhensible.

Voici une liste de choses qui pourraient vous inquiéter:

  • Est-ce que le harcèlement va empirer?
  • Que va-t-il arriver si le harceleur n’arrête pas?
  • Que faire si le harceleur me cause encore du tort?
  • Si je signale le harcèlement, est-ce que la situation va empirer?
  • Qu’arrivera-t-il à ma carrière si les gens découvrent ce qui se passe?
  • Est-ce que je devrais signaler le harcèlement?
  • Est-ce que je devrais essayer de parler avec le harceleur afin de le convaincre d’arrêter?
  • Si j’arrive à le convaincre d’arrêter, le harceleur s’en prendra-t-il à quelqu’un d’autre?
  • Est-ce que j’ai fait quelque chose pour provoquer ça?
  • Que vais-je faire si personne ne me croit?
  • Que faire si la situation se retourne contre moi et que je me retrouve dans le pétrin?
  • Vais-je me faire renvoyer?
  • Si j’en parle aux RH et que rien ne se passe, comment vais-je pouvoir continuer à travailler ici?

Cette crainte peut être un réflexe de protection, car elle vous alerte au sujet de possibles menaces et essaie d’assurer votre sécurité. L’anxiété peut affecter votre sommeil, votre appétit, votre mémoire, votre capacité à vous concentrer et votre humeur générale. Si vous ressentez beaucoup de stress et d’anxiété, vous pourriez aussi commencer à vous sentir plus impatient, irritable ou désorienté, ou vous pourriez avoir de la difficulté à profiter des choses qui vous rendent normalement heureux.

Si vous ressentez de l’anxiété, vous pourriez avoir de la difficulté à atteindre un niveau normal de concentration dans votre travail ou votre vie personnelle. Vous pourriez faire des erreurs que vous ne commettriez pas normalement. Ça peut s’ajouter à l’anxiété que vous ressentiez déjà et augmenter votre niveau de stress général.

L’anxiété peut se manifester dans vos pensées, vos émotions et vos comportements, et elle peut causer des symptômes physiques.

Pensées: Il peut s’agir d’un état d’esprit, comme des pensées qui se répètent encore et encore, ou des inquiétudes — beaucoup de questions comme celles qui sont énumérées ci-dessus.

Émotions: Vous pourriez ressentir un sentiment qui ressemble à de la peur, de la crainte, de la tension, ou du malaise.

Comportements: L’anxiété peut vous pousser à faire les cent pas, à tout vérifier deux fois plutôt qu’une, à vous ronger les ongles, à éviter les situations angoissantes, ou à solliciter du réconfort de la part des autres.

Symptômes physiques: L’anxiété peut entraîner des symptômes physiques comme de la tension musculaire, des maux de tête, des palpitations cardiaques, des difficultés respiratoires et de la nausée.

Qu’est que sont les attaques de panique?

  • Les attaques de panique peuvent être déroutantes, surtout si vous n’en avez jamais vécu auparavant. Elles peuvent se produire même lorsque vous ne « ressentez » pas d’anxiété et que vous n’avez pas de pensées anxieuses.
  • Il est facile de confondre l’attaque de panique avec la crise cardiaque ou d’autres problèmes de santé. Si vous n’êtes pas certain de ce qui vous arrive, veuillez consulter un médecin. Une fois que vous aurez éliminé les autres possibilités, il peut être bénéfique de reconnaître qu’il s’agit d’une attaque de panique et de vous rappeler que vous êtes en sécurité et que tout ira bien.
  • Les symptômes physiques de l’attaque de panique sont très réels. Ce que vous vivez est réel. Mais une attaque de panique ne cause pas de dommages physiques. Vous ne pouvez pas mourir d’une attaque de panique. Dites-vous que, malgré ce que vous sentez, tout ira bien et l’attaque de panique passera éventuellement. Voyez votre attaque de panique comme une fausse alerte.
  • Vous pouvez vous renseigner davantage sur les attaques de panique en lisant cet article d’Anxiety Canada.

Ce qui peut aider

  • Il est important de savoir que l’anxiété peut être traitée. Les personnes aux prises avec un trouble anxieux peuvent améliorer leur état, la plupart du temps avec l’aide d’un professionnel de la santé.
  • L’anxiété et la peur surviennent lorsqu’on ne se sent pas en sécurité. Si vous êtes capable de prendre des mesures pour assurer votre sécurité, vous pourriez remarquer une baisse d’anxiété, à mesure que votre corps et votre esprit s’adaptent au fait de ne plus être autant en danger. Toutefois, même lorsque vous êtes en sécurité, vous pourriez continuer de vous sentir dans un état d’alerte élevé. Ça peut aider de vous rappeler que vous êtes dans un environnement sécuritaire en vous disant des choses comme « je suis en sécurité, maintenant ».
  • En de pareils moments, ça peut être difficile de prioriser le fait de prendre soin de soi; si ces stratégies ne permettent pas de résoudre le problème, elles peuvent faire une différence par rapport à notre capacité à gérer les sources de stress. Prendre soin de soi peut sembler très difficile ou même impossible lorsqu’on en arrache. L’exercice, manger régulièrement, rester hydraté, essayer de dormir et passer du temps avec ses proches sont autant de choses qui peuvent nous aider à mieux gérer la situation. Si ça semble difficile pour vous en ce moment, nous comprenons. Essayez de ne pas vous juger ou de vous sentir coupable. Concentrez-vous plutôt sur ce que vous faites déjà de bien, même si ce n’est pas grand-chose. You Feel Like Shit est un jeu qui fournit des conseils sur la façon de prendre soin de vous-même. Si vous êtes sur Twitter, vous pouvez suivre Tiny Care Bot pour des rappels sur comment prendre soin de soi.
  • Lorsqu’ils sont anxieux, les gens commencent souvent à boire ou à manger plus, à magasiner davantage, ou à passer plus de temps devant la télé, sur les médias sociaux ou à jouer des jeux vidéo. Si ça sonne comme vous, faites preuve de patience avec vous-même et comprenez pourquoi vous êtes à la recherche de distractions. Vous ne gagnerez rien en vous jugeant. Si ces comportements commencent à avoir des répercussions importantes sur votre santé, vos relations, vos finances, etc., soyez honnête avec vous-même et allez chercher de l’aide. Communiquez avec un professionnel — par exemple un thérapeute ou une ligne d’aide — ou trouvez des petites mesures que vous pourriez prendre pour réduire les torts que vous subissez.
Attention

Si vous continuez de ressentir de l’anxiété ou de la peur, songez à parler avec un professionnel. Vous pourriez obtenir l’aide d’une ligne d’aide ou de votre médecin de famille ou d’un thérapeute formé pour soutenir les personnes qui ont vécu du stress professionnel ou du harcèlement sexuel et/ou une agression sexuelle au travail.

Une autre chose qui peut vraiment vous aider est de trouver des façons de changer votre perspective. Anxiety Canada pourrait avoir des ressources utiles pour vous.


La première chose que devez savoir, c’est que beaucoup de personnes se blâment elles-mêmes. Et ça peut être mélangeant. Parce que même si on sait rationnellement que le harcèlement n’était pas de notre faute, on peut quand même se sentir comme si c’était le cas émotionnellement.

Si vous vous blâmez vous-même, voici le genre de choses que vous pouvez penser:

  • C’est de ma faute si c’est arrivé.
  • Je dois avoir dit ou fait quelque chose qui lui a donné l’impression que j’étais à l’aise avec ça.
  • Il doit y avoir quelque chose qui cloche chez moi parce que c’est moi qu’il a choisi.
  • Les gens sentent qu’il y a quelque chose chez moi qui fait en sorte que ce n’est pas dangereux pour eux de me harceler.
  • C’est de ma faute parce que ça m’est déjà arrivé avant.
  • J’aurais dû me méfier.
  • Si je (n’étais pas resté si tard/n’avais pas ri lorsqu’il racontait ses blagues/ne m’étais pas habillé de cette façon), rien de cela ne serait arrivé.

Ce genre de pensées peut vous faire ressentir de l’embarras, de la culpabilité, de la colère envers vous-même ou de la honte. Nous voulons toutefois être clairs: vous ne méritiez pas d’être harcelé sexuellement. C’est un fait, peu importe ce que vous portez, ce dont vous avez l’air, combien d’argent vous gagnez, l’endroit où vous travaillez, ce que vous faites ou quoi que ce soit d’autre.

Vous ne méritiez pas ce qui vous est arrivé. Ce n’était pas de votre faute.

Malgré tout, il arrive qu’on se blâme soi-même. Pour passer par-dessus ça, ça peut aider de comprendre pourquoi on fait ça.

Ce n’est pas de votre faute

Il est commun de se demander ce que l’on a bien pu faire pour provoquer le harcèlement sexuel.

La vérité, c’est que la personne qui vous a harcelé allait probablement harceler quelqu’un.Il est très rare qu’une personne ne harcèle sexuellement qu’une personne, une seule fois. Cette personne a probablement harcelé d’autres gens avant vous, et elle harcèlera probablement d’autres gens dans le futur.

Il est très important de comprendre qu’il n’y a rien de particulier à propos de vous qui a provoqué le harcèlement.

Le harcèlement sexuel est incroyablement commun, et toutes sortes de personnes sont harcelées. Les plus jeunes comme les plus vieux. Les personnes qui s’habillent modestement et celles qui ne le font pas. Les personnes considérées attirantes et les personnes qui ne le sont pas. Les personnes religieuses et les personnes qui ne le sont pas. Les personnes qui se comportent selon les attentes de la société et les personnes qui ne le font pas.

Sérieusement: ça n’a rien à voir avec vous. Ça n’a rien à voir avec qui vous êtes et ce que vous avez fait.

C’est facile à dire, mais pour beaucoup d’entre nous, ça peut prendre du temps avant de vraiment l’accepter. Continuez à lire pour comprendre certaines des raisons pour lesquelles on se blâme.

Vous ne pouvez pas contrôler les autres

Après avoir vécu une expérience blessante, votre cerveau cherche des façons d’empêcher l’événement de se reproduire. Même lorsque c’est quelque chose que vous ne pouvez pas contrôler, comme quelque chose qu’une autre personne fait, votre cerveau cherche des façons de vous protéger.

Vous pourriez penser des choses comme celle-ci: « Si je peux trouver ce que j’ai fait pour provoquer ça, alors je pourrai éviter de le faire et cette horrible chose ne se reproduira pas. »

Imaginez que vous trébuchez et que vous vous blessez. Vous passerez peut-être en revue ce que vous faisiez avant. Disons que vous réalisez que vous courriez, ou que vous ne regardiez pas où vous alliez lorsque vous êtes tombé et c’est ce qui a provoqué votre chute. À l’avenir, vous ralentirez et regarderez plus attentivement où vous mettez les pieds afin de ne pas trébucher de nouveau.

Mais vous ne contrôlez pas toujours les choses. Être harcelé sexuellement ressemble moins au fait d’avoir couru et trébuché, et plus au fait d’avoir été poussé par quelqu’un. Si vous réfléchissez à ce que vous avez fait ou ce que vous n’avez pas fait, ça ne vous aidera pas vraiment à empêcher le harcèlement de se reproduire.

Ce n’est pas quelque chose que vous avez fait

Vous avez peut-être déjà sorti avec la personne, ou flirté avec elle ou eu des relations sexuelles avec elle. Peut-être que vous saviez ou soupçonniez que la personne avait déjà eu des comportements inappropriés avec les autres. Peut-être que vous aviez toujours admiré cette personne, que vous la considériez comme un ami ou un mentor, ou comme quelqu’un qui vous a beaucoup aidé par le passé. Peut-être ça s’est produit plus qu’une fois.

Peut-être que lorsque c’est arrivé, vous ne saviez pas comment réagir et vous n’avez rien dit. Peut-être qu’après que ça soit arrivé, vous avez été trop gentil avec la personne ou vous lui avez assuré que ce n’était pas grave. Peut-être que la personne en question ne correspond pas à l’image qu’on se fait d’un harceleur: elle est une femme ou quelqu’un de très respecté dans la société ou quelqu’un de plus attirant que vous ou quelqu’un de plus petit que vous physiquement. Alors, vous ou les autres avez de la difficulté à croire que cette personne puisse vous faire du mal. Peut-être que vous aimez beaucoup cette personne pour d’autres raisons et que vous avez de la difficulté à la voir comme quelqu’un qui vous a blessé.

C’est important de savoir qu’il n’est pas inhabituel que la situation semble compliquée — en fait, c’est ce qui est le plus commun. La majorité des cas de harcèlement sexuel impliquent une quelconque complication.

Souvent, la personne qui vous harcèle sexuellement utilise ces complications pour semer la confusion dans votre esprit, pour nier ce qui est arrivé ou pour se convaincre elle-même ou pour convaincre les autres que ce qu’elle a fait était correct.

Mais la vérité, c’est qu’elle vous a harcelé.

Pourquoi parfois les gens ne vous croient pas

Il est possible qu’après avoir vécu du harcèlement sexuel, quelqu’un à qui vous racontez l’incident minimise, banalise ou refuse carrément de croire ce que vous lui dites.

La personne à qui vous vous confiez pourrait vous demander ce que vous avez fait, ce que vous portiez ou comment vous avez réagi, laissant entendre que c’est en quelque sorte de votre faute. Il peut alors être encore plus difficile de ne pas se sentir responsable.

Pourquoi les gens vous remettent-ils en question ou refusent-ils de vous croire? Il peut y avoir beaucoup de raisons.

  • Ils pourraient être surpris ou sous le choc.
  • Ils pourraient être incapables de concevoir que vous avez été blessé.
  • Ils pourraient être incapables de concevoir qu’une personne qu’ils respectent ou en qui ils ont confiance puisse harceler une autre personne.
  • Ils pourraient vouloir protéger la personne qui vous a harcelé ou l’entreprise pour laquelle vous travaillez.
  • Ils pourraient avoir des idées préconçues sur ce qui compte (ou ne compte pas) comme du harcèlement sexuel. Par exemple, ils pourraient présumer que ça peut seulement compter si le harceleur a été violent physiquement.
  • Ils pourraient penser que vous avez fait quelque chose pour provoquer le harcèlement ou que vous le méritiez.

On parvient tranquillement à modifier ce genre de réactions, mais l’impression qu’il est possible d’éviter le harcèlement sexuel demeure forte.

Cette vidéo permet d’illustrer à quel point vous avez tort de vous blâmer vous-même au lieu de la personne qui vous a harcelé sexuellement.

Ce qui peut aider

  • Il peut être bénéfique de comprendre pourquoi le cerveau continue de répéter (encore et encore) les raisons qui nous poussent à croire que c’est de notre faute. Souvenez-vous que, même lorsque votre cerveau parvient à identifier quelque chose que vous auriez pu faire différemment, ce n’est pas la même chose qu’être la personne qui a causé le harcèlement.
  • Souvenez-vous qu’au moment du harcèlement, vous ne saviez peut-être pas tout ce que vous savez maintenant. Même s’il y a des choses que vous feriez différemment aujourd’hui, vous n’aviez probablement pas toute l’information nécessaire pour savoir quoi faire ou ne pas faire lorsque le harcèlement s’est produit.
  • Posez-vous la question suivante: « Comment me sentirais-je si un ami proche se trouvait à ma place? » Blâmeriez-vous autant votre ami? Ou seriez-vous plus patient et protecteur? La plupart des gens ont plus de facilité à se montrer compatissant à l’égard d’un ami qu’envers eux-mêmes. Pour les mêmes raisons pour lesquelles vous ne blâmeriez pas un ami d’avoir été harcelé sexuellement, vous ne méritez pas ce blâme.
  • Souvenez-vous que le harcèlement que vous avez subi ne vous définit pas et qu’il n’affecte pas votre valeur. C’est quelque chose qui vous est arrivé. C’est quelque chose qui peut avoir un gros impact sur vous. Mais ce n’est pas de votre faute. Le harcèlement sexuel est entièrement de la faute de la personne qui vous a harcelé.
  • Discutez avec une personne compatissante et encourageante. Expliquez-lui que vous avez l’impression d’être blâmé lorsqu’on vous pose certaines questions, et dites-lui clairement ce qu’elle peut faire pour vous soutenir. Souvent, on a juste besoin de quelqu’un qui saura écouter et faire l’effort de comprendre. Si c’est difficile de trouver quelqu’un dans votre vie qui est capable de faire ça, envisagez la possibilité de parler avec un thérapeute ou un travailleur de la santé qui a de l’expérience avec les personnes qui ont subi du harcèlement sexuel. Si c’est difficile d’avoir accès à de l’aide professionnelle, songez à appeler une ligne d’aide.

Le harcèlement sexuel peut nuire à votre santé mentale de bien des façons:

  • Il peut faire en sorte que vous ayez peur d’aller au travail.
  • Il peut faire en sorte que vous soyez tendu, agité ou anxieux, et que vous soyez inquiet de ce qui va se passer par la suite. 
  • Il peut affecter votre sommeil, votre appétit ou votre capacité à profiter d’autres activités.
  • l peut faire en sorte que vous passiez beaucoup de temps à essayer de comprendre comment le faire cesser.
  • Il peut vous distraire de votre travail ou de vos autres priorités. Ça peut vous rendre inquiet au sujet de votre rendement au travail ou par rapport à vos autres responsabilités.
  • Il peut faire en sorte que vous soyez irritable et soupe au lait, ce qui peut entraîner des problèmes dans vos relations.
  • Il peut faire en sorte qu’il soit difficile de vous sentir connecté à vos proches ou d’avoir le sentiment d’être compris.

L’une des principales façons dont le harcèlement peut nuire à votre santé mentale est de faire en sorte que vous vous blâmiez (à tort!) pour avoir été harcelé.

C’est très commun que les gens se blâment eux-mêmes. C’est très commun qu’ils ressentent de la honte et de la culpabilité. Ou qu’ils aient le sentiment que c’est la preuve qu’ils sont de mauvaises personnes.

Ça peut entraîner des troubles graves de santé mentale.

Nous voulons donc vous dire très clairement: ce n’est pas de votre faute. Essayez vraiment de comprendre et de croire ça, parce que c’est important pour votre bien-être mental.

Vous allez prendre des décisions sur la façon de gérer le harcèlement, et nous voulons que vous compreniez comment ces décisions peuvent aussi affecter votre santé mentale.

Santé mentale et rester au travail

Beaucoup de gens, lorsqu’ils sont harcelés au travail, décident de garder leur emploi et d’essayer de tolérer la situation. Voici ce à quoi ça peut ressembler.

Souvent, les gens ne disent à personne qu’ils sont harcelés, sauf peut-être à un ami proche ou à un membre de leur famille. Ils peuvent prendre discrètement des mesures pour essayer de se protéger. Peut-être parlent-ils directement au harceleur pour essayer de mettre fin au harcèlement. Peut-être se joignent-ils à un « réseau de chuchotements ». Peut-être essaient-ils simplement de ne pas attirer l’attention et de se concentrer sur leur travail.

Ça peut fonctionner. Mais votre corps et votre esprit auront besoin d’être rassurés sur le fait que vous avez éliminé la menace avant qu’ils puissent commencer à se sentir plus en sécurité et moins stressés. C’est très difficile à faire si vous avez été harcelé sexuellement au travail et que vous continuez à y retourner. 

De plus, si le harcèlement continue, il continuera à nuire à votre sentiment de sécurité et de bien-être. Ça signifie plus de stress en plus de tous les autres facteurs de stress que vous avez déjà dans votre vie. Ça peut commencer à devenir insoutenable.

Même si le harcèlement cesse, retourner dans l’espace où vous avez été harcelé peut susciter des sentiments inconfortables. C’est tout particulièrement vrai si le harcèlement s’est produit sur une longue période ou s’il était grave.

Par conséquent, beaucoup de gens qui restent au travail finissent par se sentir épuisés.

Pour certaines personnes, rester au travail peut bien se passer. Mais si c’est ce que vous choisissez de faire, c’est une bonne idée de surveiller votre santé mentale pour vous assurer que, si vous commencez à présenter des signes de traumatisme ou d’épuisement professionnel, vous les reconnaissiez et trouviez des façons d’obtenir le soutien dont vous avez besoin.

Plus loin dans cet article, nous vous indiquerons certaines choses à surveiller. S’il vous plaît, essayez de surveiller l’état de votre santé mentale. C’est important. Votre santé mentale vaut la peine d’être protégée.

Santé mentale et quitter votre emploi

Le fait de quitter votre emploi pourrait ne pas avoir de sens pour vous pour des raisons financières ou professionnelles. C’est aussi complètement injuste. Pourquoi seriez-vous obligé de démissionner parce que quelqu’un a décidé de vous harceler?

Mais se sortir d’une situation non sécuritaire peut être une très bonne façon de protéger votre santé mentale, surtout s’il semble que le harcèlement ne cessera pas. Ça ne veut pas dire que vous pouvez nécessairement le faire. Toutefois, si vous pouvez démissionner, ça vaut la peine d’y réfléchir.

Si vous démissionnez, vous pourriez penser que tout le stress que le harcèlement vous cause disparaîtra immédiatement. Mais ce n’est pas vraiment ce qui arrive. Même une fois que la source originale de stress est disparue, ses effets peuvent prendre plus de temps à disparaître.

C’est important de savoir que le fait de quitter votre emploi peut également vous mener à d’autres situations stressantes, comme le chômage, le sous-emploi, la rétrogradation ou accepter un emploi à un endroit où vous n’auriez pas choisi de travailler dans d’autres circonstances. Toutes ces situations peuvent entraîner leurs propres défis et vous amener à remettre en question votre décision de changer d’emploi.

Néanmoins, c’est souvent mieux pour votre santé mentale de sortir d’un environnement qui n’est pas sécuritaire. C’est seulement lorsqu’on est dans un espace sécuritaire qu’on peut vraiment commencer à se remettre de ce qu’on a vécu. Pour en savoir plus sur la façon de quitter votre emploi, consultez Comment décider de quitter ou non votre emploi, et comment le faire correctement.

Santé mentale et signaler le harcèlement

Si vous avez un excellent employeur et des collègues qui vous soutiennent, il est possible que le signalement se passe bien pour vous. Mais malheureusement, pour de nombreuses personnes, le fait de signaler un cas de harcèlement sexuel à leur employeur peut être très, très mauvais pour leur santé mentale.

Ça ajoute une couche de traumatisme ou de détresse à la douleur que vous avez déjà vécue à cause du harcèlement sexuel.

L’une des choses qui sont vraiment communes lorsque vous signalez un cas de harcèlement sexuel, c’est que les gens réagissent en sympathisant avec le harceleur. Ils peuvent croire que vous exagérez, que vous comprenez mal ou même que vous mentez au sujet de ce qui s’est passé.

Ça arrive parce que ça peut être plus facile pour les gens de croire que quelqu’un ment ou exagère que de devoir reconnaître qu’il se passe quelque chose d’horrible—comme du harcèlement sexuel. Ce n’est ni acceptable ni juste pour vous, mais c’est malheureusement un préjugé commun à de nombreuses personnes comme les employeurs, les superviseurs et les collègues.

Décider de signaler ou non, c’est entièrement votre choix. Si vous voulez signaler, nous vous appuyons. Mais nous voulons que vous sachiez quelles peuvent être les conséquences injustes, et comment elles peuvent rendre les choses plus difficiles pour votre santé mentale et physique. Nous voulons que vous soyez prêts.

Alors, voici ce que vous devez savoir. Si vous signalez, les gens au travail peuvent vous traiter froidement, potiner à votre sujet ou vous juger. Ils peuvent sympathiser avec le harceleur ou croire que vous exagérez, que vous comprenez mal ou même que vous mentez au sujet de ce qui s’est passé. Votre boss peut vous éviter ou être dur ou formel avec vous. Il peut réduire vos heures de travail, apporter des changements dont vous ne voulez pas ou dont vous n’avez pas besoin à votre emploi, ou cesser de bien vous traiter. Le harceleur peut tenter de saboter votre capacité à faire votre travail ou essayer de retourner les autres contre vous.

Si vous participez à un processus juridique, ça peut être encore plus traumatisant. Vous pourriez avoir à décrire votre expérience encore et encore, y compris à des gens que vous ne connaissez pas. Les personnes en position d’autorité pourraient agir comme si elles ne vous croyaient pas, ou comme si ce qui vous est arrivé n’était pas grave. Malheureusement, il est beaucoup trop fréquent de ne pas obtenir le résultat recherché, et ça peut vous donner le sentiment d’être trahi. Comme si le système qui est censé vous protéger vous avait complètement laissé tomber.

Tout ça peut être mauvais pour votre santé mentale. Ça peut augmenter la probabilité de développer un trouble de stress post-traumatique, une dépression, de l’anxiété et d’autres troubles de santé mentale.

Signaler peut quand même être la bonne décision pour vous. Mais nous voulons que vous compreniez les risques que ça implique afin que vous puissiez vous y préparer.

Santé mentale et ne pas signaler le harcèlement

Certaines personnes choisissent de ne pas signaler le harcèlement sexuel par peur pour leur sécurité ou leur bien-être, ou en raison des conséquences possibles pour leur carrière ou d’autres aspects de leur vie.

Mais le fait de ne pas signaler comporte aussi certains risques.

Si vous décidez de ne pas signaler, vous pourriez vous sentir jugé par des gens qui veulent ou qui s’attendent à ce que vous signaliez. Vous pourriez vous sentir obligé de dénoncer alors que vous n’avez pas le sentiment que c’est sécuritaire, ou que vous ne savez pas ce qui est le mieux pour vous. Vous pourriez vous sentir coupable, non seulement par rapport à vous-même, mais aussi par rapport à d’autres personnes qui ont vécu du harcèlement sexuel dans le passé ou qui pourraient en vivre dans le futur.

Parfois, les gens disent ou laissent entendre que le fait de choisir de ne pas signaler un incident signifie que vous êtes décevant ou que vous trahissez votre genre, votre race, votre sexualité ou d’autres groupes dont vous faites partie. Cela peut mener à des sentiments d’embarras, de honte, de manque d’appartenance, de blâme ou de culpabilité. Ça peut aussi vous faire sentir mal compris et seul.

Nous voulons être clairs: personne d’autre que vous ne peut ou ne devrait prendre cette décision.

Vous n’êtes pas responsable d’assumer le fardeau de signaler ce qui s’est passé. Si la personne qui vous a harcelé continue de harceler d’autres personnes dans le futur, c’est entièrement la faute de la personne qui fait le harcèlement.

Nous vous encourageons à prioriser ce qui est le mieux pour vous. Signaler ou non, c’est une décision tout à fait personnelle, et une décision que vous avez le droit de prendre vous-même.

Si possible, il peut être bénéfique de parler à d’autres personnes qui vous comprennent et qui ne mettront pas de pression sur vous, et qui respectent le fait qu’il s’agit de votre décision.

Comment savoir si votre santé mentale est atteinte

Tout le monde réagit différemment au stress, et il y a donc de nombreux signes qui peuvent indiquer que votre santé mentale est atteinte. En voici quelques-uns qui pourraient vous aider à savoir si ça vous arrive:

  • Vous vous sentez seul et vulnérable.
  • Vous êtes plus irritable et soupe au lait que d’habitude.
  • Vous vous blâmez, vous avez l’impression d’être une mauvaise personne, vous vous sentez coupable ou honteux.
  • Vous êtes épuisé.
  • Vous dormez plus ou moins que d’habitude.
  • Vous mangez plus ou moins que d’habitude.
  • Vous buvez plus d’alcool ou vous consommez plus de drogues que d’habitude.
  • Vous vous éloignez de vos amis et de votre famille.
  • Vous avez peur d’être seul.
  • Vous n’aimez plus les choses que vous trouviez agréables avant.
  • Vous souffrez de maux de tête, de douleurs musculaires, de nausées, de troubles gastro-intestinaux ou d’autres symptômes physiques du stress.
  • Vous ressentez un désir d’automutilation.
  • Vous songez à mettre fin à vos jours.
  • Vous vous sentez désespéré par rapport à l’avenir.

Si, à un moment donné, vous vous demandez si la mort pourrait être une solution aux souffrances que vous vivez, c’est très important de demander de l’aide. Appelez une ligne d’aide, parlez à votre médecin de famille ou rendez-vous à l’hôpital le plus près. Essayez de vous rappeler que la manière dont vous vous sentez présentement va changer. Le plus important, c’est de rester en sécurité assez longtemps pour vous donner le temps de commencer à vous sentir mieux. Les lignes d’aide, les hôpitaux et les autres professionnels—ainsi que la famille, les amis et d’autres êtres chers—peuvent vous soutenir jusqu’à ce que cela se produise.


Si vous lisez cet article, nous supposons que vous avez été harcelé et que vous y pensez beaucoup. Les personnes que nous avons interrogées ont décrit leur harcèlement comme une « obsession », une idée à laquelle elles ne peuvent s’empêcher de penser. C’est peut-être votre cas.

Nous allons vous demander de faire quelque chose qui pourrait paraître un peu bizarre.

Nous allons vous demander pendant un moment de faire comme si le harcèlement n’était jamais arrivé. Sortez-le complètement de votre esprit.

Prenez ensuite quelques minutes pour réfléchir aux questions suivantes. Nous ne vous demanderons pas de faire quoi que ce soit avec les réponses. Nous vous demandons juste de réfléchir.

  • Qu’est-ce que vous aimez de votre travail actuel, et qu’est-ce que vous n’aimez pas?
  • Lorsque vous vous imaginez dans 5 ou 10 ans, quel emploi aimeriez-vous avoir?
  • Quels sont vos plans pour y arriver?

Maintenant, essayez de réfléchir aux questions suivantes:

  • Quelle est la prochaine étape évidente de ma carrière?
  • Si j’obtenais vraiment une bonne promotion, quelque chose qui rendrait mes amis et ma famille vraiment fiers, quel serait ce travail?
  • Dans un monde fantastique où je pourrais faire tout ce que je veux, quel genre de travail trouverais-je incroyablement satisfaisant et qui surprendrait les autres autour de moi?

Maintenant, prenez une minute pour réfléchir au genre d’emploi que vous aimez.

  • Aimez-vous la stabilité et la sécurité, ou préférez-vous ce qui est nouveau, amusant et stimulant?
  • Aimez-vous les emplois qui sont calmes et routiniers, ou préférez-vous les emplois dynamiques où vous êtes pressé dans le temps et tout va vite?
  • Aimez-vous travailler seul, ou préférez-vous faire partie d’une équipe?
  • Voulez-vous un équilibre entre le travail et la vie personnelle, ou est-ce que le travail est votre priorité?
  • Voulez-vous avoir l’impression que votre travail rend le monde meilleur, ou voulez-vous être créatif, résoudre des problèmes difficiles, gagner beaucoup d’argent ou avoir du pouvoir et de l’autorité?

Pourquoi est-ce que nous vous posons ces questions?

Parce que le harcèlement sexuel a tendance à détourner les gens de leur chemin et à leur faire oublier leurs objectifs.

C’est évident: vous n’avez pas demandé à vous faire harceler. Vous ne vous y attendiez pas, et vous n’avez probablement pas de plan sur la façon de gérer la situation. C’est donc logique que ce genre d’événement puisse vous freiner, et que vous ayez besoin de mettre le reste de côté pour déterminer comment le gérer.

C’est correct et normal, jusqu’à un certain point. Un jour, vous aurez besoin que ça arrête.

Si le harceleur peut vous détourner de votre chemin et vous faire passer tout votre temps à réfléchir à lui et à comment gérer son harcèlement… eh bien, pour nous, c’est le harceleur qui gagne. Vous êtes complètement piégé, à tourner en rond, alors que le harceleur, lui, continue de vivre sa vie comme si de rien n’était.

Nous voulons vous voir gagner.

Alors, nous allons donc rendre ça aussi clair que possible.

La meilleure façon de protéger votre carrière, c’est de continuer à vous concentrer sur votre carrière.

C’est ce que nous vous souhaitons.

Comment protéger votre carrière si vous avez signalé le harcèlement

Vous pourriez avoir de la difficulté à vous concentrer sur votre travail lorsque vous vous faites harceler. Nous vous comprenons. Oui, c’est difficile. Voici donc quelques conseils.

Si vous avez signalé le harcèlement, trouvez des occasions de discuter avec votre boss d’autres sujets le plus rapidement possible

Le sujet en tant que tel n’est pas très important. L’idée, c’est d’avoir des conversations normales et ordinaires avec votre boss qui n’ont rien à voir avec le harcèlement. Votre but est de lui montrer que vous êtes la même personne que vous étiez avant de signaler le harcèlement, afin de maintenir une relation de travail normale sans qu’il soit mal à l’aise quand il est avec vous. Vous voulez être reconnu comme « Alex, mon employé » et pas comme « Alex, qui a causé un cauchemar juridique à mon entreprise et à moi-même ».

Essayez d’éviter d’être décrit par les autres comme « la personne qui s’est fait harceler sexuellement »

Vous pourriez préparer des scénarios pour ça. Par exemple:  « J’aimerais vraiment mieux éviter de parler de harcèlement ou d’y penser, changeons de sujet » ou « J’ai dénoncé le harcèlement, et c’est pas mal derrière moi aujourd’hui. Le problème est maintenant entre lui et l’entreprise, ça n’a rien à voir avec moi. » Ça pourrait aussi ressembler à: « Je vois le harcèlement qui m’est arrivé comme une malchance, comme si j’avais eu un accident de voiture ou si je m’étais fait voler. J’aimerais vraiment passer à autre chose. »

Essayez de dissuader les gens de s’imaginer la situation comme une sorte de chicane entre vous et le harceleur

Vous pouvez également préparer des scénarios pour ça. Par exemple: « Je connaissais à peine le gars avant que ça arrive. Je connaissais à peine son nom. » Ou bien: « Je n’ai aucune idée pourquoi quelqu’un ferait quelque chose comme ça. Je me contentais de faire mon travail quand il a sorti ça de nulle part. Vraiment bizarre. » Ou encore: « Je n’ai pas vraiment d’opinion sur ce que l’entreprise devrait faire avec ça. Je ne suis pas expert en harcèlement et je ne fais pas partie des RH, alors comment pourrais-je savoir? »

Essayez de ramener l’attention des gens sur le fait que vous êtes un travailleur, un employé qui a des buts, des espoirs et des rêves

C’est très important. Tournez-vous vers les gens qui pourraient, à votre avis, vous aider dans votre carrière, que ce soit à votre travail ou à l’extérieur de celui-ci. Discutez ouvertement avec eux de vos espoirs et de vos rêves professionnels. Encouragez-les à vous parler des possibilités, à vous recommander pour des postes et à faire connaître vos compétences. Les autres peuvent vous être d’une grande aide dans votre carrière, mais ils ne peuvent rien faire s’ils ne savent pas ce que vous voulez.

Voilà nos conseils sur le sujet.

Si rien de tout ça ne fonctionne et que les choses continuent de mal aller, nous vous conseillons sérieusement de penser à chercher un nouvel emploi. Parfois, changer d’emploi est la meilleure façon de protéger sa carrière. Si c’est le cas pour vous, mieux vaut commencer rapidement, avant que votre carrière ne soit trop amochée.

Comment protéger votre carrière si vous gardez votre emploi sans signaler le harcèlement

Celle-là est facile. Si vous restez au travail sans signaler le harcèlement, votre carrière pourrait ne pas être affectée du tout.

Dans ce scénario, le harcèlement s’est éventuellement arrêté, ou vous avez trouvé un moyen d’y mettre un terme ou de l’ignorer de façon sécuritaire. Vous n’avez pas besoin de changer quoi que ce soit d’important à votre travail pour assurer votre sécurité. Personne ne parle dans votre dos. Et éventuellement, vous arrêtez d’y penser.

Les choses se passent souvent de cette façon, et si c’est ce qui vous arrive, tant mieux. Mais vous ne pouvez pas compter là-dessus.

Ce qui arrive parfois, c’est que vous pensez gérer sans trop de difficulté, alors qu’en réalité le harcèlement gruge une grande partie de votre temps et de votre énergie émotionnelle. Tout a l’air de « bien aller » (vous n’êtes pas en miettes, vous survivez), mais vous n’avez tout simplement pas le temps et l’énergie que vous aviez à consacrer à votre travail avant le harcèlement, ce qui affecte votre performance.

Ou, ça ne va pas bien du tout. Le harcèlement vous épuise et affecte votre santé mentale. La dégradation se produit si lentement que vous ne la remarquez même pas. Mais vous constatez un jour que vous êtes dans un état épouvantable.

Vous ne voulez pas que ça vous arrive. Vous devez donc surveiller votre état.

Nous vous recommandons donc de faire un bilan de votre situation. Vous pouvez le faire tous les jours, ou une fois par semaine. Peut-être l’inscrire à votre calendrier. De temps en temps, posez-vous les questions suivantes:

  • À quand remonte la dernière fois où j’ai pensé au harcèlement?
  • Quelle était la dernière fois où j’ai fait quelque chose différemment en raison du harcèlement?
  • Est-ce que le harcèlement rend mon travail plus difficile?

Si vous n’aimez pas les réponses à ces questions, il pourrait être le temps de commencer à chercher un nouvel emploi.

Comment protéger votre carrière si vous quittez votre emploi

À ce stade, vous savez que nous pensons que quitter votre emploi pourrait être une bonne façon de protéger votre carrière.

Ce n’est pas juste, et vous ne devriez pas avoir à en arriver là, mais la réalité, c’est que c’est parfois la meilleure décision.


Lorsque vous êtes harcelé sexuellement au travail, vous avez trois options de base. Vous pouvez:

  1. rester au travail et essayer de vivre avec la situation, sans signaler le harcèlement
  2. rester au travail et signaler officiellement le harcèlement à une personne en position d’autorité
  3. quitter votre emploi

Chacun de ces choix vous affectera financièrement. 

Dans cet article, nous allons les examiner un par un.

Que se passe-t-il si vous décidez de rester au travail et d’essayer de vivre avec la situation

Nous allons commencer par le choix le plus commun. La plupart des gens, du moins au début, décident de rester au travail et d’essayer de vivre avec le harcèlement.

D’un point de vue purement financier, c’est votre meilleure option parce que ça signifie que les choses resteront pas mal les mêmes sur le plan financier.

Il se pourrait que vous ayez besoin de dépenser plus d’argent pour vous protéger. (Comme prendre un taxi plutôt que l’autobus ou acheter une application de sécurité pour votre téléphone.) Ou vous pourriez vous retrouver à renoncer à une partie de vos moyens pour gagner de l’argent. (Par exemple, pour éviter le harceleur, vous devrez peut-être abandonner certains quarts de travail ou certains clients.)

Mais, en général, si vous gardez votre emploi actuel, les choses ne changeront probablement pas beaucoup d’un point de vue financier.

Du moins, pas au début.

Nous devons toutefois vous mettre en garde. Les chercheurs disent que si vous êtes harcelé sexuellement pendant une longue période—que ce soit par une personne ou par plusieurs personnes différentes—votre santé mentale commencera à se détériorer. Et ça peut finir par vous coûter de l’argent.

  • Vous pourriez finir par avoir besoin de prendre des congés de maladie non payés ou de prendre un congé pour cause de stress. Vous finirez peut-être par dépenser beaucoup d’argent sur des choses pour vous faire sentir mieux. Vous finirez peut-être par avoir besoin de voir un thérapeute ou de payer pour des médicaments.
  • À mesure que le stress s’accumule, vous pourriez vous retrouver à moins bien faire votre travail, ce qui peut aussi vous coûter de l’argent. Vous pourriez ne pas obtenir de promotion ou d’augmentation de salaire. Dans le pire des scénarios, vous pourriez être congédié.
  • Si le harcèlement dure assez longtemps, certaines personnes se réveillent un jour complètement incapables d’aller au travail. Elles sont tellement stressées et tellement brûlées qu’elles en ont tout simplement assez. Elles pensaient qu’elles s’en sortaient bien jusqu’au jour où… ce n’était plus le cas.

Rester au travail et essayer de vivre avec la situation peut bien se passer. Mais vous pourriez être affecté financièrement et, si le harcèlement est assez grave, vous pourriez vous retrouver dans l’incapacité de travailler.

Que se passe-t-il si vous décidez de signaler officiellement le harcèlement

Signaler le harcèlement sexuel est risqué.

Si vous avez un bon employeur, il s’occupera de votre plainte d’une manière appropriée, et vous ne devriez pas subir de conséquences financières.

Mais pour la plupart des gens, ce n’est pas le cas.

Lorsque les gens se plaignent d’être harcelés, il est fréquent que leur employeur finisse par les punir pour ça, et cette punition est souvent financière. Vous obtenez moins de quarts, moins d’heures, moins de tâches. Vous êtes rétrogradé, ou on vous refuse une promotion ou une augmentation de salaire que vous auriez dû obtenir. Dans le pire des cas, vous êtes congédié. Voir Comment signaler le harcèlement sexuel à votre employeur.

Et ce n’est pas seulement votre employeur qui peut vous causer du tort sur le plan financier. Vos collègues et votre réseau professionnel peuvent vous coûter de l’argent.

En effet, lorsque les gens apprennent que quelqu’un s’est plaint d’avoir été harcelé sexuellement—qu’il s’agisse d’un collègue, d’une connaissance professionnelle ou d’un boss dans une autre entreprise—il est malheureusement fréquent qu’ils décident que la personne qui a signalé est une fautrice de trouble et une drama queen.

Ça peut vous coûter de l’argent parce que, normalement, on a besoin d’autres personnes pour nous aider à faire de l’argent. Les autres nous parlent des occasions à saisir, nous disent comment obtenir une promotion ou une augmentation de salaire, et nous recommandent pour des emplois. Si ça cesse, nos finances vont en souffrir.

Donc signaler le harcèlement est financièrement risqué. Tout peut bien se passer, mais si les gens décident que vous êtes un fauteur de trouble, ça pourrait vous coûter de l’argent.

Que se passe-t-il si vous décidez de quitter votre emploi

Quitter votre emploi peut sembler être la meilleure décision financière que vous puissiez prendre. Vous pouvez partir selon vos conditions et votre propre échéancier, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’interruption par rapport à votre paie. Et vous vous éloignez du problème et de tous les risques qu’il a engendrés.

Mais qu’arrive-t-il à la plupart des gens qui quittent leur emploi pour échapper au harcèlement sexuel? Ils finissent par gagner moins à leur nouvel emploi.

Lorsque les femmes quittent un emploi en raison du harcèlement sexuel, les recherches indiquent qu’elles passent souvent à un emploi de moindre qualité ou avec un salaire inférieur. Cela a un impact sur la sécurité économique des femmes à court et à long terme, car elles gagnent moins et finissent par prendre leur retraite avec moins de revenus.

Deborah J. Vagins et Mary Gatta, American Association of University Women
« Limiting Our Livelihoods: The Cumulative Impact of Sexual Harassment on Women’s Careers. »

Une étude a révélé que quatre personnes sur cinq qui avaient été harcelées sexuellement avaient un emploi différent deux ans plus tard. Les chercheurs ont interviewé ces personnes, et voici quelques-unes des histoires qu’ils ont découvertes:

  • Une agente de bord a fini par accepter un emploi dans un hôpital. Son salaire a chuté de 50 %.
  • Une intervenante en soins aux patients a accepté un emploi différent ou elle faisait le même type de travail. Son salaire a chuté de 9 %.
  • Une infirmière a accepté un autre emploi en soins infirmiers. Son salaire a chuté de 40 %.
  • Une adjointe administrative a accepté un emploi dans un centre d’appels. Son salaire a chuté de 52 %.
  • Une apprentie de l’industrie de la construction a accepté un poste de chauffeuse d’autobus. Son salaire a chuté de 29 %.
  • Une chef de quart dans un restaurant de restauration rapide a accepté un emploi dans un autre restaurant de restauration rapide. Son salaire a chuté de 11 %.

Ces personnes n’étaient pas seulement moins bien payées; leurs nouveaux emplois étaient aussi financièrement moins bons à d’autres égards. Ils étaient moins susceptibles d’offrir un régime de retraite. Les avantages sociaux étaient moins bons. Il y avait moins de vacances.

Pourquoi les gens se retrouvent-ils dans des emplois moins bien rémunérés?

  • Lorsqu’une personne a été harcelée, il peut être difficile d’expliquer pourquoi elle a quitté (ou quitte) son dernier emploi.
  • Elle peut finir par partir sans avoir de bonnes références.
  • Elle peut chercher un emploi où elle sera moins à risque de se faire harceler de nouveau, ce qui pourrait impliquer d’accepter un travail moins bien rémunéré.
  • Elle pourrait ne pas être au meilleur de sa forme sur le plan mental ou émotionnel pendant sa recherche d’emploi.

Les gens sont particulièrement susceptibles de subir une importante baisse de salaire s’ils travaillent dans un milieu majoritairement masculin comme les industries minière et gazière, la construction, les services de police, les forces armées, les sciences, l’ingénierie ou la technologie.

Pourquoi? Parce que les milieux majoritairement masculins paient généralement beaucoup plus que les industries où il n’y a pas beaucoup d’hommes. Les chercheurs appellent ça une « prime salariale ».

Lorsque les gens quittent un milieu de travail majoritairement masculin à cause du harcèlement, ils décident souvent de chercher un milieu de travail où il n’y a pas beaucoup d’hommes afin d’éviter d’être de nouveau harcelés.

C’est pour ça que les gens peuvent finir par avoir une grosse baisse de salaire. Ils renoncent à la « prime salariale » d’une industrie majoritairement masculine en échange d’une réduction de leur risque de se faire harceler.

Récapitulons.

  • Si vous restez au travail et essayez de vivre avec la situation, vos coûts pourraient être plutôt faibles. Mais dans le pire des cas, vous pourriez finir par être tellement stressé que vous ne pourrez plus du tout travailler.
  • Si vous faites un signalement officiel, vos coûts pourraient être nuls. Mais si vous êtes étiqueté comme un fauteur de trouble, votre carrière—et donc aussi vos finances—pourrait vraiment en souffrir.
  • Si vous quittez votre emploi, vos coûts pourraient être nuls. Mais il est assez probable que votre prochain emploi sera moins bien rémunéré et—surtout si vous travaillez actuellement dans un milieu majoritairement masculin—peut-être même beaucoup moins.

Nous avons cherché des données canadiennes sur les coûts du harcèlement sexuel au cours d’une vie, mais nous n’avons rien trouvé. Mais nous avons trouvé des données américaines.

Un rapport de 2021 de l’Institute for Women’s Policy Research des États-Unis et de la Time’s Up Foundation indique que, pour un travailleur du secteur des services faiblement rémunéré qui change d’emploi en raison du harcèlement sexuel, le coût du harcèlement sexuel au cours de sa vie sera d’environ 160 000 $. Pour un apprenti dans un milieu professionnel majoritairement masculin, le coût au cours de sa vie pourrait atteindre 1,7 million de dollars.

C’est beaucoup d’argent. Vous ne devriez pas avoir à le perdre. Ce n’est pas juste.

Mais maintenant que vous savez ce que le harcèlement sexuel peut vous coûter, vous pouvez prendre des mesures pour vous protéger.


La vérité, c’est qu’être harcelé sexuellement va très probablement vous coûter de l’argent.

C’est plate et nous sommes désolés.

Surveiller votre niveau de stress

Vous avez peut-être décidé de garder votre emploi et d’essayer de tolérer le harcèlement.

Ça pourrait bien se passer. Mais c’est risqué, et vous pourriez éventuellement vous retrouver complètement brûlé et être obligé de démissionner.

Selon les experts, lorsque le harcèlement est assez grave ou qu’il se prolonge sur une assez longue période, il peut vous épuiser mentalement au point où vous ne soyez plus capable de travailler. Et ses effets prennent les gens par surprise. Il n’est pas rare qu’une personne qui pensait bien gérer le harcèlement réalise un jour soudainement qu’elle n’est tout simplement plus capable d’aller au travail.

Vous ne voulez pas que ça vous arrive. Alors, c’est logique de garder un œil sur votre niveau de stress. Et pensez peut-être à demander à un ami de vous aider parce qu’il pourrait remarquer quelque chose que vous ne percevez pas. Consultez 20 façons de prendre soin de votre santé mentale.

Si vous prenez plus de congés de maladie ou si votre médecin vous donne plus de médicaments contre la dépression ou l’anxiété, ou si vous commencez à boire plus — surtout si ces problèmes durent depuis un moment et qu’ils empirent… Eh bien, le temps pourrait être venu de trouver un nouvel emploi — ou même une nouvelle carrière — au lieu de rester où vous êtes.

C’est mieux de commencer à chercher un emploi rapidement, alors que vous êtes encore en bonne forme, que d’attendre trop longtemps et de le faire alors que vous êtes vraiment stressé et malheureux.

Protégez-vous contre les sanctions financières liées au signalement

Lorsque les gens signalent un cas de harcèlement sexuel, c’est très commun qu’ils soient punis, incluant sur le plan financier. Vous pourriez être renvoyé ou perdre des quarts, des clients ou de nouvelles occasions.

Voici quelques trucs que vous pourriez faire pour réduire les risques:

  • Avant de signaler le harcèlement, essayez d’établir autant de bonnes relations que possible avec votre employeur et le reste des gens de votre milieu de travail.
  • Vous pourriez avoir le réflexe d’éviter d’interagir socialement avec les gens au travail. Ne faites pas ça! Vous n’avez rien fait de mal et il n’y a pas de honte à avoir, et avoir des relations solides au travail peut vous protéger contre les jugements et les punitions après votre signalement.
  • Lorsque vous signalez le harcèlement, indiquez clairement à votre employeur que vous aimez votre travail et votre employeur, et que votre but est simplement de lui signaler un problème de sécurité pour qu’il puisse le régler. Essayez d’établir clairement que c’est vous et votre employeur contre le harcèlement, et non une situation de conflit entre vous et l’employeur.
  • Indiquez clairement à votre employeur qu’en vertu de la loi, vous n’êtes pas censé subir de pertes financières en raison du harcèlement. Donc, si quelqu’un doit perdre de l’argent (en raison d’une réduction des quarts, ou de fonctions moins bien rémunérées), ça devrait être le harceleur, pas vous. Parfois, les employeurs ne sont pas au courant de ça, alors ça peut aider de leur dire.
  • Ce n’est pas vous qui êtes responsable de déterminer comment vous protéger du harceleur. C’est le travail de votre employeur. Mais si vous avez déjà pensé à des solutions qui permettraient à votre employeur de vous protéger, vous devriez lui en faire part. Si vous pouvez aider à régler le problème, l’employeur pourrait être moins porté à vous punir.
  • Si d’autres personnes se font harceler, essayez de les convaincre de signaler leurs cas aussi. De cette façon, il y a moins de chance que l’employeur vous étiquette et décide que c’est vous le problème.
  • S’il y a des personnes qui ont été témoins de l’incident, essayez de les convaincre de parler—ou mieux encore, de signaler elles-mêmes l’incident au lieu que ce soit vous qui le fassiez. Il arrive que les employeurs prennent les plaintes plus au sérieux lorsqu’elles viennent d’une autre personne que celle qui est harcelée. 
  • Après le signalement, essayez de ramener la discussion entre vous et votre employeur à vos objectifs de carrière. (Vous pourriez par exemple demander de suivre une formation, ou lui demander de vous aider à déterminer comment grimper les échelons au sein de l’entreprise.) L’idée ici est d’aider votre employeur à vous voir comme quelqu’un qui aura une longue carrière avec lui au lieu de vous voir comme quelqu’un qui n’est pas heureux et qui quittera probablement son poste.
  • Faites la même chose avec vos collègues et votre réseau professionnel. Parlez ouvertement avec les autres de votre travail et de vos objectifs professionnels. Ça les aidera à vous voir moins comme une victime de harcèlement et plus comme une personne qui a son travail à cœur.

Si vous pensez que vous pourriez avoir besoin d’un nouvel emploi, commencez vos recherches rapidement

Éventuellement, beaucoup de gens finissent par avoir besoin ou par vouloir un nouvel emploi — soit pour fuir le harcèlement ou parce qu’ils ont été punis pour s’être plaints. Mais si vous attendez trop longtemps, vous pourriez vous retrouver dans une situation où vous aurez à faire vos recherches dans l’urgence, ce qui pourrait vous forcer à accepter un emploi dont vous ne voulez pas vraiment. C’est logique de commencer vos recherches rapidement.

Voici quelques trucs à prendre en considération en réfléchissant à un nouvel emploi:

  • Avez-vous moins de chances d’être harcelé à ce nouvel emploi?
  • Est-ce que la paie et les avantages sont aussi bons (ou meilleurs) que ceux de l’emploi que vous quittez?
  • Est-ce que le nouvel emploi vous convient? L’emplacement, les horaires, les possibilités d’avancement?
  • Si on vous demande pourquoi vous quittez votre emploi actuel, que répondrez-vous?
  • Est-ce que votre boss actuel pourra vous donner une bonne référence? Sinon, est-ce qu’un collègue pourrait le faire?

Avant de quitter votre emploi, parlez à un avocat

C’est très important.

Si vous décidez de quitter votre emploi en raison du harcèlement, ou si vous vous faites renvoyer après avoir déposé une plainte pour harcèlement, nous vous encourageons fortement à discuter avec un avocat.

Un avocat peut vous aider à déterminer s’il y a une façon d’obliger votre employeur à vous payer pour les frais causés par le harcèlement ainsi que pour les difficultés et le stress occasionnés par celui-ci. Débourser quelques centaines de dollars pour une consultation pourrait s’avérer un investissement très judicieux.

Lisez sur le fonctionnement des lettres de mise en demeure, la façon de les rédiger et la façon de les envoyer, ainsi que sur la façon de trouver un avocat et de travailler avec lui.

Apprenez à être prudent sur le plan financier

C’est peut-être le conseil le plus important que nous pouvons vous donner.

Si vous avez été harcelé, ce ne sera probablement pas la dernière fois.

Il y a des catégories de personnes qui font face à un risque disproportionné de harcèlement, et si vous lisez ceci, vous en faites probablement partie.

Si vous êtes une femme. Si vous avez moins de 40 ans. Si vous êtes une personne racialisée, 2SLGBTQIA+ ou handicapée. Si vous êtes un immigrant ou un réfugié. Si vous ne parlez pas la langue dominante de l’endroit où vous vivez. Si vous travaillez dans un environnement dominé par les hommes. Si vous n’êtes pas très sociable. Si vous êtes pauvre.

Plus vous cochez de ces cases, plus vous êtes à risque d’être harcelé.

Si vos risques sont élevés, il est très probable que vous subirez des pertes financières liées au harcèlement au cours de votre vie professionnelle, possiblement à plusieurs reprises.

Et ça veut dire que vous devez être prudent avec votre argent. D’autres peuvent peut-être se permettre d’être négligents. Ce n’est pas votre cas.

Voici les types d’habitudes et de pratiques qui pourraient vraiment faire une différence sur le plan financier au cours de votre vie professionnelle:

  • Ouvrez un compte de banque spécial pour vos économies, et configurez le transfert automatique d’un montant à chaque paie.
  • Si vous obtenez une augmentation, essayez d’agir pendant un certain comme si vous n’en aviez pas reçu une, et mettez le surplus d’argent directement dans vos économies.
  • Faites l’examen de vos dépenses récurrentes, comme votre abonnement au gym et vos abonnements en ligne. Si vous n’en profitez pas vraiment, songez à les annuler ou à opter pour un abonnement comportant moins de services et moins cher.
  • Collaborez avec vos amis pour aider tout le monde à acheter moins de choses. Au lieu de vous encourager les uns les autres à dépenser, essayez de créer un climat où vous vous entraidez en vue d’éviter d’acheter des choses.
  • Cherchez des façons de séparer les dépenses importantes avec vos amis et votre famille, en partageant par exemple les comptes de vos abonnements aux services de divertissement en ligne, ou en vous inscrivant à des plans familiaux.
  • Si vous avez besoin de quelque chose pour un court moment, comme un article de cuisine ou de l’équipement sportif, vérifiez s’il serait possible de l’emprunter au lieu de l’acheter.
  • Cherchez des façons d’échanger des services avec vos amis, comme du gardiennage, des coupes de cheveux ou des réparations, au lieu de payer quelqu’un pour le faire.
  • Trouvez-vous des passe-temps qui vous permettront d’économiser de l’argent, comme la couture, la cuisine, faire pousser des légumes ou remettre en état des meubles.
  • Trouvez-vous des passe-temps gratuits, comme prendre des marches ou organiser des potlucks ou des soirées de jeux de société.

Si votre travail exige que vous soyez « attirant »

Nous voulons finir avec une mention spéciale pour les personnes dont le travail exige qu’elles soient attirantes pour les hommes.

Si vous travaillez dans l’un de ces domaines, ça pourrait aller de soi — par exemple, si vous êtes un artiste, un hôte, un barman, un serveur ou un travailleur du sexe. Mais il y a aussi beaucoup d’emplois où les gens pensent être appréciés pour leurs compétences et leurs habiletés alors qu’ils sont appréciés au moins en partie parce qu’ils sont attirants pour les hommes. Ça pourrait être le cas si vous êtes, par exemple, un vendeur, un collecteur de fonds, un représentant pharmaceutique, un courtier immobilier, un journaliste, un responsable des relations publiques, un entraîneur personnel, un recruteur, un réceptionniste ou un assistant personnel.

Dépendamment de la valeur accordée par votre travail à votre capacité à plaire aux hommes, vous arriverez éventuellement à un point où vous serez trop vieux pour votre travail actuel.

Nous avons parlé à beaucoup de personnes dans cette situation, et voici quelques trucs qu’elles tenaient à vous dire:

  • Même si vous savez que vous serez éventuellement trop vieux pour votre emploi, vous n’avez pas nécessairement de plan par rapport à ce que vous ferez rendu là. Vous devriez faire un plan. Jetez un coup d’œil aux personnes qui ont déjà travaillé dans votre domaine. Regardez ce qu’elles ont fait par la suite, et déterminez ce que vous voulez faire.
  • Vous pourriez vous retrouver à dépenser beaucoup d’argent pour soigner votre image et vous rendre attirant. Vous trouvez peut-être ça amusant, et avez l’impression que c’est un passe-temps ou une façon de prendre soin de vous. Mais ce que les gens disent, c’est qu’ils ont fini par regretter d’avoir « gaspillé » autant d’argent en vêtements, en coiffure et en maquillage. Leur conseil? Quand vous dépensez pour ce genre de choses, voyez-les comme des dépenses professionnelles. Ne les voyez pas comme quelque chose que vous faites pour vous. Dépensez ce que vous avez à dépenser, mais pas plus. 
  • À l’époque, ces personnes n’avaient pas nécessairement réalisé qu’elles ne gagneraient plus jamais autant d’argent. Les revenus de certaines ont atteint leur sommet dans la vingtaine et n’ont fait que diminuer par la suite. Ces personnes disent qu’elles n’ont pas fait d’économies durant leurs « années de richesse ». Elles gagnaient de l’argent et le dépensaient. Elles disent que si elles pouvaient remonter dans le temps, elles feraient beaucoup, beaucoup plus d’économies.

Donc. Si vous travaillez dans un domaine pour lequel vous serez éventuellement trop vieux, tous les conseils du présent article — surtout ceux sur le fait d’être prudent sur le plan financier —s’appliquent doublement à vous. Nous vous encourageons fortement à écouter les conseils des gens qui sont passés par là.

Récapitulation

Si vous êtes harcelé sexuellement, il y a cinq façons de vous protéger contre les problèmes financiers:

  1. Surveiller vos niveaux de stress. Si vous commencez à présenter des signes de stress, commencez immédiatement à chercher un nouvel emploi. N’attendez pas d’être complètement brûlé.
  2. Faites votre possible pour établir des relations de travail solides et positives. Elles peuvent aider à vous protéger contre les sanctions financières liées au signalement du harcèlement.
  3. Commencer à chercher un nouvel emploi rapidement, même si vous n’êtes pas certain que c’est ce que vous voulez. Vous voulez mener vos recherches de façon calme et réfléchie, pas dans la panique.
  4. Si vous souhaitez quitter votre emploi (ou si vous êtes renvoyé), nous vous encourageons fortement à discuter avec un avocat. Il pourrait vous aider à déterminer comment obliger votre employeur à vous verser une indemnité pour les torts que vous avez subis.
  5. Développez l’habitude d’être prudent avec votre argent afin d’avoir un coussin lorsque vous en aurez besoin.

Enfin, si vous travaillez dans un domaine qui exige que vous soyez attirant pour les hommes, tous ces conseils s’appliquent doublement à vous parce que vous serez éventuellement trop vieux pour votre travail actuel.

Nous voulons terminer en répétant quelques trucs que nous avons mentionnés précédemment.

Ce n’est pas votre faute, et vous n’êtes pas seul. Ce qui vous arrive, ça arrive à beaucoup de personnes. Vous ne méritez pas d’être harcelé, et vous ne méritez pas d’être puni pour avoir été harcelé. Rien de tout ça n’est votre faute.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des choses que vous pouvez faire pour vous protéger.

S.V.P., protégez-vous, parce que vous méritez de l’être.


Vous n’avez pas demandé à être harcelé sexuellement. Ce n’est pas comme si vous aviez un plan pour ça.

C’est pourquoi les experts disent qu’avant de faire quoi que ce soit, c’est une bonne idée de prendre un peu de temps pour recueillir de l’information. Ça devrait vous aider à décider quoi faire par la suite.

Voici ce que vous essayez de déterminer.

Est-ce que vous travaillez dans le genre d’endroit qui tolère le harcèlement?

On ne peut pas le savoir avec certitude. Mais voici quelques questions que vous pouvez vous poser:

  • Est-ce que votre milieu de travail est agressif et compétitif?
  • Est-ce que les dirigeants sont principalement des hommes?
  • Est-ce que certaines personnes au travail détiennent beaucoup de pouvoir alors que d’autres n’en détiennent presque pas?
  • Est-ce que les gens parlent beaucoup de sexe et font beaucoup de blagues sexuelles?
  • Est-ce que les gens se moquent ouvertement des autres?
  • Est-ce que les gens sont ouvertement racistes ou sexistes?
  • Avez-vous déjà vu quelqu’un être maltraité sans que personne n’intervienne pour mettre fin au mauvais traitement?
  • Y a-t-il quelqu’un qui harcèle les autres au vu et au su de tous, et sans que personne n’intervienne pour l’arrêter?

Ces questions sont autant de mauvais signes. Si elles décrivent votre milieu de travail, ça laisse entendre qu’il pourrait tolérer le harcèlement sexuel.

Voici d’autres questions à se poser:

  • Est-ce que votre milieu de travail se soucie de l’équité?
  • Est-ce que votre boss semble se soucier de vous en tant que personne?
  • Y a-t-il un service des ressources humaines?
  • Avez-vous déjà suivi une formation sur le harcèlement sexuel au travail?
  • Y a-t-il une politique sur le harcèlement sexuel à laquelle vous pouvez facilement avoir accès?
  • Y a-t-il un assez bon équilibre entre les genres dans votre milieu de travail?
  • Est-ce qu’il y a des femmes, des personnes 2SLGBTQIA+ et des personnes racialisées parmi les cadres?
  • Seriez-vous capable de signaler le harcèlement à une personne qui n’est pas un homme?
  • Connaissez-vous la personne à qui vous signaleriez le harcèlement et lui faites-vous confiance?
  • Lorsqu’une personne se comporte mal au travail, y a-t-il quelqu’un qui intervient pour l’arrêter?
  • Est-ce que votre milieu de travail semble respecter les gens qui y travaillent?
  • Est-ce que votre milieu de travail semble se soucier des gens en tant que personnes?

Si ces questions décrivent votre milieu de travail, c’est bon signe. Ça laisse entendre que votre employeur pourrait prendre le harcèlement sexuel au sérieux.

Pourquoi est-ce important? Parce qu’il y a beaucoup de différences d’un employeur à l’autre. Certains sont formidables et prendront rapidement des mesures pour régler le problème. Certains sont affreux et vous puniront pour avoir seulement osé mentionner ce problème. (C’est illégal, mais ça arrive quand même.) Ça vaut la peine de prendre un peu de temps pour réfléchir à votre employeur et aux chances pour qu’il gère bien ce problème.

Y a-t-il des collègues avec qui vous pouvez parler?

Parler avec un collègue peut être très utile, ou vous causer de sérieux problèmes. Tout dépend du collègue en question.

Un bon collègue vous croira et vous soutiendra. Il pourrait vous fournir des renseignements et des conseils utiles. Il pourrait être capable de vous protéger de la personne qui vous harcèle ou vous aider à convaincre vos boss de prendre le harcèlement au sérieux.

Un mauvais collègue pourrait vous juger ou potiner à votre sujet.

Avant de parler à un collègue, ça vaut la peine de prendre un peu de temps pour déterminer qui semble digne de confiance.

Y a-t-il des personnes en position d’autorité à votre travail à qui vous pourriez faire confiance?

Réfléchissez aux personnes de votre milieu de travail en position d’autorité:

  • votre propre superviseur
  • le boss de votre superviseur, s’il en a un
  • les gens des ressources humaines ou responsables des horaires
  • toute personne qui travaille là depuis longtemps 
  • toute personne qui semble être prise au sérieux par les autres
  • toute personne en position d’autorité, même si c’est quelqu’un d’un autre service ou d’une autre division
  • votre représentant syndical, si vous faites partie d’un syndicat, ou un autre membre de votre syndicat comme une « représentante des femmes » ou un « agent des droits de la personne »
  • toute personne responsable de la santé et de la sécurité des travailleurs

Que pensez-vous de ces personnes? Y a-t-il quelqu’un qui vous semble particulièrement attentionné ou gentil? Y a-t-il quelqu’un que vous avez déjà vu défendre quelqu’un de plus faible ou intervenir afin d’arrêter un comportement problématique?

Pourquoi est-ce important? Parce que vous pourriez avoir besoin un jour de parler à quelqu’un en position d’autorité afin d’obtenir des conseils ou de l’aide. Ça vaut la peine de réfléchir maintenant à la personne que vous pourriez choisir.

Y a-t-il une politique sur le harcèlement sexuel, et si oui, qu’est-ce qu’on y dit?

Certains employeurs ont une politique sur le harcèlement sexuel et d’autres non. La plupart des grands employeurs en ont une.

Si votre employeur en a une, elle pourrait être affichée sur un mur ou sur le site intranet de l’entreprise, lorsqu’il y en a un. Parfois, la politique fera partie d’un guide de l’employé ou d’un manuel de ressources humaines. Le nom de la politique pourrait ne pas inclure les mots « harcèlement sexuel ». Si vous ne trouvez rien avec ces mots, vous pouvez essayer de chercher des expressions comme « harcèlement au travail », « violence au travail », « respect au travail », « code de conduite » ou « code des bonnes pratiques ».

Si vous n’arrivez pas à trouver par vous-même, vous pourriez être capable d’obtenir une copie auprès de votre représentant syndical ou de votre représentant des ressources humaines, si vous en avez. Vous devriez faire attention à la façon dont vous faites votre demande. Songez à demander le guide des employés ou le livre des politiques, et évitez peut-être de mentionner pourquoi vous en avez besoin si vous avez l’impression que ça pourrait être dangereux de le dire.

Si vous faites partie d’un syndicat, votre convention collective pourrait aussi contenir des renseignements sur le harcèlement sexuel. Vous pouvez demander une copie à votre représentant syndical.

Pourquoi devriez-vous faire tout ça?Si votre employeur a une politique détaillée, c’est bon pour vous de savoir ce que ça dit. S’il n’en a pas, c’est aussi une information utile. Pour le moment, vous ne faites que recueillir de l’information, et plus vous en aurez, mieux ce sera,

Quels autres soutiens avez-vous?

C’est le bon moment pour commencer à déterminer quels autres soutiens pourraient s’offrir à vous.

Attention

Ci-dessous, nous allons vous fournir des liens vers des organisations précises. Nous n’appuyons pas ces organisations ou leur travail, et nous ne garantissons pas qu’elles pourront vous aider. Ce ne sont que des exemples des types de soutien qui pourraient s’offrir à vous. Vous devriez effectuer vos propres recherches afin de trouver des organisations et des associations qui pourraient convenir à votre situation.

Pourquoi est-ce important? Les experts disent qu’à cette étape, vous devriez regarder autour de vous afin de voir où vous pourriez trouver de l’aide si vous en avez besoin. Vous ne voudrez peut-être pas entrer en contact avec ces personnes et ces groupes maintenant, mais vous pourriez vouloir le faire plus tard.

C’est tout!

Vous en avez déjà fait beaucoup. Vous avez évalué votre milieu de travail, déterminé à qui vous pourriez faire confiance, déterminé s’il existe une politique qui pourrait vous protéger et identifier certaines ressources qui pourraient vous être utiles plus tard si vous en avez besoin.

C’est formidable. Vous êtes maintenant mieux équipé pour déterminer ce que vous voulez faire.


Attention

Il s’agit juste ici de renseignements généraux, pas de conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider. Consultez

Si vous sentez qu’on vous harcèle sexuellement, vous avez probablement raison. Il est très rare que les gens se trompent lorsqu’ils sentent qu’ils se font harceler sexuellement. C’est vous qui connaissez le mieux votre propre situation et si ce qui arrive ressemble à du harcèlement sexuel, c’est presque certain que c’en est.

Vous vous demandez peut-être s’il s’agit de harcèlement sexuel au travail si le problème arrive à tout le monde et qu’il arrive tout le temps

Il y a beaucoup de milieux de travail où le harcèlement sexuel est extrêmement commun. Comme dans les bars et les restaurants, ou dans les environnements très masculins comme le domaine de la construction, les services de police ou l’armée. Dans ces milieux, les personnes qui se font harceler voient souvent ça comme quelque chose qui fait « juste partie de la job » et pensent parfois que ça veut dire que ce n’est pas du vrai harcèlement sexuel.

Mais c’en est. Peut-être que vous ne pouvez pas y faire grand-chose. Peut-être que c’est complètement « normal ». Peut-être que tout le monde a l’air de s’en foutre. Mais c’est quand même du harcèlement sexuel au travail. Ça ne devrait pas arriver, et c’est interdit par les lois canadiennes.

Vous vous demandez peut-être s’il s’agit de harcèlement sexuel si c’est quelqu’un d’autre que votre boss qui vous harcèle

C’en est. En fait, la plupart des harceleurs sexuels au travail ne sont pas des boss. La plupart sont des clients ou des collègues.

C’est du harcèlement sexuel au travail, et c’est interdit par les lois canadiennes.

Vous vous demandez peut-être s’il s’agit de harcèlement sexuel au travail si ça n’arrive pas au travail

Si une personne liée à votre travail vous harcèle, c’est du harcèlement sexuel au travail, même si ça arrive:

  • lorsque vous êtes à la maison
  • dans la rue, un autobus, un garage de stationnement ou un autre lieu public
  • à un party de travail, à une formation, à une conférence, ou durant un autre événement lié au travail
  • pendant que vous êtes en déplacement (dans une voiture, un autobus, un avion ou un hôtel) avec des collègues vers un lieu de travail ou un événement lié à votre travail, ou pendant que vous en revenez

Le harcèlement sexuel au travail n’arrive pas seulement au travail. Si quelqu’un de votre travail vous harcèle sexuellement, ça peut quand même être considéré comme du harcèlement même si ça arrive ailleurs que dans votre milieu de travail, et c’est interdit par les lois canadiennes.

Vous vous demandez peut-être si vous êtes harcelé pour des raisons liées au sexe ou basées sur le genre, ou à cause de votre race, de votre religion, ou pour d’autres raisons

Il arrive très souvent que les gens ne soient pas sûrs de savoir pourquoi exactement ils se font harceler, ou de soupçonner qu’il y a plusieurs raisons. Une femme musulmane pourrait ne pas savoir si elle se fait harceler parce qu’elle est musulmane ou parce qu’elle est une femme. Un homme gai anishinaabe pourrait ne pas savoir s’il est harcelé à cause de son orientation sexuelle ou parce qu’il est autochtone.

En réalité, ça n’a pas vraiment d’importance. Il est interdit de harceler les gens en raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre et de leur expression de genre, et aussi en raison de leur race, de leur ethnicité, de leurs handicaps et de leur religion. Toutes ces caractéristiques sont protégées par la loi, ce qui signifie que les gens n’ont pas le droit de vous harceler pour ces raisons.

Vous n’êtes pas responsable de déterminer pourquoi, exactement, quelqu’un vous harcèle.

Si vous êtes harcelé en raison de votre sexe, de votre orientation sexuelle, de votre identité de genre ou de votre expression de genre, même si vous êtes aussi harcelé pour d’autres raisons, c’est du harcèlement sexuel au travail. Ça ne devrait pas se produire, et c’est interdit par les lois canadiennes.


Attention

Il s’agit juste ici de renseignements généraux, pas de conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques pour votre situation en particulier, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

Il y a des douzaines de lois au Canada qui ont été créées pour protéger les gens contre le harcèlement sexuel. Chaque loi est différente. Après avoir lu cet article, vous ne pourrez pas savoir avec certitude si la loi au Canada déterminerait que vous avez été harcelé sexuellement. Nous sommes désolés! Nous souhaiterions pouvoir vous le dire, mais ne pouvons pas.

Voici toutefois ce que nous pouvons vous dire:

Si vous êtes harcelé sexuellement au travail, il y a deux types de lois au Canada qui s’appliquent à vous:

  1. les lois liées à l’emploi et au travail, conçues pour protéger les travailleurs
  2. les lois liées aux droits de la personne, conçues pour protéger tout le monde

Ces lois sont toutes différentes. Mais elles visent toutes à protéger contre le harcèlement basé sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre.

Et lorsqu’ils interprètent les lois, les juges posent généralement les mêmes types de questions.

Est-ce que le harcèlement s’est produit sur la base de votre sexe, de votre orientation sexuelle, de votre identité de genre ou de votre expression de genre?

Les lois canadiennes liées au harcèlement sexuel interdisent le harcèlement basé sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre.

Exemple de harcèlement sexuel basé sur le sexe:

Dans un bar, un groupe d’hommes harcèle sexuellement la serveuse en passant des commentaires sur son apparence et en lui faisant des avances à répétition.

Exemple de harcèlement sexuel basé sur l’orientation sexuelle:

Un homme harcèle sexuellement un autre homme en se moquant de lui parce qu’il est gai.

Exemple de harcèlement sexuel basé sur l’identité de genre:

Un groupe d’hommes harcèle sexuellement une femme trans en lui posant des questions sur son genre et en utilisant des insultes transphobes.

Exemple de harcèlement sexuel basé sur l’expression de genre:

Un superviseur harcèle sexuellement une employée en lui disant de porter des jupes et des talons hauts.

Si le harcèlement était basé sur votre sexe, votre orientation sexuelle, votre identité de genre ou votre expression de genre, ça signifie qu’il est considéré comme « sexuel ».

Est-ce que le comportement vous a dérangé?

Voici un test simple:

  • Est-ce que le comportement vous a rendu malheureux?
  • L’avez-vous trouvé désagréable et avez-vous souhaité qu’il cesse?
  • Vous êtes-vous senti offensé ou rabaissé?
  • Avez-vous trouvé que le comportement était choquant ou vulgaire?
  • Vous êtes-vous senti comme si on vous maltraitait?

Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, un juge y verrait probablement un signe que vous avez été harcelé.

Est-ce qu’une « personne raisonnable » trouverait ce comportement inacceptable?

Même si vous avez répondu oui aux questions ci-dessus, le juge veut savoir si une personne soi-disant raisonnable ou ordinaire se sentirait aussi de cette façon.

Par exemple, une personne typiquement raisonnable pourrait penser que c’est correct qu’un collègue invite quelqu’un à sortir, mais que ce n’est pas correct qu’un collègue envoie à quelqu’un des images pornographiques par texto. Un juge pourrait alors décider que « l’envoi d’images pornographiques par texto » constitue du harcèlement, mais qu’inviter quelqu’un à sortir une fois n’en est pas. Même si vous vous êtes senti harcelé dans les deux cas, la norme de la « personne raisonnable » indiquerait au juge qu’il y a une différence.

Parfois, la question est: qu’est-ce qu’une « personne raisonnable », une « femme raisonnable »,  un « homme gai raisonnable » ou un autre type de personne pourrait penser? Le but est toujours le même: on cherche à savoir si une personne raisonnable confrontée à un comportement en particulier jugerait qu’il s’agit de harcèlement.

Est-ce que le mauvais comportement s’est produit une seule fois ou plusieurs fois?

Est-ce que le mauvais comportement s’est produit une seule fois ou plusieurs fois?

Normalement, pour qu’un comportement soit considéré comme du harcèlement sexuel, il doit s’être produit plus d’une fois. Mais si le comportement était vraiment grave, par exemple si votre boss vous a littéralement dit qu’il vous mettrait à la porte si vous ne couchiez pas avec lui, une fois pourrait suffire pour que ça compte aux yeux de la loi.


C’est de cette façon que les lois fonctionnent, en général.

Pour savoir quelles lois s’appliquent à votre situation, vous devez savoir si vous travaillez dans une industrie réglementée par un gouvernement provincial ou par le gouvernement fédéral.

Lisez Suis-je un travailleur sous réglementation fédérale? (Et pourquoi c’est important)


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