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Attention

Il s’agit juste ici de renseignements généraux, pas de conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques pour votre situation en particulier, nous vous encourageons à trouver un avocat qui pourra vous aider.

Nous allons vous révéler un secret important. Un secret que les PDG, les gens des RH et les avocats connaissent déjà, mais que vous ne connaissez probablement pas.

Si vous avez été maltraité dans votre milieu de travail au point où vous sentez le besoin de quitter votre emploi, vous pourriez être en mesure d’obtenir de votre employeur qu’il vous donne de l’argent en lui envoyant ce qu’on appelle une mise en demeure.

Une mise en demeure ne garantit pas que vous obtiendrez de l’argent. Certains employeurs ignoreront la mise en demeure ou vous diront simplement non. Mais ça fonctionne assez souvent pour que ça vaille la peine d’essayer.

Comment fonctionnent les mises en demeure

Une mise en demeure est juste une lettre ou un courriel ordinaire que vous ou votre avocat envoyez à votre employeur. Elle décrit le mauvais traitement que vous avez subi au travail et demande à votre employeur de vous donner de l’argent en échange de votre accord pour ne pas le poursuivre.

La mise en demeure part du principe que vous avez tellement été harcelé qu’il vous est impossible de faire votre travail, ce qui signifie que vous devez démissionner, et que tout ça est la faute de votre employeur parce qu’il n’a pas mis fin au harcèlement.

Vous envoyez une mise en demeure lorsque vous prévoyez démissionner — ou, dans certains cas, après avoir été congédié. Si vous restez au travail, vous pourriez envoyer une mise en demeure si, par exemple, un collègue vous a harcelé, ce qui a causé une blessure psychologique. Vous pourriez envoyer une mise en demeure demandant à votre employeur de vous rembourser l’argent que vous avez dépensé en thérapie.

Voici ce qui se passe habituellement:

  1. Vous êtes maltraité au travail, et votre employeur ne règle pas le problème. Vous vous plaignez peut-être, et il vous punit.
  2. Vous décidez que vous devez démissionner. Ou vous êtes congédié.
  3. Vous envoyez une mise en demeure à votre employeur.
  4. Votre employeur pourrait ignorer la mise en demeure, mais habituellement, l’employeur répond. Il peut accepter de vous donner tout ce que vous avez demandé, ou une partie de ce que vous avez demandé, ou rejeter carrément votre demande.
  5. Vous acceptez ce qu’il a offert, ou vous poussez plus loin pour en obtenir plus. Vous pourriez discuter pendant un certain temps afin de négocier.
  6. Éventuellement, une des deux choses suivantes se produit. Ou bien vous acceptez une offre et vous signez une lettre de renonciation, acceptant de ne pas traîner votre employeur devant les tribunaux. On appelle ça un règlement. Ou vous rejetez l’offre (ou il n’y a pas d’offre) et vous devez décider si vous intentez une poursuite.

Pourquoi les mises en demeure sont géniales

Aller devant les tribunaux est long et coûteux. Beaucoup de gens ne parlent même pas à un avocat parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas se permettre de payer pour un litige qui pourrait durer des années.

C’est là qu’intervient la mise en demeure. Une mise en demeure est essentiellement une menace. Vous êtes en train de dire (ou de sous-entendre) que si vos demandes ne sont pas satisfaites, vous allez traîner votre employeur devant les tribunaux.

Mais l’important, c’est que vous n’avez pas à vous rendre devant un tribunal. Si vous envoyez une mise en demeure qui est ignorée ou rejetée, vous pouvez vous arrêter là et c’est tout.

Ça signifie qu’une mise en demeure est un moyen bon marché et facile de voir si vous pouvez obtenir de votre employeur qu’il vous donne de l’argent. Si ça fonctionne, c’est génial. Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas grave.

Le principal coût d’une mise en demeure est l’avocat qui la rédige pour vous. Vous pouvez rédiger une mise en demeure vous-même, mais si vous en avez les moyens, il est préférable de demander à un avocat de le faire pour vous. Un avocat sait comment formuler les choses pour que vous ayez plus de chances que votre employeur paie.

Habituellement, un avocat demande un prix fixe pour rédiger la mise en demeure; entre 200 $ et 500 $ est un tarif courant, mais un avocat peut demander un prix plus élevé si votre affaire est compliquée.

Nous n’avons pas pu trouver de statistiques canadiennes sur l’efficacité des mises en demeure. Mais un sondage américain a révélé que près de 60 % des gens qui ont envoyé une mise en demeure ont reçu un règlement, contre seulement 36 % des gens qui n’en ont pas reçu.

Pourquoi votre employeur pourrait accepter de vous donner de l’argent

En théorie, votre employeur ne vous donnerait de l’argent que s’il pensait que vous aviez un dossier solide sur le plan juridique. Mais en pratique, il y a beaucoup d’autres raisons pour lesquelles les employeurs pourraient le faire:

  • Ils veulent éviter une longue et coûteuse bataille judiciaire.
  • Ils préfèrent payer moins d’argent maintenant, plutôt que de payer un montant plus élevé plus tard (si vous gagnez le procès).
  • Ils ne veulent pas être humiliés en public par ce qui pourrait se dire lors du procès.
  • Ils ne veulent pas que leurs autres employés leur en veuillent pour la façon dont ils vous ont traité.
  • Ils ne veulent pas que les nouveaux employés potentiels entendent dire qu’ils sont un mauvais employeur.
  • Ils ne veulent pas que vous leur en vouliez.
  • Ils se sentent mal par rapport à ce qui vous est arrivé et veulent arranger les choses.

Voici quelques éléments qui pourraient vouloir dire que vous avez de bonnes chances d’obtenir un règlement:

  • Votre employeur pense que vous faites bien votre travail.
  • Vous avez travaillé à cet endroit pendant plus de deux ans.
  • Les autres employés ou les clients vous aiment et vous respectent.
  • Il y a quelqu’un au sein de la direction qui vous connaît personnellement et qui vous aime.
  • Vous pensez que votre employeur se sent mal que vous ayez été maltraité.
  • Si ce qui vous est arrivé devenait public, les gens pourraient être en colère contre votre employeur.
  • Vous êtes une femme, une personne racialisée, une personne 2SLGBTQIA+ ou une personne handicapée.

À quoi ressemble une mise en demeure

Voici à quoi ressemble une mise en demeure. Elle a habituellement un maximum de quatre pages.

Formule d’appel

C’est important d’adresser la mise en demeure à la bonne personne. D’habitude, plus les destinataires sont haut placés, mieux c’est — comme le chef des RH, le PDG ou peut-être l’avocat général.

Énoncé indiquant que vous quittez votre emploi, pourquoi et quand

Parlez un peu de vous, par exemple, quel est votre emploi au sein de l’entreprise, quand vous avez commencé à travailler là et depuis combien de temps vous y travaillez. Si vous avez reçu de bons commentaires sur votre travail, vous devriez aussi le dire.

C’est important d’indiquer très clairement que vous quittez votre emploi. Vous devriez indiquer la date de votre dernière journée de travail. Habituellement, c’est immédiatement (« ma démission entre en vigueur immédiatement »), bien que parfois, c’est une ou deux semaines plus tard.

Votre avocat peut vous aider à expliquer exactement pourquoi vous partez. Normalement, c’est parce que votre employeur n’a pas réglé le problème de harcèlement et que votre milieu de travail n’est donc pas sécuritaire. Parfois, c’est aussi parce que votre employeur a exercé des représailles contre vous parce que vous vous êtes plaint d’avoir été harcelé. Consultez Être puni pour s’être plaint et comment se protéger.

Énoncé factuel sur ce qui s’est passé et comment ça vous a blessé

Ici, la mise en demeure décrira le harcèlement que vous avez vécu et les efforts que vous avez faits pour le signaler à votre employeur. Parfois, cette partie ne contient que quelques phrases, et parfois, plusieurs pages.

Vous décrirez également comment le harcèlement vous a fait du tort, vous a coûté de l’argent ou vous a causé de la douleur et de la souffrance. Vous devriez parler de tout symptôme que vous avez eu sur le plan physique et mental, de tout diagnostic médical que vous avez reçu (par exemple, anxiété ou dépression), de tout médicament qui vous a été prescrit et de tout autre tort que vous avez subi. Si vous avez l’impression d’avoir été puni pour vous être plaint, vous devriez en parler aussi.

Description de ce que vous voulez

Dans cette partie de la mise en demeure, vous allez décrire exactement ce que vous voulez obtenir. Cela inclut presque toujours de l’argent. En général, vous devriez demander plus d’argent que ce à quoi vous vous attendez. Certains disent que vous devriez calculer le montant minimum que vous voulez et demander le double.

Vous pouvez aussi demander d’autres choses que de l’argent, comme une lettre de recommandation positive. Parfois, certaines personnes demandent qu’on décrive leur départ comme une démission plutôt qu’un congédiement. Parfois, ils veulent rédiger l’annonce qui explique leur départ. Vous pourriez demander à conserver des biens de l’entreprise, comme un ordinateur portable ou un téléphone cellulaire. Habituellement, c’est plutôt facile d’obtenir de votre employeur qu’il accepte vos demandes qui ne sont pas financières.

Information pratique sur les biens de l’entreprise

Parce que vous démissionnez, vous devez dire à votre employeur quels biens de l’entreprise vous avez en votre possession, comment et quand vous prévoyez les retourner. C’est normal que votre employeur s’attende à ce que vous retourniez les biens de l’entreprise, habituellement dans la semaine suivant votre dernier jour de travail. Certains employeurs insisteront pour que vous retourniez leurs biens, et dans ce cas, vous devez absolument le faire.

Date à laquelle vous souhaitez recevoir une réponse

Il est important d’inclure une date limite de réponse pour que, si votre employeur prévoit ignorer votre mise en demeure, vous le sachiez. Habituellement, la date limite est environ une semaine plus tard, mais parfois c’est aussi quelques jours, ou deux à trois semaines.

Plus d’info sur les mises en demeure

Quel est le bon ton à avoir?

La mise en demeure devrait être basée sur les faits et polie. Elle ne devrait pas donner l’impression que vous êtes en colère. Elle devrait être rédigée de façon plus officielle si elle est signée par votre avocat, et elle peut être moins officielle si elle est signée par vous. Si votre relation avec votre employeur est négative, la mise en demeure devrait quand même être courtoise. Si votre relation a été plutôt positive, la mise en demeure peut être amicale.

N’oubliez pas qu’envoyer une mise en demeure n’est pas en fait un acte hostile. Ce que vous dites dans la mise en demeure, c’est que même s’il y a matière à poursuite, vous êtes prêt à régler l’affaire de façon amicale, plutôt que d’aller devant les tribunaux.

Habituellement, il est préférable de garder toutes les portes ouvertes plutôt que de s’engager à suivre un plan d’action précis. Mais parfois (surtout si votre employeur est hostile), vous pourriez gagner du temps en disant exactement ce que vous ferez si vos demandes ne sont pas satisfaites. Votre avocat peut vous aider à gérer tout ça.

Qu’est-ce que ma mise en demeure devrait demander?

Habituellement, la mise en demeure devrait indiquer un montant précis. Ça permet de gagner du temps, car votre employeur n’a pas à deviner ce que vous voulez.

C’est également normal de demander des choses comme une lettre de recommandation positive. C’est normal de demander à conserver des biens de l’entreprise. (Bien que les employeurs disent parfois non.) Vous pourriez aussi demander des excuses de la part de votre employeur ou du harceleur. Vous pourriez demander que le harceleur soit forcé de suivre une formation sur le harcèlement sexuel.

Si j’envoie une mise en demeure et que je ne reçois pas d’argent, est-ce que ça signifie que je dois aller devant les tribunaux?

Non. Rien dans une mise en demeure ne vous engage à intenter une poursuite. Mais votre mise en demeure est plus susceptible d’être acceptée si votre employeur croit que vous pourriez aller devant les tribunaux.

Comment dois-je envoyer une mise en demeure?

Vous pouvez l’envoyer par courrier recommandé si vous voulez être en mesure de prouver qu’elle a été reçue, mais ce n’est pas nécessaire. Vous pouvez aussi remettre une copie en main propre.

Il est de plus en plus courant d’envoyer une mise en demeure par courriel. Si vous le faites, vous devez l’envoyer à partir de votre compte personnel, et non de votre compte de travail, et demander à votre employeur de confirmer qu’il l’a reçue. S’il ne le confirme pas, vous voudrez alors envoyer la mise en demeure d’une autre façon.

Si j’envoie une mise en demeure et qu’elle est ignorée ou rejetée, que devrais-je faire?

Vous pourriez décider de rédiger une autre mise en demeure qui répète ce que vous voulez et ce que vous ferez si vous ne l’obtenez pas. Vous pourriez décider de porter plainte devant les tribunaux. Ou vous pourriez décider de ne rien faire. C’est entièrement à vous de décider.

Si j’envoie une mise en demeure, quelle est la pire chose qui pourrait arriver?

Votre employeur pourrait parler négativement de vous à d’autres personnes. Il pourrait refuser de vous donner de bonnes références. Dans le pire des cas, il sera en colère contre vous, le pont entre vous et lui sera brûlé, et vous n’aurez plus jamais une bonne relation avec lui.


Voici quelques exemples de mises en demeure.


Les femmes et les autres personnes qui portent plainte pour agression sexuelle n’arrivaient pas à obtenir des audiences équitables en passant par les institutions, y compris les entreprises, donc elles ont utilisé un nouvel outil, l’Internet. Cela s’est avéré très efficace et a été perçu comme un signal d’alarme important.

Michael Hobbes, journaliste et animateur de balado, You’re Wrong About: “Cancel Culture,” 7 juin 2021.

Auparavant, les personnes qui subissaient du harcèlement sexuel n’en parlaient pratiquement à personne. C’est alors que #MoiAussi (#MeToo) est arrivé.

Le mouvement #MoiAussi a commencé à la fin de 2017, lorsque l’actrice américaine Alyssa Milano a publié un gazouillis demandant aux gens de partager leurs histoires d’agression et de harcèlement sexuels. Des millions de personnes ont participé en utilisant le mot-clic #MoiAussi.

Voir toutes ces histoires a aidé les gens à réaliser que l’agression et le harcèlement sont très communs, ce qui les a aidés à ressentir moins de honte et de culpabilité par rapport à leurs propres expériences. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, les gens sont beaucoup plus susceptibles de partager leurs histoires publiquement. Ils le font eux-mêmes, habituellement sur les réseaux sociaux, ou parfois à travers les médias en parlant avec un journaliste.

Voici quelques histoires vraies de personnes qui ont dévoilé publiquement le harcèlement qu’elles ont subi.

  • À Edmonton en 2017, un homme copropriétaire d’un bar a tripoté à répétition un membre du personnel. Elle a signalé l’incident à la direction, mais rien n’a été fait, et l’homme a continué à mal se comporter. Huit mois plus tard, elle a quitté son emploi et publié un message public sur Facebook dans lequel elle a expliqué pourquoi elle avait démissionné. Grâce à sa publication, certains de ses collègues ont aussi démissionné, des groupes de musique qui étaient censés jouer au bar ont annulé leurs spectacles, les médias ont couvert l’histoire, et le bar a finalement fermé ses portes de façon permanente. 
  • À Toronto en 2018, une femme a été renvoyée de son emploi dans une entreprise en démarrage du domaine de la technologie après avoir porté plainte aux RH parce qu’elle était harcelée sexuellement par l’un des cadres de la compagnie. En 2019, elle a publié un gazouillis anonyme décrivant ce qui lui était arrivé, l’entreprise a mené une enquête, et le cadre a quitté la compagnie. Elle a rédigé un texte anonyme décrivant ce qui lui était arrivé qu’elle a publié sur Medium, ce qui a éventuellement mené à une couverture médiatique, et deux mois plus tard l’entreprise a fermé ses portes. En 2020, la femme a raconté toute son histoire à un journaliste de Global News, qui a écrit un long article sur le sujet en utilisant son véritable nom, avec sa permission.
  • À Montréal en 2020, une femme a partagé sur Instagram le récit de l’agression sexuelle qu’elle avait subie, ce qui a encouragé des douzaines de femmes à partager des histoires semblables. Certaines d’entre elles ont publié leurs histoires à partir de leurs propres comptes, alors que d’autres l’ont fait de façon anonyme. Certaines des personnes nommées ont perdu leur emploi, d’autres ont présenté des excuses publiques, et d’autres ont menacé d’intenter des poursuites pour diffamation. Le ministre de la Justice du Québec a alors réuni un groupe d’experts afin de trouver des moyens de permettre aux personnes ayant subi des agressions sexuelles de s’orienter plus facilement au sein du système de justice québécois.

Les gens dévoilent leurs histoires publiquement pour toutes sortes de raisons. Voici certaines des raisons les plus communes:

  • Elles veulent avertir les autres afin que les gens sachent qu’il faut éviter le harceleur et/ou l’employeur du harceleur.
  • Elles veulent embarrasser publiquement le harceleur, ou s’assurer que le harceleur comprenne que ce qu’il a fait était blessant et inacceptable.
  • Elles veulent que leur employeur ait honte publiquement pour ne pas avoir mis fin au harcèlement.
  • Elles veulent sensibiliser les gens au fait que le harcèlement est vraiment commun.
  • Elles veulent bâtir une communauté avec d’autres personnes qui ont vécu des expériences semblables.
  • Elles veulent du soutien, une catharsis ou la guérison.

Ce sont toutes de bonnes raisons pour dévoiler l’affaire publiquement et, en fait, il n’y a pas de mauvaise raison. Si vous voulez dévoiler publiquement le harcèlement, vos raisons sont légitimes, quelles qu’elles soient.

Cela dit, le dévoilement public peut entraîner des conséquences négatives. Voici certaines des conséquences négatives les plus communes, et comment vous pouvez vous protéger contre elles.

En dévoilant publiquement le harcèlement, vous risquez d’être poursuivi pour diffamation

Si vous dites de mauvaises choses sur le harceleur ou votre employeur, ils pourraient vous poursuivre pour diffamation. « Diffamation » est un terme juridique. Il sert à décrire les situations où quelqu’un dit publiquement des choses sur une autre personne qui ne sont pas vraies ou qui causent du tort à la réputation de la personne. Il peut s’agir d’un message publié, ce que l’on appelle souvent un « libelle », ou de paroles prononcées, ce que l’on appelle des « propos diffamatoires » dans certains endroits au pays.

La diffamation relève du droit civil et non du droit criminel, ce qui signifie que la police n’est pas impliquée.

N’importe qui peut déposer une plainte pour diffamation. Il n’est pas nécessaire d’avoir un dossier solide; il faut seulement avoir assez d’argent pour se payer un avocat.

À bien des égards, les poursuites pour diffamation sont le parfait outil pour les hommes accusés de violence sexuelle. Le fait d’intenter une poursuite permet aux hommes accusés de violence sexuelle de recadrer le récit en ce qui a trait à la responsabilité et au blâme, et de se présenter comme des victimes de fausses allégations. Il revient alors au défendeur de prouver que ses déclarations de violence sexuelle sont vraies.

Mandi Gray, chercheuse postdoctorale, Université de Calgary.
« Cease and Desist/Cease or Resist? Civil Suits and Sexual Violence. »

Voici quelques exemples de situations où des personnes ont été poursuivies pour diffamation après avoir dévoilé publiquement le harcèlement qu’elles avaient vécu.

  • En 2018, une femme de Calgary a écrit un billet de blogue anonyme où elle déclarait avoir été agressée sexuellement par un journaliste lorsqu’elle travaillait pour un réseau de télévision. En enquêtant sur ces allégations, le réseau a divulgué le nom de la femme. Le journaliste accusé a intenté une poursuite d’une valeur de 7,5 millions de dollars contre elle et le réseau.
  • Il y a environ cinq ans, « Laura » a été harcelée et agressée sexuellement par son boss pendant un voyage d’affaires. Elle a été renvoyée une heure après avoir signalé ce comportement. La lettre ouverte qu’elle a publiée sur les réseaux sociaux au sujet de l’agression a entraîné le dépôt d’une poursuite pour diffamation de la part de l’organisation pour laquelle elle travaillait. La poursuite a été abandonnée, mais Laura a perdu son domicile après s’être retrouvée sans emploi.
  • En 2020, les personnes qui avaient été accusées de harcèlement et d’agression sexuels sur le compte Instagram d’une femme de Regina ont menacé de la poursuivre pour diffamation. La femme a fermé son compte en réponse à ces menaces. Elle n’a jamais été poursuivie, mais un homme a intenté une poursuite contre Facebook, qui possède Instagram, dans le but d’obtenir 1 million de dollars en dommages-intérêts.

Il est impossible de connaître vos risques d’être poursuivi pour diffamation. Vos risques d’être poursuivi sont plus élevés si vous nommez le harceleur (ou si l’identité du harceleur est évidente même sans le nommer), si votre histoire retient beaucoup l’attention, si le harceleur est bien connu, s’il a beaucoup d’argent pour embaucher des avocats, ou s’il a déjà intenté des poursuites par le passé.

On peut vous poursuivre même si ce que vous dites est vrai, et même si vous pouvez le prouver. Parfois, les harceleurs lancent des poursuites pour diffamation en sachant qu’ils n’ont aucune chance de gagner dans le but de vous pousser à changer votre histoire ou à la retirer.

Si vous vous faites poursuivre pour diffamation, vous aurez besoin d’embaucher un avocat, et le processus sera cher et long—il n’est pas rare qu’un cas prenne deux ans ou plus à être résolu. L’affaire peut se retrouver dans les « limbes judiciaires  », et ne peut être retirée avant que cinq ans se soient écoulés. Donc, si vous songez à dévoiler publiquement le harcèlement que vous avez subi, et surtout si vous prévoyez nommer le harceleur, c’est une bonne idée d’en parler d’abord avec un avocat. Consultez Comment trouver un avocat et faire affaire avec lui.

Si vous dévoilez publiquement le harcèlement, des étrangers pourraient vous attaquer ou vous agresser

Voici une journaliste japonaise qui décrit ce qui lui est arrivé en 2017 après avoir dit durant une conférence de presse qu’elle avait été violée deux ans plus tôt par un collègue:

« Le contrecoup m’a durement frappée. J’ai été dénigrée sur les réseaux sociaux et j’ai reçu des messages, des courriels et des appels haineux de la part de numéros inconnus. J’ai été traitée de “salope” et de “pute”, et on m’a dit que je “devrais mourir”. Il y a eu des débats sur ma nationalité, parce qu’une véritable Japonaise n’aurait pas parlé de ces choses “honteuses”. De fausses histoires ont commencé à apparaître en ligne au sujet de ma vie privée avec des photos de ma famille. J’ai reçu des messages de la part d’autres femmes qui me critiquaient pour avoir échoué à me protéger moi-même. »

Ce qui lui est arrivé est très commun. Ce ne sont pas toutes les personnes qui dévoilent publiquement le harcèlement qu’elles ont subi qui sont attaquées ou agressées, mais c’est souvent le cas. D’habitude, ça veut dire des personnes qui vous crient dessus ou qui vous traitent de noms en ligne, mais parfois c’est pire que ça: les gens vous envoient des menaces de viol ou de mort, publient vos renseignements personnels ou encouragent les autres à vous harceler ou à harceler vos amis et votre famille, ou essaient de communiquer avec votre employeur dans le but de vous faire renvoyer.

Si vous voulez dévoiler publiquement le harcèlement que vous avez subi, mais réduire les risques d’être harcelé pour l’avoir fait, voici certaines choses que vous pourriez prendre en considération:

  • Vous pourriez publier votre histoire de façon anonyme au lieu d’utiliser votre véritable nom.
  • Vous pourriez essayer de ne pas dévoiler le nom de votre employeur actuel.
  • Vous pourriez renforcer votre sécurité numérique avant de publier. (Comme retirer vos renseignements personnels d’Internet, et limiter les personnes qui peuvent voir vos publications sur les réseaux sociaux.) Vous trouverez de bonnes ressources sur le sujet ici, ici et ici.
  • Vous pourriez avertir vos amis avant de faire votre publication, et leur demander d’être prêts à vous aider si vous êtes confronté à du harcèlement ou à des agressions.

Si vous dévoilez publiquement le harcèlement que vous avez subi, vous pourriez perdre votre emploi ou avoir de la difficulté à en trouver un nouveau

C’est un vrai risque. Beaucoup de gens ont décrit comment leur carrière avait plongé après avoir dévoilé leur histoire publiquement. Les entreprises ne veulent pas embaucher de gens qui se sont plaints publiquement du harcèlement sexuel qu’ils ont subi parce qu’elles craignent qu’ils le refassent. Et puis, généralement, c’est assez commun que les gens jugent sévèrement les personnes qui se plaignent du harcèlement.

Si vous vous inquiétez pour votre réputation professionnelle, votre inquiétude est probablement justifiée. Si, malgré tout, vous souhaitez dévoiler publiquement ce qui vous est arrivé, voici quelques choses que vous pourriez faire pour essayer de vous protéger:

  • Ne nommez pas votre employeur.
  • Ne liez pas votre vrai nom à votre histoire.
  • Lorsque vous racontez votre histoire, essayez de la garder factuelle et sobre.
  • Dites clairement qu’en dehors du harcèlement, vous aimez votre travail et votre employeur.
  • Dites clairement que vous regrettez d’avoir à dévoiler la situation publiquement et que vous auriez préféré ne pas avoir à le faire.
  • Dites clairement que vous essayez d’aider votre entreprise à mieux gérer le harcèlement, au lieu d’être motivé par la colère et le désir de vengeance.

Si vous dévoilez publiquement le harcèlement que vous avez subi, vous risquez de gâcher les procédures juridiques que vous avez lancées ou le règlement que vous avez obtenu

Si vous êtes impliqué dans un processus de plainte officiel ou une poursuite judiciaire, vous risquez de gâcher vos chances en dévoilant votre histoire publiquement. Voici comment ça pourrait arriver:

  • Ça pourrait permettre au harceleur ou à votre employeur d’anticiper ce qui s’en vient, leur donnant le temps de changer leur version des faits ou de détruire des éléments de preuve.
  • Ce que vous dites pourrait être utilisé contre vous en cour, l’autre partie prétendant que vous avez menti ou que vous avez essayé d’influencer d’autres témoins, ou utilisant ce que vous dites pour essayer de s’en prendre à votre personnalité ou à vos motivations.
  • Si les gens vous attaquent en ligne, les personnes qui étaient prêtes à vous soutenir (en témoignant, par exemple) pourraient changer d’idée.
  • Si vous avez signé une entente de non-divulgation, dévoiler votre histoire publiquement pourrait aller à l’encontre de cette entente. Vous pourriez alors avoir à rembourser l’argent que vous avez reçu dans le cadre de votre règlement, et votre employeur pourrait décider de vous poursuivre pour rupture de contrat.

Si vous participez à un processus judiciaire officiel, c’est une bonne idée d’obtenir les conseils de votre avocat avant de dévoiler votre histoire publiquement.


À cette étape, vous avez probablement une bonne idée à savoir si dévoiler votre histoire publiquement est bon pour vous.

Si vous décidez de le faire, votre première grande question sera de déterminer si vous préférez essayer qu’un journaliste raconte votre histoire, ou si vous préférez le faire vous-même.

La principale raison pour en parler à un journaliste est que cela rend votre histoire plus crédible, parce que la plupart des gens présument que ce qu’un journaliste écrit est vrai.

Mais il y a des désavantages à faire ça. Vous perdez le contrôle sur ce qui est dit, où cela est dit, et quand cela est dit. Un journaliste pourrait vous pousser à fournir des détails embarrassants que vous ne voulez pas nécessairement partager publiquement. C’est possible qu’un journaliste conclue une entente avec vous (comme accepter de garder votre nom confidentiel ou ne pas mentionner certaines parties de votre histoire), et finisse par ne pas la respecter. Si vous ne voulez pas être cité pendant que vous êtes interviewé, vous devez indiquer au journaliste que ce que vous dites est confidentiel avant de commencer à parler, pas après.

Mais pour la plupart des gens, parler avec un journaliste n’est pas une option de toute façon. Un journaliste pourrait être intéressé par votre histoire si ce qui s’est passé était particulièrement scandaleux, ou si le harceleur (ou votre employeur) est bien connu. Mais autrement, il est habituellement assez difficile d’intéresser un journaliste parce que le harcèlement sexuel se produit tous les jours, et que ce n’est pas vraiment une « nouvelle ».

Cela signifie que, si vous dévoilez publiquement votre histoire, ce sera probablement par vous-même, sur les réseaux sociaux. 

Nous vous laissons avec quelques dernières choses à prendre en considération.

Une liste de choses auxquelles vous devriez penser avant de dévoiler publiquement le harcèlement que vous avez subi

  • Avez-vous des gens importants dans votre vie avec qui vous voudriez en parler d’abord?
  • Avez-vous des gens dans votre vie à qui vous ne voulez pas dire ce qui vous est arrivé et qui pourraient l’apprendre une fois que votre histoire sera publique?
  • Êtes-vous à l’aise avec l’idée que votre histoire reste publique pour toujours?
  • Si vous avez un avocat, lui avez-vous parlé de votre plan?
  • Avez-vous fait ce que vous pouviez pour réduire vos risques d’être poursuivi pour diffamation?
  • Si vous êtes poursuivi, avez-vous confiance en votre capacité à vous défendre?
  • Êtes-vous impliqué dans un processus de plainte ou un processus judiciaire qui pourrait être gâché par une sortie publique?
  • Avez-vous signé une entente légale qui pourrait limiter ce que vous pouvez dire publiquement? Consultez Comment décider s’il faut intenter une poursuite (et à quoi vous attendre si vous le faites).
  • Avez-vous fait ce que vous pouviez pour renforcer votre sécurité et votre protection numériques?
  • Avez-vous recruté du soutien pour vous aider à assurer votre bien-être et votre sécurité après avoir dévoilé publiquement le harcèlement que vous avez subi? Consultez Bâtir un réseau de soutien.

Commençons par l’agression sexuelle.

L’agression sexuelle est un crime en vertu du Code criminel du Canada. L’agression sexuelle correspond à tout type de contact sexuel qui se produit sans votre consentement. Cela comprend aussi les situations où une personne vous a menacé pour vous convaincre d’avoir un contact sexuel avec elle.

Il y a trois degrés de gravité pour les agressions sexuelles

  • Niveau 1: Attouchements, baisers, rapports sexuels, pénétration et toute autre activité sexuelle effectuée sans le consentement de l’autre personne.
  • Niveau 2: Lorsque l’accusé a une arme ou menace d’utiliser une arme, lorsque l’accusé menace de causer des lésions corporelles ou cause des lésions corporelles, ou si la personne touchée a été agressée sexuellement par plus d’une personne durant le même incident.
  • Niveau 3: Aussi connu sous le nom d’agression sexuelle grave, ceci se produit lorsque la personne qui a été agressée sexuellement est blessée, mutilée ou que sa vie a été en danger. Il s’agit également d’une agression sexuelle de niveau 3 si l’accusé a une arme à feu et menace de l’utiliser.

C’est donc une agression sexuelle si:

  • Un collègue vous embrasse sans votre permission.
  • Vous vous saoulez à une fête au bureau et vous vous réveillez en constatant qu’une personne avec qui vous travaillez a eu des relations sexuelles avec vous alors que vous étiez trop ivre pour consentir.
  • Un client au restaurant où vous travaillez vous tape les fesses.

Mais ce n’est pas une agression sexuelle si:

  • Quelqu’un vous insulte ou vous traite de noms.
  • Quelqu’un vous observe de manière suggestive, vous siffle ou vous fait des propositions.
  • Quelqu’un vous donne un câlin ou vous touche de façon non sexuelle.
  • Quelqu’un vous crie après ou vous poursuit.

C’est important de savoir que, même si le comportement d’une personne correspond à la définition légale d’agression sexuelle, cela ne veut pas nécessairement dire que la police prendra l’incident au sérieux. La police est plus susceptible de prendre des mesures si elle pense que ce qui vous est arrivé était grave. Mais si elle pense que c’était insignifiant ou sans importance, elle ne le fera peut-être pas.

Devriez-vous alerter la police si vous avez subi une agression sexuelle?

La plupart des gens ne le font pas. Environ 5 % seulement des victimes d’agression sexuelle s’adressent à la police.

Pourquoi? Beaucoup de gens croient que la police ne les prendra pas au sérieux. Certains ont peur d’être jugés. Certains ont honte ou se sentent coupables, comme si ce qui était arrivé était de leur faute. S’ils connaissent l’agresseur, ils ont peut-être peur des représailles. Et certains—surtout les personnes Autochtones, racialisées et les personnes 2SLGBTQIA+—ne font juste pas confiance à la police.

Ce n’est pas injustifié. La police a une très mauvaise réputation par rapport à sa gestion des cas d’agression sexuelle. Pour commencer, elle refuse de croire 10 % des personnes qui signalent des voies de fait et classe leur cas comme « non fondé ». Elle est plus susceptible de vous croire si vous êtes blanc, si vous avez été blessé, si la personne qui vous a agressé était étrangère, si elle a utilisé une arme, si vous vous êtes vigoureusement défendu et si vous étiez sobre.

Une enquête policière en soi peut être traumatisante. Certaines personnes ont affirmé que leur expérience avec la police avait été si mauvaise que c’était comme un « deuxième viol ». Les agents peuvent être grossiers, brusques et porter des jugements, et certains croient toujours à des mythes et à des stéréotypes dépassés sur le viol.

Mythes communs sur le viol:

  • Si ça ne s’est pas terminé par une relation sexuelle, ce n’est pas vraiment un viol.
  • Les femmes « courent après » par la façon dont elles s’habillent ou se comportent.
  • Si quelqu’un est ivre ou sous l’effet de la drogue, c’est sa faute.
  • Les femmes mentent en disant qu’elles ont été violées parce qu’elles regrettent d’avoir eu des relations sexuelles.
  • Si quelqu’un n’a pas crié et ne s’est pas débattu, ce n’était pas vraiment un viol.
  • Les hommes ne se font pas violer.

Même si beaucoup de gens ont de mauvaises expériences avec la police, les gens qui travaillent dans les centres d’aide aux personnes ayant subi une agression sexuelle disent qu’ils ne conseilleraient jamais à quelqu’un de ne pas s’adresser à la police. Ils croient que c’est important que la personne qui a été agressée prenne sa propre décision à ce sujet.

Certaines personnes qui ont été agressées disent que le fait de chercher publiquement à obtenir justice est une façon pour elles de reprendre le contrôle. Certaines disent que, même si elles étaient à peu près certaines que l’agresseur ne serait pas puni, le fait de s’adresser à la police les a tout de même fait sentir mieux.

Calgary Communities Against Sexual Abuse (CCASA) a créé cette liste de questions à vous poser lorsque vous réfléchissez à quelle décision prendre:

  • Qu’est-ce qui me motive à signaler l’incident à la police?
  • À quoi ressemblera le fait de partager des renseignements détaillés sur un événement traumatisant?
  • Comment me sentirai-je si la personne qui m’a blessé n’est pas reconnue coupable?
  • Suis-je prêt à attendre un an ou deux pour que le processus soit terminé?
  • Est-ce que je sais comment obtenir du soutien si et quand j’en ai besoin?
  • Comment me sentirai-je si je ne fais pas de signalement?
  • Quel sera l’impact du signalement sur mes relations avec ma famille et mes amis?

Si vous vous adressez à la police

Si vous avez été agressé et que vous vous adressez à la police, vous pourriez décider de subir un examen médical pour recueillir des preuves sur votre corps et vos vêtements. C’est ce qu’on appelle une trousse de viol, et elle porte différents noms officiels. Il peut s’agir d’une sexual assault evidence kit (SAEK) (trousse médico-légale d’agression sexuelle) ou d’une sexual assault nurse examination (SANE) (examen par une infirmière spécialisée en agression sexuelle). Les résultats et les vêtements que vous portiez pourraient constituer des preuves essentielles pour une future poursuite.

Si vous décidez de vous soumettre à une procédure de trousse de viol, les experts disent que vous devriez essayer de le faire dans les 72 heures suivant l’agression et que vous ne devriez pas prendre votre douche avant.

La procédure se fait à l’hôpital et les gens là-bas ne rapporteront pas ce qui est arrivé à la police. Vous pouvez réunir les preuves et décider plus tard ce que vous voulez faire. À certains endroits, vous pouvez communiquer avec un centre local d’aide aux personnes ayant subi une agression sexuelle, et il enverra quelqu’un pour vous accompagner pendant le processus. Vous pouvez appeler le 211 pour voir s’il y a un centre près de chez vous.

Le CCASA a produit un document intitulé Navigating the Criminal Legal System qui comprend un guide clair et simple sur ce à quoi il faut s’attendre si l’on s’adresse à la police. Les détails peuvent varier selon l’endroit où vous vivez, mais dans l’ensemble, vous pouvez vous attendre à ce que le processus soit assez semblable à ce que le CCASA décrit.

Attention

Si vous vous adressez à la police, vous n’avez aucun contrôle sur ce qui se passera par la suite. Vous ne pourrez pas décider s’il y a enquête ou poursuite. Ces décisions sont prises par la police et les procureurs. Si l’affaire est portée devant les tribunaux, vous serez juste un témoin.

Si la police décide qu’il y a suffisamment de preuves pour porter des accusations contre la personne qui vous a agressé, ça pourrait éventuellement mener à un procès, mais ça pourrait prendre des mois, voire des années, avant que votre cas ne soit entendu.

Se retrouver devant un tribunal est un processus difficile, et l’avocat de l’accusé fera ce qu’il peut pour vous faire paraître comme quelqu’un qui n’est pas fiable et digne de confiance. Ça pourrait être un nouveau traumatisme. C’est aussi important de savoir que les décisions des tribunaux sont tout à fait décourageantes: seulement une sur dix se conclut par une condamnation.

Quels autres types de harcèlement sexuel pourraient enfreindre les lois pénales?

Il y a d’autres choses que les harceleurs font qui sont illégales en vertu du droit criminel canadien et que vous pourriez décider de signaler à la police. Ou vous pourriez vouloir en parler avec votre service des RH, votre boss ou votre représentant syndical, si vous en avez un. Même si ce qui se passe n’est pas assez grave pour que vous vouliez vous adresser à la police, votre employeur pourrait être prêt à prendre des mesures pour vous protéger. C’est possible de s’adresser à la police et de signaler le problème à votre travail. Faire l’un ne veut pas dire que vous ne pouvez pas aussi faire l’autre.

Si vous envisagez de signaler l’un ou l’autre de ces comportements, vous devriez recueillir et conserver autant de preuves que possible. Ne supprimez pas de textos ou de courriels. Gardez les enregistrements, si vous en avez. Prenez des captures d’écran. Prenez des photos.

Partage d’images sexuelles

C’est un crime au Canada de partager des images sexuelles d’une personne sans son consentement. Dans le Code criminel, on parle de « distribution non consensuelle d’images intimes ».

Si quelqu’un au travail partage des images ou des vidéos sexuelles de vous avec d’autres personnes, il enfreint la loi. Peu importe comment il a obtenu les images ou comment il les partage.

Communications indécentes

C’est un crime si quelqu’un vous envoie des images sexuelles de lui-même ou d’autres personnes, y compris de la pornographie commerciale. Le Code criminel interdit ce qu’il appelle les « communications indécentes », ce qui comprend l’envoi de communications sexuelles « dans l’intention d’alarmer ou de contrarier ». Si quelqu’un à votre travail fait ça, vous pourriez le signaler à la police ou aux RH, à votre boss ou à votre représentant syndical, si vous en avez un.

Diffamation

Si quelqu’un ment à votre sujet d’une manière qui nuit à votre réputation, vous expose à la haine, au mépris ou au ridicule, au Canada, cela peut enfreindre les lois civiles et criminelles.

La diffamation peut être verbale ou prendre d’autres formes, comme des textos, des courriels ou des publications sur les médias sociaux. Si quelqu’un dit à tort à vos collègues que vous êtes un pédophile, un toxicomane ou un parent violent, c’est de la diffamation.

Si quelqu’un dit à tort à votre boss que vous avez menti dans votre demande d’emploi ou que vous volez l’entreprise, c’est de la diffamation. Mais ce n’est pas de la diffamation d’exprimer une opinion.

Donc, si un collègue dit que vous êtes paresseux ou laid ou mauvais dans votre travail, ce n’est probablement pas de la diffamation. Si quelqu’un vous traite d’une insulte, ce n’est peut-être pas de la diffamation.

Traque (stalking)

Au Canada, traquer quelqu’un est illégal. C’est ce qu’on appelle le harcèlement criminel.

Si une personne de votre milieu de travail se présente à plusieurs reprises à votre domicile sans être invitée, ou si un ancien partenaire se présente à plusieurs reprises à votre lieu de travail, c’est de la traque. Si un collègue ou un client vous envoie des textos, des courriels, ou vous appelle à répétition, ça peut aussi être de la traque. Si quelqu’un vous surveille et surveille où vous allez, ou vous suit, c’est aussi de la traque.

Le ministère de la Justice a publié une excellente brochure en ligne sur le harcèlement criminel intitulée Traquer quelqu’un est un crime appelé harcèlement criminel.

Divulgation de données personnelles et alerte malveillante

La divulgation de données personnelles est lorsque quelqu’un publie des renseignements personnels à votre sujet en ligne, comme votre adresse personnelle ou votre numéro de téléphone. Habituellement, c’est fait pour encourager ou aider d’autres personnes à vous harceler. L’alerte malveillante est lorsque des gens dupent délibérément la police ou d’autres services d’urgence pour qu’ils se rendent à votre domicile ou à votre lieu de travail en prétendant qu’il y a une urgence. Le but de l’alerte malveillante est de vous ennuyer, de vous effrayer ou de vous mettre en danger.

En vertu du droit canadien, la divulgation de données personnelles et l’alerte malveillante sont toutes les deux considérées comme des formes de harcèlement criminel.

Voyeurisme

Un voyeur est une personne qui filme, prend des photos ou vous regarde quand vous pensez que vous êtes dans un espace privé. Le voyeurisme est illégal.

La plupart des incidents de voyeurisme en milieu de travail se produisent dans des endroits où les gens peuvent être nus ou partiellement nus, comme des toilettes et des vestiaires. Si quelqu’un installe une caméra secrète dans une salle de bain au travail, c’est du voyeurisme. Si votre employeur installe une caméra dans un vestiaire, ça pourrait être du voyeurisme. Si quelqu’un vous regarde ou vous enregistre avec son téléphone secrètement lorsque vous pensez être seul, ou prend secrètement des photos indiscrètes de vous (comme en pointant son appareil photo sous votre jupe), c’est du voyeurisme. 

Le voyeurisme peut arriver à n’importe qui, mais vous pourriez être particulièrement à risque si votre lieu de travail est aussi l’endroit où vous vivez, si votre emploi vous oblige à changer de vêtements au travail, ou si vous allaitez ou pompez du lait au travail.

Proférer des menaces

En vertu de la loi, cela signifie que quelqu’un menace vous, vos biens ou vos animaux.

La menace n’a pas besoin d’être verbale—elle peut être envoyée par courriel, par texto ou publiée sur les médias sociaux. La menace n’a pas à être envoyée directement à vous: si quelqu’un dit à d’autres personnes qu’il va vous blesser ou vous tuer, y compris sur les médias sociaux, il enfreint la loi.

Discours haineux 

Au Canada, c’est un crime de susciter publiquement la haine contre un groupe identifiable, c’est-à-dire un groupe qui se distingue par « sa couleur, sa race, sa religion, son origine nationale ou ethnique, son âge, son sexe, son orientation sexuelle, son identité ou expression de genre ou son incapacité mentale ou physique ».

Alors, supposons que quelqu’un à votre travail publie sur les médias sociaux des messages d’hostilité, d’intolérance ou de violence à l’égard des femmes, des personnes transgenres, des musulmans ou d’un autre groupe. Cette personne pourrait être en train de commettre un crime.

Alors, devriez-vous vous adresser à la police

Nous ne pouvons pas répondre pour vous.

Si vous vous adressez à la police, elle pourrait ne pas vous prendre au sérieux. Ou elle pourrait lancer un processus d’enquête et juridique qui sera long et douloureux pour vous, et qui ne permettra pas à ce que justice soit faite.

Malgré cela, les experts disent qu’il n’y a pas qu’une seule bonne réponse. La bonne réponse, c’est ce qui est bon pour vous. C’est une décision tout à fait personnelle.

Quelles sont les solutions de rechange? De nombreux centres d’aide aux personnes ayant subi une agression sexuelle offrent des programmes de thérapie de groupe et certains offrent aussi des séances individuelles. Prendre soin de votre santé mentale est essentiel. Il est possible que trouver du soutien dans la communauté ou avec un thérapeute soit plutôt la bonne chose à faire pour vous.


Attention

Il s’agit juste ici de renseignements généraux, pas de conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques pour votre situation en particulier, nous vous encourageons à communiquer avec quelqu’un qui peut vous aider.

Il n’y a pas de définition juridique unique pour le harcèlement sexuel. Mais la définition ressemble généralement à ceci: un comportement indésirable lié au sexe ou au genre d’une personne qui peut blesser, offenser ou humilier la personne qui se fait harceler.

Le harcèlement sexuel est interdit en vertu des lois canadiennes. Les gens ont le droit de travailler sans se faire harceler sexuellement, et les employeurs ont l’obligation de fournir un milieu de travail sans harcèlement. Tout le monde a la responsabilité de ne pas harceler sexuellement les autres.

Qui se fait le plus harceler sexuellement?

La plupart des personnes qui se font harceler sexuellement sont des femmes. Les personnes qui se font harceler sexuellement n’ont autrement pas grand-chose en commun.

  • Le harcèlement sexuel vise des gens de tous âges.
  • Il vise des gens, peu importe leur apparence.
  • Il vise des gens, peu importe leur façon de s’habiller.
  • Il vise des gens, peu importe leur comportement.

Est-ce que certains types de personnes sont harcelées plus que d’autres?

Oui. Les harceleurs ont tendance à choisir:

  • les personnes qui sont nouvellement arrivées dans un milieu de travail
  • les personnes qui sont nouvellement arrivées dans une industrie
  • les personnes racialisées
  • les personnes handicapées
  • les personnes 2SLGBTQIA+
  • les immigrants et les réfugiés
  • les personnes qui ont moins de pouvoir que le harceleur dans leur milieu de travail

Le harcèlement sexuel se produit dans toutes sortes de milieux de travail et d’industries. Il y a toutefois des environnements où il se produit plus fréquemment que d’autres:

  • les milieux de travail où il y a beaucoup d’hommes et très peu de femmes
  • les emplois du secteur des services, surtout les bars et les restaurants
  • les emplois où on travaille seul avec un homme
  • les emplois où on travaille dans le domicile d’une autre personne

Le harcèlement sexuel prospère dans les organisations où il y a une prépondérance d’hommes, où l’on ferme les yeux sur les mauvais comportements, où l’on néglige le respect et l’équité, et/ou l’on encourage les concours de masculinité dysfonctionnels.

Lilia M. Cortina, professeure de psychologie, études de la condition féminine et de genre, Université du Michigan.
Maira A. Areguin, étudiante diplômée, programme conjoint d’études de la condition féminine et de genre et d’études de la personnalité et des contextes sociaux, Université du Michigan.
 « Putting People Down and Pushing Them Out: Sexual Harassment in the Workplace. »

Voici quelques exemples communs de harcèlement sexuel

  • Une personne vous fait une accolade ou vous touche sans votre consentement.
  • Une personne vous invite à sortir à répétition ou vous fait des avances sexuelles.
  • Une personne envahit votre espace personnel ou vous regarde de façon sexuelle.
  • Une personne parle de vous de façon sexuelle ou vous parle de cette manière.
  • Une personne affiche, montre ou vous envoie des images sexuelles.
  • Une personne partage des images sexuelles de vous avec d’autres personnes.
  • Une personne vous raconte des blagues sexuelles ou les raconte devant vous.
  • Une personne cherche à vous pousser vers un comportement plus féminin ou plus masculin.
  • Une personne se moque de votre apparence ou de votre comportement parce qu’ils ne correspondent pas aux stéréotypes de genre.
  • Une personne utilise des insultes basées sur le genre en parlant de vous ou en parlant devant vous.
  • Une personne répand des rumeurs à propos de votre sexe, de votre comportement sexuel, de votre identité de genre ou de votre expression de genre.
  • Une personne vous pose des questions au sujet de votre sexe, de votre comportement sexuel, de votre identité de genre ou de votre expression de genre.
  • Une personne vous cache des renseignements liés à votre emploi ou complique votre travail d’autres manières en raison de votre sexe, de votre identité de genre ou de votre expression de genre.
  • Une personne vous fait sentir que vous n’êtes pas accepté ou que vous n’êtes pas en sécurité en raison de votre sexe, de votre identité de genre ou de votre expression de genre.

Attention

Intenter une poursuite civile et y participer coûte cher et prend du temps, et certaines personnes trouvent ça traumatisant. Si vous songez à le faire, nous vous encourageons à consulter d’abord un avocat.

Premièrement, définissons ce que nous entendons par intenter une poursuite.

Dans le présent article, nous ne parlons pas de déposer une plainte auprès d’une commission des droits de la personne, de déposer un grief par l’entremise de votre syndicat ou de faire un signalement officiel à votre employeur.

Ce dont nous parlons ici, c’est d’intenter—ou de menacer d’intenter—une poursuite civile.

Qu’est-ce qu’une poursuite civile?

Dans un tribunal civil, les cas sont aussi appelés demandes, poursuites ou simplement « litiges » (ce qui signifie intenter une poursuite). Il s’agit de conflits privés entre des personnes ou des entreprises. Ça signifie qu’il n’y a pas d’enquête policière, pas d’avocat de la Couronne et pas d’implication de la part d’un tribunal ou d’un organisme lié, par exemple, aux droits de la personne. 

Contrairement à un tribunal lié aux droits de la personne ou à l’indemnisation des travailleurs, ou à un tribunal pénal, personne ne fait enquête sur l’affaire—vous et votre avocat devez recueillir et présenter vous-mêmes tous vos éléments de preuve. Et l’autre partie a aussi l’occasion de présenter ses preuves.

Vous devez prouver chacun des faits selon la prépondérance des probabilités. Cette norme en matière de preuve est moins élevée que dans une affaire criminelle. La prépondérance des probabilités signifie que vous devez prouver qu’il est plus probable qu’improbable que le harcèlement ait eu lieu et que le harcèlement répond aux critères juridiques pour votre type de cas. Dans les cas de harcèlement sexuel, il s’agit souvent de votre parole contre celle des défendeurs, et le juge décidera qui croire.

Attention

La plupart des poursuites civiles ont un délai de limitation de deux ans. Mais pour les crimes considérés comme des affaires criminelles graves, il n’y a pas de limite. L’agression sexuelle fait partie de cette catégorie.

Pourquoi quelqu’un intenterait-il une poursuite civile?

La raison principale est l’argent.

Personne ne peut revenir dans le temps et changer ce qui vous est arrivé. Mais si une personne vous a causé du tort, la prémisse du système judiciaire est que, dans certaines circonstances, cette personne peut être forcée de vous donner de l’argent pour compenser.

Il y a d’autres raisons pour intenter une poursuite. Vous pourriez vouloir que l’on ordonne au harceleur de cesser de vous harceler. Vous pourriez vouloir qu’il y ait un compte rendu public permanent de ce qui s’est passé. Ça pourrait être important qu’un juge tranche en votre faveur. Vous pourriez vouloir éviter que la même chose arrive à quelqu’un d’autre.

Mais la raison principale pour laquelle les gens intentent des poursuites, et l’avantage principal de ces poursuites, c’est l’argent. C’est aussi simple que ça.

Pourquoi les gens n’intentent-ils pas de poursuites civiles?

La plupart des gens qui sont harcelés n’intentent pas de poursuites.

Il n’y a aucun moyen de savoir avec certitude combien le font. Mais les recherches indiquent que la plupart des gens qui ont été harcelés ne prennent aucune mesure officielle. Moins de la moitié d’entre eux signalent ce qui s’est passé à leur employeur. Nous estimons que moins de 1 % d’entre eux intentent des poursuites.

Pourquoi les gens n’intentent-ils pas de poursuites? Il y a probablement trois raisons principales:

  • Ils ne sont pas certains d’avoir des bases juridiques solides pour présenter une demande, alors ils ne savent pas quelles sont les chances de succès de leur cas.
  • Ils pensent qu’une poursuite en justice prendrait trop de temps, coûterait trop cher et serait trop risquée.
  • Ils pensent que ce serait désagréable, et ils préfèrent mettre tout ça derrière eux et passer à autre chose.

Ce sont de bonnes raisons.

Les chercheurs disent qu’une poursuite au civil peut être très mauvaise pour la santé mentale de la personne qui l’intente. L’affaire peut prendre des années, et pendant ce temps, la personne qui a lancé la poursuite doit raconter son histoire encore et encore, notamment devant les avocats de l’autre partie, qui tenteront de la faire mal paraître. Les chercheurs affirment que ça peut garder les gens coincés dans le passé et les empêcher de guérir et d’aller de l’avant.

Il est aussi vrai que poursuivre une cause en justice peut coûter très cher. Certaines personnes finissent par dépenser des dizaines de milliers de dollars, voire des centaines de milliers de dollars. Si vous n’avez pas cet argent, il peut même être difficile d’imaginer intenter une poursuite au civil. Toutefois, si un avocat pense que vous avez une chance de gagner, il pourrait accepter sur la base d’honoraires conditionnels, ce qui signifie qu’il ne sera payé que si vous gagnez.

Mais voici quelque chose que vous devez savoir.

Ce n’est pas parce que vous intentez une poursuite que vous vous engagez dans un processus long et coûteux. Presque aucune affaire ne se rend jusqu’au procès, et il y a beaucoup d’occasions pour vous d’arriver à un accord ou de vous retirer en cours de route.

  • Si vous menacez d’intenter une poursuite en envoyant à votre employeur ce qu’on appelle une mise en demeure, il est possible qu’il s’entende avec vous immédiatement. Dans ce cas, votre seule dépense est le coût de la mise en demeure elle-même, plus toute négociation qui pourrait y avoir par la suite.
  • Si vous intentez une poursuite civile contre le harceleur ou votre employeur, il est possible qu’elle soit réglée avant le procès. Au Canada, 98 % des cas au civil sont réglés ou abandonnés avant même d’aller en procès. L’abandon est un mauvais résultat pour vous (ça signifie que vous avez laissé tomber), mais un règlement peut être excellent.
  • Vous pourriez choisir de présenter une demande devant la Cour des petites créances plutôt que devant un tribunal civil ordinaire. L’inconvénient de la Cour des petites créances, c’est que les montants accordés sont moins élevés. Mais l’avantage, c’est que le processus est plus court et plus simple, et vous pourriez peut-être le faire vous-même, sans même avoir besoin d’un avocat.

Si vous pensez avoir des arguments juridiques, même si vous êtes à peu près certain de ne pas vouloir aller jusqu’au procès, vous devriez sérieusement envisager de parler à un avocat.

Vous pouvez habituellement obtenir une courte consultation gratuite. Un avocat peut vous aider à déterminer la solidité de votre cas et le plan d’action qui pourrait vous convenir.

Si j’intente une poursuite, que pourrais-je obtenir?

Vous pouvez régler votre cas pour n’importe quelle somme que votre adversaire est prêt à offrir et que vous êtes prêt à accepter. Ou, si vous allez en procès et que vous gagnez, le juge décidera combien d’argent vous allez recevoir.

Habituellement, les montants sont calculés en fonction du salaire perdu ou des dépenses, des coûts des traitements médicaux ainsi que du tort causé à votre bien-être, ce qu’on appelle les dommages-intérêts généraux. À l’occasion, les montants comprennent aussi des dommages-intérêts punitifs visant à punir l’autre partie.

Vous avez probablement vu des articles dans les journaux au sujet de gens aux États-Unis qui ont reçu des millions de dollars. Ce n’est pas comme ça au Canada. Ici, une somme de 200 000 $ est considérée comme beaucoup, et il est très improbable que vous en obteniez autant.

Combien ça coûte, intenter une poursuite?

Vous devrez payer votre propre avocat, ainsi que tout personnel de soutien dont il dispose, par exemple, s’il fait appel à un parajuriste pour l’aider. Les avocats facturent habituellement à l’heure, et ils vous factureront pour tout ce qu’ils font: pour tout le temps qu’ils consacrent à la préparation de votre dossier—vous parler, lire des documents, écrire des lettres, communiquer avec les avocats de l’autre partie et interroger des témoins.

Vous devrez également payer tous les frais engagés par votre avocat en votre nom, comme les frais de dépôt de documents, les honoraires d’experts, ou les frais d’obtention de transcriptions ou de photocopies.

  • Si votre avocat finit par juste rédiger une seule lettre pour vous, ça pourrait coûter aussi peu que quelques centaines de dollars.
  • Si votre cause se rend jusqu’au procès, ça coûtera probablement des milliers de dollars, et si vous devez faire appel, ce pourrait être beaucoup plus.

Si vous allez jusqu’au procès et que vous gagnez, le juge va faire payer une partie de vos frais judiciaires à l’autre partie. Mais si vous perdez, le juge vous fera payer une partie des frais judiciaires de l’autre partie.

Pourquoi pourrais-je intenter une poursuite ou menacer de le faire?

Vous ne pouvez pas intenter une poursuite pour la seule raison que vous avez été harcelé sexuellement. Ce n’est pas une demande que les tribunaux civils accepteront. Vous avez plutôt deux principales façons de présenter une demande.

Votre employeur a réagi au harcèlement d’une manière qui allait à l’encontre de votre contrat de travail.

C’est ce qu’on appelle un congédiement injustifié ou déguisé.

Un congédiement injustifié signifie que vous avez été congédié sans motif valable—sans raison valable, ou sans avoir reçu un préavis raisonnable ou une indemnité au lieu d’un préavis. Si vous avez été congédié parce que votre employeur voulait se débarrasser de vous plutôt que de mettre fin au harcèlement, vous pourriez être en mesure de poursuivre votre employeur pour congédiement injustifié.

Le congédiement déguisé signifie que même si votre employeur ne vous a pas littéralement congédié, il vous a effectivement congédié en apportant des changements si importants à votre travail que vous auriez tout aussi bien pu être congédié. Les types de changement qui comptent comme un congédiement déguisé comprennent des choses comme une réduction de vos heures de travail, un changement dans votre affectation de travail, une réduction de salaire, une rétrogradation ou une suspension. Si votre employeur a fait un changement qui ressemble à ça plutôt que de s’occuper du harcèlement sexuel, vous pourriez être en mesure de le poursuivre pour congédiement déguisé.

Le congédiement déguisé peut également comprendre des choses que votre employeur n’a pas faites. Votre employeur a l’obligation de vous offrir un milieu de travail exempt de harcèlement et de discrimination. Si vous signalez un cas de harcèlement et que votre employeur ne s’en occupe pas, vous pourriez avoir un cas de congédiement déguisé pour cette raison.

Le harcèlement vous a causé du tort.

C’est ce qu’on appelle un délit civil, ce qui signifie qu’il s’agit d’une demande qui est acceptée par un tribunal civil. Les délits civils qui s’appliquent au harcèlement sexuel comprennent les actes de violence, l’infliction intentionnelle de souffrances mentales et la négligence.

Si vous voulez intenter des poursuites pour les torts que vous avez subis à cause du harcèlement, ce serait un délit civil. Voici les délits civils qui s’appliquent le plus souvent au harcèlement sexuel:

  • Un acte de violence est une interférence directe, intentionnelle et physique avec votre corps qui est nuisible ou offensante. Ce délit protège votre autonomie personnelle et physique. Si vous intentez une poursuite pour cette raison, vous pourriez poursuivre le harceleur ou votre employeur si le harceleur est un cadre supérieur de l’entreprise.
  • L’infliction intentionnelle de souffrances mentales reconnaît que le tort n’est peut-être pas physique, mais que, néanmoins, le harceleur vous a délibérément blessé. Pour ce genre de poursuite, il faut prouver que le harceleur voulait causer du tort et prouver la maladie ou les symptômes qui en ont résulté. Si vous intentez une poursuite pour cette raison, vous poursuivez le harceleur ou votre employeur si le harceleur est un cadre supérieur de l’entreprise.
  • La négligence signifie que votre employeur n’a pas respecté la norme de diligence dont une personne raisonnable aurait fait preuve dans la situation. Dans un cas de harcèlement, il pourrait s’agir d’une allégation selon laquelle l’employeur avait le devoir de vous protéger du tort causé par le harceleur, et qu’il n’a pas respecté ce devoir. Ça pourrait aussi être que votre employeur était au courant de la conduite d’un harceleur, mais qu’il l’a ignorée. Dans ce genre de cas, c’est votre employeur qui serait poursuivi, pas le harceleur.
Conseil

Les avocats qui se spécialisent dans les cas de harcèlement sexuel trouvent souvent de nouvelles façons de demander au tribunal d’entendre les cas de harcèlement sexuel. Un avocat vous aidera à déterminer le type de poursuite civile qui convient à votre situation.

Quels sont les risques d’intenter une poursuite?

Les poursuites sont difficiles, et si vous poursuivez le harceleur ou votre employeur, il peut décider que vous êtes son ennemi et essayer de vous blesser ou de nuire à votre carrière.

Le harceleur peut vous dénigrer auprès d’autres gens ou essayer de vous blesser physiquement ou vous être hostile d’une autre façon.

Si vous travaillez toujours pour votre employeur, ce dernier pourrait essayer de vous punir ou de vous congédier. C’est ce qu’on appelle des représailles, et c’est illégal. Votre employeur pourrait aussi parler négativement de vous à d’autres personnes, ou refuser de vous donner une bonne référence ou rendre votre vie désagréable d’une autre façon.

Les poursuites sont publiques, ce qui signifie que les gens vont connaître votre vie privée.

Les tribunaux sont ouverts au public, ce qui signifie que n’importe qui peut avoir accès aux documents liés au cas et s’asseoir dans la salle d’audience et regarder le procès. Une fois qu’une décision aura été prise, elle figurera sur des sites Web publics.

Ça signifie que les renseignements personnels à votre sujet—qui pourraient comprendre, par exemple, des renseignements sur votre salaire, les médicaments que vous prenez, les diagnostics médicaux que vous avez reçus et les choses que vous avez dites et faites—seront accessibles à tout le monde. Si vous voulez voir le genre de renseignements qui finissent par être publiés, vous pouvez lire des décisions des tribunaux:

Vous pourriez être en mesure d’utiliser un pseudonyme si vous pouvez démontrer qu’il y a une bonne raison de le faire, c’est-à-dire que votre santé mentale pourrait souffrir ou que vous pourriez ne pas intenter de poursuite si vous deviez rendre la chose publique.

Les poursuites sont coûteuses, et le harceleur ou votre employeur pourrait délibérément se comporter d’une façon qui augmentera vos dépenses.

De nombreux défendeurs utilisent des tactiques pour retarder ou prolonger une affaire, comme le dépôt de requêtes, la demande de beaucoup de documents supplémentaires, le refus de remettre leurs documents et le changement d’avocat. Il peut s’agir de mesures stratégiques pour faire augmenter vos frais judiciaires afin que vous régliez votre affaire ou la laissiez tomber complètement. C’est ce qu’on appelle de l’intimidation devant les tribunaux—c’est très difficile à gérer et ça ajoute du stress et des coûts supplémentaires.

Le harceleur ou votre employeur pourrait vous poursuivre pour diffamation, ce qui pourrait également faire augmenter vos frais judiciaires.

Si vous poursuivez votre employeur ou le harceleur, il pourrait intenter sa propre poursuite contre vous pour diffamation en disant que vos allégations sont fausses et nuisent à sa réputation, ou causent des pertes d’activité ou d’autres dommages financiers. Se défendre contre une poursuite pour diffamation est un tout autre processus qui augmentera vos frais judiciaires et votre stress, même si ce pour quoi vous êtes poursuivi n’est pas vrai.

Vous n’obtiendrez peut-être rien à la fin.

Il est tout à fait possible que vous passiez par un processus judiciaire long et coûteux, et qu’en fin de compte… vous perdiez. Vous pourriez finir par consacrer énormément de temps et d’argent au processus et avoir à payer les frais judiciaires de l’autre partie. Même si vous gagnez, un harceleur pourrait ne pas avoir d’argent pour vous payer. Vous pourriez finir par être traumatisé en raison de toute cette expérience et ne rien en tirer.

À quoi vous attendre si vous intentez une poursuite au civil

Attention

Si vous espérez parvenir à un règlement, il est très probable que l’autre partie insistera pour que vous acceptiez de signer une entente de non-divulgation, qui vous interdira de parler de ce qui s’est passé. Si vous pensez que vous n’êtes pas prêt à signer une entente de non-divulgation, il est important de le dire à votre avocat le plus tôt possible, car ça pourrait changer votre stratégie juridique.

La première étape consiste à trouver un avocat et à déterminer avec lui qui vous ciblez dans le cadre de votre action en justice, et pour quelles raisons.

Une fois que vous aurez réglé ça, votre avocat pourrait vous conseiller de commencer par une mise en demeure dans l’espoir que vous puissiez parvenir à un règlement sans avoir à lancer une action en justice officielle.

Si la mise en demeure ne fonctionne pas, vous devrez décider s’il y a lieu d’intenter une poursuite. Si c’est le cas, voici comment ça fonctionne.

Votre avocat rédigera une déclaration dans laquelle il décrira ce qui s’est passé et expliquera en quoi ça répond aux critères juridiques. Votre avocat déposera cette déclaration auprès du tribunal et en enverra des copies à toutes les personnes poursuivies. Ces personnes sont appelées défendeurs parce qu’elles doivent présenter une défense à votre demande.

Les défendeurs déposeront ensuite une défense décrivant les faits qui, selon eux, sont importants pour l’affaire et répondront à votre demande. Ils vous enverront leur défense, ce qu’on appelle aussi vous servir une demande ou service.

Ces deux documents sont appelés les actes de procédure. Une fois qu’ils ont été déposés, les parties entament un processus appelé interrogatoire préalable.

L’interrogatoire préalable est comme un pré-procès, bien qu’il ne se déroule pas dans une salle d’audience. Il s’agit d’un interrogatoire oral enregistré par un sténographe judiciaire durant lequel vous et le défendeur révélez toute preuve liée à l’affaire, même si ça nuit à votre cause. L’avocat du défendeur vous interrogera et vous posera des questions pertinentes; votre avocat interrogera le défendeur. Les avocats auront déjà échangé les documents qu’ils utilisent pour soutenir leurs arguments et ils pourront poser des questions en fonction de ces documents. Les renseignements inscrits dans la transcription de l’interrogatoire préalable peuvent être utilisés durant le procès. Le processus d’interrogatoire préalable peut prendre des mois, voire des années, selon la quantité de preuves à présenter.

À ce stade, votre avocat pourra vous donner des conseils sur la solidité de votre dossier. Il est également commun, à ce stade-ci, que les parties décident d’essayer de parvenir à un règlement par la médiation, plutôt que de se rendre jusque devant le tribunal.

Pendant le processus de médiation, vous et l’autre partie pourriez être tenus de signer une entente de non-divulgation. Cette entente s’applique seulement aux discussions pendant la médiation. Toute admission ou offre faite à ce moment-là ne peut pas être répétée lors d’une audience ultérieure ni faire l’objet de discussions publiques. Ce n’est pas une interdiction à long terme dans le cadre d’un règlement; c’est un outil pour créer une période de discussion ouverte pendant la médiation.

Ici, vous pourriez en arriver à un règlement. Votre avocat vous aidera à décider si vous l’acceptez ou non. Il ne peut pas vous dire quoi faire, mais il peut vous aider à comprendre vos options.

Si vous ne parvenez pas à un règlement, l’affaire passe au procès.

Au cours d’un procès, un juge supervise la salle d’audience. Il peut décider de l’affaire, ou vous ou le défendeur pouvez demander un procès devant jury. Vous devrez prouver chaque aspect de votre demande. Vous pouvez apporter des preuves—des témoins ou des documents—pour prouver chaque fait. Le harceleur ou l’employeur pourra également présenter ses propres preuves pour appuyer sa version des faits. Chaque partie peut contre-interroger les témoins que l’autre partie convoque. Le juge ou le jury entend toute la preuve et les arguments juridiques des avocats avant de prendre une décision.

Souvent, le juge entendra d’abord la preuve au sujet des faits et décidera si le harcèlement s’est produit ou non et, s’il décide que le harcèlement a eu lieu, il décidera combien d’argent vous recevrez. (C’est ce qu’on appelle accorder des dommages-intérêts.) Ça peut prendre des semaines, voire des mois, selon la complexité de l’affaire. Si le procès est entendu par un jury, la décision sera prise immédiatement.

Il y a des choses que le juge ou le jury ne peut pas faire. Ils ne peuvent pas ordonner à votre employeur de congédier le harceleur, de vous redonner votre emploi, de forcer le harceleur à présenter des excuses ou obliger votre employeur à mettre en œuvre des politiques précises. Si vous voulez ce genre de recours, un organisme des droits de la personne est un meilleur choix.

En quoi la Cour des petites créances diffère-t-elle du tribunal civil?

La Cour des petites créances est une façon un peu plus simple et rapide de régler légalement les petites poursuites. Le montant exact que vous pourriez recevoir de la Cour des petites créances varie d’une province à l’autre; le maximum varie entre 15 000 $ et 50 000 $. Si vous voulez demander des dommages-intérêts inférieurs à cette limite, vous pouvez intenter une poursuite pour petites créances. Le processus est un peu moins compliqué et vous pouvez soit vous représenter vous-même, soit, si vous vivez en Ontario, engager un parajuriste.

Étant donné qu’il y a des limites aux sommes d’argent accordées par la Cour des petites créances, ça signifie que vous ne risquez pas d’avoir à verser une somme d’argent aussi importante à l’autre partie si vous perdez votre cause. La Cour des petites créances n’accorde pas de somme d’argent pour le temps que vous passez à vous représenter vous-même—seulement pour le montant que vous payez à un avocat, et parfois aussi pour les frais du dépôt de votre demande.

Vous pourriez aussi avoir recours à la Cour des petites créances si vous obtenez une indemnité de la part d’un organisme des droits de la personne ou d’un comité du travail, mais que le harceleur n’a pas payé. Si le montant total est inférieur au plafond des petites créances dans votre province ou territoire, vous pouvez intenter une poursuite pour le forcer à payer. Avant de le faire, même dans le cas des petites créances, essayez d’envoyer d’abord une mise en demeure. Vous pouvez payer un avocat afin qu’il l’écrive pour vous—une heure ou deux d’aide juridique pour envoyer une mise en demeure pourrait être un bon investissement.

À quoi s’attendre à la fin

Recueillir l’argent

Si vous acceptez un règlement ou que vous gagnez au procès, ce sera à vous de recueillir l’argent.

Si vous arrivez à un règlement, c’est habituellement facile. Dans ce cas, l’autre partie a accepté de vous payer un certain montant, et habituellement, elle le fera assez rapidement.

Cependant, si vous gagnez au procès, il sera peut-être plus difficile de recueillir l’argent. Vous pouvez commencer par envoyer une mise en demeure pour rappeler le jugement à la partie. S’ils ne paient pas, vous pouvez retourner devant le tribunal et lui demander de les forcer à payer. Il s’agit d’un autre processus judiciaire qui prendra plus de temps et qui vous coûtera plus d’argent.

Confidentialité versus publicité 

Si vous parvenez à un règlement, l’autre partie insistera presque toujours pour que vous signiez une entente de non-divulgation. (À moins que vous viviez à l’Île-du-Prince-Édouard. En 2022, l’Île-du-Prince-Édouard est devenue la première administration au Canada à interdire les ententes de non-divulgation dans les cas d’inconduite sexuelle, de harcèlement et de discrimination, à moins que la personne touchée ne choisisse d’en signer une.)

Une entente de non-divulgation peut sembler être un détail sans importance, mais ce n’est pas le cas. C’est un accord juridique contraignant, et si vous la signez, vous serez obligé de respecter ce qu’elle dit. Si vous ne le faites pas, vous pourriez devoir rembourser l’argent que vous avez reçu dans le cadre du règlement, ou vous pourriez être poursuivi et forcé de payer encore plus d’argent.

Certaines personnes sont heureuses de signer une entente de non-divulgation parce qu’elles n’ont pas l’intention d’informer qui que ce soit de ce qui leur est arrivé de toute façon. D’autres préféreraient aller en procès plutôt que d’accepter un règlement qui exige une entente de non-divulgation.

Il n’est pas rare qu’une personne signe une entente de non-divulgation et qu’elle finisse par le regretter des années ou même des décennies plus tard.  

Parfois, les gens se rendent compte plus tard qu’ils doivent parler publiquement de leur expérience afin de la traiter et d’en guérir.

Ou ils apprennent que les circonstances dans lesquelles ils ont signé l’accord n’étaient pas exactement comme ils le pensaient à l’époque. Par exemple, beaucoup de gens signent une entente de non-divulgation en supposant que leur harcèlement était un incident isolé, mais certains découvrent plus tard que le harceleur harcelait en fait beaucoup de gens. Ils voudront peut-être parler pour soutenir d’autres personnes qui ont été harcelées, et regretteront d’avoir signé une entente qui dit qu’ils ne peuvent pas le faire. 

Vous pouvez lire des histoires de gens qui ont signé des ententes de confidentialité sur ce site Web qui se bat pour l’interdiction de ce genre d’entente au Canada.

Si vous êtes prêt à signer une entente de non-divulgation, c’est une bonne idée de penser à des gens avec qui vous pourriez vouloir discuter de votre cas—comme votre partenaire ou un autre membre de votre famille ou un ami, un thérapeute, un professionnel de la santé, la police ou toute autre autorité. Si c’est le cas, vous devriez vous assurer que votre avocat le sait, afin qu’il puisse s’assurer que l’entente de non-divulgation le permet. Vous devriez aussi vous assurer de savoir si ces gens ont le droit de le dire à d’autres personnes.

Si vous envisagez de signer une entente de non-divulgation, discutez-en d’abord en détail avec votre avocat. Il peut vous aider à comprendre les conditions et à décider si vous êtes prêt à les accepter, et il peut aussi négocier des changements.

Si votre affaire est portée devant les tribunaux, c’est plus simple. Une fois qu’une décision a été rendue, elle sera affichée sur des sites Web publics consultables. Le juge peut anonymiser la décision en utilisant seulement vos initiales plutôt que votre nom complet. Vous pourriez être en mesure de le faire si vous pouvez démontrer que vous souffririez de blessures psychologiques si vous étiez publiquement identifié.

Alors, est-ce que je devrais le faire?

Il n’y a pas qu’une seule bonne réponse.

Ça dépend des faits liés à votre cas. Ça dépend de qui est le harceleur et de qui est votre employeur. Ça dépend de l’effort et de l’argent que vous êtes prêt à dépenser. Tout dépend si vous pouvez ou non vous permettre de devenir l’ennemi du harceleur et de votre employeur. Ça dépend d’à quel point vous êtes susceptible de trouver l’expérience stressante et si le stress en vaut la peine.

C’est pourquoi nous vous encourageons fortement à consulter un avocat. L’avocat écoutera votre histoire et vous aidera à comprendre ce qui, dans vos circonstances particulières, est possible et réaliste.


Attention

Ceci n’est pas un avis juridique! Ce que vous avez ici, ce sont juste des renseignements juridiques généraux. Ça ne remplace pas les conseils d’un avocat au sujet de votre situation particulière. Si vous avez besoin d’un avis juridique, nous vous encourageons à trouver un avocat qui peut vous aider.

La première chose que vous devez savoir, c’est qu’il est incroyablement courant que des gens qui se plaignent d’avoir été harcelés sexuellement soient punis pour l’avoir fait, à la fois par leur employeur et par leurs collègues. Si vous soupçonnez d’être puni parce que vous vous êtes plaint, vous avez presque certainement raison.

Parlons de pourquoi la punition se produit et à quoi elle ressemble.

Lorsque vous vous plaignez d’avoir été harcelé sexuellement, vous pouvez vous attendre à ce que les gens éprouvent de la pitié pour vous et veuillent vous aider. Mais, ce n’est pas ce qui arrive habituellement. Ce qui est plus commun, disent les chercheurs, c’est que vous finissez par être considéré comme responsable de la situation.

Ça se produit parce que les gens comprennent mal le problème. Le vrai problème, bien sûr, c’est le harcèlement, ce qui signifie que la personne responsable du problème est le harceleur. Mais quand une plainte pour harcèlement est déposée, les gens commencent à se comporter comme si le problème était en fait la plainte. Ce qui les amène à vous considérer comme responsable de la situation.

Pourquoi ça arrive?

  • Les superviseurs sont souvent mal à l’aise face aux plaintes de harcèlement sexuel, parce que les plaintes de harcèlement sexuel sont délicates sur le plan légal et… eh bien, malaisantes. Souvent, la personne à qui vous en parlez verra votre plainte comme un fardeau parce que cela signifie plus de travail pour elle, et c’est un travail qui est désagréable et difficile.
  • Parfois, votre employeur a peur de la personne qui vous a harcelé, ou est ami avec elle, ou pense que cette personne est plus utile dans le milieu de travail que vous l’êtes. Si c’est le cas, votre employeur pourrait vous en vouloir de vous être plaint.
  • Les gens (surtout les hommes) sympathisent souvent avec le harceleur et s’inquiètent de sa réputation ou de sa capacité à gagner sa vie. Ces gens peuvent penser que c’est irresponsable ou méchant de votre part de vous plaindre.
  • Le harceleur dira souvent que vous l’avez mal compris ou que vous faites tout un plat pour pas grand-chose. S’il n’y a pas de témoins (et il n’y en a habituellement pas), cela devient une situation difficile où c’est sa parole contre la vôtre. Il est courant que les gens au travail prennent parti et se disputent au sujet de ce qui s’est passé. Ça peut être très dérangeant, et on peut vous tenir responsable de ça.
  • Les gens peuvent décider que vous êtes une drama queen, un menteur ou que vous êtes frustré. C’est encore plus probable si vous êtes une personne racialisée, Autochtone, 2SLGBTQIA+, jeune, ou nouvelle dans le milieu de travail.
  • Il est assez courant que les plaintes de harcèlement obligent tout le monde à suivre une formation sur le harcèlement sexuel. Beaucoup de gens pensent que c’est une perte de temps et vous reprocheront ça.
  • Plus votre processus de plainte prend du temps (même si sa lenteur n’a rien à voir avec vous), plus il est probable que les gens décideront que vous êtes impossible à satisfaire.
  • Si vous souffrez, les gens se sentiront peut-être coupables de ne pas vous aider, ce qui pourrait faire en sorte qu’ils se mettent à ne pas vous aimer.

Alors, à quoi ressemble une punition dans la pratique?  

Même si vous ne savez pas ce qu’on dit de vous, même si vous ne savez pas qui dit quoi, vous pouvez sentir ce qui se dit dans la façon dont les gens réagissent par rapport à vous, vous parlent, s’adressent à vous, dans les regards à la dérobée, dans la façon dont ils vous laissent tomber, les invitations que vous ne recevez plus, dans la façon dont vous êtes exclu des textos, dans la façon dont ils cessent de faire référence à votre travail, dans la façon dont ils se détournent lorsque vous arrivez.

Sara Ahmed, Complaint!

Ça prend de nombreuses formes. Parfois, c’est très subtil, et parfois, ça ne l’est pas. Voici quelques façons courantes dont les gens sont punis:

  • Vous êtes moins souvent à l’horaire ou vous avez de moins bons quarts de travail.
  • Les gens cessent de vous faire des faveurs et de bien vous traiter.
  • Vous commencez à vous faire exclure socialement par vos collègues.
  • Les gens commencent à vous cacher l’information dont vous avez besoin pour faire votre travail.
  • Vous commencez à vous faire dire que c’est difficile de travailler avec vous.
  • Vous avez une mauvaise évaluation de rendement.
  • Vous êtes officiellement réprimandé ou congédié.

Que faire si vous êtes puni

Ça dépend de qui vous punit.

Punitions par votre boss

Si vous êtes puni par votre boss ou une personne en position d’autorité à votre travail, ça pourrait être considéré comme des représailles sur le plan légal.

 « Représailles » est un terme juridique utilisé pour décrire une action ou une menace visant à punir quelqu’un qui défend ses droits. Dans le cas du harcèlement sexuel, cela signifie que vous vous êtes plaint du harcèlement et que vous êtes puni à cause de votre plainte.

Si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous pourriez faire l’objet de représailles:

  • Vos tâches ont-elles changé?
  • Est-ce que vos évaluations de rendement étaient généralement positives avant le harcèlement et sont maintenant généralement négatives?
  • Est-ce que votre salaire ou vos heures de travail ont diminué?
  • Avez-vous été rétrogradé?
  • Faites-vous l’objet de plus de mesures disciplinaires qu’avant votre plainte?
  • Est-ce que votre gestionnaire ou superviseur se comporte différemment avec vous?
  • Est-ce qu’on vous refuse des possibilités, comme une promotion ou une formation?
  • Est-ce qu’une personne en position d’autorité a fait des commentaires qui vous ont fait sentir qu’elle était fâchée par votre plainte?
  • Avez-vous fait l’objet de mesures disciplinaires ou été congédié en raison de votre plainte?

Au Canada, les représailles sont illégales. C’est pourquoi il est important de savoir si vous subissez des représailles ou juste une punition ordinaire. Si votre employeur vous congédie parce que vous êtes toujours en retard, il ne s’agit pas de représailles et la loi ne va pas vous protéger. Si un employeur vous congédie parce que vous vous êtes plaint de harcèlement sexuel, il s’agit de représailles. C’est illégal, et la loi est de votre côté.

Habituellement, il n’est pas difficile de prouver que les représailles ont eu lieu. Ce qui est difficile, c’est de prouver qu’elles ont eu lieu parce que vous vous êtes plaint. Si vous envisagez de faire valoir que vous subissez des représailles, c’est important de recueillir le plus de preuves et de documents possible établissant un lien entre la punition et votre plainte.  

Où signaler les représailles

Les organismes de protection des droits de la personne s’occupent des cas de représailles. Il en va de même des commissions des relations de travail et des tribunaux civils. Si vous êtes syndiqué et que vous avez déposé un grief, les représailles peuvent être ajoutées au grief et être traitées en même temps.

Si vous commencez à subir des représailles après avoir ouvert un dossier, ou même après que le cas a été tranché, cela ne veut pas nécessairement dire qu’il est trop tard pour les inclure dans votre dossier. Parlez immédiatement à votre avocat, à votre représentant syndical ou au personnel du syndicat. Ils peuvent vous aider à ajouter des éléments de preuve au sujet des représailles afin que tout soit traité ensemble.

Si vous n’avez pas encore ouvert de dossier de harcèlement sexuel ou si vous avez parlé du harcèlement à votre employeur et que vous avez ensuite commencé à être puni, l’organisme de protection des droits de la personne est un bon point de départ.

Que pouvez-vous faire d’autre?

La plupart de ces démarches sont longues et coûteuses, et il n’y a aucune garantie de succès.

Punitions par vos collègues

Si vous êtes puni par vos collègues, ça pourrait ou non être considéré comme des représailles sur le plan légal. Si un boss ou une autre personne qui a de l’autorité sur vous a un certain contrôle sur la situation, ce sont des représailles. Si ce n’est pas le cas, ce ne sont pas des représailles.

Ça ne veut pas dire que le fait d’être puni par ses collègues ne cause pas de tort. Ça peut certainement causer du tort. Ça signifie juste que ce n’est pas considéré comme des représailles sur le plan légal, ce qui veut dire que votre employeur ne peut pas être tenu responsable.

Voici quelques façons courantes dont les collègues punissent les gens:

  • Ils vous excluent des rencontres sociales.
  • Ils refusent de vous parler.
  • Ils parlent de vous négativement aux autres.
  • Ils vous excluent des échanges de courriels ou de textos.
  • Ils ne vous aident pas à accomplir vos tâches, ou ils s’arrangent pour que vous n’arriviez pas à les faire.
  • Ils ne vous aident pas si vous êtes dans une situation dangereuse.
  • Ils vous jouent des tours méchants ou vous font des « blagues » offensantes à vos dépens.
  • Ils utilisent des insultes pour vous décrire.
  • Ils vous menacent ou vous intimident, verbalement ou physiquement.
  • Ils endommagent vos biens personnels.

Si c’est assez grave, votre milieu de travail pourrait être qualifié de « toxique ». C’est un terme juridique.

Il n’existe pas de définition juridique unique d’un milieu de travail toxique. Mais en général, on considère qu’il s’agit d’un milieu de travail où il y a tellement de harcèlement et d’abus qu’une personne raisonnable trouverait intolérable d’y travailler.

Il peut être difficile de déterminer si votre lieu de travail est toxique. Il y a beaucoup de mauvais lieux de travail, mais ils ne sont pas tous toxiques.

Ce n’est pas nécessairement un milieu de travail toxique si:

  • Les gens ne vous aiment pas.
  • Les gens ne sont pas gentils avec vous.
  • Les gens vous ignorent.
  • Les gens jouent beaucoup de tours et racontent des blagues vulgaires.
  • Les gens compliquent votre travail.

Mais il peut s’agir d’un lieu de travail toxique, surtout si:

  • On vous harcèle tout le temps.
  • Vous vous sentez en danger ou menacé.
  • Toute personne raisonnable trouverait ce qui vous arrive intolérable.
  • Votre employeur est au courant et ne fait rien pour y mettre fin.

Il y a une distinction importante entre un milieu de travail « toxique » et un milieu de travail « pourri ». Dans un milieu de travail toxique, vous êtes personnellement mal traité. Dans un milieu de travail pourri, le harcèlement sexuel ne touche pas seulement une ou deux personnes, mais crée un environnement pourri en sexualisant le milieu de travail pour tout le monde. Tout le monde est touché. Si vous tentez de prouver que vous subissez des représailles parce que vous vous êtes plaint d’avoir été harcelé sexuellement, vous pouvez montrer des preuves que votre lieu de travail est devenu toxique pour vous ou vous pouvez aussi montrer comment la situation a pourri le milieu de travail pour tout le monde. Ou les deux.

Si tout ça semble compliqué, c’est parce que ça l’est! C’est pourquoi nous vous conseillons de vous adresser à un avocat si vous le pouvez.

Comment et où obtenir de l’aide

Votre employeur a l’obligation légale de vous offrir un environnement sans harcèlement. Si votre milieu de travail devient toxique au point d’être intolérable, il y a des endroits où vous pouvez obtenir de l’aide.


Si vous lisez ceci, c’est que vous envisagez probablement de déposer un grief auprès de votre syndicat. Ce guide explique comment fonctionne la procédure de règlement des griefs, afin que vous puissiez décider s’il s’agit d’une voie que vous voulez emprunter.

Votre syndicat vous représente, vous et les autres membres, en négociant des choses comme de meilleures conditions de travail avec votre employeur, incluant le droit à un milieu de travail sans harcèlement. Son rôle consiste notamment à vous aider à protéger vos droits au travail. L’une des choses qu’il est censé faire, c’est de s’assurer que votre employeur prend des mesures pour vous protéger contre les travailleurs qui ont harcelé sexuellement des gens.

Ce que votre syndicat devrait faire pour vous

Idéalement, les syndicats sont là pour donner plus de pouvoir aux employés dans le milieu de travail. Vous devriez pouvoir vous adresser à votre syndicat pour obtenir de l’aide lorsque vous signalez un cas de harcèlement sexuel au travail. S’il est d’accord pour dire que le harcèlement a eu lieu ou pourrait avoir eu lieu, il devrait vous soutenir lors de votre plainte auprès de votre employeur.

Les syndicats ne vous soutiennent pas toujours, cependant. C’est parce que le travail de votre syndicat est de représenter à la fois vos intérêts et ceux de ses autres membres. Quand il s’agit de harcèlement sexuel, ces deux éléments peuvent entrer en conflit. Le syndicat est censé vous protéger, mais aussi défendre le harceleur. Par conséquent, même si votre syndicat devrait vous aider, vous trouverez peut-être qu’il n’est pas aussi utile que vous l’espériez.

Malheureusement, dans les cas où les membres d’un syndicat sont majoritairement des hommes, souvent avec une direction exclusivement masculine, on peut avoir tendance à se concentrer sur la représentation des intérêts d’un harceleur masculin au détriment d’une collègue faisant partie de la minorité au sein de l’unité de négociation.

Susan Hart, professeure agrégée, Faculté d’administration des affaires, Université Memorial.
« Women’s Rights and Labour Arbitration of Co-worker Sexual Harassment Cases in Canada. »

Le rôle principal du syndicat est de s’assurer que votre employeur respecte la loi et la convention collective lorsqu’il s’agit de traiter votre plainte correctement.

La convention collective couvre tous les aspects des relations de travail. Elle explique les droits et les obligations de votre employeur, du syndicat et des membres du syndicat. Votre convention collective est propre à votre syndicat et à votre employeur, et peut couvrir des choses comme les salaires, les heures de travail, les conditions de travail et les avantages sociaux. Les conventions collectives contiennent parfois des références précises au harcèlement et à la discrimination, mais la majorité n’en a pas. Si la vôtre en a, elle peut vous donner plus d’informations sur la façon dont votre plainte pour harcèlement sexuel sera traitée par votre syndicat et votre employeur.

Si vous n’avez pas de copie de la convention collective, elle devrait être disponible par le biais d’un représentant syndical ou peut-être en ligne sur le site Web du syndicat. Parfois, le syndicat et l’employeur ne s’entendent pas sur la façon dont la convention collective est rédigée, et il peut y avoir d’autres documents en ligne qui aideront à l’interpréter.

Peu importe ce que dit votre convention, votre employeur a l’obligation légale d’enquêter si vous signalez avoir été harcelé. S’il refuse ou si l’enquête n’est pas faite correctement, votre syndicat peut déposer un grief.

Attention

La loi dit que chaque employeur doit respecter les lois sur les droits de la personne et sur la santé et la sécurité, que la convention collective le dise ou non.

Comment parler à votre syndicat

C’est le travail de votre représentant syndical de vous aider à comprendre votre convention collective et vos droits en vertu de celle-ci. Cette personne, qu’on peut aussi appeler délégué syndical ou représentant de l’unité de négociation, est celle à qui vous pouvez demander de l’aide lorsque vous signalez un cas de harcèlement sexuel. En général, les discussions entre vous et le représentant syndical sont confidentielles. Il devrait être en mesure de vous donner des renseignements sur les options que vous offre la convention collective et sur ce que le syndicat peut faire pour vous aider.

Malheureusement, les gens qui ont vécu du harcèlement sexuel peuvent se sentir déconnectés de leurs représentants syndicaux et des autres membres du personnel du syndicat. De nombreux syndicats n’ont pas un personnel diversifié, surtout en ce qui concerne les postes de direction. Résultat: vous pourriez avoir l’impression que votre syndicat ne vous soutient pas.

Si vous ne vous sentez pas à l’aise de parler à votre représentant syndical, vous pouvez communiquer avec le bureau de votre syndicat pour voir si vous pouvez parler à quelqu’un d’autre. Par exemple, il peut y avoir un caucus de femmes, une division des droits de la personne ou un agent des relations de travail qui peut aider à régler des problèmes comme le harcèlement sexuel.

Avant de parler à votre représentant syndical, documentez tout.

Réfléchissez aux mesures de soutien et aux résultats que vous souhaitez obtenir afin d’expliquer clairement à votre représentant syndical ce que vous aimeriez voir se produire.

Comment votre syndicat peut-il vous aider?

Un bon syndicat peut vous aider de plusieurs façons:

  • trouver des témoins et les persuader de témoigner
  • fournir des preuves d’incidents antérieurs de harcèlement par le harceleur
  • vous protéger contre les représailles, tant de votre employeur que d’autres travailleurs qui pourraient être contrariés par le fait que vous vous êtes plaint d’un collègue
  • fournir un soutien moral

Attention

Le syndicat dépose le grief contre l’employeur en votre nom. Il ne s’agit pas d’une plainte contre le harceleur. Une fois qu’un grief est déposé, le syndicat peut vous demander votre opinion, mais c’est lui qui décide s’il veut régler le grief, le retirer ou le modifier.

Qu’arrive-t-il si je ne veux pas déposer un grief?

Vous ne voulez peut-être pas que votre syndicat dépose un grief. Toutefois, si vous êtes un travailleur syndiqué, vous avez peu d’options juridiques en dehors de la procédure de grief lorsqu’il s’agit de déposer une plainte pour harcèlement sexuel. Dépendamment de la situation, votre syndicat pourrait être en mesure de vous aider avec une ou plusieurs demandes pour d’autres soutiens et recours juridiques, incluant une demande d’indemnisation pour accidents du travail.

D’autres options, comme présenter une demande à un organisme de défense des droits de la personne, peuvent être possibles ou pas. Le fait d’être un travailleur syndiqué fait en sorte qu’il est impossible de poursuivre votre employeur devant un tribunal civil. Les problèmes en milieu de travail doivent passer par le processus indiqué dans la convention collective et ne peuvent être réglés devant les tribunaux.

Qu’arrive-t-il si mon syndicat ne m’aide pas?

Votre syndicat a la responsabilité légale de vous représenter équitablement lorsqu’il s’agit de problèmes dans votre milieu de travail. Il est également censé vous traiter d’une façon qui n’est pas discriminatoire en vertu des lois sur les droits de la personne. En général, votre syndicat vous doit ce qu’on appelle un devoir de représentation équitable. Cela signifie qu’il n’est pas censé vous traiter, ou traiter votre cas de harcèlement sexuel, d’une manière arbitraire, discriminatoire ou de mauvaise foi.

Chaque mot a une définition juridique.

Un comportement « arbitraire » est un comportement « indifférent, peu fiable, invraisemblable ou déraisonnable ». Les syndicats eux-mêmes ne sont pas responsables d’enquêter sur une plainte; c’est le travail de l’employeur. Mais un syndicat doit faire enquête et déposer un grief si votre employeur n’examine pas une plainte pour harcèlement ou une autre violation d’une politique ou d’un programme de harcèlement en milieu de travail. Si votre syndicat rencontre votre employeur et croit sa version des faits et laisse tomber le grief sans vous donner la chance de répondre aux déclarations de votre employeur, ce serait une décision arbitraire.

Un comportement « discriminatoire » implique que vous êtes victime de discrimination à cause de raisons comme votre race, votre sexe, votre genre ou votre orientation sexuelle. Par exemple, ce serait discriminatoire si votre syndicat refusait de déposer un grief parce que vous êtes trans. Ou si votre syndicat traitait différemment deux plaintes de harcèlement sexuel semblables en fonction de la race des personnes en cause, ce serait aussi discriminatoire.

Les actes de « mauvaise foi » sont motivés par la malice, la mauvaise volonté, la malhonnêteté et d’autres types de motivations inappropriées. Si vous et votre délégué syndical avez une mauvaise relation et qu’il ne répond pas à votre plainte à cause de cela, c’est de la mauvaise foi.

Ce qui est compliqué ici, c’est que, souvent, le harceleur est un collègue, alors le syndicat a les mêmes devoirs envers cette personne. Tout au long du processus, le syndicat doit prendre des mesures pour s’assurer qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts pendant qu’il représente à la fois vous et le harceleur. Voici ce que ça signifie:

  • Le personnel syndical qui vous aide ne devrait pas avoir de lien personnel avec la personne qui vous harcèle.
  • Le même employé syndical ne devrait pas vous aider, vous et le harceleur.
  • Les renseignements que vous donnez au syndicat ne devraient pas être communiqués au personnel qui aide le harceleur, ou vice versa.
  • Le syndicat ne peut pas refuser d’écouter vos problèmes liés à l’enquête en milieu de travail de votre employeur ou refuser de vous aider s’il y a des représailles contre vous.

Mais ce double devoir de représentation équitable peut être une mauvaise nouvelle pour vous parce que la direction des syndicats a toujours tendance à être dominée par des hommes, et il est bien documenté que les intérêts des membres masculins l’emportent souvent sur ceux des femmes lorsqu’il s’agit de déterminer le bien-être de qui sera privilégié.

Les syndicats ont une réputation assez mitigée en matière de lutte contre le harcèlement sexuel, surtout dans les cas de harcèlement de la part des syndiqués. Les réponses syndicales au harcèlement sexuel ont été façonnées par leur position sur les marchés du travail qui demeurent fortement divisés selon le genre et la race, les syndicats à prédominance masculine jouant un rôle passif vis-à-vis des cibles féminines du harcèlement sexuel et se rangeant trop souvent du côté des harceleurs masculins.

Ana Avendaño, vice-présidente pour la mobilisation des travailleurs, United Way Worldwide.
« Sexual Harassment in the Workplace: Where Were the Unions? »

Si vous croyez que vous avez un cas de manquement au devoir de représentation équitable contre votre syndicat, un organisme provincial de relations de travail pourrait vous aider ou vous pourriez avoir à embaucher un avocat. Vous pourriez être en mesure de présenter une demande contre votre syndicat devant un tribunal des droits de la personne.

Lisez sur la procédure de règlement des griefs.

La procédure de règlement des griefs

Le dépôt d’un grief est normalement la première étape de la procédure officielle de règlement des griefs. Votre convention collective pourrait contenir plus de renseignements sur ce à quoi vous pouvez vous attendre. Nous vous suggérons de vérifier ce que dit la convention sur la façon dont le processus de votre syndicat fonctionne.

Le harceleur ne peut pas être tenu directement responsable du harcèlement dans le cadre du processus de grief. Cela signifie que votre syndicat ne peut pas obliger votre employeur à imposer des mesures disciplinaires au harceleur ou à le congédier. Votre syndicat peut toutefois demander à l’employeur de mener une enquête adéquate sur votre plainte pour harcèlement sexuel. Le harceleur pourrait faire l’objet de mesures disciplinaires ou être congédié en fonction des conclusions de cette enquête.

Votre syndicat ne peut pas vous forcer à participer à la procédure de règlement des griefs. Mais il peut refuser de traiter votre grief si vous ne participez pas.

Qui est qui

Parties

Chaque camp est appelé une partie. Votre syndicat et votre employeur sont les parties dans le processus d’arbitrage.

Plaignant

Vous êtes le plaignant ou l’employé que le syndicat représente.

Médiateur

Le travail du médiateur est d’essayer d’aider votre syndicat et votre employeur à parvenir à une entente, bien que votre syndicat vous consultera et tiendra compte du résultat que vous attendez du processus.

Arbitre

 L’arbitre est celui qui prend la décision finale. Il s’agit d’une tierce partie neutre chargée d’écouter les arguments juridiques et les preuves du syndicat et de l’employeur à l’étape de l’arbitrage. Pendant l’audience, l’arbitre peut poser des questions au représentant syndical et prendre des notes. Il examinera toutes les preuves, les lois, la jurisprudence et les arguments présentés par les deux camps présents.

Résultats possibles

L’arbitre peut ordonner des compensations telles que:

  • une modification de votre lieu de travail ou de votre horaire de travail
  • un horaire de travail flexible ou une modification de votre charge de travail. Il peut s’agir de vous permettre d’aller à des rendez-vous médicaux ou juridiques, de prendre du temps pour vous ou un congé temporaire. Vous pourriez également bénéficier d’une sécurité accrue au travail, comme un gardien de sécurité qui vous conduirait à votre voiture
  • des excuses de votre employeur
  • certaines mesures prises par votre employeur, comme l’obligation de suivre une formation sur la compréhension et la prévention du harcèlement sexuel et l’apprentissage de l’équité et de la lutte contre l’oppression en milieu de travail
  • une enquête appropriée sur votre plainte de harcèlement sexuel au travail, qui pourrait comprendre une entrevue avec vous, le harceleur et tout témoin
  • une politique en milieu de travail révisée qui empêchera que des pratiques discriminatoires identiques ou similaires ne se reproduisent à l’avenir

La procédure de règlement des griefs étape par étape

Le processus de dépôt d’un grief est différent d’un syndicat à l’autre. Habituellement, il commence avec vous qui remplissez les formulaires de grief de votre syndicat et les soumettez au représentant syndical responsable de la réception des griefs. Vous voudrez lire votre convention collective et parler à votre représentant syndical pour déterminer quelles mesures exactement vous devez prendre et connaître les dates limites importantes.

Ce qui se passe après le dépôt d’un grief

Une fois le grief déposé, votre employeur l’examinera et tentera d’obtenir plus de renseignements sur les faits liés à la plainte. Il peut s’agir d’un processus informel ou officiel. Si le problème est que l’employeur a omis d’enquêter sur une plainte de harcèlement sexuel, le dépôt d’un grief pourrait l’inciter à mener une enquête. Si la plainte est que l’enquête qu’il a menée était déraisonnable, insuffisante ou est arrivée à la mauvaise conclusion, il pourrait parler aux personnes qui ont mené l’enquête. Ça, c’est parce que, s’il ne fait pas une enquête approfondie, n’importe quelle décision qu’il prend par la suite peut être jugée injuste si elle est contestée par le syndicat lors de l’arbitrage. Pendant son enquête, il pourrait vous rencontrer et vous poser des questions. Sinon, il pourrait poser des questions directement au syndicat.

Habituellement, les employeurs sont tenus de « répondre » au grief en indiquant s’ils l’acceptent ou le refusent. S’ils refusent, ça veut dire qu’ils affirment que ça ne va pas à l’encontre de la convention collective. L’acceptation signifie qu’ils reconnaissent qu’ils n’ont pas respecté leurs obligations envers vous et qu’ils fourniront la réparation demandée par le syndicat. Une fois la réponse de l’employeur reçue, ça pourrait prendre des semaines, voire des mois, avant que votre grief soit traité, dépendamment de la taille de votre lieu de travail et de votre syndicat.

Idéalement, le grief est réglé à cette étape. S’il n’y a pas d’entente, le grief peut être renvoyé à l’arbitrage, à la médiation ou à un autre type de règlement des différends autorisé par votre convention collective.

Combien de temps dure la procédure de règlement des griefs?

La durée de la procédure de règlement des griefs peut varier. En général, cela peut prendre des semaines. Bien qu’il soit très peu probable que vous vous retrouviez en arbitrage, ce processus pourrait prendre des mois ou plus. Votre convention collective peut fournir les échéanciers prévus. C’est à votre syndicat de décider comment il veut procéder, incluant s’il veut faire de la médiation. Votre syndicat vous consultera et tiendra compte de vos opinions, mais il décidera quels témoins seront entendus, quelles preuves seront présentées et quelles positions juridiques seront défendues si le processus en arrive à cette étape.

Le dépôt d’un grief ne devrait rien vous coûter. Si un grief est complexe, votre syndicat pourrait payer un avocat pour le gérer.

Médiation

Votre convention collective peut indiquer si votre grief peut être renvoyé à la médiation. La médiation de grief est un moyen confidentiel et informel pour le syndicat et l’employeur d’essayer de résoudre votre problème. Le médiateur écoutera le syndicat et l’employeur et tentera de trouver une entente qui convient aux deux parties. Cela s’appelle un règlement.

À moins d’indication contraire dans votre convention collective, la médiation est volontaire – ni votre syndicat ni votre employeur n’est obligé d’y participer ou d’accepter un règlement proposé à la suite de la médiation. Toutefois, il est extrêmement rare que des cas de harcèlement sexuel se rendent en arbitrage.

Votre syndicat et votre employeur sont les parties à la médiation. Vous n’êtes pas partie à la médiation et il n’y a pas de témoins.

Le médiateur ne prend pas la décision finale. Il essaie plutôt de trouver une entente qui convient à la fois à votre syndicat et à votre employeur.

Entente

Vous pourriez être insatisfait de l’entente finale. Malheureusement, la plupart des ententes de règlement contiennent une clause qui dit que ce sera la seule décision et que vous ne ferez pas de revendications juridiques basées sur les mêmes faits devant une autre instance juridique, comme un tribunal des droits de la personne. Si vous ne croyez pas que votre syndicat a respecté la loi en traitant votre cas, dépendamment de votre situation, vous pourriez être en mesure de présenter une demande de représentation équitable ou de déposer une plainte en matière de droits de la personne contre le syndicat.

Les ententes par médiation sont habituellement confidentielles et il n’y a pas d’audience publique ni de déclaration d’actes répréhensibles. Toute entente sera conclue entre votre syndicat et votre employeur. Votre syndicat pourrait signer une entente de non-divulgation. Les ententes de non-divulgation sont la norme dans les ententes de règlement. S’il y a une clause de confidentialité dans l’entente ou si votre syndicat signe une entente de non-divulgation, elle ne s’appliquera pas à vous à moins que vous n’acceptiez aussi de signer.

Votre employeur et votre syndicat pourraient vous dire que vous devez approuver les conditions de l’entente. Techniquement, vous n’êtes pas obligé de le faire, mais vous n’obtiendrez pas les avantages qui sont inclus dans l’entente à moins de le faire. De plus, si vous ne les approuvez pas, votre employeur pourrait refuser de régler votre grief. Même chose pour votre syndicat.

Votre syndicat garde un œil sur l’entente. Il veut s’assurer que l’employeur respecte l’entente et que le lieu de travail est maintenant plus sûr pour vous et pour les autres membres du syndicat. Si l’une ou l’autre des conditions de règlement n’est pas respectée, vous pouvez le signaler à votre représentant syndical.

Règlement des griefs par voie d’arbitrage

En théorie, votre cas pourrait être soumis à un règlement des griefs par voie d’arbitrage, mais il est très peu probable que cela se produise. La grande majorité des cas qui aboutissent à l’arbitrage concernent des harceleurs qui ont été suspendus, congédiés ou autrement sanctionnés par des employeurs. L’employeur est donc la partie qui défend les droits de la personne touchée, tandis que le syndicat soutient le harceleur, à qui il doit une représentation équitable, dans un environnement hautement conflictuel. Plus de la moitié du temps, le harceleur gagne.

Dans le peu de cas d’arbitrage de griefs où la personne harcelée sexuellement est la plaignante, son syndicat représente également le harceleur. Les personnes qui ont été harcelées trouvent généralement la situation extrêmement stressante, car elles sont remises en question de manière agressive et leur intégrité est mise en doute.


Un plan pour assurer votre sécurité peut sembler inutile. Mais ça peut vraiment aider. Ça peut être difficile de penser clairement lorsque quelqu’un vous harcèle, alors c’est important de réfléchir à ce que vous ferez à l’avance. Même si votre plan semble vraiment simple et évident, il vous aidera à vous préparer afin de bien réagir.

Un plan de sécurité peut être essentiellement tout ce dont vous pensez avoir besoin. Il pourrait s’agir d’un document imprimé de 42 pages que vous transportez avec vous. Ou cela pourrait être juste quelques mesures que vous prenez maintenant afin de vous préparer – par exemple en parlant à quelques personnes et en ajoutant certains numéros dans votre téléphone.

Conseil

Si vous voulez de l’aide pour préparer votre plan, appelez n’importe quel centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle. Vous pouvez les trouver ici

Conseil

Si votre situation au travail change d’une façon qui affecte votre plan, n’oubliez pas de le mettre à jour.

Éléments à considérer pour votre plan

  • Les coordonnées des personnes que vous pourriez avoir besoin de joindre rapidement, comme un boss ou un superviseur, les RH, la sécurité de l’immeuble, la police locale, les services de taxi ou un ami qui habite proche. Assurez-vous que tous ces renseignements sont dans votre téléphone.
  • Les coordonnées d’une personne qui peut vous déposer ou venir vous chercher, afin que vous n’ayez pas à arriver au travail ou à le quitter seul.
  • Les noms de personnes au travail en qui vous avez confiance, avec qui vous pouvez parler de ce qui se passe.
  • Une liste des tâches que vous vous sentez en sécurité d’accomplir afin que vous puissiez vous porter volontaire pour les faire lorsque vous ne vous sentez pas en sécurité. Aussi, une liste de tâches que vous ne vous sentez pas en sécurité d’accomplir. Par exemple, vous pourriez ne pas être à l’aise de sortir les poubelles ou d’être seul. Si on vous demande de faire quelque chose que vous ne vous sentez pas en sécurité de faire, vous pouvez être prêt à suggérer une solution de rechange qui vous semble sûre.
  • Le nom du harceleur et à quoi il ressemble, au cas où vous auriez besoin de le dire à la sécurité, à un ami ou à la police. Si vous avez son numéro de téléphone, mettez-le dans vos contacts afin de savoir que c’est cette personne si elle vous texte ou vous appelle.
  • À quoi ressemble le véhicule du harceleur pour que vous puissiez savoir s’il vous suit jusqu’à la maison. Notez la marque, le modèle, la couleur et le numéro de la plaque d’immatriculation.
  • Les entrées et les sorties les plus sécuritaires de votre lieu de travail. Apprenez comment ouvrir les fenêtres pour pouvoir crier à l’aide ou vous enfuir.
  • Un plan pour ce que vous ferez si le comportement du harceleur empire. Vous pourriez décider de quitter votre emploi, d’appeler la police ou de parler à votre employeur.

Autres mesures que vous pouvez envisager pour assurer votre sécurité

  • Envisager de parler directement avec le harceleur.
  • Essayer de parler à votre employeur.
  • Voyez si vous pouvez changer vos heures de travail pour ne pas travailler en même temps que le harceleur ou être seul avec lui.
  • Évitez de socialiser avec le harceleur, surtout si vous êtes seul et surtout s’il y a de l’alcool d’impliqué.
  • Cherchez des applications de sécurité personnelle dans la boutique d’applications de votre téléphone. Elles offrent une gamme de fonctions pour vous aider à rester en sécurité, comme de faux appels que vous pouvez planifier pour vous sortir de situations inconfortables, ou des boutons de panique qui envoient votre emplacement à des amis.
  • Confiez-vous à des collègues en qui vous avez confiance afin qu’ils sachent ce qui se passe et qu’ils puissent vous aider, par exemple en distrayant le harceleur ou en le faisant taire.
  • Établissez des mots de code avec des amis au travail qu’ils peuvent utiliser pour vous avertir si le harceleur s’approche ou que vous pouvez utiliser pour leur dire que vous avez besoin d’aide.
  • Liez-vous d’amitié avec les agents de sécurité au travail. Apprenez leurs noms et assurez-vous qu’ils connaissent le vôtre.
  • Voyez si vous pouvez changer de place à votre lieu de travail—par exemple, pour être plus loin du harceleur ou des toilettes des hommes. Ou, rapprochez-vous des aires communes afin d’être moins susceptible d’être seul.
  • Tenez un journal sur les comportements du harceleur. Notez tout ce qui se passe de négatif. Indiquez les dates, les heures et le nom des collègues qui étaient présents.
  • Demandez à votre boss d’installer des caméras de sécurité et d’informer tout le monde au travail qu’elles sont là. C’est mieux que le harceleur sache qu’il va se faire prendre et qu’il ne vous harcèle pas du tout plutôt qu’il se fasse prendre en train de vous harceler.
  • Gardez votre téléphone avec vous et gardez-le chargé. Si la réception est terrible, demandez un walkie-talkie qui vous mettra en contact avec une personne en service.
  • Notez où se trouve la sortie la plus proche lorsque vous entrez dans un lieu.
  • Vérifiez les toilettes et les ascenseurs avant d’y entrer.
  • Demandez à un gardien de sécurité de vous conduire à votre voiture ou à l’arrêt d’autobus.
  • Si vous conduisez, gardez les portes de votre voiture verrouillées. Lorsque vous arrivez à votre voiture, n’ouvrez que la porte du conducteur.
  • Stationnez-vous dans des endroits bien éclairés près des entrées sécuritaires.
  • Soyez conscient de l’état de votre santé mentale et prenez des mesures pour rester en santé. Voir 20 ways to take care of your mental health (Change to French Title).
  • Bâtissez un réseau de soutien solide. Même si vous avez déjà un bon groupe d’amis et de la famille, ça peut vraiment aider de demander le soutien de professionnels et d’autres personnes qui ont vécu du harcèlement.

Attention

Si vous sentez qu’il n’est pas sécuritaire d’essayer de parler à votre harceleur, ne le faites pas. Faites confiance à votre instinct.

La première chose à savoir, c’est que vous n’êtes pas obligé de le faire.

Nous vous disons cela parce que parler directement avec le harceleur est quelque chose que beaucoup de personnes se sentent obligées de faire. Leur employeur peut mettre de la pression pour qu’elles le fassent. Elles peuvent se sentir lâches si elles ne le font pas. Elles peuvent avoir l’impression que la façon juste de gérer la situation est d’avertir le harceleur et de lui donner une chance de changer.

Mais ça suppose que la personne vous harcèle par accident, parce qu’elle est mêlée ou inconsciente. Ce n’est habituellement pas le cas.

En réalité, la plupart des harceleurs agissent de façon délibérée. Ils se foutent du fait que le harcèlement vous dérange ou ils essaient vraiment de vous déranger. Cela signifie qu’ils n’arrêteront probablement pas juste parce que vous leur demandez.

Vous pourriez tout de même vouloir essayer.

Dans ce cas, votre but devrait être d’indiquer clairement que le comportement du harceleur est surprenant et qu’il n’est pas le bienvenu.

  • C’est correct si la conversation est tendue.
  • Vous n’avez pas à convaincre le harceleur que son comportement est inacceptable.
  • Vous n’avez pas à être d’accord avec lui sur quoi que ce soit.
  • Vous n’avez pas à devenir amis.

Voici quelques phrases qui pourraient vous aider à discuter avec votre harceleur

Ouin, faire des câlins, c’est vraiment pas mon genre.

Wow, c’est une question vraiment personnelle, ça!

Hé là, cette blague est assez déplacée.

Si la personne s’arrête immédiatement, ou mieux encore si elle s’excuse, alors tant mieux, votre problème pourrait être réglé.

Si le problème persiste, vous pourriez essayer de lui parler plus directement. Un peu comme ceci:

Tu parles beaucoup de mon apparence et ça me rend mal à l’aise. J’aimerais que tu arrêtes.

Il y a beaucoup de discussions à caractère sexuel ici, et ce n’est vraiment pas mon genre. J’apprécierais beaucoup que vous réduisiez ça et de beaucoup.

Plus vous serez précis, mieux ce sera.

Je trouve ça étrange quand tu me donnes des conseils sur comment être plus féminine. Je suis heureuse de parler d’autres choses, mais j’aimerais qu’on laisse tomber ce sujet-là en particulier.

Lorsque tu me touches, ça me dérange vraiment. J’ai besoin que ça arrête. Je ne veux pas que les gens au travail me touchent de cette façon.

Je comprends que je suis probablement la première personne trans avec qui tu travailles. Mais j’ai besoin que tu arrêtes de me poser des questions à ce sujet. Ce n’est pas ma job de parler de ces choses-là avec toi.

Les gars, vous faites beaucoup de blagues à propos du fait que je suis une femme. Je sens de l’agressivité, comme si vous disiez que les femmes n’ont pas leur place ici. J’aimerais beaucoup que vous arrêtiez.


Commencez par déterminer si vous avez une entente avec votre employeur qui vous donne plus que le minimum légal pour les congés.  

  • Si vous n’êtes pas syndiqué, vous avez peut-être signé un contrat de travail lorsque vous avez été embauché.
  • Si vous êtes syndiqué, le contrat est votre convention collective et vous devriez pouvoir en obtenir une copie auprès de votre syndicat ou la trouver sur son site Web.

S’il y a une entente, voyez ce qu’elle dit au sujet des congés. Vous cherchez des expressions comme « congé de maladie » et « congé pour cause de stress ».

Si vous ne trouvez rien qui indique que vous avez droit à plus que le minimum légal, la prochaine étape est de déterminer quel est le minimum légal pour vous.

  • En vertu du droit du travail de la Colombie-Britannique, la plupart des travailleurs ont droit à cinq jours de congé de maladie payés par année.
  • En vertu du droit du travail du Québec, la plupart des travailleurs ont droit à deux jours de congé de maladie payés par année.
  • En vertu du droit du travail de l’Île-du-Prince-Édouard, la plupart des travailleurs ont droit à un jour de congé de maladie payé par année.
  • En vertu du Code canadien du travail, les employés des industries sous réglementation fédérale (nav) ont droit à trois jours de congé de maladie payés par année.
  • La plupart des travailleurs du pays ont droit, selon la loi, à entre trois et 12 jours de congé de maladie non payés par année, dépendamment d’où ils se trouvent et depuis combien de temps ils travaillent pour leur employeur.
  • Rien de tout ça ne s’applique aux personnes qui ne sont pas légalement considérées comme des employés, comme les travailleurs autonomes, les travailleurs migrants et les travailleurs de l’économie à la demande. Ils n’ont droit à rien.

Vous devriez également vérifier si votre emploi vous fournit une forme quelconque d’assurance invalidité. Selon une étude du gouvernement faite en 2018, environ 42 % des employés canadiens ont une assurance invalidité. Mais les employeurs ne sont pas obligés sur le plan légal d’en fournir une, alors le vôtre pourrait le faire ou pas.

Vous devriez être capable d’obtenir des renseignements sur vos avantages sociaux auprès des RH, du syndicat ou de votre boss. Vous n’avez pas besoin de dire pourquoi vous le demandez; c’est normal que les travailleurs veuillent savoir ça.

Décider quoi faire

Maintenant que vous savez à quoi vous avez droit, vous pouvez décider si cela répond à vos besoins.

Si ce n’est pas le cas, votre employeur pourrait être prêt à travailler avec vous pour vous accorder un congé non payé.

Sinon, il y a d’autres façons de demander un congé payé ou non payé. Mais nous devons vous avertir: ces autres façons vont toutes demander beaucoup de travail. Elles prennent beaucoup de temps à aboutir. Et vous pourriez recevoir un refus. C’est le risque .

Maintenant, entrons dans les détails.

  • Vous pouvez habituellement prendre des congés de maladie à tout moment, à condition d’en informer votre boss à l’avance.
  • Vous ne pouvez pas être congédié, pénalisé ou menacé pour avoir pris ou prévu de prendre un congé de maladie.
  • Votre employeur pourrait exiger un papier du médecin.
  • Les maximums pour les congés de maladie ou pour cause de stress sont assez courts—le maximum moyen est d’environ six jours par année.
  • Si vous avez accès à une assurance invalidité de courte durée, elle dure généralement jusqu’à six mois et paie une partie de votre salaire. Le montant dépend du type de politique que votre employeur a. Pour être admissible, vous aurez besoin d’une déclaration d’un médecin indiquant que vous êtes incapable de retourner au travail. L’accès à l’assurance invalidité de courte durée est long et difficile, et votre demande pourrait être refusée.
  • L’assurance invalidité de longue durée prend la relève après six mois et paie généralement de 60 % à 70 % de votre ancien salaire. Cette assurance peut s’étendre jusqu’à l’âge de la retraite, mais seulement si vous êtes incapable de travailler, et ce, peu importe l’emploi. L’accès à l’assurance invalidité de longue durée exigera de nombreux documents médicaux et, encore une fois, votre demande pourrait être refusée.
  • Si vous n’avez pas accès à des assurances invalidité de courte ou de longue durée, vous pourriez envisager de demander des prestations de maladie de l’assurance-emploi, qui vous fournissent jusqu’à 15 semaines de revenu. Pour être admissible, vous devez avoir cotisé à l’assurance-emploi et avoir travaillé 600 heures au cours des 52 dernières semaines. En 2022, les prestations de maladie de l’assurance-emploi payaient 55 % des revenus, jusqu’à un maximum de 638 $ par semaine. Vous aurez besoin d’une preuve médicale indiquant que vous ne pouvez pas travailler, et votre demande pourrait être refusée.

Les réseaux de murmures (whisper networks) peuvent vous aider à vous protéger au travail. Ici, nous vous expliquerons ce que sont les réseaux de murmures, comment ils fonctionnent, leurs principaux désavantages, et les façons de vous en servir pour vous protéger.

Commençons par définir ce qu’est un « réseau de murmures ».

L’expression « réseau de murmures » est utilisée pour décrire les situations où des personnes s’avertissent les unes les autres de façon discrète et en privé au sujet d’autres personnes qui sont dangereuses.

Le réseau de murmures diffère du signalement et de la plainte puisque c’est une méthode qui évite délibérément les personnes en position d’autorité.

Rien ne vous empêche de murmurer au sujet d’une personne et de la signaler, ou vous pouvez commencer par murmurer avant de signaler la personne plus tard, ou vous pouvez seulement faire l’un ou l’autre. Ce sont des choses complètement différentes.

Comment fonctionnent les réseaux de murmures

Les réseaux de murmures existent depuis toujours. Voici comment ils fonctionnent.

Une personne est harcelée. Elle en parle à un ou des amis. Ces amis en parlent à d’autres personnes. Progressivement, la réputation du harceleur se répand et les gens apprennent à l’éviter.

Certains réseaux de murmures tournent autour d’un seul milieu de travail. Les avertissements s’y font habituellement verbalement.

D’autres réseaux concernent une entière industrie. Les avertissements pourraient alors se faire électroniquement. Voici quelques exemples de réseaux de murmures numériques:

  • Au Royaume-Uni, les femmes travaillant au parlement ou dans son orbite avaient créé un groupe de discussion servant à lancer des avertissements au sujet des politiciens et des autres employés parlementaires qui les avaient harcelées.
  • Aux États-Unis, des femmes travaillant dans le domaine du journalisme avaient créé une feuille de calcul Google intitulée « Shitty Media Men » (hommes médiatiques merdiques), où elles échangeaient des histoires sur les hommes travaillant dans les médias qui les avaient harcelées. 
  • Les travailleuses du sexe recueillent et publient des rapports sur les « mauvais rendez-vous » depuis des décennies pour s’avertir les unes et les autres au sujet de clients violents ou dangereux. À l’origine, ces rapports étaient imprimés, mais aujourd’hui, ils sont habituellement publiés en ligne ou échangés par courriel.

Les trois grands problèmes des réseaux de murmures

Le premier problème, c’est que les réseaux de murmures ne joignent pas tout le monde. Pour avertir une personne, il faut d’abord lui faire au moins un peu confiance. (Sans quoi, elle pourrait vous dénoncer au harceleur ou à vos boss, et ça pourrait vous mettre dans le trouble.) Ça signifie que les gens ont tendance à murmurer seulement avec les personnes qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance.

Les personnes qui ne sont pas socialement connectées sont donc les moins susceptibles d’être averties. C’est un problème puisqu’elles sont aussi les personnes les plus à risque d’être harcelées.

Les personnes à l’écart des réseaux de murmures ont tendance:

  • à faire nouvellement partie du milieu de travail
  • à faire nouvellement partie de l’industrie
  • à être plus jeunes que le reste de leurs pairs
  • à être racialisées, handicapées, ou à faire partie de la communauté 2SLGBTQIA+
  • à être neurodivergentes, surtout lorsqu’elles sont atteintes d’autisme
  • à ne pas être très connectées socialement
  • à ne pas parler couramment la langue de travail majoritaire

Le deuxième problème, c’est que les réseaux de murmures ne font rien pour forcer le harceleur à arrêter de harceler les gens. Ils permettent à certaines personnes d’éviter le harcèlement. Mais ils n’empêchent pas le harceleur d’essayer de harceler les gens, et ils ne font rien pour punir le harceleur ou le retirer du milieu de travail.

À cause de ça, beaucoup de gens critiquent les réseaux de murmures. Mais ce n’est pas notre cas. Stopper un harceleur, ce n’est pas à ça que servent les réseaux de murmures. Ils servent simplement à avertir les gens. Ça n’empêche personne de signaler le harceleur ou de prendre d’autres mesures.

Le troisième problème des réseaux de murmures, c’est qu’ils peuvent vous causer des problèmes sur le plan judiciaire. Ça risque moins d’arriver avec un réseau verbal, et ça risque plus d’arriver avec les réseaux qui laissent des traces écrites, comme les messages textes ou les publications sur les médias sociaux.

Si vous dites qu’une personne est un harceleur ou qu’elle a fait une chose horrible, c’est possible que cette personne vous poursuive pour diffamation. « Diffamation » est un terme juridique. Il décrit les situations où une personne dit publiquement des faussetés qui viennent entacher la réputation d’une autre personne. Il peut s’agir d’un message publié, ce que l’on appelle souvent un « libelle », ou de paroles prononcées, ce que l’on appelle des « propos diffamatoires » dans certaines régions du pays.

Se faire poursuivre pour diffamation n’arrive pas souvent, mais ça arrive. Les poursuites pour diffamation deviennent de plus en plus communes parce qu’il y a maintenant plus de chances qu’il y ait des traces numériques de ce qu’on dit et de ce qu’on partage.

Nous ne discuterons pas en détail de la diffamation ici. L’article Comment décider de dévoiler publiquement le harcèlement ou non vous en dira plus.

Comment utiliser les réseaux de murmures pour vous protéger et protéger les autres

Voici cinq conseils pour permettre à votre réseau de murmures de fonctionner aussi bien que possible.

Reconnaissez un avertissement lorsque vous en recevez un

Les avertissements sont parfois directs, comme celui-ci:

« Jacob est un prédateur sexuel. Les gens se plaignent de lui depuis des années, mais personne ne l’arrête. »

Mais il arrive beaucoup plus souvent qu’ils soient indirects, comme ceci:

« As-tu rencontré Ryan? Tu devrais te préparer. C’est un homme très amical. »

Ou celle-ci:

« J’aime bien Dave. Mais je reste loin de lui lorsqu’il boit. »

Ou celle-ci:

« Alain a vraiment l’air d’avoir un œil sur toi. Ha ha. Fais attention! »

Les gens ne vous diront presque jamais directement qu’une personne est un harceleur. C’est parce qu’elles ont peur de se mettre dans le trouble. Alors plutôt que de vous le dire directement, elles feront des sous-entendus.

Nous allons approfondir un peu plus cette notion parce que certaines personnes ont de la difficulté à reconnaître ce genre d’indices, et nous ne voudrions pas que vous les manquiez.

Voici comment déterminer si une personne tente de vous avertir:

  • Elle abordera probablement le sujet alors que vous êtes seuls tous les deux.
  • Elle ne vous dira probablement pas directement que la personne en question est un harceleur. Elle pourrait plutôt utiliser un langage qui, si vous rapportez ses paroles, ne sonnera pas trop mal. Comme « charmeur », « vieux jeu » ou « bizarre ».
  • Habituellement, elle ne vous donnera pas de faits. (Elle pourrait connaître des faits, mais ne pas vous les dire.) Elle pourrait plutôt se contenter de dire des choses générales et vagues, comme « Kevin a une réputation » ou « Tout le monde est au courant pour Sylvain ».
  • Elle pourrait mentionner à quel point elle aime ou admire la personne au sujet de laquelle elle vous avertit. Vous pouvez complètement ignorer cette partie. Elle ne le fait que pour se protéger au cas où vous répétiez ce qu’elle vous dit.
  • Quelque part dans ce qu’elle dit, peut-être bien caché, se trouve un passage où elle vous avertit de rester à l’écart d’une personne ou d’un groupe de personnes. C’est cette partie-là qui est importante.

La règle d’or, c’est que si quelqu’un prend le temps de vous avertir, alors vous devriez la prendre au sérieux, même si son ton ou la manière dont elle le fait ne semblent pas très sérieux.

Remerciez la personne qui vous a averti

La personne qui vous a averti prend un risque. Elle vous fait une faveur. Vous devriez la remercier pour qu’elle sache que vous avez compris ce qui se passe et que vous n’allez pas la dénoncer au harceleur ou à votre boss.

Contribuez au réseau en transmettant vos propres avertissements

Plus il y a des gens qui participent au réseau de murmures, mieux il fonctionne.

Les gens hésitent souvent à partager des renseignements avec le réseau de murmures parce qu’ils ne pensent pas que ce qu’ils savent est assez pertinent pour valoir la peine d’être partagé. Mais ce n’est pas la bonne façon de voir les choses. Votre petite part de renseignements en soi n’est peut-être pas importante. Mais ajoutée à d’autres renseignements, elle pourrait le devenir.

Voici quelque chose qui est arrivé à quelqu’un que nous connaissons:

Lors d’une conférence, un homme et une femme ont bu quelques verres ensemble, et l’homme s’est ensuite mis à faire des avances à la femme d’une façon qui l’a rendue mal à l’aise. Elle en a parlé à une amie, et cette amie en a ensuite parlé à ses amies. Une fois que toutes les femmes ont comparé leurs expériences, il s’est avéré que cet homme s’était mal comporté avec des femmes durant des conférences à plusieurs reprises dans le passé. Deux femmes s’étaient réveillées le lendemain et s’étaient rendu compte qu’il les avait textées à répétition durant la nuit en leur disant qu’il voulait avoir une relation sexuelle. Une troisième femme a raconté qu’il avait découvert son numéro de chambre et qu’il était venu cogner à sa porte à 2 h du matin. Aucune de ces femmes ne l’avait invité à se comporter de cette façon, et son attitude avait provoqué chez elles un malaise et un léger sentiment d’être en danger. Elles en ont parlé à l’organisatrice de la conférence. Cette dernière a mené une enquête, a expulsé l’homme et lui a interdit de participer aux futures conférences.

La morale de cette histoire: n’hésitez pas à partager des renseignements. Les harceleurs veulent que vous restiez muets. Mais vous n’avez pas à l’être.

Invitez d’autres personnes à joindre votre réseau

C’est très important! Plus votre réseau est grand, plus il protège les gens.

C’est particulièrement important d’inviter les personnes qui ont nouvellement intégré votre milieu de travail ou votre industrie, les jeunes, les personnes qui ne parlent pas couramment la langue parlée par la majorité dans le milieu de travail, les personnes racialisées, les personnes 2SLGBTQIA+, les personnes handicapées, les personnes neurodivergentes, et toute autre personne qui semble gênée, timide ou antisociale.

Ces personnes sont les plus à risque d’être harcelées, et elles sont aussi les plus à risque d’être écartées des réseaux de murmures. Vous pouvez arranger ça en les invitant.

Envisagez la possibilité de passer des murmures au signalement

Si les gens ne signalent pas le harcèlement sexuel dans votre milieu de travail (ou dans votre industrie), il y a probablement une très bonne raison. Nous ne sommes pas ici pour vous pousser à signaler les incidents si cela ne semble pas être une bonne idée.

Mais, si une personne est souvent désignée en tant que harceleur, il est probablement temps de songer sérieusement à la possibilité de la signaler officiellement.

Vous ne devriez pas faire pression sur les autres pour signaler, et vous ne devriez assurément pas signaler ce qui est arrivé à une autre personne sans sa permission.

Mais si vous remarquez qu’il y a quelqu’un dans votre entourage qui harcèle les gens à répétition, ça vaut la peine d’avoir une conversation au sein du réseau afin de déterminer si le temps est venu de signaler cette personne.

Nous espérons que cet article vous a aidé!

Nous vous encourageons fortement à participer aux réseaux de murmures. S’il n’y en a pas déjà un, et qu’il devrait y en avoir un, alors nous vous encourageons à en créer un.

Soyez prudent, et faites surtout attention à tout ce que vous communiquez par écrit.

Et S.V.P., rappelez-vous de toujours inviter les personnes qui se trouvent à l’extérieur du réseau parce qu’elles pourraient être celles qui en ont le plus besoin.


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